Le compost, véritable or noir pour nos jardins et nos cultures, incarne une solution écologique et économique pour valoriser nos biodéchets. Dans le contexte actuel de prise de conscience environnementale, le compostage s'impose comme une pratique essentielle, d'autant plus lorsqu'il s'agit de compost certifié bio, garant d'une fertilisation naturelle et durable des sols. Depuis le début de 2024, le tri à la source des biodéchets est étendu à tous, soutenu par la loi anti-gaspillage, marquant une étape cruciale dans cette démarche. Les particuliers ne sont toutefois pas soumis à une obligation directe de compostage individuel, ce qui laisse une certaine flexibilité.

Comprendre le compost : définition et principes fondamentaux
Le compost est le résultat d'un processus de décomposition naturelle des matières organiques, sous l'action conjuguée de bactéries, champignons, micro-organismes et macro-organismes. Ces derniers transforment les déchets organiques en un produit fertilisant, stabilisé, hygiénique, semblable à un terreau ou à de l'humus. Si l'humus résulte d'une transformation intégralement naturelle, le compost, obtenu grâce à l'action de l'homme, respecte le même processus et partage avec l'humus beaucoup de propriétés idéales au bon développement des plantations. La matière organique (MO), composée de micro-organismes vivants, de résidus de végétaux et d'animaux, de matières en décomposition, est essentielle à la vie du sol et à l'écosystème tout entier. Elle est un réservoir d'éléments nutritifs et contribue à la structuration du sol, en participant à la formation du complexe argilo-humique, qui augmentent la capacité d'absorption en eau du sol et facilitent la pénétration du sol par les racines.
Le processus de compostage : de la collecte à la maturation
Le processus de décomposition des matières, également appelé « fermentation », dépend de la présence d'éléments nutritifs, du taux d'humidité et de la teneur en oxygène. Il se caractérise par une brusque montée de la température, pouvant atteindre plus de 70 °C en quelques jours. Cette montée en température garantit la destruction des micro-organismes : agents pathogènes et graines d'adventices (communément appelées mauvaises herbes).
Les déchets de cuisine et les déchets de jardin composent environ un tiers de notre poubelle. Les restes de repas, épluchures de fruits et légumes sont encore jetés alors qu’ils sont faciles à composter. Les végétaux durs, longs et encombrants sont plus difficiles à composter. En sectionnant, fragmentant, écrasant ou broyant ces déchets, vous facilitez l’action des micro-organismes. Ces déchets favorisent l’aération des matières en compostage. Les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d’oxygène.

Les éléments clés pour un compostage réussi :
- Aération : Trop d'humidité empêche l'aération : le compostage est freiné et des odeurs désagréables se dégagent. Si c’est le cas, on peut étaler le compost quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche. Les végétaux durs, longs et encombrants, une fois fragmentés, favorisent l'aération des matières en compostage.
- Humidité : Si le compost n’est pas assez humide, les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus de décomposition s’arrête. Vous pouvez remédier facilement à ce problème en arrosant un peu le compost. Pour garantir une bonne humidité dans le compost, nous vous conseillons de choisir un emplacement qui pourra bénéficier à la fois d’ombre et de soleil. Un compost laissé en plein soleil tout l'été risque de s’assécher assez vite. Bien surveiller son compost, par exemple au moment de l’apport de déchets frais, permet de déceler un excès ou un déficit d'humidité, des zones mal décomposées, des odeurs…
- Matières organiques : La liste des matières organiques compostables est vraiment conséquente ! On distingue généralement les déchets verts (azotés, humides) tels que les tontes, et les déchets bruns (carbonés, secs) comme les branches, feuilles mortes, paille, papier, carton. Afin de faciliter et accélérer leur décomposition, les déchets verts sont réduits en copeaux et petits morceaux par broyage avant leur mise en tas sur une plateforme de compostage.
- Micro-organismes : Les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d'oxygène. Ils sont les acteurs principaux de la décomposition.
Que mettre et ne pas mettre dans son compost ?
Il est crucial de bien choisir les matières à composter pour garantir un compost de qualité et éviter les problèmes.
À composter :
- Déchets de cuisine : Restes de repas, épluchures de fruits et légumes.
- Déchets de jardin : Feuilles mortes, tontes de gazon, tailles de haies et d'arbustes, résidus d'élagage, déchets d'entretien de massifs, paille.
- Coquillages et coquilles d'œufs : Bien qu'ils ne se décomposent pas, ils peuvent être placés en petite quantité car en se désagrégeant en petits morceaux, cela apporte des éléments minéraux au compost et cela facilite l'aération du compost.
- Viande : Il est préférable de la placer en petits morceaux au centre du tas, hors d'atteinte des animaux.
À éviter ou à traiter avec précaution :
- Déchets très ligneux ou durs (tailles, branches, os, noyaux, trognons de chou…) : Parce qu'ils se dégradent plus difficilement, ils peuvent être broyés au préalable.
- Mauvaises herbes : Leurs graines résistent au compostage et peuvent germer. Le compostage à chaud (atteignant 70°C) peut inhiber la germination de toutes les graines et détruire les agents pathogènes.
- Végétaux malades : Si la plupart des germes pathogènes, concurrencés par les micro-organismes du compostage, sont éliminés, on ne peut pas garantir une hygiénisation totale et la destruction des graines.
- Produits synthétiques non biodégradables : Verre, métaux, plastiques, tissus synthétiques, contenu des sacs d'aspirateur… N'oubliez pas que nombre de ces déchets peuvent être recyclés.
- Couches-culottes : Elles ne sont pas entièrement biodégradables.
- Bois vernis ou peints : Les bois de menuiserie ou de charpente, presque toujours traités chimiquement.
- Produits chimiques (huile de vidange…) : De façon générale, les produits chimiques sont à proscrire.
RÉALISER SON COMPOST EN 5 MOIS - Déchets de cuisine, déchets végétaux, etc...
Le compost certifié bio : exigences et importance en agriculture biologique
Dans le contexte de l’agriculture biologique, toute utilisation de fertilisants doit impérativement respecter les principes de la certification bio. Le compost, s’il est issu de déchets organiques conformes, est ainsi privilégié pour nourrir le sol sans recourir aux engrais chimiques. Le compost joue un rôle fondamental en agriculture biologique, contribuant à une fertilisation naturelle et durable des sols.
Sur le plan réglementaire, la gestion des biodéchets, dont ceux utilisés pour fabriquer du compost, est soumise à des obligations strictes. Respecter ces obligations garantit une fertilisation saine et conforme, garante d’une production agricole biologique durable. La valorisation de ces biodéchets en agriculture biologique sert à réduire l’émission de gaz à effet de serre, notamment le méthane, gaz à fort pouvoir de réchauffement. Le choix technique du compostage ou de la méthanisation dépendra des volumes, des contraintes locales et des objectifs agronomiques. Dans l’esprit de la certification bio, la réglementation agricole impose des méthodes précises et durables pour la gestion du compost issu des biodéchets.
Un produit certifié conforme au référentiel I-302 « matières fertilisantes et supports de culture utilisables en Agriculture Biologique » par Bureau Veritas garantit la qualité du compost. Les labels tels que « Certipaq Bio » contrôlent que ces produits respectent leurs cahiers des charges, qui sont plus stricts que les prescriptions de la norme NF U 44-051 (matières premières admissibles, taux des éventuelles pollutions, …). Pour la fabrication de composts certifiés bio, il est crucial de n’utiliser ni Matière d’Intérêt Agronomique issue du Traitement des Eaux (MIATE) ni denrées alimentaires. Les terreaux qui répondent à la norme NFU 44-551 : Supports de culture et amendements organiques, sont également un bon indicateur de qualité.

Les différents types de compost et leur production
Il n’est pas facile de trouver du « vrai compost », soit des déchets végétaux et autres décomposés en une matière organique riche. Dans vos arrière-cours, oui, vous en trouverez. C’est le produit que vous fabriquez vous-même, à partir de vos propres déchets de jardin et de table. Ou peut-être que votre ville fabrique un vrai compost à partir du recyclage des produits biologiques remis par chaque famille et qu’elle le partage avec ses citoyens.
En général, cependant, le « compost » vendu sur le marché au Canada et la situation semble similaire en Europe, n’est pas vraiment du compost, mais un mélange de produits. Et le compost n’est même pas l’ingrédient principal trouvé dans le sac du produit ! En fait, il contient surtout de la tourbe de sphaigne, donc de la mousse partiellement décomposée récoltée dans les tourbières. C’est la même tourbe qui est utilisée dans la fabrication des terreaux. Et il n’y a souvent pas une grosse différence entre un compost commercial et un terreau.
Ainsi, un « compost de crevette » contient surtout de la tourbe, une portion de fumier de ferme composté et une très petite quantité de farine faite à partir de carapaces de crevettes. Un « compost de fumier de vache » contient surtout de la tourbe et une portion de fumier de ferme. Ces « composts qui ne sont pas de vrais composts » sont intéressants pour alléger un sol trop lourd, par exemple, ou aider un sol trop sablonneux à retenir plus d’eau. Mais ils sont très dilués par rapport au véritable compost, qui est beaucoup plus riche en minéraux et surtout en vie microbienne.
Le compost de plateforme ou de déchetterie :
Connaissez-vous le compost de déchetterie, aussi appelé compost de plateforme ou compost de déchets verts ? Il est beaucoup utilisé par les maraîchers bio, car c'est une source de fertilité naturelle qui est abondante et peu coûteuse. Chaque année, des plateformes de compostage comme celle de Fumeco, procèdent au traitement et recyclage de 20 000 tonnes de déchets verts issus des collectivités et professionnels du paysage.
Chez Fumeco, le compostage se fait en aérobie, à l’air libre. Il suit un processus de décomposition naturelle. Les sources de déchets verts sont nombreuses : les feuilles mortes, les tontes de gazon, les tailles de haies et d’arbustes, les résidus d’élagage, les déchets d’entretien de massifs, les déchets de jardin des particuliers collectés séparément ou par le biais des déchetteries. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la composition des composts de déchets verts est variable, néanmoins, ils sont constitués en majorité de branches et de feuilles (50 à 90 %), de résidus de tonte (5 à 30 %), de résineux (5 à 20 %), et plus rarement d’écarts de tri de fruits et légumes (< 1 %). La composition des composts de déchets verts pour une agglomération moyenne est généralement : en majorité des branches et des feuilles (50 à 70 %), des tontes de pelouse (5 à 30 %), des résineux (5 à 20 %).
Les déchets verts sont réduits en copeaux et petits morceaux par broyage avant leur mise en tas sur la plateforme de compostage. La disposition en andains facilite le passage de la pelle mécanique qui va remuer et homogénéiser les matières organiques afin d’obtenir une fermentation régulière. La mise en andain est finie quand le lot a atteint 1 000 tonnes. Après un premier retournement la température est prise une fois par semaine. Le tas de compost est retourné dès lors que la température descend en dessous de 60-55 °C. Si la température monte trop (les jours de grande chaleur), le tas est arrosé avec l’eau des bassins de stockage et/ou retourné. À la suite du troisième retournement, au moment où la température descend en dessous de 55 °C, le compost est criblé à 20mm, puis stocké sous abris pour l’amener à maturation.
Un échantillon représentatif est prélevé pour analyse dans un laboratoire indépendant. Un doublon est gardé dans l’échantillothèque. Dès lors que les résultats d’analyse confirment le bon respect de la norme, le compost peut être vendu ou utilisé dans les terreaux. Le compost de déchetterie, étant réalisé en grands volumes, chauffe de lui-même jusqu'à environ 70°C. Il s'agit donc de compostage dit "à chaud", ce qui a l'avantage d'inhiber la germination des graines et de détruire les agents pathogènes. Ce compost n'est pas stérile mais bien vivant, car ce sont des bactéries thermophiles et des champignons qui ont fait le travail de décomposition. Puis il entre dans une phase de maturation où d'autres bactéries et champignons entrent en jeu.

Le vermicompost ou lombricompostage :
Le vermicompost est produit grâce à l'action de vers rouges (Eisenia fetida) qui décomposent la matière organique. Ces vers sont enlevés du produit fini lors du tamisage, juste avant l’ensachage, et sont remis au travail dans de nouveaux andains de jeune compost où ils vont de nouveau se reproduire et se multiplier de façon exponentielle. Ces brasseurs de sol infatigables laissent toutefois en arrière une grande quantité de déchets et microbes bénéfiques qui demeurent dans le compost ensaché.
Le compost Bionik est un exemple notable de vermicompost de qualité. Il est beaucoup plus concentré que le compost commercial habituel et ne contient aucune tourbe. Il est issu de la valorisation de résidus de pêcherie (coquilles, arêtes, chair de poisson, etc.) et de foresterie (écorce) de la Côte-Nord. Ces ingrédients sont mélangés en grands andains qui chauffent et dégagent une quantité phénoménale de vapeur d'eau. Les mélanges successifs ajoutent de l'oxygène et stimulent la décomposition. L'introduction massive de vers rouges dans l'andain améliore la qualité du produit une fois la température redescendue.

Le compostage individuel :
Pour les particuliers, faire son propre compost à partir des déchets de jardin et de table est une excellente solution. Les particuliers ne sont toutefois pas soumis à une obligation directe de compostage individuel, ce qui laisse une certaine flexibilité. Le compostage de surface revient tout simplement à déposer les matières organiques compostables en surface du sol. Un compost bokashi ne sent rien s’il est bien fermé ! Le jus est extrait régulièrement du seau à compost Bokashi pour en faire du fertilisant.
Utilisation du compost en horticulture et agriculture
Le compost est utilisable comme un amendement ou un fertilisant naturel. Grâce à son apport en matière organique, il structure et enrichit les sols de manière durable. Le terreau est un assemblage de matières naturelles : compost, fumier, tourbe, argile… Il sert de support de culture. L’engrais naturel, qu’il soit organique ou minéral, sert à fertiliser la terre afin de nourrir les plantations. Ils nourrissent le sol sur une durée courte et ne participent pas à sa structuration.
Vous pouvez intégrer le compost à n’importe quel moment de l’année, par enfouissement ou épandage. Le compost laissé en surface en automne, protège les sols nus en hiver et est enfoui par les vers de terre pour le redémarrage des semis et plantations au printemps.

Comment utiliser le compost UAB pour vos travaux horticoles ?
- À la création d'un potager : Il est très utile de faire un apport massif de compost à cette occasion. On parle de 15 à 20 kg par m² qui seront incorporés dans la terre sur 20 cm de profondeur. La terre qui vient d'être défrichée a (dans la plupart des cas) une structure dure et compacte. C'est normal car elle contient peu d'humus.
- Pour entretenir la fertilité de sa terre : Chaque année (voire plusieurs fois par an en cas de cultures exigeantes ou de sol sableux) pour entretenir la fertilité de sa terre. Les quantités vont varier selon la qualité de la terre (bonne structure ou pas encore). On pourra par exemple apporter 1 kg/m² en automne, et ceci chaque année. Ou alors 3 kg/m² tous les 3 ou 4 ans. Par exemple, 4 kg/m² de compost peuvent représenter une couche très fine d'1 cm.
- En trou de plantation : Pour le compost Bionik, beaucoup plus concentré, il faut en appliquer beaucoup moins. 1 ou 2 poignées bien mélangées au sol en préparant un trou de plantation, par exemple.
- En surface : Seulement 6 mm à la surface du sol d'un potager ou d'une plate-bande, ou encore, autour d'un arbre ou arbuste plutôt que 2,5 à 5 cm.
Il n'y a pas de règle stricte en jardinage naturel, que du bon sens. Et toujours plusieurs solutions différentes (fumier, engrais bio, paillis qui nourrit le sol en se décomposant)… à chacun de choisir celle qui lui convient. Les jus de compost / thé de compost : il s’agit du liquide qu’on récupère lors du lombricompostage ou vermicompostage, utilisable comme fertilisant liquide.
Initiatives locales et valorisation des biodéchets
Certaines collectivités territoriales et notamment les syndicats intercommunaux de gestion des déchets, s’engagent dans une démarche écoresponsable de valorisation des déchets récoltés sur leur territoire et distribuent, notamment via leurs réseaux de déchèteries publiques, du compost gratuit aux usagers résidents sur les communes concernées. La réussite d’un projet de compostage conforme aux obligations légales en agriculture biologique repose sur la maîtrise conjuguée des exigences réglementaires et des meilleures pratiques agronomiques. Les agriculteurs peuvent aussi utiliser des accessoires spécifiques pour optimiser le processus et améliorer la qualité du compost.
La plateforme de compostage de Fumeco est une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE). À ce titre elle est soumise à la législation en vigueur et respecte les prescriptions générales définies par la rubrique 2780-1. Pour veiller à la protection de l’environnement, des aménagements spécifiques sont mis en place : une digue tout au long de l’unité de compostage, pour empêcher le débordement de matières organiques dans la Lèze au moment d’inondations ou des très grandes périodes d’orages ; un système de pentes pour amener tous les effluents superficiels de la plateforme et des toitures vers deux bassins de récupération ; trois piézomètres (forages qui mesurent le niveau d'eau des nappes phréatiques) placés sous la plateforme de compostage, pour surveiller biannuellement d’éventuels échanges de flux.