Le carton, souvent perçu comme un simple déchet d’emballage, est en réalité un atout précieux dans un compost domestique, notamment pour les jardiniers passionnés qui aspirent à un sol riche et vivant. Sa richesse en carbone en fait un composant essentiel pour équilibrer les apports azotés des déchets verts comme les épluchures ou les tontes d’herbe. Ce rapport carbone/azote, indispensable à une bonne décomposition, se trouve souvent déséquilibré lorsque l’on composte uniquement des déchets végétaux frais.

La science du carton au service du sol
Le carton est un matériau polyvalent et largement utilisé, fabriqué à partir de pâte à papier, dérivée de fibres de bois. Reconnu pour sa durabilité, sa légèreté et son faible coût, il est un choix populaire pour l'emballage, l'expédition et le stockage. Il se présente sous différentes formes, comme le carton ondulé, composé d'une couche cannelée prise en sandwich entre deux feuilles plates, et le carton, plus fin et souvent utilisé pour des articles comme les boîtes de céréales.
Le carton ondulé se décompose le plus rapidement. Il est souvent utilisé pour l'emballage et est déjà nervuré dans sa construction. Dans la plupart des cas, vous trouverez ce type de carton dans les emballages comme matériau de remplissage pour empêcher les articles de se casser et comme couche dans la boîte elle-même. Le carton plat ordinaire est facile à composter et se décompose aussi assez rapidement. Tant qu'il n'y a pas d'autres matériaux mélangés à ce carton, il devra être décompenser en bandes, mais sinon, il peut être ajouté directement au tas de compost et commencera à se décomposer.
Outre sa fonction nutritionnelle, le carton améliore la structure du tas de compost. En se décomposant, il crée de petits espaces d’aération qui facilitent l’activité des micro-organismes aérobiques, indispensables à une dégradation rapide et sans odeurs désagréables. Le carton aidera d'autres matériaux naturels dans le processus de décomposition afin que les bonnes quantités d'humidité soient absorbées, puis libérées si nécessaire ultérieurement.
Pourquoi ajouter du carton dans le lombricomposteur ?
Le carton est un matériau riche en carbone et pauvre en azote, ce qui le rend parfait pour équilibrer le rapport carbone/azote de votre lombricomposteur. En effet, les vers de terre ont besoin d'un rapport équilibré entre les deux pour pouvoir décomposer efficacement les déchets organiques. Le carton permet également d'absorber une partie de l'humidité apportée avec les déchets frais. En outre, le carton est un matériau biodégradable et durable qui peut être facilement ajouté à votre lombricomposteur. Il est recommandé de mettre au moins 30 % de carton (en volume) dans le lombricomposteur. N'ayez pas peur d'en mettre beaucoup, car plus il y a de carton, mieux c'est !
L'ajout de carton et son homogénéisation dans le lombricompost aide à réduire la nécessité de remuer le compost régulièrement. Le carton, en particulier s'il est déchiqueté ou découpé en petits morceaux, va servir de matériau de structure qui permet à l'air de circuler plus facilement dans le compost. Cela favorise la décomposition et l'aération du mélange, ce qui est bénéfique pour les vers de terre et les micro-organismes impliqués dans le processus de compostage.
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Typologie et sélection : ce qui est compostable et ce qui ne l'est pas
Le carton peut être classé en plusieurs types selon sa structure et son utilisation. Chaque type de carton possède des propriétés uniques qui déterminent son aptitude au compostage ou au recyclage.
- Carton ondulé : Ce type de carton se caractérise par sa structure à trois couches, dont une couche intérieure cannelée pour plus de résistance et de rigidité.
- Carton plat (aggloméré) : Il s'agit d'un carton monocouche plus fin, souvent utilisé pour les emballages légers, tels que les boîtes alimentaires, les boîtes à chaussures et les emballages de cosmétiques.
- Carton enduit de cire : Ce type de papier est recouvert d'une couche de cire pour le rendre résistant à l'eau. Il est souvent utilisé pour emballer des denrées périssables, comme les fruits et légumes.
- Carton laminé : Le carton laminé est renforcé par une couche de plastique ou de papier aluminium pour améliorer sa solidité et sa résistance à l'humidité.
S'il y en a bien un à ne pas composter, c'est le carton ciré. Il y a beaucoup de travail à faire pour en faire une option pour le compost, et en fin de compte, il peut encore avoir trop d'ingrédients chimiques et transformés qui l'empêchent d'être ajouté au compost. Le carton avec de la couleur ne doit pas être utilisé en raison de la teinture et des peintures utilisées dans le matériau. C'est comme la cire sur du carton, mais il n'y a aucun moyen de l'enlever. Une fois que la peinture et la teinture sont sur la boîte, elles font complètement partie de la boîte et du carton. Comme le carton ciré, vous pouvez l'apporter à votre centre de recyclage local et voir s'il l'accepte.
Préparation et intégration : les bonnes pratiques
Avant d'ajouter du carton à votre compost, il est essentiel de le préparer correctement pour une décomposition efficace. Commencez par identifier le type de carton dont vous disposez. Une fois le carton choisi, retirez tous les éléments non compostables, comme le ruban adhésif, les étiquettes ou les agrafes. Ces matériaux ne se décomposent pas et peuvent contaminer votre compost.
Après avoir nettoyé le carton, coupez-le ou déchirez-le en petits morceaux. Le déchiquetage augmente sa surface, permettant aux micro-organismes de le décomposer plus rapidement. Si vous n'avez pas de destructeur de documents, déchirer manuellement le carton en bandes ou en carrés fera tout aussi bien l'affaire.
Lorsque vous incorporez du carton à votre compost, il est important de le mélanger à d'autres matières organiques afin de créer un environnement de compostage équilibré et efficace. Le carton est riche en carbone, un élément essentiel du processus de compostage. Cependant, ajouter trop de carton d'un coup peut perturber l'équilibre et ralentir la décomposition. En règle générale, maintenez un ratio d'environ 2 à 3 parts de carbone (matières brunes) pour 1 part d'azote (matières vertes). De plus, veillez à humidifier le carton avant de l'ajouter au tas, surtout s'il est sec. Un carton humide se décompose plus facilement et contribue à maintenir le taux d'humidité global du compost.
L'impact environnemental et l'économie circulaire
Historiquement, le matériau le plus fréquemment utilisé pour les emballages était le bois. Le carton est apparu plus tard, dans la deuxième moitié du 19e siècle, et s’est progressivement imposé. Dans sa catégorie, le carton ondulé a l’impact environnemental le plus faible du marché. Aucun arbre coupé, bien au contraire ! Pour des raisons de tenue et de résistance mécanique, un faible pourcentage (11 % en moyenne) de fibres neuves est intégré lors de la fabrication. Le bois mis en œuvre pour la fabrication des pâtes à papier provient des rebuts de la sylviculture, bois d'élagage, coupes d'éclaircie et d'entretien, mais aussi des chutes et des déchets générées par les scieries.
Le carton ondulé est un des matériaux d'emballage le plus vertueux pour l'environnement et sa préservation, avec un taux de collecte de plus de 83 %. Les emballages usagés sont directement transformés en pâte à papier dans les pulpeurs des papeteries. Durant ses nombreuses vies (25 environ), seulement 11 % de nouvelles fibres de celluloses sont injectées. Privilégier le carton recyclé garantit une forte réduction de l'impact écologique des emballages. Sa fabrication nécessite 2 à 5 fois moins d'eau et d'énergie que celle du carton à partir de fibres neuves.

Il faut toutefois distinguer le compostage de la réutilisation. Les réflexions actuelles autour de la mise en place d’une économie circulaire et la diminution des impacts environnementaux des emballages poussent certains acteurs à mettre en avant la compostabilité de leur solution. Mais, d’un strict point de vue d’économie circulaire, l’objectif doit être d’optimiser l’usage d’une ressource, même si elle est renouvelable, en la réutilisant de manière répétée. Envoyer de la matière en compostage constitue à faire un enfouissement maîtrisé et valorisé qui ne permet donc pas de maximiser sa durée d’utilisation. Le modèle à privilégier est sans conteste celui de la réutilisation de la ressource, de préférence renouvelable, afin de gérer le renouvellement des stocks et d’assurer une efficacité maximale à l’extraction qui en a été faite.
Erreurs fréquentes et vigilance lors du compostage
L'une des erreurs les plus fréquentes lors du compostage du carton est de ne pas faire la distinction entre les variétés compostables et non compostables. Tous les cartons ne sont pas compostables, et l'utilisation d'un type inapproprié peut entraver le processus de décomposition ou introduire des substances nocives dans votre compost. Par exemple, le carton ciré ou laminé, souvent utilisé pour les emballages alimentaires ou les cartons de boissons, ne se décompose pas facilement et peut laisser des résidus qui contaminent le compost.
Une autre erreur courante consiste à négliger de déchiqueter ou de décomposer le carton en morceaux plus petits avant le compostage. Les grandes feuilles de carton intactes mettent beaucoup plus de temps à se décomposer et peuvent créer des barrières dans le tas de compost, limitant la circulation de l'air et ralentissant l'activité microbienne. Ajouter trop de carton à votre compost est une autre erreur fréquente qui peut perturber l'équilibre du processus de compostage. Le carton est riche en carbone, essentiel au compostage, mais un excès de matières riches en carbone peut perturber le rapport carbone/azote. Si vous remarquez que votre tas de compost est sec, lent à se décomposer ou qu'il manque l'odeur terreuse caractéristique d'un compost sain, cela peut être le signe d'un excès de carton.
Perspectives sur les matériaux biosourcés
La tendance aux emballages compostables ne cesse de croître. Ces emballages, fabriqués majoritairement à partir de matières biosourcées telles que l’amidon de maïs, la bagasse de canne à sucre ou le PLA, apportent une vraie alternative aux plastiques classiques. En pratique, dans un compost domestique, ces matériaux peuvent mettre beaucoup plus de temps à disparaître, parfois plus d’un an, si les conditions thermiques ne sont pas optimales. Dans ce cadre, leur dégradation reste souvent plus lente que celle du carton traditionnel.
Il est important de noter que pour alléguer de la qualité de compostabilité d’un emballage, il est d’abord nécessaire de l’avoir testée selon les exigences de la norme européenne harmonisée NF EN 13432. Il est ensuite bon de préciser dans quelles conditions ce compostage est possible : tout ce qui est compostable en condition domestique l’est aussi en condition industrielle, mais l’inverse n’est pas systématique. La tentation est grande d’utiliser l’argument de la compostabilité afin de justifier le fait qu’en cas d’abandon dans la nature, la matière sera dégradée d’elle-même et ne viendra pas polluer le milieu. Cependant, il faut d’abord considérer que tout abandon dans la nature peut être source de pollution. Par ailleurs, compostabilité n’est pas biodégradabilité.

En conclusion, le carton est une source de carbone fiable et accessible pour tout jardinier. Son intégration, lorsqu'elle est faite avec soin, permet de transformer un déchet courant en une ressource précieuse, améliorant la structure du sol, favorisant l'aération et participant activement à la réduction des déchets domestiques au quotidien.