Le compost, souvent appelé l’or noir du jardinier, est un formidable atout pour améliorer significativement votre terre. Il est capable d’agir sur la fertilité physique, mais aussi sur les fertilités biologiques et chimiques de votre sol. En tant qu'amendement naturel, il valorise les déchets organiques tout en contribuant à la santé et à la vitalité de nos écosystèmes, qu'il s'agisse de potagers, de massifs floraux ou d'arbres fruitiers. La transformation des matières organiques en humus est le rôle central du compostage, un processus naturel qui permet de réduire les déchets de cuisine ou de jardin en nourrissant le sol.

Les Fondamentaux du Compost : Carbone, Structure et Biodisponibilité
Un compost est un amendement parce qu’il a une forte proportion de carbone. On peut retenir le « C » de carbone comme le « C » de compost. Et s’il est composé de carbone, cela signifie que c’est organique, que les molécules sont complexes, qu’il a de la structure, du corps, qu’il est solide et qu’on peut le prendre à pleine main. Le compost est donc à l’opposé des engrais qui, eux, contiennent très peu de carbone. Ces engrais ont peu ou pas de structure et sont composés avant tout de minéraux essentiels pour les cultures, que ce soit azote, phosphore, potassium. La différence avec le compost est de taille avec une incidence quasi nulle sur la fertilité physique de nos sols. Vous n’irez pas améliorer un sol avec un engrais comme la poudre d’os, l’urine, le sang séché, tout simplement parce qu’ils manquent de carbone. Les engrais n’améliorent pas le sol, mais nourrissent les plantes.
Dans le compost, tout est lié au carbone. Les molécules sont beaucoup plus complexes, stables, durables. Cela a une première conséquence forte : le compost va jouer sur la fertilité physique. Grâce à sa structure et au fait qu’elle ait du corps, cette matière organique carbonée va alléger les sols lourds et, au contraire, elle va alourdir les sols légers. Elle va engendrer une meilleure oxygénation de votre sol. Autre incidence d’une forte présence de carbone, on peut en mettre à la folie au potager. On peut y aller quasiment en brouettes par 10m², non seulement parce que les minéraux sont peu concentrés, mais aussi parce que les minéraux sont très fortement retenus par le carbone. On parle de biodisponibilité lente des minéraux, en premier lieu de l’azote. On peut se servir des composts pour créer des zones de culture avec de fortes épaisseurs. La biodisponibilité des minéraux est leur capacité à être assimilée par les plantes. Par exemple, l’azote contenu dans une poignée de compost est très complexe, organique. Il va mettre plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années à se libérer dans le sol (variable selon l’humidité, la température et l’activité biologique), et à se rendre disponible pour nos cultures. Comparons avec le sang desséché qui libère son azote en une à deux semaines ! Les engrais ne sont pas obligatoires.
Comprendre les différences entre engrais, purins, compost et terreau...
Les Divers Types de Compost et Leur Utilisation
Voyons ensemble les différents types de composts que l’on peut utiliser au potager, chacun ayant ses spécificités et ses avantages.
Le Compost Ménager : Une Ressource Quotidienne
Le compost le plus couramment utilisé sera celui qui vient de nos déchets quotidiens. Ce sont avant tout des ressources. L’essentiel est qu’il faut du carbone pour faire du compost. Et le carbone se trouve avant tout dans les matières rigides, solides, ligneuses, sèches. Il faudra donc constamment équilibrer nos apports humides, trop humides, avec des matières plus sèches.
Le seul inconvénient de ce compost ménager, et de taille, c’est que bien souvent on en manque. On a beau recycler tous nos restes de cuisine, dans le meilleur des cas nous aurons une ou deux brouettes de compost sur l’année. Quand on a un potager grandissant aussi vite que notre passion, ça ne suffit pas. Le compostage de surface est d’une méthode efficace pour recycler ses déchets ménagers : on jette tous nos déchets sur le sol, sous un paillage si possible.
Certains jardiniers, comme Antoine, voient chacun de leurs bacs de culture destinés aux cultures de gros plants de légumes d’été (solanacées et cucurbitacées) comme un grand composteur. Ainsi, ils ne compostent pas dans un tas séparé. Toutes les matières organiques (déchets de cuisine, restes de culture non malades, feuilles mortes, tontes, broyat) partent directement dans les plates-bandes. Ils essaient de casser et couper un peu les déchets les plus gros, mais à peine, et les mettent dans les bacs paillés en cachant les déchets les moins esthétiques sous le paillage. Cette méthode a le mérite de la simplicité : vous minimisez les interventions et retirez un maximum de votre matière organique. En effet, les éléments compostent alors directement en place en nourrissant directement la vie du sol là où l'on cultive. Les jus de compost très riches en éléments partent bien dans les zones de culture. Et on perd moins de carbone en CO2, car on n’a pas la montée en température que l’on a dans un tas. En revanche, forcément, on n’a pas d’hygiénisation du tas de compost par cette montée en température. À noter aussi que si vous avez des problèmes de rongeurs, c’est une pratique à éviter car vous nourrissez le problème.
Le Compost de Fumier Animal : Un Nectar pour le Sol
Deuxième compost grandement utilisé dans les potagers, le compost de fumier d’animaux est la décomposition des déjections d’animaux que l’on mélange avec la litière des animaux. Cette litière peut être du foin, de la paille, des copeaux, du broyat. Toujours cet équilibre de matières sèches et de matières humides est crucial. Il sera plus enclin à héberger la vie du sol, friande d’oxygène, d’humidité et de molécules organiques. C’est capital parce que c’est la vie du sol qui décompose tous nos autres apports, notamment les paillages. Si vous paillez un sol mort, sec, tassé, compacté, il ne se passera pas grand-chose en dessous.
Faites attention au compost de fumier de poules (et autres volailles) qui est bien plus riche que les autres composts de fumier animal. Utilisées pures, les fientes sont même un engrais. On préférera alors en mettre 1 kilo au m² plutôt que 3 à 5 kilos pour les autres. Olivier, par exemple, utilise le fumier de ses poules qu’il composte. C’est simplement la litière du poulailler qu’il récupère et qu’il amoncèle dans un composteur. Comme le compost de cuisine, il en manque cruellement, n'ayant tout juste une ou deux brouettes par an avec ses 3 poules. Pour cette raison, il se dépanne d’un fumier composté d’âne et de cheval d’un domaine voisin. Ces composts sont utilisés au potager de façon plus ou moins grossière.
Élodie, quant à elle, a la chance d’avoir une maison familiale en Bourgogne avec 3ha de terrain dont deux grands champs en friche. Un voisin agriculteur y fait ses foins et en échange, il lui livre le fumier de ses bêtes, un mélange d’ovins, bovins et chevaux, travaillé en bio. C’est donc une montagne de fumier qu'elle a à disposition. Elle ne lésine pas sur les quantités, l'étalant directement sur sa terre en couche de 15cm au moins, idéalement pendant l’automne et l’hiver. Ce fumier de deux ans a déjà perdu quelques minéraux, mais il structurera son sol, nourrira la faune qui s’y trouve (ça pullule de vers rouges là-dedans), le protègera du froid et du gel, et diffusera lentement son azote à ses cultures.
Le Compost Végétal : L'Abondance Organique
Le troisième compost est celui issu à 100% du monde organique végétal. Vous pourrez en utiliser du fait-maison, ou vous approvisionner en station de compostage. Il est vrai qu’il y a de quoi faire puisqu’on y retrouve tout un ensemble de matières organiques à la fois humides et sèches, à la fois carbonées et moins carbonées. Il suffira par exemple de mélanger des tontes fraîches et humides avec du broyat sec, ou encore de mélanger des feuilles assez vertes avec de la paille.
Sur son terrain, un jardinier peut broyer les tailles de ses haies puis mélanger ses tontes avec ce broyat. Il peut aussi récupérer des feuilles mortes qu'il prend soin de laisser dans un bon taux d’humidité pour qu’elles se décomposent plus rapidement. Mais c’est beaucoup, voire énormément de temps que de broyer et comme toujours, au final, ce sont de petites quantités que l’on obtient. Le fait maison ne suffit pas toujours. Alors pour répondre au besoin constant et conséquent de compost, il faut parfois aller chercher du compost végétal. Il est possible d'en avoir gratuitement à la déchetterie de la commune. C'est gratuit à l’achat, mais non gratuit en logistique, en énergie, en effort, en temps. Il faut des bras, un véhicule, idéalement une remorque, du transport, ou sinon, on peut aussi se faire livrer. De nombreuses entreprises ou sablières proposent ces services.
Olivier, par exemple, en ramène 2 à 3 remorques par an et en met sur la grande majorité de ses parcelles, une bonne brouette pour 10 m². Comme tous les autres composts, il l’intègre légèrement aux 10 premiers centimètres du sol à l’aide d’un croc, toujours dans cette optique d’améliorer son sol et d'augmenter sa fertilité physique. Le compost de déchets verts de plateforme est une béquille de fertilité qui vient compléter les apports en matières organiques fraîches que l'on arrive à obtenir par ailleurs dans son jardin et par le voisinage (tontes, feuilles mortes, broyat). C’est une ressource abordable (quelques centimes le litre) et qu’on peut parfois se faire livrer chez soi si on en commande des gros volumes. Il est préférable de les mettre au jardin 3 mois minimum avant de cultiver le temps de faire passer les éventuelles faims d’azote. À noter aussi que ce sont des matières très séchantes qui vont nécessiter de bien arroser (idéalement installer un arrosage automatique). Comme ce sont des matières déjà compostées, vous apportez avec ces composts les minéraux qu’ils contiennent ainsi que du carbone qui pourra former de l’humus. En revanche, vous ne nourrirez que peu votre vie du sol. Un des soucis principaux de cette ressource, c’est son bilan carbone. Elle est constituée de matières organiques drainées de toute la région et amenées à la plateforme une à une par les particuliers et les travailleurs communaux avec véhicules et carburant. Enfin, c’est une ressource très pratique pour démarrer un potager, notamment en bacs. On peut aisément cultiver dans le compost pur les solanacées et cucurbitacées, car elles sont des plantes fortement mycorhizées et trouvent à se nourrir dans cette matière. Guillaume met en garde contre les plastiques présents dans les composts et conseille d’éviter d’acheter ce qu’on appelle les « refus de criblage » où l'on trouve énormément de plastique.

Le Processus de Compostage et les Facteurs Clés
Le compostage est un processus naturel. Dans la durée, les matières organiques se décomposent sans intervention humaine. Faire du compost est une technique d’organisation et de contrôle d’un processus naturel. Il n’existe pas de système de compostage meilleur qu’un autre. Il existe beaucoup de techniques avec chacune ses avantages particuliers. Les techniques vont de l’épandage des feuilles sur les allées en « mulch » jusqu’au compostage en trois semaines de petites quantités de matières par la technique du compostage à chaud.
Le Rôle des Micro-organismes
Au cœur du processus de compostage se trouve une flore microbienne diversifiée, comprenant des bactéries, des actinomycètes, des champignons, des protozoaires et des algues. Ces micro-organismes, dont les bactéries mésophiles sont actives entre 20 et 45°C, et les thermophiles entre 45 et 70°C, sont les principaux agents de la décomposition de la matière organique. La diversité de leur équipement enzymatique leur permet de dégrader une vaste gamme de composés organiques complexes. Cependant, ils sont sensibles aux conditions du milieu, comme le pH et l'humidité.
La décomposition de la matière organique par ces micro-organismes est la cause de l’élévation de température observée dans un tas de compost. Cette activité microbienne s’accompagne de la production d’acides et d’un dégagement de gaz carbonique. Les matières difficilement biodégradables, comme la lignine, subissent une décomposition très lente, justifiant un broyage préalable pour accélérer le processus.
Les Phases du Compostage
Le processus de compostage est une succession de transformations, notamment physiques, chimiques et biologiques, qui se déroulent en plusieurs phases distinctes :
Phase Mésophile Initiale : Durant cette étape, les micro-organismes mésophiles initient la décomposition, consommant les composés les plus facilement assimilables et provoquant une augmentation rapide de la température du tas. Cette élévation de température est due à l'énergie dégagée par l'activité métabolique des micro-organismes.
Phase Thermophile : Lorsque la température atteint 45°C et plus, les micro-organismes mésophiles sont remplacés par des espèces thermophiles. C’est la phase la plus active et la plus importante, car les températures élevées (souvent entre 60°C et 70°C) permettent la destruction de la majorité des germes pathogènes et des graines d’adventices. Cette chaleur a deux devenirs possibles : elle augmente la température interne du tas et évapore l'eau, et le reste excédentaire est perdu vers l'extérieur.
Phase de Refroidissement et de Maturation : Après le pic de température, l'activité microbienne diminue à mesure que les composés facilement dégradables s'épuisent. La température redescend progressivement, et le substrat entre à nouveau en phase mésophile. C'est durant cette période que se forment les composés humiques stables, conférant au compost ses propriétés d'amendement. Le rapport C/N se stabilise autour de 15, et le pH évolue généralement vers une valeur neutre ou légèrement alcaline (entre 6,5 et 8,5).
Les Indicateurs de Maturité du Compost
Plusieurs indicateurs permettent de suivre l’évolution et la maturité du compost :
- Température : L'évolution de la température est un signe direct de l'activité microbienne. Une diminution progressive après la phase thermophile indique l'approche de la maturité.
- pH : Le pH, qui est généralement acide en début de compostage, remonte progressivement pour atteindre une valeur neutre ou légèrement alcaline à maturité.
- Rapport Carbone/Azote (C/N) : Le rapport C/N diminue au cours du compostage, passant d'une valeur initiale élevée (autour de 30) à une valeur plus faible (autour de 15-20) pour un compost mûr. Ce rapport est un indicateur essentiel de la stabilité du compost.
- Teneur en Matière Sèche et Humidité : Une humidité comprise entre 50 et 60 % est idéale pour un compostage efficace.
- Teneur en Oxygène : L'aération est cruciale pour la vie des micro-organismes aérobies. Une baisse du taux d'oxygène peut indiquer un problème d'aération ou un début d'anaérobiose.
- Présence de Composés Toxiques : Un compost immature peut contenir des composés phytotoxiques (ammoniac, acides organiques) qui peuvent inhiber la germination des graines et la croissance des plantes. Des tests de phytotoxicité, utilisant par exemple le cresson (Lepidium sativum), peuvent être réalisés pour évaluer la maturité.
L'Enrichissement à la Magnésie : Un Plus pour Votre Compost
Bien que le document initial ne développe pas explicitement le « compost avec magnésie utilisation », la magnésie (oxyde de magnésium, MgO) est un élément nutritif essentiel pour les plantes. Son intégration au compost peut apporter des bénéfices supplémentaires aux sols et aux cultures.
La magnésie est cruciale pour la photosynthèse, car elle est un composant central de la molécule de chlorophylle. Une carence en magnésium se manifeste souvent par un jaunissement des feuilles (chlorose) entre les nervures, en particulier sur les feuilles les plus anciennes. Elle joue également un rôle dans l'activation de nombreuses enzymes végétales et le transport des sucres au sein de la plante.
L'ajout de magnésie au compost peut se faire de plusieurs manières, par exemple en utilisant des déchets riches en magnésium ou en incorporant des amendements spécifiques. Les déchets de betteraves, par exemple, sont cités comme une source de magnésium, de calcium et d'azote. Les dolomies, roches calcaires riches en carbonate de magnésium, peuvent également être broyées et ajoutées au compost.
L'incorporation de magnésie dans le compost permet une diffusion lente et progressive de cet élément dans le sol. Contrairement aux engrais minéraux qui libèrent rapidement leurs nutriments, le compost enrichi à la magnésie offre une libération soutenue, réduisant les risques de lessivage et garantissant une disponibilité constante pour les plantes. Cette approche s'inscrit pleinement dans une démarche d'agriculture durable, en nourrissant le sol de manière équilibrée et respectueuse de l'environnement.

Les Applications Pratiques du Compost au Jardin
Le compost mûr, après plusieurs mois de transformation, aboutit à un produit de couleur sombre, friable mais non poudreux, et dégageant une bonne odeur d'humus. Ce sont les principaux signes de la stabilisation ou de la maturation du compost. Les matières organiques brutes du départ ont été transformées en un humus riche en éléments fertilisants.
Quand et Comment Utiliser le Compost ?
On conseille souvent de mettre des composts en automne pour qu’ils aient le temps d’agir dans le sol. Vous pouvez en mettre 3 à 5 kilos au m² sans aucun problème, surtout si votre sol est très pauvre et que vous n’avez pas de bons résultats. Pour les jardins avec une terre fertile, on peut se contenter d’apporter du compost, à la même dose, tous les 2, 3 ans (avant les cultures les plus gourmandes). Si vous devez raisonner en priorité d’épandage faute d’en avoir assez, mettez-en donc en priorité sur les parcelles qui recevront des cultures gourmandes, notamment les cultures estivales, courgette, tomates, aubergines, concombres, les choux aussi. Il jouera néanmoins son rôle à court terme en rendant le sol meuble, aéré, humide, propice à un bon développement racinaire des plants.
Le début du printemps est une excellente période pour apporter d’importantes quantités de compost au jardin. On l’incorpore dans la couche superficielle du sol. Le mélange de matière organique avec un sol qui se réchauffe apporte des éléments nutritifs au bon moment pour planter. Pour des couches à semis, on utilisera un mélange d’une même quantité de compost, de sable et de terre. On peut l’utiliser pur pour un apport de surface pour les potées et les jardinières. On apporte une couche de compost directement sur le sol au pied des fleurs et des légumes, des arbustes et des arbres en laissant de l’espace autour des tiges pour assurer une bonne circulation de l’air. Pour les grands arbres, le compost doit être apporté en laissant un espace d’environ 15 cm autour du tronc, pour permettre le drainage de l’eau de ruissellement le long du tronc pendant les pluies.
Le Mulching : Une Technique de Compostage en Surface
Le mulching est une autre technique de compostage. Il est similaire au surfaçage dans la technique, à la différence qu’il s’agit de compost encore en cours de maturation qui est épandu sur le sol pour finir son processus de décomposition. Dans ce cas, on ne fait que copier ce qui arrive sur le sol des forêts où les feuilles et aiguilles tombent au sol, se décomposent petit à petit et sont ensuite réutilisées par les plantes comme nourriture. En plus de l’apport de matière organique, le mulching permet de protéger les plantes des gelées. Il évite l’érosion et le compactage du sol et permet de conserver une certaine humidité à la couche superficielle du sol. Il réduit les besoins d’arrosage en été et étouffe les mauvaises herbes. Il faut procéder à un bon désherbage avant d’effectuer un mulching. Étaler les matières organiques sur la surface du sol autour des plantes et sur les allées du potager ou du jardin. Les copeaux de bois, les feuilles d’arbres et arbustes sont des exemples de matériaux appropriés.
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Jardiner Sans Compost : Alternatives et Compléments
Il est possible de jardiner sans compost, par exemple si vous avez une très belle terre de départ, déjà bien meuble, bien texturée, bien vivante. Vous pourrez alimenter votre sol en matières grossières, en broyats, en fumier frais, en paillage plutôt qu’avec du compost. C’est un peu le raisonnement que l’on pourrait comparer avec un nourrisson. Si vous avez un sol tout jeune, sans vie, mort, compact, sans estomac, offrez-lui du compost, similaire à de la compote pour un nourrisson. Une fois que vous avez un sol adulte, développé, mature, vivant, oxygéné, grouillant de micros et macroorganismes, vous pouvez continuer à apporter du compost, mais apportez aussi du grossier pour nourrir au mieux ce sol adulte via des résidus organiques, paillages, broyats, du compost de surface en déposant tout simplement vos matières organiques non compostées en surface. Les macroorganismes présents dans votre sol réclameront autre chose que de la compote. Ils veulent du costaud maintenant qu’ils habitent dans votre potager ! Mais essayez toujours de privilégier des apports équilibrés entre matière humide et matière sèche.
Enfin, pour ceux qui n’ont pas la logistique, le temps, la ressource, la force, l’envie de jardiner avec des composts, vous avez la solution des engrais naturels qui vont nourrir plus spécifiquement vos cultures. Les fientes de poules pures sont employées en engrais. Mais vous allez nourrir vos cultures et non pas améliorer la fertilité physique de votre sol.
Le Compostage Biodynamique : Une Approche Holistique
L'attention portée à l'humification des matières organiques est fondamentale pour l'agriculture biodynamique. Le compostage en tas, à l’abri d’une couverture (paille, vieux foin, terre, etc.) et l'introduction de préparations spécifiques tirées du règne végétal caractérise le compostage biodynamique. Ces préparations n'agissent pas seulement sur les composts eux-mêmes, mais surtout dans les sols où ceux-ci sont épandus. Elles ne représentent pas un apport d'éléments, mais sont capables de les mobiliser dans les sols et dans la périphérie cosmique. L'efficacité de ces préparations est fortement dépendante des soins liés à leur élaboration. La cueillette des plantes, leur séchage et leur conservation requièrent des soins précis.
Matériaux Compostables et à Éviter : Le Guide Pratique
Toutes les matières organiques sont compostables, mais certaines sont plus appropriées au compostage à domicile que d’autres. Des déchets comme les feuilles et les restes alimentaires qui se seraient autrement retrouvés dans vos poubelles, peuvent être compostés. Le mieux est de pouvoir incorporer la plus grande variété possible de matières organiques. Cet équilibre concerne le ratio carbone sur azote. Ce ratio nous donne les parts respectives de carbone et d’azote contenues dans chaque produit. Le ratio idéal se situe aux environ des 20 à 30 parties de carbone pour une partie d’azote. Lorsque les bactéries reçoivent une nourriture de ce type, elles croissent et se reproduisent rapidement. Trop de carbone et la décomposition sera très lente. Trop d’azote et l'odeur du tas de compost ne pourra vous tromper.
Sources de Carbone (Matières "Marron")
- Paille et foin : Source de carbone importante. Il faut les hacher ou les déchiqueter et les mouiller pour une décomposition plus rapide. La paille est meilleure pour la circulation de l’air du fait de sa structure rigide et creuse.
- Feuilles mortes : Une excellente source gratuite de carbone. Ramassez-les à l’automne pour les utiliser pendant la bonne saison au jardin. Il faut les mélanger avec des matières riches en azote. Certaines feuilles extrêmement coriaces doivent être écartées à moins de pouvoir les broyer finement (feuilles de platanes, de magnolia grandiflora, de lauriers cerise par exemple).
- Sciure, copeaux de bois : Ce sont de très bons produits de compostage, riches en carbone.
- Journaux : Il vaut mieux les recycler, ils ne contiennent aucun éléments nutritifs, mais déchiquetés, ils peuvent servir comme source de carbone.
- Épis de maïs : Très longs à se décomposer à moins de les broyer en très petits morceaux.
Sources d'Azote (Matières "Vertes")
- Déchets alimentaires (légumes et fruits) : Produits riches en azote qui se décomposent plus vite lorsqu’ils sont réduits en petits morceaux. Les enfouir au centre du compost et les recouvrir de produits riches en carbone ou par de la terre.
- Déchets de tonte : C’est une excellente source d’azote pour le compost en conteneurs, mais il faut pouvoir le mélanger avec des matières sèches comme des feuilles pour qu’il n’y ait pas de dégagement d’odeurs et que l’aspect devienne collant. Avertissement : n’utilisez les tontes de gazons traités avec des pesticides ou des désherbants qu’à partir de la quatrième ou de la cinquième tonte. Compostez les plantes traitées pendant une année au moins avant d’en utiliser le compost pour le potager. Pour éviter tout cela mieux vaut disposer d’un gazon sous forme de pelouse naturelle.
- Fumiers (de cheval, de mouton, de vache, de poule, de cochon) : C’est une bonne source d’azote et d’éléments nutritifs. Il vaut mieux les composter avant de les utiliser tels quels, car ils peuvent brûler les racines des plantes.
- Marc de café : Source d’éléments nutritifs pour le compost. Peut être utilisé comme mulch.
- Mauvaises herbes : Bonnes sources d’éléments nutritifs. Il vaut mieux les utiliser encore vertes et avant la montée à graines. Les mauvaises herbes particulièrement agressives doivent être laissées à sécher complètement avant d’être ajoutées au compost.
- Alfalfa ou luzerne : Bonne source d’azote.
- Sang séché : Bonne source d’azote (12%) ; apport nécessaire quand les produits à composter sont riches en carbone.
- Peaux de bananes : Source de phosphore (P) et source importante de potassium (K), décomposition rapide.
- Poudre d’os : Bonne source d’azote (2-12 %), importante source de phosphore (20-25 %).
- Déchets de betteraves : Source de magnésium, calcium et azote.
- Déchets de citrons : Un peu de phosphore, beaucoup de potassium. Apport d’éléments nutritifs.
- Pommes : Source de phosphore et potassium.
- Raisin (rafles et feuilles) : Sources d’éléments nutritifs mineures. Elles donnent du volume au compost et l’aèrent. Il faut les réduire en petits morceaux.
- Cheveux : C’est une bonne source d’azote, il vaut mieux les mélanger avec d’autres matières. Il vaut mieux ne pas utiliser des cheveux qui ont reçu un traitement quelconque.
Éléments à Utiliser avec Modération ou à Éviter
- Cendres de bois : Excellente source de potassium. Épandre directement sur les sols. Éviter de toujours les épandre au même endroit. Ne pas rajouter au tas de compost sauf à faibles doses.
- Feuilles de rhubarbe : Deux approches existent. La première suggère de ne pas les composter car elles contiennent des éléments chimiques qui sont toxiques pour les habitants du sol. La seconde suggère que l’acide oxalique dégagé par la décomposition rabaisse le niveau du pH et inhibe l’activité microbienne, mais dans la mesure où ces feuilles de rhubarbe sont mélangées à de nombreuses autres matières organiques, elles restent un produit acceptable pour le tas de compost.
- Chiendents et toutes les mauvaises herbes présentant des systèmes rhizomateux : Elles nécessitent un séchage complet et parfait avant une mise au compost. Dans le cas contraire, elles ne feront que se développer de plus belle.
- Liserons et boutons d’or (renoncules) : Peuvent survivre dans le compost à moins d’avoir été parfaitement desséchés et broyés.
- Mauvaises herbes montées à graines : Si le compost n’atteint pas des températures assez élevées pour détruire les graines.
- Charbon de bois pour barbecue et les cendres de barbecue : Car ils contiennent des oxydes de soufre dont le jardin n’a rien à faire. Les briquettes d’allumage des barbecues contiennent aussi des produits chimiques qu’il vaut mieux écarter du jardin.
- Beurre de cacahuètes : Attire les nuisibles.
- Déchets de nourriture cuits : Ils peuvent contenir des graisses qui vont attirer les animaux.
- Eaux de vaisselle : La plupart des produits de nettoyage contiennent des solvants, des parfums, des graisses et du sodium.
- Excréments de chiens et de chats : Ils peuvent contenir des organismes vecteurs de maladies. Les excréments de chats peuvent contenir les vers vecteurs de la toxoplasmose. Ces vers sont responsables de cas de cécité, particulièrement chez les enfants.
- Grains et drèches : Ils peuvent contenir des matières grasses qui dégagent des odeurs pendant leur décomposition. Ils attirent les rongeurs et autres nuisibles.
- Litières d’animaux de compagnie : Elles peuvent contenir des organismes vecteurs de maladies.
- Matières grasses, graisses et huiles : Rancissent et sentent mauvais lorsqu’elles se décomposent.
- Produits laitiers : Beurre, fromage, lait, yaourt, crème et aussi mayonnaise et sauces de salades.
- Restes de poissons : Ils attirent les animaux.

Les Techniques de Compostage Domestique
Il n’existe pas de système de compostage meilleur qu’un autre. Il existe beaucoup de techniques avec chacune ses avantages particuliers.
Compostage en Conteneur (Compostage Lent)
C’est la manière la plus simple de faire du compost chez soi. Il suffit de mettre au compost les déchets du jardin au fur et à mesure. Les déchets alimentaires doivent être cependant enfouis en creusant un trou dans le tas en cours et en les recouvrant ensuite avec de la terre ou des feuilles. Le conteneur à compost engrange les déchets du jardin et de la cuisine jusqu’à leur décomposition. Le processus se perpétue tant que l’on continue à ajouter des déchets.
Cette méthode prend un à deux ans pour produire un compost mûr. Le compost mûr se trouve alors près du fond du composteur. Pour récolter le compost, il faut ouvrir le conteneur, mettre de côté les produits non décomposés et prélever le compost mûr. On retourne ensuite dans le conteneur les produits non ou mal décomposés mis de côté. Il est plus facile de faire ces opérations avec deux conteneurs à compost car cela facilite les manutentions.
Pour réussir votre compostage en conteneur :
- Achetez ou construisez un conteneur résistant aux rongeurs.
- Disposez le conteneur sur une surface plane et bien drainée.
- Disposez un lit de matières organiques de type paille ou déchets de taille sur quelques centimètres sur le fond.
- Broyez les matières organiques en petits morceaux.
- Mélangez des matières organiques vertes riches en azote (humides) avec des matières organiques marron riches en carbone (sèches).
- Enfouissez les déchets de nourriture au centre et recouvrez-les.
Compostage en Tas (Compostage Actif)
C’est la méthode la plus utilisée. Il faut alors donner un peu plus de son temps au tas de compost pendant les périodes de jardinage au printemps en été et en automne. Le tas de compost chauffe de façon intermittente, parfois après un apport de déchets de tonte frais. Le jardinier doit retourner le compost et l’aérer assez souvent avec un outil adapté pour à la fois mélanger les produits et s’assurer de la bonne oxygénation des organismes décomposeurs.
Le compost doit être aussi humide au toucher qu’une éponge que l’on vient d’essorer. Vous devez pouvoir former une boule des produits en décomposition dans votre main mais sans qu’il s’en échappe de l’eau. Si cela n’est pas le cas, il faut ajouter des déchets secs pour absorber l’humidité. Si le compost est trop sec, il faut ajouter des produits verts et très humides comme les déchets de nourriture ou les tontes fraîches. Vous pouvez aussi apporter de l’eau en arrosant le tas en mouillant les déchets sans les inonder.
Compostage à Chaud (Compostage Rapide)
Cette technique est rapide, chaude et active. Elle demande plus de soins et de travail. Ce travail consiste en un retournement ou un brassage régulier des matières organiques. Ces interventions hebdomadaires permettent aux bactéries de recevoir l’air dont elles ont besoin pour effectuer une bonne décomposition.
Cette technique de compostage est plus efficace lorsque l’on procède par fournées. Il faut stocker tout d’abord les matières organiques jusqu’à ce qu’il y en ait suffisamment pour remplir un composteur - normalement 1 m³. Les déchets de cuisine peuvent être mis de côté dans des sacs plastiques, mélangés à de la sciure ou de la terre pour éviter les mauvaises odeurs et ne pas attirer les nuisibles. Tous les déchets doivent être coupés ou broyés pour augmenter la surface de travail des bactéries. Il faut disposer les différents produits en couches régulières de 5 à 10 cm d’épaisseur. Arroser les couches si nécessaire. Alterner des couches de produits riches en carbone (marrons) avec les produits riches en azote (verts). En 24 heures les températures vont atteindre 60 à 70°C. C’est le compostage à chaud et il faut contrôler le processus. Ces températures doivent se maintenir pendant 4 à 7 jours. Quand elles commencent à baisser, il est temps d’aérer le tas. On effectue cette aération en passant les produits en décomposition dans le second conteneur. Il faut essayer de transférer les produits du dessus du premier tas dans le fond du deuxième conteneur pour s’assurer d’une destruction complète des graines de mauvaises herbes et des germes. Si l’on ne dispose que d’un seul conteneur, il faut introduire dans le tas de compost un outil permettant d’amener suffisamment d’air à l’intérieur du tas. Cela interrompt temporairement le cycle de dégagement de chaleur, mais les températures vont très rapidement augmenter à nouveau pour un cycle de quatre à sept jours. Ensuite la température du tas se rafraîchit.
