Guide complet du compostage : Fonctionnement, techniques et avantages

Le compostage est bien plus qu’une simple méthode de gestion des déchets ; c’est un procédé naturel de fermentation et de transformation des matières organiques grâce à la présence d’oxygène. Il permet l’obtention d’une matière fertilisante stabilisée et riche en humus : le compost. Selon l’ADEME (Agence de la transition écologique), les déchets organiques représentent 40 à 60 % de nos ordures ménagères. Tout déchet est une ressource inexploitée, et le recyclage des déchets organiques et leur transformation en compost représente une ressource encore largement sous-exploitée. En valorisant les déchets organiques à domicile, le compostage permet d’obtenir un amendement naturel et de faire des économies, tout en diminuant le poids des ordures ménagères résiduelles collectées.

Schéma illustrant le cycle du compostage domestique

Les principes fondamentaux du compostage

Le compostage repose sur une activité microbienne vigoureuse. Pour que le composteur assure une décomposition efficace, il doit avoir un volume d’un mètre cube au minimum. S’il est plus petit, il sera difficile d’y atteindre une température adéquate pour permettre la dégradation de matières par les microorganismes appréciant la chaleur. Le bac de compostage devra également être fabriqué avec des matériaux sains qui résistent à la décomposition.

L’emplacement idéal permettra d’avoir un minimum d’ensoleillement et de retourner la terre sous le bac de compostage ; ainsi, les organismes décomposeurs pourront venir coloniser vos matières organiques. Il est indispensable de maintenir un équilibre entre les déchets bruns (carbonés) et les déchets verts (azotés). Les déchets verts comprennent notamment les pelures, épluchures, restes de fruits ou de légumes cuits ou crus, et résidus de jardin comme les mauvaises herbes non montées en graines ou rognures de gazon lorsque l’herbicyclage n’est pas possible. Les déchets bruns incluent les feuilles mortes, le pain, le marc de café (filtre inclus), les pâtes alimentaires sans sauce, le riz, les écales de noix, les noyaux, les plantes mortes, les fleurs séchées et le papier journal déchiqueté.

La gestion de l'équilibre et de l'aération

Ajoutez deux parts de matière brune pour une part de matière verte pour atteindre un équilibre dans le compost. Après avoir obtenu le bon ratio, trouvez l’équilibre entre le taux d’humidité et l’aération. Le brassage du compost est essentiel pour assurer une bonne aération et un bon apport en oxygène, favorisant ainsi la décomposition des matières organiques par les microorganismes. Il est possible d’effectuer cette tâche efficacement sans trop d’effort en utilisant un aérateur.

Pour assurer une décomposition efficace, on recommande de garder une humidité relative de 50 %. Un truc pour savoir si l’humidité est bonne : mettez un gant et prenez une boule de compost. Si la boule se défait facilement, votre compost est trop sec, et vous devrez alors y ajouter de l’eau. Si du jus coule de vos doigts, il est trop humide.

Portraits des 15 petites bêtes du compost à connaitre

Les différentes techniques de compostage

Il existe différents types de systèmes pour faire du compost à domicile. Le choix dépend de la quantité de déchets, de la place disponible et de l'accompagnement souhaité.

  • Le compostage en tas : Idéal pour les grands jardins, il s’agit de regrouper les déchets organiques à même le sol dans un endroit à l’abri du vent et à l’ombre.
  • Le bac à compost ou silo : Pratique pour les espaces plus petits, il protège des aléas climatiques et des animaux. On peut fabriquer un composteur maison avec quatre palettes en bois non traité, placées debout en carré et reliées avec du fil de fer.
  • Le lombricompostage : Parfait pour les balcons ou appartements, cette technique consiste à composter les déchets dans des bacs grâce à des lombrics.
  • Le Bokashi : Cette méthode permet de prétraiter ou stocker des déchets alimentaires via une fermentation. Un compost Bokashi ne sent rien s’il est bien fermé.

Les erreurs à éviter et les déchets proscrits

Il faut éviter de mettre certains déchets dans le compost : résidus d’origine animale (produits laitiers, viande, excréments d’animaux), matières grasses (huiles végétales, mayonnaise, sauces), plantes ou feuillages malades, mauvaises herbes montées en graines, matériaux contaminés par des pesticides, ou produits dangereux comme la peinture ou les cendres. L’ajout de ces types de déchets pourrait attirer la vermine, provoquer le dégagement de fortes odeurs et favoriser la prolifération des mauvaises herbes.

Maturité et utilisation du compost

On reconnaît un compost mûr lorsque les déchets ne sont plus reconnaissables et les vers rouges peu nombreux. Un compost mûr est sans odeur, de couleur foncée et grumeleux. Ce résultat s’obtient au bout d’une durée de 6 mois environ. Le compost est une source naturelle d’engrais riche en nutriments essentiels tels que l’azote, le phosphore et le potassium. Il améliore la fertilité des sols, rend le sol plus vivant, retient l’eau, allège les sols argileux et protège les végétaux contre les maladies.

Photo d'un tas de compost mûr prêt à être utilisé

Utiliser son compost permet de limiter voire d’éviter l’usage de produits dangereux et polluants. Le produit du compostage s’utilise de multiples façons : au potager, pour les fleurs, les massifs, les haies ou les arbustes. Les périodes les plus propices à son utilisation sont l’automne et le printemps, mais il est possible d’en utiliser tout au long de l’année. En valorisant les déchets organiques à domicile, le compostage participe pleinement à la réduction de l’impact sur l’environnement et à la préservation de la biodiversité.

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