Le lombricompostage, aussi connu sous le nom de vermicompostage, est une méthode de compostage à la fois écologique et pratique qui transforme vos déchets organiques ménagers en un amendement précieux pour vos plantes, grâce à l'action des vers de terre. Ce processus, simple à mettre en place, est accessible à tous, que vous viviez en appartement ou en maison, avec ou sans jardin. Il représente une solution efficace pour réduire et valoriser vos biodéchets tout en contribuant à la fertilité des sols.

Qu'est-ce qu'un Lombricomposteur ?
Un lombricomposteur est un appareil qui permet de faire du compostage avec des vers. Il prend généralement la forme d’une grosse boîte, souvent composée de plusieurs bacs percés qui permettent la circulation des vers à l’intérieur. Les déchets frais sont déposés dans le bac du haut, et les vers les digèrent et les transforment progressivement. Dans le bac tout en bas, il est possible de recueillir le jus de compost, un engrais liquide très concentré, au bout de quelques mois.
Il existe de nombreux containers différents pour faire du lombricompostage. Ils peuvent être en bois, en plastique ou en frigolite, avec un aspect plus ou moins esthétique selon les constructeurs. Un modèle en bois est plus naturel et plus esthétique, et permet de mieux absorber les changements de températures, mais n'est pas totalement étanche. En comparaison, un modèle en plastique est souvent plus complet, offrant une meilleure étanchéité, une plus grande longévité et une facilité d'entretien accrue. Ces caractéristiques et équipements peuvent influencer le prix global de chaque produit. Étant donné que la plupart des modèles sont modulables, vous pourrez ajouter des bacs dans un second temps.
Pour les compostières de type "wormery", il est conseillé de veiller à ce que le couvercle soit muni d’un joint étanche, surtout si le fût est placé à l’extérieur, afin d'empêcher les petites mouchettes de s’installer. Un robinet au fond du fût est également intéressant pour récupérer le jus issu du compostage. Les compostières horizontales, coupées en deux parties par une séparation verticale trouée, facilitent grandement la récupération du compost. Vous déposez vos déchets d'un côté. Lorsque vous souhaitez récolter le compost, vous n'alimentez plus ce côté et vous mettez les nouvelles matières organiques dans l'autre partie. Après une dizaine de jours, les vers de terre affamés auront migré dans le deuxième compartiment.
Fabriquer sa propre lombricompostière
Fabriquer une lombricompostière n’est pas difficile. Vous pouvez récupérer ou acheter 2 à 4 bacs empilables de type unibox. Pour une lombricompostière de jardin, vous pouvez faire un bac d'environ 1 mètre de long sur 40 à 50 cm de large et de haut. Séparez-le verticalement avec une plaque d'unalite et rendez les fentes hermétiques avec du silicone. Vous pouvez aussi placer une couche de frigolite à l’intérieur pour l'isolation. Une autre option est de récupérer une poubelle en plastique de 50 à 80 litres et de placer à 10 à 15 cm du fond une plaque trouée. Cela permettra l’évacuation du jus afin que les matières ne soient pas noyées.
Fabriquer un lombricomposteur
Les Vers de Compost : Acteurs Indispensables
Le fonctionnement d’un lombricomposteur repose sur l’action de vers spécifiques. Il s'agit d'une erreur de terminologie de parler de "lombrics", car les gros vers de terre que l'on trouve au jardin (surtout en bêchant) ne sont pas utilisables pour le compostage. Les vers de compost sont des vers de surface qui se trouvent à un maximum de 10 cm de profondeur. Ces vers sont gloutons, mangeant entre la moitié et une fois leur poids par jour, et se reproduisent très vite, car ils sont soumis à une forte prédation dans la nature. Ils se nourrissent de matière décomposée.
Parmi les espèces à privilégier pour le lombricompostage, on retrouve :
- Eisenia foetida : C’est le "ver du fumier", également appelé "ver tigré". Rouge tigré de gris ou de jaune, il préfère les matières en décomposition.
- Eisenia endreï : C’est le "ver de Californie", aussi appelé "ver rouge". De couleur très rouge, il préfère quant à lui les matières fraîches.
Les vers de compost aiment être au calme et dans l'obscurité. La plage de température optimale pour leur efficacité est entre 15°C et 25°C. Ils meurent en dessous de 0°C et au-dessus de 35°C, et hibernent en dessous de 5°C. Les vers de terre sont des êtres vivants qui ont besoin d’une température entre 10°C et 30°C. Une petite place à l’intérieur, dans un coin de la cuisine, dans un cellier, ou même un garage ou une cave, est l'emplacement idéal pour eux.
Pour commencer un vermicompost, il faut, en poids de vers, au moins le double de la quantité de déchets apportée par jour. Par exemple, si vous apportez 250 g de déchets par jour, amenez un minimum de 500 g de vers. Ce point est important car si vous n’avez pas assez de vers dès le départ, la matière va s’accumuler et de la pourriture risque d’apparaître. Les vers ne vont pas s’attaquer directement aux déchets ; ils préfèrent les matières en cours de décomposition (1 à 2 semaines). Ils commenceront à bien manger 2 à 3 semaines après l’installation. Si de la matière se décompose trop sans être mangée, il est impératif de réduire immédiatement vos apports ou même de les arrêter complètement.
Le Régime Alimentaire des Vers de Compost
Le secret d’un lombricomposteur en bonne santé réside dans la règle des 50/50 : apportez 50% de déchets organiques et 50% de déchets secs dans votre lombricomposteur. Ajustez vos apports en fonction de ce que vous observez ; si votre compost vous paraît très humide, c’est qu’il manque de matière sèche ! Découpez du carton en petits bouts et mélangez votre compost. Notre conseil est de toujours recouvrir les déchets de cuisine d'un volume au moins équivalent de déchets secs, comme du carton, pour éviter d'attirer les mouches et moucherons. Pensez à découper vos déchets organiques et secs en petits morceaux, car plus vos déchets sont petits, plus facilement ils seront recyclés par vos vers.

Déchets Recommandés :
La majorité des déchets d’origine végétale et biodégradables sont assimilables par les vers.
- Déchets de cuisine : Restes de fruits et de légumes (épluchures, trognons), marc de café, sachets de thé, coquilles d’œufs (finement broyées pour apporter un "pouvoir tampon" au milieu et gérer l'acidité).
- Déchets secs (bruns ou carbonés) : Papier, carton ondulé, cartons à œufs. Ces matériaux sont indispensables pour un vermicompost équilibré. Les vers adorent le papier et le carton ; ils s’y réfugient, s’y reproduisent et s’en régalent.
Déchets à Éviter ou à Proscrire :
- Produits laitiers, viandes et matières grasses : Les vers n’apprécient pas les déchets de viande, qui produisent de l’ammoniac qu’ils fuient. Ces matières risquent de déséquilibrer votre compost et de générer de mauvaises odeurs.
- Aliments trop acides : Certains aliments sont trop acides ou trop longs à se décomposer.
- Gros morceaux : Le processus de dégradation des déchets n’en sera que plus long si vous mettez de gros morceaux.
Gestion et Entretien du Lombricomposteur
Le lombricompostage demande peu de manipulation, mais une gestion attentive garantit son bon fonctionnement.
Humidité et Aération
Les vermicompostières du type "wormery" ne sont pas aérées ; veillez même à en choisir une qui possède un joint étanche au couvercle. L’air se renouvellera lorsque vous ouvrirez le couvercle pour incorporer des déchets. Pour les autres, l’aération générale se fait également par les vers. Il peut aussi y avoir des fentes prévues par le constructeur ou non (joint de porte, etc.).
Vous apporterez de l’eau lors du démarrage du processus avec les cartons mouillés. Elle est généralement suffisante pour le reste du processus. Si l’été est très très très chaud et que votre compost sèche, rectifiez l’humidification, mais très doucement (avec un pulvérisateur). L’humidité du lombricomposteur doit être bien régulée : suffisante pour le bon fonctionnement du système, mais sans excès. Pour éviter le dessèchement en surface, il est recommandé de placer un tapis d’humidité au-dessus des déchets. Une couverture en fibre de coco, une serpillière ou un chiffon découpé à la taille du lombricomposteur feront parfaitement l’affaire.
Laissez si possible le robinet du bac à jus ouvert (avec un récipient dessous) pour assurer une meilleure aération, ou encore faire des cheminées dans la litière. Les morceaux de cartons que vous ajouterez participeront à l'aération de la litière en créant des interstices par lesquels l'air circulera.
Température et Emplacement
Vous pouvez placer les bacs à l’extérieur, mais faites attention aux gelées et à ce que la température ne monte pas trop fort (processus de décomposition bactérien normal). Le lombricompostage peut parfaitement être placé à l’intérieur de la maison et, quoi que l’on en dise, il ne dégage pas d’odeur. C’est même l’endroit idéal, car les organismes vivent dans l'obscurité et les vers de terre ont besoin d’une température entre 10°C et 30°C.
Choisissez bien l'emplacement de votre lombricomposteur. Un lombricomposteur ne doit pas être placé en plein soleil sous peine de dépasser rapidement la température maximale (surtout en été). Si vous le placez à l’extérieur, assurez-vous qu'il soit à l'abri du soleil, de la pluie et du vent. Il ne doit pas subir le gel l’hiver (il peut être protégé par une couverture, des matières isolantes s’il ne fait pas trop froid).

Rotation des Plateaux et Récolte du Compost
Lorsque l’un des plateaux est plein, il suffit d’en ajouter un vide au-dessus. Grâce aux trous percés dans les plateaux, les vers et les autres organismes peuvent facilement accéder au nouvel étage. Après 4 à 6 mois, le contenu du plateau inférieur, où les premiers déchets ont été déposés, s’est entièrement transformé en lombricompost mûr, prêt à être récolté et utilisé.
La récupération du compost est facilitée dans les compostières horizontales. Vous mettez vos déchets d’un côté. Lorsque le compost est fini et que vous voulez le récolter, vous n’alimentez plus ce côté et vous mettez la nouvelle matière dans l’autre partie. Après une dizaine de jours, les vers de terre affamés auront migré dans le deuxième bac.
Pour les compostières verticales, il faut le vider comme un fût de compostage. Retournez le container ou récupérez la matière par le haut. Les vers se trouveront dans la partie du dessus, la plus riche en matière non décomposée. Si vous retournez le bac, allez assez vite pour enlever cette couche pour éviter que les vers ne s’échappent, et pour la même raison, placez-la dans un récipient fermé et couvert (pour limiter l’excès de lumière et leur fuite).
Le compost obtenu est généralement très humide ; mettez-le donc à sécher en le couvrant d’une bâche pour éviter son lessivage par la pluie. Ce compost étant les déjections de vos petits vers, il n’est pas nécessaire de le tamiser. Remarquons qu’un vermicompost possède aussi une kyrielle de micro-organismes, comme les autres composts. Il est important de ne pas laisser le lombricompost trop longtemps dans le lombricomposteur, au risque de perturber son bon fonctionnement. Dès qu’il semble mûr, il doit être récolté. Quelques vers resteront toujours dans le lombricompost, ce qui n'est pas un problème ; ils continueront à enrichir la terre où il sera utilisé. Si leur nombre est important, il est possible de les séparer en plaçant le plateau à récolter au-dessus des autres : attirés par l’humidité et la nourriture des niveaux inférieurs, ils descendront naturellement.
Le Lombricompost et le Lombrithé
Dans un lombricomposteur, les déchets se transforment progressivement en une matière brune, homogène, dont la consistance varie en fonction du taux d’humidité. En seulement 3 à 4 mois, la matière organique devient du lombricompost prêt à l’emploi. Lorsqu’il est mûr, les déchets d’origine ne doivent plus être reconnaissables. Si certains éléments, comme les épluchures de pommes de terre, sont encore visibles, c’est simplement parce qu’ils mettent plus de temps à se décomposer. Lors de la récolte, il suffit de les replacer dans le plateau supérieur avec les nouveaux apports de déchets frais.
Le compost produit ne peut pas être gardé plusieurs années, il perd vite ses propriétés au cours du temps, les micro-organismes quittant cet élément favorable dans lequel la nourriture va se raréfier.
Astuces pour un Lombricompost de Qualité
L’ajout de carton brun influence la texture du lombricompost. Plus il y en a, plus la matière devient granuleuse, agréable au toucher et facile à utiliser. Pour obtenir cette consistance idéale, il suffit donc d’intégrer une bonne quantité de carton et de bien gérer l’humidité.
Le Lombrithé (Thé de Vers)
Le lombrithé, ou thé de compost, est un engrais liquide très concentré. Avant de l’utiliser pour arroser vos plantes, diluez-le à 1/10 minimum afin d’éviter tout risque de brûlure des racines. Riche en champignons et en bactéries bénéfiques, il favorise la vie du sol et stimule le système racinaire des plantes. Pour en tirer le meilleur parti, il est préférable de l’utiliser rapidement. Si vous devez le stocker, choisissez un récipient ouvert afin de permettre aux micro-organismes de continuer à respirer, car ils ont besoin d’oxygène pour survivre.
En général, un lombricomposteur commence à produire du jus après quelques semaines. Cependant, cette production varie en fonction de plusieurs facteurs, notamment l’emplacement du composteur, le ratio entre carton et déchets, ainsi que l’aération du système. Une bonne gestion de ces éléments permet d’optimiser la production et la qualité du lombrithé.
Le Lombricompostage en Contexte Plus Large
Le lombricompostage, tout comme le compostage, est un processus contrôlé de décomposition de la matière organique qui a pour objectif final de produire un amendement permettant d’augmenter la fertilité du sol. La différence majeure avec le compostage est l’apport de vers de terre en amont du processus de décomposition pour aider et accélérer le processus de stabilisation des déchets. Les vers de terre utilisés sont généralement des épigés qui vivent naturellement dans la litière car ils se reproduisent vite et consomment une grande quantité de matière organique. L’organisation de la « migration des vers », pour pouvoir récolter le lombricompost (ou vermicompost) sans sortir les vers est l’autre spécificité fondamentale de cette technique.
Le processus de vermicompostage est dit « à froid » (moins de 30°C), ou avec une chauffe très limitée et contrôlée, afin de maintenir la population de vers ainsi que le reste de la méso et macrofaune du compost (collemboles, cloportes, coléoptères, mille-pattes) durant tout le processus. Il s'oppose au compostage thermique, qui prend appui sur une succession de trois phases distinctes : une phase thermophile où la température peut monter jusqu’à 70°C, une phase de refroidissement durant laquelle la température diminue et une dernière phase de maturation.
Le lombricompostage se pratique à toute échelle, du lombricomposteur d’appartement à la plateforme agricole, en passant par les lombricomposteurs collectifs qui permettent de traiter de 1 à 10 tonnes par an sur un site.

Avantages du Vermicompostage
Le vermicompostage possède de nombreux atouts pour le traitement des matières d’origines végétales. Low-tech et très malléable, il implique moins de manutention dans sa gestion et ne nécessite pas forcément d’approvisionnement en broyat, ressource de plus en plus sollicitée par l’agriculture, les paysagistes ou encore les filières de l’énergie. La matière produite est globalement plus stable (matière organique très décomposée), homogène et riche en micro et macro-organismes. Le processus, si bien maîtrisé, émet moins de gaz à effet de serre que le compostage thermique. Il sera plus efficace pour neutraliser les graines et adventices.
Lutte contre le Gaspillage et Réduction des Déchets
Avant tout, il faut absolument revenir au postulat de base : « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas ». Autrement dit, ce n'est pas parce que l'on va donner nos déchets aux vers et fabriquer du compost qu’il faut jeter des quantités phénoménales de nourriture. Ainsi, de l’échelle industrielle à l’échelle individuelle, la lutte contre le gaspillage alimentaire doit être la priorité absolue de toute politique de gestion et de réduction des biodéchets. Valoriser 50 kg de biodéchets par an et par habitant est plus simple (et coûte moins cher) que d’en valoriser 100 kg, idem à l’échelle d’un restaurant, d’un marché alimentaire ou d’un site de production agro-alimentaire.
Ce principe s’applique également au jardin, en agriculture ou chez les paysagistes. Paillage, mulch, tonte raisonnée, choix de végétaux adaptés, gestion différenciée d’espaces verts sont autant de techniques qui permettent de limiter la production de déchets verts (taille, tontes, feuilles mortes) qui finissent en déchetterie puis sur les plateformes de compostage, quand ils ne sont pas brûlés, pratique interdite au passage. Les formations guide et maître composteur mettent de plus en plus l’accent sur ces questions de réduction (gaspillage alimentaires et déchets du jardin).
Le Cadre Réglementaire : Tri des Biodéchets et Défis pour les Sols
Le tri à la source des biodéchets est obligatoire depuis 2024 pour tous en Europe (entreprises comme particuliers), comme le prévoit la directive européenne sur les déchets, avalisée en France par la loi AGEC. En parallèle, les sols, aussi bien français qu’européens, font face à une baisse du taux de matière organique, nécessitant aujourd’hui la recherche d’autres modes de fertilisation et d’amendement et donc de source de matière organique. Pour répondre à ces enjeux liés à la gestion de la fertilité des sols ainsi que la valorisation des biodéchets, les acteurs, qu’ils soient concernés par l’agriculture ou par la gestion des déchets, font aujourd’hui face aux défis de développer des filières - diversifiées - de valorisation des résidus organiques sur les territoires.
Si les méthodes industrielles (méthanisation et compostage industriel, associés à de la collecte préalable) ont le vent en poupe et présentent l’avantage de traiter de gros volumes, une remise en cause de ces modes de traitement massifs s’impose, au vu des impacts écologiques générés (émissions de gaz à effet de serre, utilisation d’eau, de matières premières et d’énergies, risques de pollutions sol-air-eau, etc.). Le développement d’un réseau de petites unités (composteurs de quartier ou en établissement comme préconisé par le Réseau Compost Citoyen ou micro-plateformes dispersées sur le territoire, au plus près des sources de déchets) est une alternative crédible et économiquement viable, en complément ou à la place des plateformes industrielles.
L'Humusation : Une Perspective Future
De plus en plus de voix en France et en Belgique réclament de faire de leur dépouille du compost. Interdite par la loi, cette forme alternative de funérailles dite du compost humain, de recomposition ou d'humusation, est devenue légale dans l'État de Washington. Ses défenseurs mettent en avant des obsèques 100% écologiques, face aux options actuelles d'inhumation (béton et plastique) ou de crémation (forte émission de CO2 et utilisation de produits chimiques pour l'embaumement). Concrètement, les cadavres seraient déposés hors sol et recouverts de copeaux de bois sur des terrains réservés où des « humusateurs » professionnels s'occuperaient de chacun des « petits talus ».
La décomposition d'un corps humain produit un excellent terreau, le corps remplaçant le fumier pour la part azotée. La technique a été testée avec des dépouilles de porcs en Belgique et des corps humains aux États-Unis. Bien que l'idée de pourrissement des corps puisse constituer un frein pour certains, la crémation, autrefois considérée comme une hérésie, a aujourd'hui dépassé l'inhumation dans les souhaits des vivants. En France, seuls l'inhumation et la crémation sont autorisés, et le ministère de l'Intérieur avait jugé que l'humusation posait des questions de compatibilité avec le Code civil, qui stipule que les restes des personnes décédées doivent être traités avec "respect, dignité et décence".

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