Guide complet pour la composition du terreau en jardinière

Le choix du terreau est une étape cruciale pour assurer la santé et la prospérité de vos plantes, qu'il s'agisse de plantations, d'entretien du sol de votre jardin ou des pots de votre balcon. Le terreau est indispensable, mais lequel choisir pour ne pas se tromper ? Cet article vous guidera à travers les différents types de terreaux, leurs compositions spécifiques et les critères essentiels pour sélectionner le support de culture idéal pour chaque usage ou type de plante, du semis ou bouturage, au rempotage, en passant par la plantation, y compris en bac.

Illustration des différents types de terreaux et leurs usages

Qu'est-ce qu'un terreau et pourquoi est-il essentiel ?

Le terreau est un substrat de culture, c’est-à-dire un milieu dans lequel vous allez planter, semer ou rempoter vos végétaux. Il ne faut pas confondre le terreau avec la terre de jardin. La terre de jardin est un sol naturel, souvent lourd, compacté, variable d’un endroit à l’autre, et dont la composition peut être très éloignée des besoins des plantes cultivées en pot ou en bac.

Dans un contenant, l’appareil racinaire de votre plante évoluera dans un milieu confiné, sans pouvoir tampon thermique et hydrique, où la circulation de l’air ne sera pas optimale et où les éléments nutritifs indispensables à la croissance doivent être présents. Les terreaux, ou supports de cultures, sont étudiés pour répondre à ces contraintes. Un terreau de bonne qualité remplit plusieurs rôles fondamentaux pour la vie de la plante :

  • Nourrir la plante : Le terreau contient des éléments fertilisants (azote, phosphore, potassium et oligo-éléments) qui vont alimenter la plante au fil des semaines.
  • Structurer et aérer : Grâce à sa texture, le terreau offre aux racines un environnement meuble, facile à coloniser, qui favorise les échanges gazeux. Un bon support de culture doit assurer une bonne rétention en eau et une bonne aération du milieu, pour éviter la pourriture des racines.
  • Retenir l’eau de façon équilibrée : Un bon terreau est capable d’absorber l’eau lors des arrosages et de la restituer progressivement aux racines, tout en laissant l’excédent s’écouler. On parle de capacité de rétention en eau (CRE).

Le terreau constitue la base optimale pour la croissance de vos plantes d'intérieur. Il est donc important que le terreau soit de bonne qualité et composé d'éléments organiques. Votre plante puise à la fois les nutriments et l'humidité du terreau. Cependant, chaque plante a ses propres préférences en matière d'absorption d'eau, de drainage, de valeur de pH et de structure du terreau.

La composition d'un terreau : les éléments clés

Un terreau est constitué de plusieurs composants, chacun jouant un rôle précis pour créer un environnement propice à la croissance des plantes. Les matières organiques constituent la base de la plupart des terreaux, apportant nutriments et structure.

Les matières organiques

  • Tourbe : La tourbe est un matériau très apprécié pour sa faculté à redistribuer l’eau avec partialité et sa capacité à retenir l'eau. Il existe plusieurs types de tourbe :
    • Tourbe blonde : Elle est plus jeune et moins décomposée, offrant une bonne aération et une forte disponibilité en eau (minimum 600mL/L). Utilisée seule, la tourbe blonde permet de faire pousser des plantes carnivores, qui affectionnent les sols pauvres et acides.
    • Tourbe brune et noire : Elle résulte également de la dégradation de végétaux en milieu saturé en eau mais elle est plus ancienne et donc plus évoluée que la tourbe blonde. Elle a une capacité de rétention en eau et de stockage des éléments nutritifs plus importante, mais elle est plus dense. Il est aussi difficile de la ré-humidifier. Les supports peu aérés et à forte capacité de rétention d’eau, comme les tourbes noires, présentent des risques assez importants d’asphyxie puis de pourriture des racines.
    • Mousse de sphaigne : C'est un substrat aux excellentes propriétés de drainage et de rétention d'eau. Elle acidifie le terreau, ce qui la rend idéale pour les plantes qui préfèrent un environnement acide. La mousse de sphaigne offre également un habitat pour divers micro-organismes bénéfiques pour vos plantes d'intérieur. Elle est largement utilisée comme milieu de culture pour les boutures et dans les mélanges de terreau.
  • Compost végétal : Issu de la décomposition de matières organiques, le compost végétal, principalement composé de matériaux végétaux, améliore la structure du sol et stimule une vie microbienne saine.
  • Fumier : Le fumier de cheval bien mûr et le compost végétal sont souvent intégrés pour leur richesse en nutriments.
  • Fibre de coco ou « coco peat » : Elle constitue l’enveloppe fibreuse de la noix de coco. Ses caractéristiques sont proches de celles de la tourbe blonde, mais elle est plus dense, son pH est moins acide et, surtout, elle se ré-humidifie très facilement. Le coir de noix de coco est obtenu à partir de l'extérieur des noix de coco et est souvent utilisé en horticulture. Il améliore l'aération et la régulation de l'humidité dans le terreau et possède des propriétés isolantes. Le coir de noix de coco est pH neutre et n'altère donc pas l'acidité du terreau. Il est utilisé à la fois dans les mélanges de terreau et seul comme milieu de culture pour les boutures.
  • Écorces : Elles proviennent de l’exploitation forestière, elles doivent être broyées et compostées pour dégrader les substances phytotoxiques qu’elles contiennent et diminuer le rapport carbone/azote pour éviter le phénomène de faim d’azote. Elles jouent un rôle d’aération et de drainage dans le terreau. Les fibres de bois sont de petites copeaux de bois qui améliorent le drainage du sol.

Schéma des différents composants d'un terreau de qualité

Les matières minérales

D’autres matières premières minérales sont couramment utilisées pour donner du poids au terreau, améliorer l’aération et le drainage :

  • Sable : Le sable est composé de petits grains minéraux qui favorisent le drainage du terreau et aident à aérer les racines.
  • Pouzzolane : Roche volcanique concassée et calibrée, la pouzzolane est un produit d'origine naturelle (silicate d'alumine et de magnésie). Elle est légère et améliore le drainage, la circulation de l'air et la régulation de l'humidité dans le terreau.
  • Argile : Elle contribue à une bonne rétention en eau et en éléments minéraux. Les billes d'argile sont des granules d'argile cuites qui sont légères et favorisent un excellent drainage et une bonne aération. Elles peuvent être utilisées pour améliorer le drainage et l'aération, ou comme couche de drainage au fond des pots.
  • Perlite : C'est une roche volcanique poreuse et légère. Elle est utilisée de manière polyvalente dans les mélanges de terreau en raison de son amélioration de la rétention d'eau, du drainage et de l'aération des racines. La perlite est pH neutre et est également utilisée dans les mélanges de terreau, l'hydroponie et comme milieu de culture pour les boutures.
  • Vermiculite : C'est une argile chauffée à 1100°C et expansée. On l'incorpore aux terreaux (2 poignées pour 5 l) pour les alléger.
  • Vulcastrat : Composé de différents types de roche volcanique, le vulcastrat est léger et possède une large gamme d'utilisations. Il favorise le drainage, la circulation de l'air et la régulation de l'humidité dans le terreau. Ce substrat est durable car il ne se décompose pas facilement et est pH neutre. Il peut être utilisé comme couche de drainage, dans les mélanges de terreau et pour l'hydroponie.
  • Charbon actif : Il possède des propriétés absorbantes et peut être ajouté aux mélanges de terreau pour réduire les champignons, détoxifier le sol et absorber les odeurs désagréables. Ce substrat est pH neutre et n'affecte pas l'acidité du mélange de terreau.

Les engrais et additifs

  • Engrais NPK : Azote (N), Phosphore (P) et Potassium (K). Le Phosphore assure l’enracinement des racines tandis que le Potassium aide à la floraison et la fructification. L'azote favorise la croissance du feuillage. Les terreaux contiennent des engrais qui permettront la croissance de la plante pendant plusieurs semaines.
  • Biostimulants : Certains terreaux contiennent des biostimulants qui favorisent la croissance des racines et qui absorbent l’eau et les nutriments avec plus d’efficacité.
  • Chaux : La chaux est utilisée pour neutraliser ou rendre plus alcalin un terreau acide. La chaux n’est pas autorisée en agriculture biologique.
  • TerraCottem : C'est une marque de conditionneur de sol contenant des polymères hydro-absorbants, du matériel organique et des nutriments.
  • Nitrate de calcium : Il fournit des nutriments essentiels aux plantes d'intérieur et soutient leur croissance saine.

Les différents types de terreaux spécialisés

Le terreau universel est polyvalent et conçu pour convenir à une grande variété de plantes, qu'elles soient d'intérieur ou d'extérieur. Il offre une option pratique et économique aux jardiniers débutants pour démarrer la plupart des cultures et n’utiliser qu’un seul terreau. Cependant, bien qu’adapté à de nombreuses plantes, le terreau universel peut se révéler moins performant pour certaines espèces qui ont des besoins spécifiques en termes de pH du sol, de drainage ou d'humidité. Dans ce cas, un terreau spécialisé pourrait être plus approprié.

TOUT SAVOIR SUR LE TERREAU : La base d’un potager productif

Terreau semis et boutures

Pour réaliser vos semis ou multiplier vos plantes par bouturage, choisissez un terreau spécial semis et bouturage qui est par nature léger et aéré pour éviter la pourriture, avec tout de même une bonne rétention en eau. Ce type de terreau contient généralement des grains aérés et drainant de perlite, de la fibre de coco, de la tourbe et juste assez d’engrais organique pour le départ de croissance. Le terreau semis et bouturage Silence, ça pousse ! contient en plus un biostimulant qui favorise la croissance des racines et qui absorbent l’eau et les nutriments avec plus d’efficacité.

Les substrats peuvent être excellents pour faire pousser vos boutures. Vous pouvez utiliser de la mousse de sphaigne, du coir de noix de coco, de la perlite, des billes d'argile et du vulcastrat. Choisissez un substrat qui vous semble le plus approprié. Gardez le substrat humide. Pour maintenir l'humidité, vous pouvez couvrir l'environnement de croissance de votre bouture, par exemple avec une pellicule plastique. Vérifiez régulièrement que le substrat ne s'assèche pas. Un terreau spécial a été développé pour les boutures, appelé terreau de bouturage. La composition de ce terreau favorise le développement de vos boutures. Il est recommandé de tremper une bouture que vous souhaitez faire enraciné dans de la poudre d'enracinement avant de la planter.

Terreau de plantation pour arbres, arbustes et rosiers

Le terreau de plantation est polyvalent et peut servir à planter aussi bien des conifères, des plantes de haie, des arbres, des arbustes, des rosiers ou des plantes vivaces. Il permet d’améliorer et d’enrichir le sol autour de la motte des plantes fraîchement mises en terre, d’améliorer leur enracinement et leur développement rapide. Le terreau de plantation contient en général de la fibre de coco et de bois, un peu de terre de bruyère, du fumier de cheval, du compost végétal et de l’engrais organique.

Terre de bruyère, pour les plantes acidophiles

La terre de bruyère est une terre acide qui permet le rempotage, le surfaçage d’entretien des pots et la plantations des plantes de terre de bruyère et autres plantes acidophiles comme les Rhododendrons, azalées, bruyères, camélias, hortensias (Hydrangea), Pieris, Leucothoe, myrtilles, Lophomyrtus, myrtes, Gaultheria et Pernettya, érables du Japon. Il est à noter que les érables du Japon et la plupart des hortensias n’ont pas forcément besoin de terre de bruyère mais d’un sol à tendance acide à neutre, bien enrichi en surface. La terre de bruyère peut aider à composer un mélange avec du terreau de plantation par exemple, ou servir à maintenir l’acidité de la terre par des apports en surface, surtout dans le cas où l’eau d’arrosage est assez calcaire.

La terre de bruyère dite « véritable terre de bruyère » reconstitue le milieu naturel des plantes de terre de bruyère. Celle de Silence ça pousse est récoltée en surface de forêts en Sarthe et en Anjou de manière durable, en respectant son renouvellement naturel et la bonne santé du massif forestier. La terre « dite de bruyère » est une composition de compost et de tourbes acides qui reconstituent un support de culture qui se rapproche des qualités de la véritable terre acidophile naturelle. Évitez la terre de bruyère « reconstituée », à base de tourbe, car l'extraction de ce matériau entraîne la disparition de milieux écologiquement riches, mais très fragiles.

Terreau pour agrumes et plantes du sud

Ce terreau est le mieux adapté aux agrumes (citronnier, mandarinier, oranger, pamplemousse, combava, etc.) et aux plantes méditerranéennes, comme par exemple les laurier-rose, lavandes, romarins, santoline, palmiers, oliviers et aux plantes dites « du sud » comme les cordylines, Phormium, Coprosma, agapanthe, etc. Il permet de réussir la plantation et le rempotage de toutes ces plantes, qui aiment une terre bien drainante, enrichie, qui retient quand même l’eau et les éléments minéraux. Le terreau pour plantes du soleil contient généralement de la tourbe, de la fibre de coco, des écorces de la terre végétale, et qui donne une consistance durable, des éléments drainants aérés et rétenteurs d’eau et d’éléments minéraux comme la pouzzolane et de l’engrais organique pour favoriser le démarrage. Le terreau « Plantes du soleil et agrumes Silence, ça pousse !

Terreau pour pots, bacs et jardinières

Pour réussir vos plantations en bac, potées ou jardinières sur votre balcon ou votre terrasse, choisissez un terreau enrichi et à bonne rétention en eau, pour soutenir la floraison et la bonne croissance de vos plantes. Vous pourrez ainsi réaliser des potées de plantes à massif ou de vivaces comme les coléus, impatiens, verveines, sauges, verveine, ou d’arbustes comme les fusains, Pittosporum tenuifolium, etc. Le terreau pour bacs et jardinières contient en général de la tourbe, de la fibre de coco, des écorces et du compost végétal et de l’argile pour une bonne rétention en eau et en éléments minéraux, du compost et des fertilisants naturels. Les conditions sont difficiles, car la terre et les plantes sont exposées au vent, au soleil et se dessèchent vite.

Terreau pour potager et plantes aromatiques

Vos légumes et plantes aromatiques méritent un terreau adapté à leurs besoins. Bien enrichi, le terreau spécial potager est adapté à la plantation de persil, coriandre, basilic, aneth, etc. et de tous les légumes courants. Le terreau pour bacs et jardinières contient dans l’idéal de la tourbe, de la fibre de coco pour alléger et drainer, un peu de terre de bruyère, du Fumier de cheval bien mûr et du compost végétal ainsi que de l’engrais organique. Pour ces produits destinés à la consommation, il est hautement préférable d’opter pour une version adaptée à l’agriculture biologique c’est-à-dire qui ne contient aucun engrais chimique.

Terreau de rempotage pour plantes d’intérieur

Les plantes qui restent à l’intérieur ou dans une véranda apprécieront ce type de terreau enrichi et drainant, qui garde tout de même une bonne rétention en eau. Vous pourrez par exemple planter et rempoter Calathéa, Monstera, Schefflera, Aglaonema, Pachira, Ficus, fougères d’intérieur, etc. Il contient en général de la tourbe, de la fibre de coco, de l’écorce et de l’argile pour une bonne rétention en eaux et en éléments minéraux et des fertilisants naturels. Le terreau de rempotage Silence, ça pousse ! contient en outre un biostimulant pour des plantes d’intérieur pleines de force.

Les araceae comprennent un large éventail de plantes telles que Monstera, Philodendron et Alocasia. Ces plantes ne tolèrent pas un terreau trop humide mais aiment un sol légèrement humide. Un bon drainage est crucial pour éviter la pourriture des racines. Elles prospèrent dans des mélanges de terreau avec un pH neutre à légèrement acide.

Terreau pour cactus et plantes grasses

Les cactées et les plantes succulentes demandent un terreau léger et très drainant qui retient quand même l’eau à la belle saison, lorsque les arrosages sont plus fréquents. Il est possible d’utiliser pour cela un terreau spécifique ou d’ajouter du sable et des gravillons et un tout petit peu de terre très peu argileuse dans du terreau de semis et boutures. Il arrive que les cactées achetées à bas prix poussent dans un mélange de tourbe, peu adapté à cette culture. Changez complètement le substrat, en faisant attention à briser le moins possible de racines.

Terreau pour orchidées

Ce terreau recrée le milieu des orchidées épiphytes qui poussent dans anfractuosités de l’écorce, sous la canopée des arbres tropicaux. Il est donc principalement constitué d’écorces et d’un peu d’engrais organique, et sert de support de culture aux racines aériennes de ces orchidées épiphytes. Aéré, drainant, il retient l’humidité et les éléments nutritifs. Les épiphytes (la plupart des Anthuriums, le Platycerium (Fougère corne de cerf), l'Orchidée et l'Epiphyllum (Cactus à dents de scie)) ne poussent pas dans le sol mais sur d'autres plantes. Elles puisent leur humidité et leurs nutriments dans l'eau de pluie et les matières organiques décomposées.

Ce n’est pas recommandé d'utiliser un terreau universel pour les orchidées. Un terreau universel, même de bonne qualité, retient trop l’eau et asphyxierait les racines de l’orchidée.

Tableau comparatif des besoins en terreau par type de plante

Les substrats pour toitures végétalisées extensives

Les substrats pour toitures végétalisées extensives, doivent répondre à des fonctions et contraintes techniques très poussées : assurer le support d’une végétation et son alimentation hydrique et minérale dans des conditions extrêmes, d’extensivité et de sécheresse en induisant le minimum de charge possible au bâtiment (densité et épaisseur faibles - 3 à 12 cm d’épaisseur) ; être suffisamment perméable pour qu’une forte pluie soit rapidement évacuée sous peine d’entraîner une surcharge dommageable pour la toiture.

La végétalisation des toitures terrasses extensives n’est pas encadrée réglementairement mais bénéficie de règles professionnelles reconnues renseignant notamment sur les propriétés de substrats à respecter. Il est intéressant de croiser les informations avec les règles FLL allemandes et la norme suisse SIA 312.

Ces substrats possèdent une granulométrie grossière (supérieurs à 2 mm), en lien avec la recherche et représentent de 70 à 95 % du substrat. Dans la fraction fine (inférieure à 2 mm), la classe des sables est majoritaire (moins de 3 % sur substrat total en limons et argiles). La fraction en matière organique est importante elle assure une rétention d’eau conséquente (30 à 45 % en volume en moyenne), à relativiser toutefois avec l’étude des courbes de rétention en eau montrant un assèchement assez rapide. Il est recommandé d’exiger ces courbes de rétention en eau lors de tout projet pour comparer les performances hydriques entre fournisseurs.

Choisir un terreau adapté aux conditions et aux plantes

La tourbe, très utilisée depuis longtemps, était l’élément de référence dans les supports de culture. Cependant, cette ressource naturelle est limitée, elle est désormais remplacée par des substances fibreuses végétales. Les terreaux spécialisés (agrumes, plantes en bacs, géranium, cactées, orchidées…) sont élaborés à partir des éléments de bases cités plus haut. De nouveaux matériaux, entrent maintenant dans la composition des substrats (perlite, fibre de coco, pouzzolane, fibres de bois, composts).

Pour la culture sur les balcons et les terrasses, le substrat doit être adapté à l’exposition de l’espace de jardinage et aux plantes choisies :

  • En condition très chaude et ensoleillée : Un support bien aéré et à forte disponibilité en eau, majoritairement composé de tourbes blondes sera privilégié.
  • Pour une exposition au nord : Il sera en général nécessaire et prudent d’améliorer l’aération du sol avec des écorces, fibres de coco ou des matières inorganiques (argile expansée) pour éviter les pourritures.

Selon la taille du contenant et le type de substrat choisi, l’arrosage peut considérablement augmenter le poids de l’ensemble. Pour respecter la limite de poids maximal autorisé sur votre balcon, vous pouvez choisir des mélanges qui contiennent des éléments légers comme la perlite, le polystyrène, la pouzzolane, les billes d’argile expansée.

Diagramme illustrant l'importance du drainage et de l'aération

Les garanties sur les emballages et la réglementation

Pour être commercialisés en France, les terreaux et fertilisants doivent être homologués, ou bien, et c’est la grande majorité des produits, répondre à des normes homologuées et rendues d’application obligatoires. La norme qui réglemente la commercialisation des terreaux est la norme NF U 44-551 dont voici les principales exigences :

  • Les boues d’épuration et les produits qui en sont issus ne peuvent pas être utilisés dans la fabrication des supports de culture.
  • Un terreau doit être composé majoritairement de matières organiques végétales, pouvant intégrer des amendements organiques, des engrais, des matières minérales, de la terre, des matières synthétiques et autres additifs agronomiques homologués pour cet usage. Le taux de matière organique (MO) doit être supérieur à 40 % de la matière sèche (MS).
  • Lorsque qu’un terreau contient un engrais, c’est le cas dans la plupart des produits proposés dans le commerce, la teneur en azote, phosphore et potassium doit être inférieure respectivement à 2,5 ; 2 ; 2,5 exprimée en N, P2O5, K2O (% MS), et sous réserve que la somme des éléments totaux (N+P2O5+K2O) soit inférieure à 5 % de la MS.
  • Au minimum tous les six mois, des analyses doivent prouver son innocuité dans les conditions d’emploi. Les analyses des teneurs en éléments traces métalliques doivent être faites pour vérifier que les valeurs soient inférieures aux seuils définis par la norme. L’innocuité vis-à-vis des microorganismes et agents pathogènes doit aussi être analysée.

En France et en Europe, les terreaux sont soumis à une réglementation stricte. La norme NF EN 16086 fixe les méthodes d’analyse des substrats de culture. Les indications de conformités à des cahiers des charges apportent des garanties supplémentaires sur la qualité du produit, elles vous permettront de guider votre choix.

Décrypter l'étiquette du terreau

Pour faire le bon choix, il est primordial de bien lire et comprendre les informations techniques qui figurent au dos des sacs de terreau. Voici les principales spécificités à connaître :

  • Le potentiel Hydrogène ou pH : Le chiffre 7 indique un pH neutre. De 0 à 6.9, on parle d’acidité et de 7.1 à 14 d’alcalinité. La grande majorité des plantes aime un pH compris entre 5,5 et 7,0. Un pH inadapté bloque l’absorption des nutriments, même si ceux-ci sont présents en quantité suffisante dans le substrat. Les plantes de bruyères comme les camellias, les hortensias ou les rhododendrons apprécieront un sol acide entre 6 et 7.
  • Les pourcentages d’engrais (NPK) : Ils sont toujours indiqués dans le même ordre, par exemple 20/10/10. Le premier correspond à l’Azote (N), le deuxième au Phosphore (P) et le troisième au Potassium (K). Il est absolument indispensable d’en prendre compte en fonction des plantes que l’on souhaite cultiver.
  • La capacité de rétention d’eau (CRE) : Elle est exprimée en ml/L. Plus cette donnée est élevée, plus le terreau retiendra l’eau de pluie ou d’arrosage. Un bon terreau doit pouvoir absorber et retenir suffisamment d’eau pour alimenter la plante entre deux arrosages, tout en laissant l’excédent s’écouler afin d’éviter l’asphyxie racinaire.
  • La capacité d’échange cationique (CEC) : C’est la capacité du substrat à retenir les engrais. Elle doit être assez élevée et est toujours indiquée pour 100 g de terreau et s’exprime en meq (mg d’équivalent). La CEC s’estime selon la fraction d’argile minéralogique et d’humus dans le sol. Si la division est importante, cela facilite le complexe argilohumique c’est-à-dire la capacité des sols à retenir les éléments nutritifs et à limiter le lessivage.
  • Le taux de résistivité du terreau : Pour un substrat pauvre en minéraux, l’étiquette indique une forte résistivité. Celle-ci est exprimée en Ohm.cm.
  • Le taux de salinité du substrat (conductivité électrique - CE) : Exprimé en millisiemens soit par mètre soit par centimètre et parfois même en microsiemens par mètre (mS/m, mS/cm, µS/m), cette valeur varie de 5 à 85. Une plus grande conductivité électrique indique généralement une concentration plus élevée en sels solubles, tels que les minéraux. La présence de minéraux peut être bénéfique comme destructrice selon les variétés de plantes. Les taux les plus faibles sont ceux des terres de bruyère, donc des terres acides, et n’excèdent pas 45 mS/m, alors que les plus élevés indiquent que le terreau est salin et riche en minéraux.
  • Le taux de matière organique (MO) : Ce taux indique la quantité de matière organique en retirant le pourcentage d’eau contenue dans le substrat. Pour simplifier la lecture, plus la quantité d’eau est haute, plus la qualité du terreau se détériore.
  • La valeur ISMO : Stipulée sur certains sacs de terreau, la valeur ISMO s’exprime en pourcentage. Elle correspond à la quantité d’humus stable. On estime que le terreau est de qualité lorsque la quantité d’humus est comprise entre 20 à 80%.
  • Le rapport C/N (Carbone/Azote) : Cet indicateur, non obligatoire, détermine la proportion de carbone et d’azote dans le terreau. Il permet de calculer la rapidité de décomposition de la matière organique. On estime un terreau de bonne qualité lorsqu’il est au minimum de 15.

Exemple d'étiquette de terreau avec annotations explicatives

Conseils pour une utilisation optimale du terreau

  • Ne pas confondre compost et terreau : Les jardiniers amateurs font souvent la confusion entre terreaux et fertilisants, alors que ces produits sont totalement différents. Le compost est un amendement riche en matières organiques qui résulte de la décomposition des déchets verts. Le compost doit être mélangé à la terre du jardin ou bien encore au terreau, mais on ne l’utilise pas pur. Le terreau est un milieu de culture complet, autonome.
  • Ne pas ajouter de terre de jardin : En principe, non. Le terreau est formulé pour être utilisé seul, et ajouter de la terre de jardin peut en déséquilibrer la structure (risque de compactage, introduction de maladies ou d’adventices).
  • Quand renouveler le terreau ? En général, il est conseillé de remplacer le terreau lorsque votre plante dépasse son pot actuel, généralement tous les deux ans. Un terreau frais peut être bénéfique pour votre plante d'intérieur, mais il introduit également un nouvel environnement. Le meilleur moment pour fournir un nouveau terreau à votre plante est pendant la saison de croissance, lorsque les plantes sont plus résilientes et mieux adaptées à ce changement.
  • Terreau et moucherons : Les moucherons sont attirés par un terreau humide ou mouillé. Ce n'est pas tant le terreau spécifique, mais plutôt l'humidité qui attire cette nuisance. En utilisant un terreau bien drainé, vous réduisez le risque de moucherons. Une alternative est l'hydroponie, où vous n'utilisez pas de terreau du tout, et donc vous n'avez pas de problèmes avec ces insectes.
  • Auto-production de compost de feuilles : Collectez des feuilles mortes en automne, entassez-les dans un coin abrité ou dans un grillage, maintenez une légère humidité et laissez décomposer pendant 12 à 18 mois. Tamisez avant utilisation. C'est un bon amendement organique.

Pour réussir ses plantations et profiter ensuite de sa terrasse bien végétalisée ou d’un beau jardin, on ne peut guère se passer de terreau. Prenez le temps de sélectionner le terreau qui répond le mieux aux exigences de votre jardin, et vous serez récompensé par des plantes vigoureuses et épanouies. Si vous avez le moindre doute, n'hésitez pas à demander conseil à un expert en jardinerie.

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