Le compostage domestique est une solution écologique accessible à tous, que vous résidiez dans une maison avec un vaste terrain ou dans un appartement en plein centre-ville. Chaque année, un français produit 320 kg de déchets dont 120 kg sont des déchets organiques potentiellement valorisables. Les déchets alimentaires représentent environ un quart du poids total de ta poubelle. En récupérant certains déchets de cuisine et en les mélangeant à tes déchets de jardin, tu peux fabriquer ton propre compost qui servira d’engrais pour ton jardin. Tu vas ainsi réduire le poids de ta poubelle et éviter que ces déchets soient incinérés !

Les fondements biologiques de la décomposition organique
Les déchets de cuisine et les déchets de jardin sont composés de matière organique biodégradable. Dans la nature, la matière organique, d’origine végétale ou animale, se dégrade naturellement pour permettre aux plantes de grandir. Dans le composteur ou dans le centre de compostage, c’est le même principe que dans la nature.
Pour réussir son compost et obtenir un résultat de qualité, quelques principes doivent s’appliquer, au risque de vous retrouver avec un compost qui n’évolue pas ou pire, qui commence à moisir. Les micro-organismes, véritables moteurs de cette transformation, ont besoin d'un équilibre précis. Le processus de compostage se divise en deux étapes principales : la décomposition active par les micro-organismes et la phase de maturation.
L'installation sous l'évier : avantages et contraintes
Quand on n'a pas d'espace en extérieur pour installer un composteur de jardin, le bac à compost d’intérieur s’impose comme une alternative très intéressante. Ce petit équipement présente de nombreux atouts : on lui trouve vite une place et il est peu encombrant ; il réduit de 30% le volume de nos poubelles ; il permet de fabriquer rapidement un engrais bio et efficace ; il ne dégage pas une mauvaise odeur ; il est facile à nettoyer ; son prix reste très accessible ; il existe une variété de modèles, du plus standard au plus design.
Pour répondre à la question du volume, il faut considérer deux aspects : la quantité de déchets organiques que vous produisez par semaine et combien vous êtes à vivre sous le même toit. Comptez à peu près trois semaines, voire un mois pour remplir un bac de 4 litres à deux. À moins d’opter pour un bac à plusieurs compartiments, l’idéal est de prévoir un minimum de deux bacs à compost, même si vous vivez seul. Vous aurez donc besoin d’un récipient pour le compost en décomposition et un deuxième pour le compost en période de maturation.
Tuto montage d'un composteur plastique
Les méthodes de compostage en milieu urbain
Il existe différentes solutions pour transformer en compost les déchets organiques de votre cuisine : le compostage classique et le compostage Bokashi.
Le bac à compost de cuisine classique
On trouve des bacs à compost pour la cuisine de différentes dimensions et de prix variés. Ceux qui sont fabriqués en acier inoxydable sont actuellement les plus populaires. Un bac à compost doit toujours comporter les éléments suivants : un couvercle, un filtre, des orifices pour la circulation de l’air, une trappe ou autre système pour prélever le produit final. Il faut mélanger entre eux les détritus organiques, brasser et aérer régulièrement le mélange, et le garder humide, mais non détrempé.
Le compostage Bokashi : la fermentation anaérobique
Cette méthode de compostage par fermentation anaérobique (sans oxygène) a été mise au point, au Japon, par le Professeur Teruo Higa. Ce composteur se présente sous la forme d’un seau hermétique, pourvu d’un robinet pour évacuer le liquide de fermentation. Pour que ce processus s’effectue efficacement, on ajoute un son spécial (le son Bokashi) très riche en micro-organismes sélectionnés (EMS) - il sert en quelque sorte d’accélérateur. Contrairement au composteur classique, on peut presque tout placer dans un Bokashi, y compris, en petite quantité, des éléments comme l'ail, les agrumes, les coquillages ou des restes de viande.
Gestion des apports et équilibre du mélange
Pour que le processus fonctionne, vous devez remplir votre composteur avec un équilibre judicieux :
- 50% de déchets humides (fruits et légumes abîmés, épluchures, thé, café, tontes de gazon…) pour fournir de l’eau et de la nourriture aux micro-organismes.
- 50 % de déchets secs (carton, feuilles mortes, paille, branchettes et brindilles, serviettes en papier…) pour aérer le compost.
Mélanger, brasser, aérer, sont les actions que vous devrez vous habituer à mettre en place régulièrement. Pour que l’air reste le plus longtemps possible dans votre composteur intérieur, nous vous conseillons de rajouter des coquilles d’œufs. Une autre routine à implémenter est de vérifier l’humidité de votre compost. S’il est trop humide, vous pouvez ajouter des feuilles mortes, du carton fin (sans impressions) ou tout autre élément riche en carbone afin d’assécher légèrement le milieu.

Le lombricompostage : une alternative vivante
Le lombricompostage est la méthode la plus adaptée pour composter en appartement. Le lombricomposteur contient des vers de terre qui décomposent les matières organiques. Les plus répandus sont les vers rouges du fumier Eisenia fœtida. Les vers mangent en moyenne leur poids de biodéchets par jour.
Au bout de 4 mois, vous obtiendrez un compost mûr, reconnaissable à sa structure grumeleuse et sa bonne odeur de terre. Le procédé génère aussi du lombrithé (un jus récupérable dans le bac du bas) utilisable comme liquide d’arrosage fertilisant, après dilution au 1/10ᵉ. Seule condition à respecter : il est important de placer le lombricomposteur à l’abri du soleil et de la pluie, dans un endroit où la température reste comprise entre 15 et 25 °C.
Résolution des problèmes courants et entretien
L'introduction d'aliments inadaptés produit souvent de mauvaises odeurs. Cela arrive lorsque la matière organique se décompose trop lentement, mais aussi s’il y a un déséquilibre entre les déchets secs et les déchets humides. Au vu de la petite taille des composteurs intérieurs, évitez de jeter des aliments qui prennent du temps à se décomposer, comme les plats industriels ou les aliments de provenance animale (sauf dans le cas spécifique du Bokashi).
Le pourrissement peut également causer des odeurs désagréables lorsque l’ensemble de la matière organique n’est pas bien aéré. Astuce : Saupoudrez de la coquille d’œuf concassée ou des orties au-dessus de votre compost. Ces deux éléments permettent de réguler le pH de la matière en décomposition en un temps record. Pour nettoyer le robinet, ouvrez-le puis versez de l’eau tiède dans le seau (une fois vide). Faites passer cette eau à travers le robinet. Le récipient se lave à l’eau douce tiède, sans détergent ni savon, car ils pourraient détruire les micro-organismes très utiles au processus.
Innovations et perspectives technologiques
Les innovations technologiques concernent aussi les poubelles. De nouvelles inventions permettent de mieux trier ses déchets. Il existe un nouveau modèle à mettre chez soi qui permet de tout broyer automatiquement, chauffer et assécher, permettant d’avoir du compost, du terreau, en quelques heures plutôt qu'en quelques mois.
D'autres systèmes peuvent se connecter directement au siphon de l’évier pour transformer l’évier lui-même en poubelle. Le système trie automatiquement : il met d’un côté tout ce qui est solide, de l’autre tout ce qui est liquide. Tout ce qui est solide est broyé et composté, alors que ce qui est liquide est envoyé dans l’évacuation. Avec ce système, tout est parfaitement scellé, il n’y a pas de risque d’avoir une odeur ou une sensation de haut-le-cœur en voulant jeter un déchet.
Valorisation du produit fini
Un résultat sain prend trois formes. La première est celle de l’amendement (compost mûr), qui ressemble à de la terre noire et dégage une odeur de tourbe. Sa texture est légèrement grumeleuse. Le deuxième résultat est le compost mi-mûr, qui peut être appliqué au pied de vos plantes ou potager comme paillis organique. Le troisième bénéfice est sous forme liquide. C’est le jus que vous allez récupérer, soit à l’aide d’un petit robinet situé dans la partie inférieure de votre composteur. Il faudra lui aussi le diluer à de l’eau, car il est très puissant. Introduit dans un petit vaporisateur, il aide les plantes à lutter contre les parasites.
