Le Compost Végétal : Un Trésor pour un Jardin Durable et Prospère

Le compostage, une pratique ancestrale remise au goût du jour, représente une solution écologique idéale pour transformer les déchets organiques en un précieux fertilisant naturel. En effet, environ un tiers des ordures ménagères sont composées de déchets organiques, que nous pouvons recycler et valoriser utilement grâce au compostage. Cette démarche s'inscrit dans une logique de jardinage plus durable, réduisant notre dépendance aux produits chimiques et enrichissant nos sols de manière naturelle. Composter ses déchets permet de produire son propre amendement et de nourrir son jardin, tout en contribuant activement à la protection de l’environnement.

Schéma du cycle du compostage

Le compost est bien plus qu'un simple amendement ; c'est un engrais naturel, facile à utiliser, qui améliore la terre et nourrit les plantes. Il trouve sa place partout, que ce soit au potager, sous les haies, au pied des arbres ou dans les jardinières. En valorisant ces déchets, nous réduisons jusqu'à 30% le volume de notre poubelle, limitant ainsi les déchets envoyés en décharge. De plus, la décomposition contrôlée de la matière organique évite la production de méthane, un gaz 25 fois plus nocif que le CO2, souvent généré dans les sites d'enfouissement. Le compostage est ainsi un geste fondamental pour l'environnement, participant activement à l'équilibre de la nature où rien ne se perd, tout se transforme.

Les Bienfaits Incontestables du Compost pour le Sol et les Plantes

Les bienfaits du compost pour le sol ne sont plus à prouver aujourd'hui. Il s'agit d'un amendement organique issu de la fermentation aérobie naturelle de déchets biodégradables, principalement d’origine végétale, issus du jardin ou de la maison. Il est riche en minéraux et en oligo-éléments, fournissant aux plantes tous les nutriments essentiels tels que l’azote, le potassium et le phosphore.

Amélioration de la Structure et de la Rétention du Sol

Le compost agit en profondeur sur la structure du sol. Léger et fibreux, il donne du corps aux sols sableux et allège les sols argileux. Il améliore la cohésion des sols légers et sableux tout en aérant les sols lourds et argileux. Cette action a un impact significatif sur la gestion de l’eau : les sols trop compacts sont mieux drainés et les sols légers retiennent davantage l’eau, augmentant ainsi leur capacité de rétention d’eau et des éléments fertilisants.

Un Écosystème Miniature pour une Terre Vivante

Le compost est une véritable source de vie. Il constitue à lui seul un écosystème miniature, peuplé de vers de terre, de champignons, d’insectes et de bactéries qui s’épanouissent. Cette diversité d'organismes présents augmente la richesse et l’équilibre des milieux, ce qui procure aux plantes vigueur et santé. Le compost favorise ainsi l’activité de la microfaune et de la microflore du sol, rendant la terre plus vivante et plus fertile sur le long terme. Les racines coriaces, découpées ou broyées, de pissenlit, liseron, chiendent sont excellentes car elles contiennent de nombreux éléments nutritifs qu’elles puisent dans les profondeurs du sol, contribuant à cette richesse.

Infographie sur les différents organismes présents dans le compost

Protection et Nutrition Hivernale

Appliqué en surface ou au pied des plantes, le compost protège le sol durant l’hiver en régulant sa température. Il nourrit progressivement la terre, lui permettant de restituer les bons soins reçus en offrant une belle croissance aux végétaux. Il est inutile d’enfouir le compost, car c’est le travail des vers de terre et autres organismes du sol de l’incorporer naturellement. La vie biologique d’un sol est importante à température modérée, ni trop chaude ni trop froide, permettant ainsi une assimilation optimale du compost.

Que Mettre dans son Composteur et Comment le Réaliser ?

Le succès d'un bon compost réside dans la variété et l'équilibre des matières apportées. Il est essentiel de varier les déchets de façon à mélanger les déchets humides et secs pour une décomposition efficace.

Les Matières "Vertes" (Humides)

Ces matières, riches en azote, sont la base d'un compost réussi :

  • Épluchures et restes de fruits et légumes : Elles constituent l'essentiel des apports.
  • Tonte de gazon fraîche : La tonte fraîche est idéale pour le compost, mais il est crucial de ne jamais dépasser 25 % de tonte fraîche et d'alterner avec des matières sèches pour un bon équilibre. Si vous avez une grosse quantité de tonte de gazon, ne la mettez pas en une seule fois dans votre composteur.
  • Marc de café et sachets de thé : Ils enrichissent naturellement votre compost en nutriments essentiels. Pensez encore une fois à alterner avec des matières sèches comme les feuilles mortes pour maintenir un bon équilibre d’humidité.
  • Pain et produits céréaliers : Rassis ou légèrement moisis, ces aliments se décomposent efficacement lorsqu’ils sont correctement intégrés au mélange. Pour réussir leur compostage, humidifiez d’abord vos restes de pain, puis découpez-les en petits morceaux. Cette technique accélère leur décomposition et évite la formation de masses compactes. Il est conseillé d'enterrer vos produits céréaliers au cœur du compost et de les recouvrir de matières sèches comme des feuilles mortes.
  • Coquilles d'œufs broyées, restes alimentaires cuits, feuilles, plantes…

Les Matières "Brunes" (Sèches)

Ces matières, riches en carbone, sont importantes pour structurer le compost et réguler l'humidité :

  • Feuilles mortes : Excellentes pour l'équilibre du compost.
  • Papier et carton : Le papier et le carton non traités, riches en carbone, structurent le compost et régulent l’humidité. Attention aux encres et colles utilisées.
  • Branches et copeaux de bois : Ces matériaux ligneux apportent du carbone et créent des poches d’air favorables à la décomposition. Il est recommandé de broyer les branches en morceaux de 5 à 10 cm.
  • Tailles de haies, herbes sèches, coquilles de noix…

RÉALISER SON COMPOST EN 5 MOIS - Déchets de cuisine, déchets végétaux, etc...

Matières à Éviter ou à Utiliser avec Prudence

Certaines matières sont à éviter ou à n'incorporer qu'en très petites quantités en raison de leur difficulté de décomposition ou des risques qu'elles représentent :

  • Viande et produits laitiers : Leur décomposition nécessite des températures très élevées, rarement atteintes dans un compost domestique. Une alternative écologique est d'orienter ces déchets vers les collectes municipales de biodéchets, spécialement équipées pour les traiter.
  • Poissons, huiles, excréments d’animaux : Ils peuvent attirer des nuisibles et générer de mauvaises odeurs.
  • Plastiques : Un sac plastique dit "biodégradable" met plus de 3 ans à se décomposer dans un compost. Orientez ces déchets vers les filières de recyclage appropriées.
  • Déchets traités chimiquement : Ils peuvent contaminer le compost et par la suite vos plantations.
  • Plantes malades : Si les feuilles, herbes, plantes, branches sont malades, elles peuvent contaminer votre compost. S’il n’y a pas une élévation de température de l’ordre de 70°C pendant plusieurs jours, il n’y aura pas de destruction des agents contaminants (ces conditions sont rarement atteintes chez le jardinier amateur).
  • Coquillages, charbon de bois, litières…

Pour éviter les erreurs, il peut être utile de garder un petit mémo près de votre composteur listant les matières interdites.

Organiser son Compost : Emplacement et Entretien

L'efficacité du compostage dépend en grande partie de l'emplacement du composteur et de son entretien régulier.

Choisir l'Emplacement Idéal

Installez votre composteur directement sur la terre, dans un coin ombragé et aéré du jardin. Pour les petits jardins, réservez un espace d’environ 1m² près de votre potager. Le tas ou le bac doit être bien à l'abri des vents desséchants et du détrempage dû à la pluie. Une bonne aération est essentielle pour le processus de décomposition aérobie.

Les Trois Règles d'Or du Compostage

  1. Étaler et mélanger : Alternez matières sèches (1/2 à 3/4) et matières humides (1/4 à 1/2), sans apporter un même matériau en trop grande quantité. Par exemple, vous pouvez stocker à côté de votre compost de la matière sèche, et l’ajouter au fur et à mesure que vous rajouterez de la matière humide. Les éléments riches en azote (fumier, plantes fermentées…) activent le processus de compostage. Démarrez votre aventure du compostage avec une base solide, n’ajoutant qu’une petite quantité de déchets à la fois pendant les premières semaines.
  2. Vérifier l’humidité : Il est important de vérifier l’humidité des déchets en cours de compostage. Le moment idéal pour une approche visuelle de cette humidité est lors des retournements. C’est à ce moment-là que l’humidité peut être corrigée : en ajoutant de l’eau si le compost est trop sec, ou en vérifiant, en cas d’humidité importante, si le compost est bien couvert (pour éviter l’infiltration de l’eau de pluie). S’il est trop humide, étalez-le pour que le surplus d’eau s’évacue plus rapidement. Le compost doit toujours être légèrement humide, mais jamais détrempé.
  3. Aérer et décompacter : Mélangez les matières sèches et humides régulièrement soit par brassage, soit par retournement à l’aide d’une fourche. Brasser régulièrement améliore l’aération de votre compost. Retourner de temps en temps votre compost accélérera et homogénéisera sa décomposition. Un compost bien décomposé est une matière relativement sèche, friable, qui ne présente aucune odeur nauséabonde. Une mauvaise odeur révèle un problème de fermentation ; il faut dans ce cas aérer le compost, voire ajouter des matières sèches.

Différentes Méthodes de Compostage

  • Le compostage en tas : C’est la technique la plus simple pour les jardins. Les matières à composter sont placées directement sur le sol afin de former un tas d’une hauteur allant de 0,5 m à 1,5 m.
  • Le compostage en bac : Vous pouvez fabriquer un bac avec quelques planches ou rondins, ou en acheter un. Privilégiez un composteur qui s’ouvre totalement sur une face pour retourner les déchets et vider le compost facilement. Couvrez le composteur et placez-le dans un endroit ombragé, à l’abri des vents desséchants et de la pluie.
  • Le lombricompostage (en appartement) : Le compostage en appartement fait appel à des vers, d'où son nom. Cette pratique se fait grâce à la superposition de plateaux munis de trous : le lombricomposteur. Les déchets de cuisine (épluchures, marc de café, sachets de thé, carton, papier…) sont dégradés par des micro-organismes, puis des vers de compostage. Le lombricomposteur doit être placé dans une pièce aérée, une cave, ou sur un balcon, dans un environnement avec une température ambiante comprise entre 15°C et 25°C.

Types de composteurs (tas, bac, lombricomposteur)

Quand et Comment Utiliser le Compost ?

Le compost peut être utilisé à différents stades de sa décomposition, selon les besoins des cultures. Cela peut prendre entre 6 et 9 mois, selon le type de déchets et la température.

Au Stade Demi-Mûr

Le compost est déjà décomposé mais on distingue encore la forme des végétaux. Lorsqu’on le manipule à la fourche, il se tient en galette. Dans cet état, il peut être utilisé en paillage de sol au pied des arbustes ou en couverture de sol nu après récolte à l’automne. Couvrir le sol avec du compost le protège de l’érosion et garde l’humidité.

Quand il est Mûr

Le compost mûr prend l’aspect d’un matériau sombre, meuble, et sans odeur désagréable. Il doit être prélevé dans la partie basse du composteur, la plus décomposée. Une fois à maturité, le compost est prêt à l’emploi. À partir de ce stade, sa qualité ne fait que décroître, il est donc conseillé de l'utiliser rapidement ou de veiller à prévenir son dessèchement.

Quand l'utiliser :

  • À l’automne ou en fin d’hiver : En surface avec un léger griffage pour l’incorporer à la terre.
  • Au printemps : Entre les rangs de légumes avant de pailler par-dessus.
  • Toute l’année : Dans les trous de plantation en le recouvrant de fines couches de terre afin que les graines ne soient pas en contact direct avec le compost. En se développant, ce sont les racines qui vont s’enfoncer dans le sol et accéder aux nutriments du compost.

Comment l'utiliser et à quelle dose :

  • Pour le potager : Les plantes à forts besoins peuvent supporter de 3 à 5 kg/m²/an. Il s’agit des artichauts, du céleri et du poireau, des cucurbitacées (concombres, cornichons, courges, courgettes, melons, etc.), des solanacées (aubergines, poivrons, pommes de terre, tomates, etc.) ainsi que du maïs. Les plantes aux besoins moyens peuvent se contenter de 1 à 3 kg/m²/an de compost. Il s’agit des légumes tels que les asperges, les betteraves, les carottes, les épinards, les haricots, la laitue, le persil ou les petits pois. Les plantes à faibles besoins peuvent se passer d’apport de compost.

  • Pour les pots, jardinières ou semis : Vous pouvez l’utiliser dans une proportion maximale d’un tiers pour améliorer les mélanges terreux de plantation, pour les cultures en jardinière, en pot, ou pour les semis. Le compost peut également servir de terreau pour les plantes en pot. Cependant, il est important de ne pas planter directement la plante dans le compost, mais plutôt dans un mélange enrichi avec des minéraux complémentaires. En effet, la minéralisation n’est sinon pas suffisamment rapide pour satisfaire les besoins des plantes dans un petit volume. Pour la création de nouvelles jardinières, un bon mélange est constitué d’un tiers de compost, un tiers de terre et un tiers de sable. Si vous réutilisez des jardinières de l’année précédente, ajoutez 20 % maximum de compost à la quantité de l’ancienne terre.

  • Pour la pelouse : Lors de l’installation, incorporez 8 à 10 kg/m² de compost sur les dix premiers centimètres de terre avant de semer. En entretien, à chaque début de printemps, dispersez 1 à 2 kg/m² de compost, finement tamisé au préalable afin qu’il se répartisse bien entre les brins d’herbe.

  • Pour les massifs floraux : Lors de l'installation d'un parterre, préparez le sol en effectuant un bon bêchage au cours duquel vous incorporerez de 5 à 8 kg/m² de compost sur les quinze premiers centimètres. Lors des plantations, vous pouvez aussi mettre votre compost dans les trous, en le mélangeant avec la terre. Si vous semez vos plantes, qu’elles soient vivaces ou annuelles, vous pouvez le faire sur sol préparé. Vous effectuerez plus tard un paillage de deux centimètres maximum, afin de limiter la levée des mauvaises herbes et maintenir l’humidité du sol.

  • Pour la plantation d’arbres, arbustes, rosiers : Vous pouvez ajouter à la terre extraite 10 à 20% de compost, mélangez de façon homogène et utilisez ce mélange pour reboucher le trou de plantation. Sous les haies arbustives par exemple, répartissez, lors de l’installation, de 8 à 10 kg/m² de compost en les incorporant sur quinze centimètres de profondeur. Dans le cas des plantations en racines nues, la technique du pralinage est très efficace. Elle consiste à tremper les racines nues dans un mélange d’eau, de compost mûr et de terre fine de façon à former une boue qui adhère aux racines, favorisant la reprise.

Au-delà du Jardin : Les Avantages Écologiques et Sociétaux du Compostage

Le compostage ne se limite pas aux bienfaits pour le jardin ; il a un impact positif plus large sur l'environnement et la communauté.

Réduction des Déchets et des Gaz à Effet de Serre

Le compostage permet de réduire ses déchets organiques de près de 50%. Cette diminution du volume des ordures ménagères contribue directement à limiter la quantité de déchets envoyés en décharge. Parallèlement, il diminue les gaz à effet de serre. Les gaz à effet de serre représentent un grave danger pour l’environnement, et 20 % de leurs émissions proviennent du méthane produit dans les décharges et sites d’enfouissement. Le méthane est 25 fois plus nocif que le monoxyde de carbone. En compostant, nous évitons la production de ce gaz, agissant ainsi concrètement contre le réchauffement climatique.

Économie et Sensibilisation

Bien que ce ne soit pas la principale motivation, composter peut générer des économies. Le traitement des déchets va devenir de plus en plus coûteux dans les années à venir, donc il est important d’agir dès maintenant. Les économies réalisées ne seront peut-être pas spectaculaires, mais c’est un avantage supplémentaire du compostage.

Le compostage est aussi un excellent moyen d'apporter la nature à la maison en mode ludique. Avec le compostage, vous recréez le cycle naturel à la maison en mettant en place un véritable écosystème miniature. En mode partagé, le compostage crée de nombreuses occasions d’échanges et de moments conviviaux, permettant de vivre l’écologie ensemble avec de la convivialité. Certaines agglomérations proposent des bacs de compostage partagés et/ou du matériel de compostage à prix réduit ; n’hésitez pas à vous renseigner.

Infographie sur les avantages écologiques du compostage

Le Compostage et la Réduction à la Source

Le compostage s'inscrit dans une démarche plus globale de réduction des déchets à la source. Par exemple, chaque jour en France, 36 millions de bouteilles en plastique sont achetées. Des initiatives comme "Le Fourgon" réinventent la consigne pour réduire les déchets à la source, réutilisant les contenants au lieu de les jeter. Grâce à la consigne, une bouteille en verre peut être utilisée jusqu’à 40 fois. À chaque livraison, les livreurs récupèrent les bouteilles et bocaux vides, qui sont ensuite lavés dans des centres spécialisés avant de repartir pour une nouvelle vie. Ces actions, tout comme le compostage, sont des exemples concrets de comment nous pouvons collectivement œuvrer pour un avenir plus durable.

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