Le compostage constitue un enjeu local fort pour la gestion des ressources organiques. Sur le territoire, ce sont 1 200 tonnes de biodéchets produites chaque année par les particuliers. L’objectif porté par l’inter-communalité est ambitieux : détourner au moins 830 tonnes de la poubelle classique. Pour y parvenir, la Communauté de communes a débuté le déploiement de solutions de compostage pour l’ensemble de ses habitants : professionnels, habitants, touristes… Composteurs individuels, collectifs ou points de collecte : à chaque profil sa solution.

Les fondamentaux du compostage domestique
Le compostage est un processus naturel réalisé par des êtres vivants (bactéries, champignons, vers, insectes) dans des conditions bien précises. Pour réussir cette transformation, il est nécessaire de suivre quelques règles d'or :
- Équilibrer les apports : Pour faire un bon compost, il est nécessaire d’avoir un bon équilibre entre déchets verts (mous et humides) et déchets bruns (durs et secs) et de varier la nature des biodéchets.
- Fragmenter, diviser : Pour faciliter le travail des organismes vivants, découpez les apports en petits morceaux.
- Vérifier l’humidité : Le compost doit être humide, mais sans excès. Trop d’humidité empêche l’aération, ce qui freine le processus de compostage et dégage de mauvaises odeurs. Un manque d’humidité tue les micro-organismes et arrête le processus. Il faut donc mélanger les déchets trop humides aux autres plus secs.
- Aérer et décompacter : Laissez respirer votre compost en le remuant régulièrement avec une tige aératrice. Sa transformation se fera plus vite et sans odeurs.
Le compostage est toutefois ralenti en hiver, quand les températures extérieures sont basses. Le compost jeune (3 à 6 mois) peut être étendu en paillage nutritif, tandis que la maturation complète d'un compost mûr peut prendre en moyenne 7 à 9 mois.
Solutions de proximité et accompagnement
Pour les habitants ne disposant pas d’un espace suffisant pour un composteur individuel, la Communauté de communes déploie progressivement des composteurs partagés sur l’ensemble du territoire afin d’offrir une solution de proximité pour le tri des biodéchets. Dans certains sites à fort enjeu saisonnier comme dans les villages stations où les apports sont très grands en saison et où les composteurs partagés ne suffiraient pas, des solutions de points de collectes ont été mises en place.
L’Agglomération multiplie les actions de promotion du compostage : vente à prix subventionné de composteurs pour les habitants, animation de réunions publiques et de conférences-débats, sensibilisation en milieu scolaire et stands d’informations. Des ateliers « Compost’info », accessibles à tous, permettent d’apprendre les bases du compostage, que l’on débute ou que l’on souhaite améliorer ses pratiques. Ces ateliers de 45 minutes ont lieu principalement à Pont-du-Fossé, avec en général deux créneaux par semaine afin de s’adapter au plus grand nombre, et ponctuellement dans les communes pour plus de proximité.
Tutoriel : comment démarrer son compost
De plus, l’inter-communalité forme gratuitement les habitants volontaires désireux de sensibiliser les particuliers à la pratique du compostage. Ces bénévoles constituent ainsi un groupe dynamique et convivial appelé le « réseau de guides composteurs ». Des formations ont lieu régulièrement avec une remise de diplôme à la fin. Vous y apprendrez les règles d’or, les bonnes pratiques et, le plus important : comment transmettre ce savoir-faire autour de vous.
Pourquoi composter ?
En compostant vos déchets verts et ceux issus de la cuisine, vous réduisez le poids de votre poubelle grise d’environ 36% (105kg/an/habitant). Vous valorisez des biodéchets qui sinon partiraient soit en enfouissement, soit en incinération. En produisant votre propre compost, vous fabriquez un engrais 100% naturel et gratuit. Vous redonnez à la terre une matière utile pour son équilibre. En compostant, vous reproduisez un cycle naturel au service de votre propre jardin d’ornement, de votre potager, de vos plantes… Vous limitez les émissions de gaz à effets de serre liés aux transports des ordures ménagères résiduelles mais aussi à l’enfouissement ou à l’incinération.
Gestion des déchets verts et entretien du jardin
Consommer local, bio, de saison, réduire ses déchets, composter… sont autant de moyens qui permettent de préserver l'environnement ! Et cela passe aussi par le jardin. La pelouse, et en particulier les tontes qu’elle génère, constituent souvent l'essentiel des déchets verts du jardin. Or, la gestion de ces déchets pose souvent problème, particulièrement lors des pics saisonniers de production.
Vers une pelouse sobre et naturelle
L’entretien classique de la pelouse, notamment celui dit à "l'Anglaise", génère énormément de volumes. Il convient donc d’adopter de nouvelles habitudes. En été, tondre très court ne se justifie pas et conduit au jaunissement prématuré de la pelouse. À l’inverse, tondre l’herbe à une hauteur de 5 cm et plus permet de ralentir la repousse du gazon, renforcer son enracinement et limiter l’installation des herbes indésirables.
Le mulching est une technique de tonte sans ramassage de l’herbe. L’herbe est broyée finement avant de se redéposer sur le sol. Particulièrement adapté l’été, le mulching apporte à votre gazon un paillis protecteur contre la sécheresse. Pour une coupe franche, pensez aussi à vérifier que votre lame est toujours bien affûtée.
Le paillage : une pratique complémentaire
Le paillage est une technique qui consiste à déposer, sur un sol préalablement désherbé, une couche de matériaux organiques à la base des plantes afin de les protéger du dessèchement et de limiter la pousse des herbes indésirables. De nombreux déchets du jardin peuvent constituer un excellent paillis écologique et gratuit :
- Feuilles mortes : Jusqu’à 10 cm d’épaisseur au pied des haies, arbustes, rosiers et plantes d’ornement vivaces.
- Broyat de branches de feuillus : Le broyat de branches âgées et taillées en hiver sera plus sec et riche en lignine. La décomposition sera donc plus lente et le paillis plus adapté sous les haies.
- Broyat de branches de résineux : Impropres pour le compostage du fait de leur caractère acidifiant, le broyat de thuyas/cyprès est cependant idéal pour constituer un paillis qui inhibe la germination et la croissance des herbes naturelles.
Le broyage et les engrais naturels
Le broyage est une technique permettant de couper ou broyer certains types de déchets végétaux. Le volume des déchets est ainsi considérablement réduit, ce qui en facilite la gestion sur place. Pour des déchets de petites tailles, l’utilisation d’une tondeuse est suffisante, mais il est conseillé d’avoir recours à un broyeur pour de plus gros déchets.
Enfin, l’extrait fermenté d’ortie, appelé vulgairement « purin », est issu de la macération d'orties hachées dans de l'eau pendant une période de 10 à 15 jours. Cet engrais 100% naturel et biodégradable améliore les rendements et favorise le développement foliaire des plantes. L’utilisation de ces méthodes permet de transformer des contraintes de gestion en ressources précieuses pour la vitalité de votre jardin.