L'Art et la Science du Compostage : Guide Complet de la Transformation Organique

Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques en un terreau riche, d'excellente qualité et 100% naturel : le compost. Composter, c’est recycler les déchets verts du jardin et de la maison en les amassant en tas pour qu’ils se décomposent dans un composteur. C’est un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin, un fertilisant d'excellente qualité et 100 % naturel. Il allège la terre et permet des économies d'engrais, de terreau et d'eau. Les déchets de cuisine et les déchets de jardin sont composés de matière organique biodégradable. Dans la nature, la matière organique, d’origine végétale ou animale, se dégrade naturellement pour permettre aux plantes de grandir. Dans le composteur ou dans le centre de compostage, c’est le même principe que dans la nature.

Schéma illustrant le cycle naturel du compostage : des déchets organiques au terreau nourrissant

Qu'est-ce que le compost ?

‘Compost’ signifie ‘Engrais composé’. C’est un fertilisant à base de déchets d’origine végétale ou animale. Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques (déchets de cuisine, déchets verts et de bois) par des micro-organismes et petits animaux (bactéries, vers de terre) en un produit comparable au terreau : le compost. Une fois décomposée par des micro-organismes (bactéries, champignons…), mélangée et mise en tas, cette matière organique produit un engrais de qualité totalement naturel qui nourrit vos plantes, les rend plus saines et plus résistantes aux maladies. C’est l’engrais le plus équilibré : plus vous compostez d’éléments différents plus votre compost sera complet (matières vertes, déchets bruns, déchets humides et matières sèches). Ces réactions nécessitent de l'oxygène et dégagent de la chaleur.

Deux phénomènes se succèdent dans un processus de compostage :

  • Le processus de dégradation, amenant les résidus à l'état de compost frais, est une dégradation aérobie intense : il s'agit essentiellement de la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50 à 70 °C) sous l'action de bactéries et en présence d’oxygène.
  • Le processus de maturation est caractérisé par une dégradation moins soutenue.

Les méthodes de compostage

Il existe plusieurs approches pour réussir son compost, adaptées à chaque configuration :

  1. Compostage en tas : C’est la technique la plus simple pour les jardins. Les matières à composter sont placées directement sur le sol afin de former un tas d’une hauteur allant de 0,5 m à 1,5 m.
  2. Compostage en silo : Le compostage peut être mené dans un composteur, bien adapté aux petits jardins et aux petits volumes de déchets.
  3. Compostage de surface : Faire du compostage de surface revient tout simplement à déposer les matières organiques compostables en surface du sol.
  4. Lombricompostage : Le compostage en appartement fait appel à des vers. Il est connu sous le nom de lombricompostage. Cette pratique se fait grâce à la superposition de plateaux munis de trous : le lombricomposteur.

Compost ► On reprend les bases pour avoir le plus beau compost

Les fondamentaux : Matières vertes et brunes

Dans tous les cas, la règle d'or est de maintenir l'équilibre entre : déchets verts (tonte de gazon, fruits et légumes gâtées, épluchure…), déchets bruns (broyats de bois sec, de taille…), matières sèches et déchets humides.

  • Les matières “brunes” : feuilles mortes, brindilles sèches, branches broyées, copeaux de bois et sciure, écorce, paille… Sèches et dures, elles sont riches en lignine et en cellulose, substances carbonées qui fournissent le plus d’humus stable.
  • Les matières “vertes” : déchets de cuisine et tontes de gazon fraîches. À l’inverse des matières brunes, elles sont humides, molles et contiennent beaucoup de substances rapidement fermentescibles.

Réduire les déchets en petits morceaux permet un mélange plus aisé, une réduction des volumes et surtout une attaque plus rapide par les micro-organismes décomposeurs. Les déchets de cuisine : épluchures, légumes et fruits abîmés (crus ou cuits), coquilles d’œuf ou d’huître broyées en poudre, thé, marc de café. Les déchets de jardin : mauvaises herbes sans graines, petites branches, brindilles, paille, feuilles mortes, fleurs et plantes fanées, litières de rongeurs herbivores (lapin, hamster).

L'emplacement et l'aménagement

Un bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche. Comme composteur, vous pouvez utiliser les silos du commerce ou le construire vous-même avec des planches de bois ou du grillage. Prenez garde à bien laisser le fond de votre bac à compost en contact avec le sol car c’est une source directe de micro-organismes (comme les lombrics) indispensables à la réussite de votre compost. L’idéal est d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément. Pendant que vous laissez un bac terminer sa fermentation en compost, remplissez le second et ainsi de suite !

Pour ceux qui désirent composter une petite quantité de déchets, vous pouvez creuser un trou directement dans la terre. Creusez une tranchée de 20cm de profondeur et d’une largeur correspondant à la quantité de déchets que vous souhaitez. Couvrez de paille ou d’un plastique noir et maintenez humide comme pour un compost normal. Il existe également des composteurs de balcons pour ceux qui ne possèdent pas de jardin.

La gestion de l'oxygène et de l'humidité

L’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. La mauvaise aération du tas de compost est la principale raison d’un compostage lent, partiel, hétérogène ou mal odorant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas. Pour cela, mélangez le tas le plus souvent possible (toutes les 4 à 6 semaines) pour bien aéré le tout. Les bactéries responsables de la dégradation du compost doivent être dans des conditions aérobies, c'est-à-dire en présence d’oxygène pour pouvoir respirer.

Il est important que vous contrôliez l’humidité de votre compost. Pour vérifier qu’il est satisfaisant, comprimez une poignée de compost dans votre main. Si le compost est trop sec et que l'apport de déchets humides n'est pas insuffisant, les bactéries meurent et seuls les champignons continuent à travailler. Vous verrez alors apparaître des filaments mycéliens blancs. Dans ce cas arrosez votre compost. Attention à l’inverse de ne pas trop humidifier votre compost. Un excès d'eau diminue la quantité d'air disponible dans le volume de compost. Les bactéries aérobies (qui ont besoins d’oxygène) sont remplacées par des bactéries anaérobies (qui n’ont pas besoins d’oxygène) qui dégagent des gaz et engendrent des odeurs désagréables.

Graphique montrant l'équilibre idéal entre humidité et aération dans un composteur

Que mettre au compost (et quoi éviter) ?

Pour un compost 100% naturel, utilisez les déchets verts de la maison (fruits et légumes) et du jardin. Utilisez des matériaux variés et broyés.

Matières à mettre au compost :

  • Au jardin : Feuilles mortes broyées, tonte d'herbe fraîche, herbes séchées, fleurs fanées, plantes d'appartement, bois de taille broyé, sciures et copeaux, aiguilles de conifères, mauvaises herbes non grainées.
  • A la maison : Déchets et épluchures de légumes et de fruits, peaux d'agrumes broyées (peu), restes de repas (sans viande, ni graisse), feuilles de thé et sachets de thé, marc de café avec le filtre, croûtes de fromage, couenne de jambon, coquilles d’œufs, de noix, de moules broyées, papier essuie-tout (mouillé), papier, journaux, cartons (en morceaux), tissus naturels tels le coton et le lin (broyés).

Matières à ne pas mettre au compost :

  • Au jardin : Terre, sable et cendre de charbon, gros bois, bois traité, bois exotique, plantes malades, tailles de thuyas et autres conifères, cendres de bois, toutes plantes grainées, litières non biodégradables.
  • A la maison : Viandes, poissons, produits laitiers, plastiques, métaux, verres, papier glacé, imprimé ou coloré, langes jetables, poussières de sac d'aspirateur et balayures, tissus synthétiques, tous les produits chimiques, huile de vidange.

Matériel nécessaire et astuces d'entretien

Le matériel pour un bon compostage comprend :

  • Une brouette pour transporter les déchets.
  • Un récipient de petite taille pour récupérer les déchets de la maison.
  • Un broyeur pour couper les déchets en petits morceaux.
  • Un ou deux silos à compost.
  • Une fourche pour remuer et aérer.
  • Un thermomètre de couche pour observer l’évolution de la température.

Astuce : Ajoutez de la terre en guise de levain, et un lit de branchage pour l’aération. Pour un compost bien décomposé, pensez à alterner entre deux couches avec un activateur à compost. Vous pouvez aussi en profiter pour y incorporer des activateurs naturels (urine, fumier de volaille, poudre d’algue, poudre d’os marine) qui stimulent l’activité.

La récolte du compost : quand est-il prêt ?

Il peut être mûr au bout de 3 à 6 mois au printemps/été ou 6 à 9 mois en automne/hiver s’il est bien isolé et retourné régulièrement. Le compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, l’humus et s’effrite facilement. Le compost demi-mûr se reconnaît à ses vers rouges, qui y sont extrêmement nombreux. Son cycle de décomposition n’est pas complètement achevé.

Lorsque votre compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Vous pouvez les récupérer en tamisant votre compost. Réincorporez-les ainsi dans le prochain tas que vous ferez. À la fin du compostage le tas aura perdu 2/3 de son volume initial, mais il sera concentré en éléments nutritifs. Retirez-le par la base et incorporez-le au pied des plantes ou dans les trous de plantation. Attention à ne pas l’enterrer mais à l’incorporer de façon superficielle. Epandre 30 à 70kg de compost pour une surface de 100m², trois fois par an.

Image montrant un tas de compost mûr, sombre et friable, prêt à être utilisé au jardin

Utilisation au jardin : conseils d'expert

Le compost peut être utilisé à mi-décomposition (on dit alors demi-mûr) ou quand il est suffisamment décomposé (on dit qu’il est mûr). Au stade demi-mûr, il peut être utilisé en paillage de sol au pied des arbustes ou en couverture de sol nu après récolte à l’automne. Lorsqu’il est mûr, incorporez-le par griffage/binage dans les 5-10 premiers centimètres du sol. Pour les pots, jardinière ou semis, vous pouvez l’utiliser dans une proportion maximale d’1/3, pour améliorer les mélanges terreux de plantation. Pour la plantation d’arbres, arbustes, rosiers, vous pouvez ajouter à la terre extraite, 10 à 20% de compost. Dans le cas des plantations en racines nues, la technique du pralinage est très efficace : elle consiste à tremper les racines nues dans un mélange d’eau, de compost mûr et de terre fine.

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