
La gestion des déchets ménagers est une composante essentielle de la préservation de notre environnement et de la transition vers une économie circulaire. Les quantités de déchets générés par les ménages ont doublé en 40 ans, sous l'effet de l'évolution des modes de vie et de consommation. À cela s’ajoutent les déchets issus des bureaux, commerces, parcs et jardins, représentant un véritable gaspillage de ressources. Aujourd'hui, la gestion des déchets ne se résume plus à leur collecte ou à leur élimination, mais repose désormais sur une logique de valorisation : transformer les déchets en ressources, limiter l’usage de l’enfouissement ou de l’incinération, et intégrer pleinement les principes de l’économie circulaire. La France s’est fixé un objectif de réduction de 15 % des déchets ménagers et assimilés (DMA) d’ici 2030 par rapport à 2010.
Le tri des déchets est défini comme l'ensemble des opérations permettant de les séparer et de les conserver, par catégories, en fonction de leur type et de leur nature. Juste après les démarches de réduction et de prévention des déchets, le tri à la source est une étape importante, car elle permet de les orienter vers la filière appropriée, dans une démarche d’économie circulaire. Ce tri nécessite toutefois d’avoir des espaces d’entreposage adaptés, par exemple dans sa cuisine les contenants appropriés aux biodéchets, aux déchets recyclables et aux déchets résiduels.
Comprendre le Tri des Déchets : Quel Déchet pour Quelle Poubelle ?
Le tri à la source est celui réalisé chez le détenteur des déchets, qu'il s'agisse de particuliers, d'administrations ou d'entreprises. Il est crucial pour assurer la bonne orientation des déchets vers les filières de traitement ou de recyclage adéquates. Les collectivités locales diffusent généralement des guides de tri pour aider les habitants à s'y retrouver.
Les Déchets Recyclables : Poubelles Jaunes, Vertes et Points d'Apport Volontaire
Les déchets recyclables concernent principalement les emballages et le papier, mais aussi les biodéchets.
Emballages et Papiers : La Poubelle Jaune
Les emballages cartonnés et plastiques épais, ainsi que le papier, sont à déposer dans les poubelles jaunes. Grâce à l’extension des consignes de tri permise par une modernisation des installations de tri, tous les emballages en plastique se trient (ou se trieront pour les collectivités n’ayant pas encore mis en place l’extension des consignes de tri). Cela inclut par exemple les pots, les barquettes et les films plastiques, en plus des bouteilles et flacons déjà collectés.
Dans la benne des déchets valorisables pourront ainsi être déposés tous les emballages (papier/carton, plastique et métal) et les déchets de papiers. Il est important de bien séparer les éléments d’emballages s’ils sont composés de matériaux différents (par exemple, le carton d’emballage de la boîte de biscuits doit être séparé de la barquette en plastique ou du film, avant d’être jeté dans le bac de collecte).
Voici une liste non exhaustive des déchets acceptés dans la poubelle jaune :
- Papiers : magazines, prospectus, cahiers (même avec spirales), livres, feuilles (même avec agrafes ou trombones), enveloppes avec fenêtre.
- Emballages en papier ou carton : boîtes de céréales, boîtes de pizza (même salies), briques de lait, papier cadeau avec scotch.
- Emballages en acier et aluminium : canettes, boîtes de conserve, aérosols, barquettes en aluminium, couvercles en métal.
- Emballages en plastique : bouteilles d'eau ou d'huile, flacons de liquide vaisselle ou de shampoing, films plastiques alimentaires.
Les déchets collectés partent dans différents centres pour être traités ou recyclés. Au Pays Basque, les emballages recyclables sont livrés au centre de tri Canopia à Bayonne, en capacité d’accueillir 21 500 tonnes de collectes sélectives par an (emballages + papier). Ils y sont triés selon leur nature : PET clair, PET coloré, PEHD (opaques), acier, aluminium, cartonnettes et briques alimentaires. Ils sont ensuite mis en balles puis envoyés dans les filières de recyclage dédiées.
- Bouteilles et flacons en plastique : Ces plastiques sont repris par la société Valorplast qui organise leur recyclage sur les sites de Suez à Bayonne (PET clair et foncé), en Espagne, à Colmar, à Verdun ou en Italie. Les bouteilles et flacons en PET sont majoritairement transformés en fibres (polyester) pour le rembourrage de couette, l’automobile, l’isolation de toiture plate. Les bouteilles et flacons en PEHD deviennent des tubes, des bacs de coffrage pour les piscines, des conteneurs, du mobilier urbain ou des flacons de lessive.
- Acier et Aluminium : L'acier, recyclable à l'infini, est repris par les sociétés Paprec, Decons et le Comptoir des Métaux pour être recyclé en France, entrant dans la fabrication d'objets du quotidien (automobile, électroménager, mobilier, emballages, etc.). L'aluminium est repris par la société AFM recyclage (Bayonne) ou Alberdi (Hendaye) avant d'être recyclé en Espagne et en France, utilisé pour fabriquer des alliages pour l'équipement automobile et de nouveaux emballages.
- Cartonnettes : Elles sont reprises par les sociétés Paprec et Suez pour être recyclées dans des papeteries en Espagne, intégrant la chaîne de production de papier (95% pour les cartons ondulés, 82% pour les cartons plats, 51% pour les papiers d’hygiène et 29% pour les papiers d’emballages).
- Briques alimentaires : Ces emballages composites sont repris par la société SUEZ, puis envoyés pour recyclage en Espagne, à Évreux et en Italie. Les fibres de carton extraites sont utilisées sur place pour confectionner du papier toilette, du papier d’essuyage industriel, des enveloppes et du papier cadeau.

Le Verre : Points d'Apport Volontaire Spécifiques
Les déchets de verre sont à déposer en général au niveau de points d’apport volontaire qui leur sont spécifiques. Le verre est recyclable à l’infini et à 100%. Au Pays Basque, le verre est recyclé via la société O-I Manufacturing à Vayres (33) ou à Béziers (34). Après regroupement et stockage provisoire, le verre est transporté dans des verreries, où il est trié, débarrassé de ses impuretés puis concassé. Mélangé aux matières premières, le calcin est ensuite fondu dans les fours des usines afin d’être réintégré dans un cycle de production d’emballages en verre. Recycler 1 tonne de verre permet de fabriquer plus de 2000 nouvelles bouteilles de 75 cl.
Les Biodéchets : Compostage et Méthanisation
Les biodéchets (déchets de cuisine, restes de repas et déchets du jardin) sont une catégorie de déchets de plus en plus valorisée. À partir du 31 décembre 2023, les collectivités devront s'assurer de la généralisation du tri à la source des biodéchets sur leur territoire. Chaque Français disposera d'une solution de tri de ses déchets de cuisine et de table, afin que ceux-ci puissent être valorisés. La séparation des biodéchets des ordures résiduelles et leur valorisation est une action importante puisqu'elle permet de réduire les effets de gaz à effet de serre associés à l'élimination des déchets résiduels, et de produire des matières fertilisantes.
Le biodéchet est très humide, riche en matière organique et peut se transformer en compost. Ce compost pourra alors être utilisé très localement pour retourner à la terre cultivée ou aux espaces verts en ville. C’est un plus pour la biodiversité et pour le développement de circuits courts, d’activités riches en lien social. Les déchets alimentaires vont dans un centre de méthanisation pour être transformés en biogaz ou en compost.
Diverses solutions peuvent être déployées pour le tri des biodéchets :
- En habitat individuel : le compostage domestique, déjà largement répandu, s'effectue en utilisant un silo à compost dans son jardin. Les ménages intéressés peuvent aussi explorer des solutions un peu plus exigeantes en termes de fonctionnement, telle que le lombricomposteur ou encore le "bokashi".
- En habitat collectif : le compostage de pied d’immeuble ou de proximité est possible et exige un peu d’organisation pour sa mise en place et son suivi.
- Collecte séparée : Certaines communes mettent à disposition des bacs de collecte pour les déchets alimentaires compostables, avec des modalités de ramassage spécifiques (numéro et rendez-vous de collecte, date fixe par mois).
- Points d'apport volontaire : La mairie ou le groupement de communes peut mettre en place un système de collecte en apport volontaire en centre de dépôt.
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Les Déchets Non Recyclables : La Poubelle Grise ou "Tout-Venant"
Les déchets non recyclables, également appelés "ordures ménagères résiduelles", sont ceux qui ne peuvent pas être valorisés dans les filières de recyclage actuelles. Ils sont généralement destinés à l'incinération avec valorisation énergétique ou au stockage.
Exemples de déchets non recyclables :
- Les emballages sales.
- La pantoufle rongée par Toufou.
- Le coton-tige.
- Le mouchoir en papier (utilisé).
- La brosse à dents usagée.
- Le stylo.
- Le jouet cassé.
- L’assiette cassée.
- Les essuie-tout, cotons, couches.
Ces déchets vont dans un centre de valorisation énergétique pour être incinérés et valorisés en vapeur et électricité. Au Pays Basque, 84 % des ordures ménagères sont traitées sur le site de Canopia (Bayonne) et 16% sur le site de Mendixka (Charritte-de-Bas) avec valorisation organique des déchets ménagers en compost.

Cas spécifiques liés au COVID-19
Une fois utilisés, les mouchoirs, les gants, les masques ou les lingettes doivent être jetés dans la poubelle grise ou poubelle du "tout venant". Ils ne doivent en aucun cas être jetés dans la poubelle des déchets recyclables ou poubelle "jaune" (emballages, papiers, plastiques).
Les Déchets Occasionnels : Déchèteries et Points de Collecte Spécifiques
Le tri des déchets occasionnels s’applique à une grande variété d’objets ou biens de consommation qui ne sont pas collectés avec les déchets ménagers quotidiens.
- Retour sur le lieu d’achat : Piles, petits appareils électriques, médicaments périmés, notamment dans le cadre des filières à responsabilité élargie du producteur. Les téléphones et ordinateurs peuvent être déposés dans une borne Eco-systems (à l’entrée des enseignes de bricolage et supermarchés).
- Bornes d'apports volontaires : Par exemple, les bornes textiles pour les vêtements, chaussures, linges de maison (propres et secs, dans un sac fermé). S’ils sont souillés par des produits chimiques, il faut les jeter dans la poubelle des ordures ménagères.
- Déchèteries : En 2019, la France métropolitaine compte 4604 déchèteries, qui reçoivent plus de 14 millions de tonnes de déchets par an. Les déchèteries valorisent les déchets occasionnels (végétaux, cartons, ferrailles, bois). De plus en plus de déchèteries ont des accords avec des structures telles que Emmaüs ou des ressourceries, afin de développer le réemploi et la réutilisation d’une partie des déchets apportés. Il est préférable de déposer un objet en bon état dans une borne de réemploi afin de lui offrir une seconde vie et ainsi d'éviter la production de déchets.
- Collectes spécifiques : Pour les déchets électroniques (sèche-cheveux, ordinateur, etc.), des collectes spécifiques sont organisées périodiquement (souvent le week-end à côté d’un marché).
Le site de l'Ademe ou des éco-organismes répondent à la plupart des questions que peut se poser le citoyen-trieur. Le site lesbonneshabitudes.gouv.fr centralise les informations génériques et les outils pratiques sur les 3R (réduire, réutiliser et recycler), pour permettre à chacun de réduire ses déchets et savoir où déposer et comment trier ses déchets. Cette plateforme dispose notamment d'un moteur de recherche par type d’objet (sous filière REP), de cartes de géolocalisation des points de collecte, d'un annuaire des acteurs de l’économie circulaire.
Cadre Législatif et Objectifs Nationaux en Matière de Tri
La législation française a considérablement renforcé les obligations de tri pour l'ensemble des acteurs, dans l'objectif de transformer notre économie linéaire (produire, consommer, jeter) en une économie circulaire.
La Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (2015)
Adoptée en août 2015, cette loi contient des dispositions importantes relatives au tri :
- Généraliser le tri des déchets d’activités économiques pour les entreprises et les administrations (tous les matériaux recyclables doivent être triés depuis le 1er juillet 2016).
- Généraliser le tri à la source des biodéchets : chaque Français disposera d'une solution de tri de ses déchets de cuisine et de table, afin que ceux-ci puissent être valorisés.
- Déployer la tarification incitative pour l'enlèvement des déchets ménagers et assimilés, c’est-à-dire introduire une part variable dans la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour récompenser les bons trieurs (objectif : 25 millions en 2025, contre 5 millions en 2015).
- Étendre les consignes de tri des emballages ménagers à l’ensemble des emballages en plastique d’ici 2022, dont les films et barquettes en plastique (jusqu’ici, seules les bouteilles et les flacons en plastique devaient être triés).
- Harmoniser progressivement les consignes de tri et les couleurs des poubelles d’ici 2025 : il sera alors possible d'identifier plus facilement le bac ou le conteneur approprié, partout en France.
La Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (2020)
Adoptées respectivement en février 2020 et en juillet 2020, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire et l’ordonnance associée, visent à transformer notre économie linéaire en une économie circulaire. Elles renforcent les dispositions prises en faveur du tri des déchets via les dispositions suivantes :
- Rendre le tri plus efficace grâce à un logo unique, des modalités de tri simplifiées et une harmonisation de la couleur des poubelles.
- Renforcer des obligations de tri à la source et de collecte séparée pour les professionnels avec l’obligation de trier dès 2021 les fractions minérales et le plâtre pour les déchets de la construction et de la démolition et, à partir du 1er janvier 2025, l’obligation de trier les déchets de textiles pour tous les professionnels.
- Améliorer la qualité du tri opéré dans les installations de tri des déchets.
Le Tri chez les Différents Acteurs
La réussite du tri des déchets repose sur l'engagement de tous, des particuliers aux grandes entreprises, en passant par les administrations.
Le Tri chez les Particuliers
En tant que producteur de déchets, le ménage doit se conformer aux indications qui lui sont données par la collectivité en charge de la collecte des déchets ménagers de sa commune de résidence (service public de gestion des déchets ménagers). La plupart de ces collectivités diffusent des guides de tri à l’usage de leurs habitants. Les consignes de tri avaient tendance à varier localement, mais, grâce à la volonté de l’ensemble des acteurs impliqués, ceux-ci sont en train de les faire converger pour que le tri des déchets soit plus facile.
Depuis le 1er janvier 2024, les particuliers (en maison individuelle, habitat collectif) doivent trier les biodéchets à la source (c'est-à-dire qu'ils doivent le faire eux-mêmes, directement). Ce tri consiste à séparer les biodéchets des ordures ménagères résiduelles pour les valoriser en biogaz ou en compost. La mairie ou le groupement de communes est chargé de fournir aux particuliers des dispositifs de collecte séparée. Cela peut consister à déployer une gestion de proximité des biodéchets, par le développement des mesures suivantes : seaux, composteurs individuels ou partagés (par exemple, composteurs de quartiers), ramassage séparé des biodéchets à partir d'une collecte supplémentaire, collecte en points d'apport volontaires.

La gestion des ordures ménagères (biodéchets compris) est confiée à la mairie, ou à la communauté de communes. Les modes de collecte (jours et horaires, bacs ou conteneurs à utiliser…) sont fixés par arrêté. Le fait de déposer ses déchets dans des conteneurs, poubelles, bennes, emplacements sans respecter les bons contenants, jours et horaires de collecte, consigne de tri est sanctionné d'une amende forfaitaire de 35 € (75 € après 45 jours).
Le Tri dans les Administrations
L’exemplarité des administrations publiques passe aussi par la prévention et le tri des déchets. Les administrations sont soumises à l'obligation de tri et de collecte séparée de cinq flux de déchets : les déchets de papier/carton, de plastique, de verre, de métal et de bois. Les administrations de l’État ont des objectifs spécifiques de réduction de la consommation de papier et plus généralement des fournitures qu’elles utilisent. Les papiers de bureau restent de loin le 1er gisement de déchet produit par les administrations. À compter de juillet 2016, tous les sites administratifs de plus de 20 agents doivent pouvoir produire des justificatifs de mise en place du tri des déchets de papiers de bureau.
Depuis 2016, le tri des biodéchets dans les restaurants administratifs est obligatoire pour les établissements produisant plus de 10 tonnes de biodéchets par an. À partir du 1er janvier 2023, le seuil est abaissé à 5 tonnes de biodéchets par an et à partir du 31 décembre 2023, toutes les administrations devront mettre en place un tri à la source des biodéchets, quelle que soit la quantité annuelle de biodéchets produits. S’agissant des déchets concernés par des filières à responsabilité du producteur, tels que le mobilier de bureau, les lampes, les ordinateurs et autres équipements électriques ou électroniques, un tri spécifique est à faire.
Le Tri dans les Entreprises
Le tri à la source est devenu la règle commune, avec le décret dit « 5 flux », qui réglemente le tri des 5 flux de matières, qui sont les déchets de papier/carton, de métal, de plastique, de verre et de bois. En effet, suite à ce décret publié en 2016, tous les professionnels ont l'obligation de mettre en place un tri à la source et une collecte séparée de ces déchets. Depuis 2016, les professionnels produisant plus de 10 tonnes de biodéchets doivent également mettre en place un tri à la source des biodéchets. À partir du 1er janvier 2023, ce seuil est abaissé à 5 tonnes de biodéchets par an et à partir du 31 décembre 2023, tous les professionnels devront mettre en place un tri à la source des biodéchets, quelle que soit la quantité annuelle de biodéchets produits.
De nombreuses entreprises sont déjà en pointe dans le tri de leurs déchets, notamment dans l’industrie, qui cherche à réduire au maximum les coûts liés à l'achat d'intrants-matières et aux prestations d'enlèvement de déchet. Des synergies peuvent être développées localement entre des entreprises : les déchets des uns devenant une ressource pour un site voisin, s'inscrivant dans le concept d’écologie industrielle et territoriale, entrant dans le concept d'économie circulaire.
Tout producteur de déchet, en dehors des ménages, est responsable de la valorisation ou / et de l’élimination des déchets qu’il produit. Certaines entreprises, notamment des petits commerces, peuvent être desservies par le service public de gestion des déchets, du fait des faibles quantités de déchets générées. Elles se conforment alors au dispositif de tri à la source et de collecte mis en place par la collectivité.
Le Tri dans les Établissements Recevant du Public (ERP)
Les établissements recevant du public sont des bâtiments, locaux et enceintes dans lesquels des personnes extérieures sont admises. Lorsqu’ils produisent plus de 1100 litres de déchets par semaine, ces établissements ont l’obligation de mettre en place un tri et une collecte séparée des biodéchets d’une part, et des déchets d’emballages et papiers d’autre part.
Le Traitement et la Valorisation des Déchets en France
En France, 298 millions de tonnes (Mt) de déchets ont été collectées en 2022. Comment ces déchets sont-ils traités ? Quelles sont les évolutions des modes de traitement ? Comment traiter ces déchets de manière responsable ? La valorisation des déchets non minéraux et non dangereux a progressé en France entre 2016 et 2022, passant de 70 à 74 % du tonnage total.

Le Recyclage : Une Priorité Croissante
Le taux de recyclage a augmenté de 2010 à 2018 avant de chuter entre 2018 et 2020 puis de reprendre sa progression en 2022. Parmi les déchets valorisés, 46 % ont fait l’objet d’un recyclage grâce aux installations de traitement.
- Verre : Le taux de recyclage a progressé pour les emballages en verre passant de 70 % à 81 % entre 2011 et 2022.
- Papier-carton : Le taux d’incorporation du papier-carton est de 67 %, ce qui signifie que 67 % du papier-carton produit en 2017 l’est à partir de papiers-cartons de récupération. Le taux de recyclage est resté stable avec 1 % d’augmentation pour les emballages en papier passant de 88 % à 89 %.
- Plastique : Le taux de recyclage des emballages plastiques est passé de 23 % à 25 %. Les premiers retours d’expérience confirment les tendances observées lors de l’expérimentation : la collecte sélective des plastiques augmente d’environ 2 kg par habitant et par an. La production mondiale de plastique ne cesse d’augmenter depuis 1950, atteignant 368 Mt en 2019. En 2017 en Europe, le taux de recyclage de l’ensemble des déchets plastiques atteint 31 % et dépasse le taux de mise en décharge de 27 %. Cette tendance se poursuit en 2018 avec un taux de recyclage de 32 %. Un des obstacles au recyclage des plastiques est leur grande diversité.
- Métaux : En 2017, le taux d’incorporation des ferrailles dans l’acier produit est de 49 %. L'acier se recycle à l'infini.
- Bois : Le taux de recyclage des emballages en bois est passé de 25 % à 40 %.
- Batteries et piles : Certains déchets dangereux ont un fort taux de valorisation : plus de 80 % des batteries et des piles ont été recyclées en 2018 grâce à la création de filières de collecte et de traitement.
- Déchets minéraux inertes : 55 % des déchets minéraux inertes ont été valorisés en 2022, exclusivement par le recyclage.
Entre 2004 et 2018, les centres de recyclages ont augmenté, tout comme les centres de tri et de valorisation énergétique. Les centres de stockage et d’incinération ont diminué. Dans le même temps, le nombre de centres de tri a augmenté de 324 en 2004 à 408 en 2018 et les centres de compostage sont passés de 401 en 2004 à 657 en 2018.
La Valorisation Énergétique (Incinération avec Récupération d'Énergie)
La part de l’incinération avec récupération d’énergie a progressé de 6 % entre 2016 et 2022, passant de 22 % à 28 %. L’incinération est le principal mode de production d’énergie à partir des déchets. Dans cette production, 14,1 Térawatt-heures sont issus des unités d’incinération des ordures ménagères. Les mâchefers sont les principaux résidus de l’incinération des déchets. En 2016, les incinérateurs en produisent 2,29 Mt qui sont orientés vers des plateformes de maturation ou des unités de valorisation, pour être ensuite utilisés dans du mortier pour les routes et les fondations des bâtiments.
La Méthanisation et la Valorisation du Biogaz
Les déchets alimentaires vont dans un centre de méthanisation pour être transformés en biogaz ou en compost. La valorisation du biogaz dans les décharges permet également de produire de l’énergie, même si les quantités sont moindres. En effet, pour les installations de stockage de déchets non dangereux, la valorisation du biogaz permet d’améliorer la rentabilité de l’installation. La production d’électricité et de chaleur à partir de biogaz de décharge atteint 1,6 Térawatt-heures en 2016. Les unités de méthanisation ont produit 2 Térawatt-heures.
Le Stockage et l'Incinération sans Récupération d'Énergie
Le stockage et l’incinération sans récupération d’énergie sont en constante diminution. Entre 2000 et 2017, la part du stockage a diminué et l’incinération sans récupération d’énergie est devenue marginale. À l’inverse, les déchets de soins, les déchets chimiques et les solvants usés sont pour la plus grande partie incinérés sans récupération d’énergie. Au milieu des années 1990, près de la moitié des déchets ménagers et assimilés, hors déblais et gravats, était mise en décharge.
L'Économie Circulaire et la Prévention des Déchets
La gestion des déchets ne se résume plus à leur collecte ou à leur élimination. Elle repose désormais sur une logique de valorisation : transformer les déchets en ressources, limiter l’usage de l’enfouissement ou de l’incinération, et intégrer pleinement les principes de l’économie circulaire.
Les déchets ménagers représentent une source de pollution non négligeable, qu’ils soient brûlés, mis en décharge ou répandus dans la nature. On garde avec soi sa canette de soda vide pour la déposer dans la prochaine poubelle ou chez soi. Ce geste qui semble a priori anodin, a pourtant des répercussions très importantes sur l’environnement et notamment les océans. La décharge sauvage, en ville ou en campagne est interdite et passible d’amendes.
Pour s'inscrire dans une démarche d'économie circulaire, de plus en plus de déchèteries ont des accords avec des structures telles que Emmaüs ou des ressourceries, afin de développer le réemploi et la réutilisation d’une partie des déchets apportés.
Les ESAT, en tant qu’établissements médico-sociaux, offrent un cadre spécifique aux travailleurs en situation de handicap, contribuant à l'insertion par l'activité économique (IAE) et au rôle des structures d’insertion (SIAE) dans l’accompagnement des publics éloignés de l’emploi. Ces initiatives jouent un rôle dans la valorisation des déchets et l'économie circulaire.