L'olivier, arbre emblématique symbole de la Méditerranée, évoque les vacances, la lumière du sud et un certain art de vivre. Sur une terrasse de ville, au bord d’une piscine toute neuve ou au milieu d’un jardin fraîchement réaménagé, l’olivier est souvent l’arbre « signature ». Si l’olivier est connu pour sa rusticité, sa production est tout de même liée à des facteurs sur lesquels les oléiculteurs peuvent intervenir. Mais pour qu’il reste beau, solide et productif, un simple trou dans la terre et un arrosage occasionnel ne suffisent pas.

Les besoins en eau et la gestion de l'arrosage
Les oliviers ne supportent pas les excès d’eau. Dans les régions froides, sortez les oliviers au milieu du mois de mai, à l’abri des dernières gelées de printemps. L’irrigation est un point fort pour la culture de l’olivier dans un contexte de climat méditerranéen. Ne laissez donc pas d’eau stagner dans la soucoupe. Reprenez les arrosages quand le substrat est totalement sec. Surveillez ensuite l'humidité sans détremper le sol.
La fertilisation : nourrir l'arbre pour assurer sa vigueur
Les oléiculteurs se préoccupent souvent de savoir comment tailler leurs oliviers, et oublient de les fertiliser. C’est une grave erreur ! La fumure c’est l’alimentation de l’arbre. L’alimentation du sol se décompose en fertilisation et amendement. Les oliviers s’accommodent bien de sol pauvre, mais pour qu’il produise des olives en quantité, il a besoin d’un peu d’aide.
Les éléments nutritifs essentiels
Chaque nutriment joue un rôle bien précis, comme les différents corps de métier sur un chantier :
- L’azote (N) : soutient la croissance des feuilles et des jeunes rameaux. Un déficit se voit vite : feuillage pâle, rameaux courts, arbre qui semble « figé ».
- Le phosphore (P) : agit surtout sur les racines et la floraison. Quand il fait défaut, les fleurs sont rares et fragiles.
- Le potassium (K) : est le spécialiste de la fructification et de la résistance au stress.
Autour de ce trio, des éléments comme le calcium, le magnésium et le fer assurent l’équilibre de l’ensemble. Ils participent à la solidité des tissus, à la bonne photosynthèse et à la belle couleur des feuilles.
Stratégies d'apport et engrais spécialisés
Pour fertiliser les oliviers, la solution la plus simple est d’apporter au sol un engrais complet, qui contient les principaux éléments fertilisants que sont l’azote, le phosphore et le potassium. Il existe aujourd’hui de nombreux engrais de ce type « spécial olivier » que vous pourrez acheter dans des jardineries ou chez des vendeurs de produits agricoles. Il existe dans le commerce des produits « spécial olivier » du type organo-minéral qui apportent à la fois de la fertilisation et de l’amendement.

Le choix de l’engrais adapté joue un rôle décisif. En 2026, les propriétaires jonglent entre engrais organiques, produits spécifiques « spécial olivier », respect de la biodiversité et contraintes de temps. Les engrais granulés à libération lente sont particulièrement adaptés. Ils diffusent les nutriments progressivement, évitant les poussées de croissance trop brutales.
La gestion du sol et les approches naturelles
La nutrition minérale de l’olivier s’appuie d’abord sur les réserves minérales et organiques du sol. Un sol riche et bien équilibré fournit en grande partie les éléments dont l’olivier a besoin. L’analyse de sol est un outil incontournable pour connaître et gérer la fertilité du sol : elle met en évidence le comportement du sol ainsi que les éventuels déséquilibres et blocages.
Amendements organiques
Parmi les solutions naturelles, trois produits reviennent régulièrement autour des oliviers bien portants :
- Le compost mûr : apporte un mélange équilibré d’azote, de phosphore, de potassium et surtout de matière organique. Étendu en couche fine sur 2 à 3 cm sous la couronne de l’arbre, il nourrit en douceur et relance la vie microbienne.
- Le fumier décomposé : (mouton ou cheval) est plus puissant. Il est essentiel de faire la distinction entre le fumier frais et le fumier mûr de plus de dix mois.
- La cendre de bois tamisée : riche en potasse, elle renforce la floraison et la formation des olives sur les arbres déjà installés.
L'engrais vert
Cette technique consiste à semer des plantes particulières en automne sous les oliviers, puis à les enfouir dans le sol au printemps suivant. Le semis de vesce, de féverole et de pois fourrager, effectué entre octobre et novembre, enrichit le sol en azote organique et améliore sa porosité et la biodiversité microbienne.
Je sème des engrais verts cet automne au potager ► Améliorer le sol
Calendrier et méthodes d'application
Trois apports d'engrais pendant l’hiver, jusqu’à la belle saison, seront suffisants. Toutefois, la période hivernale correspond à une phase de repos pour l’olivier. L’arbre utilise très peu de nutriments à ce moment-là. Pour un olivier en pleine terre en bonne santé, deux apports par an suffisent en général : un au début du printemps pour lancer la végétation, et un autre à l’automne pour recharger le sol.
Pour appliquer l'engrais : épandez-le autour de l'arbre, en évitant le contact direct avec le tronc, puis griffez légèrement la surface du sol. Ces dernières années, les automnes se sont allongés et réchauffés, ce qui maintient le système racinaire actif plus longtemps et permet à la plante d'accumuler des nutriments sous forme de réserves énergétiques.
La taille : entretien et productivité
La taille s’effectue en mars, chaque année. Le but est d'éliminer les branches frêles. La taille sera différente s'il s'agit d'un olivier d'ornement ou d'un olivier à fruits. La taille et la fertilisation sont complémentaires : la taille permet de renouveler les rameaux fructifères, d’aérer la ramure et de limiter l’alternance entre années de forte et de faible récolte. Pour plus d'informations, référez-vous à la fiche conseils : taille de l'olivier.
La récolte des olives
Les fruits arrivent à maturité entre septembre et décembre. La récolte a donc lieu en hiver ! Elle se fait en deux parties : les plus belles olives sont ramassées à la main tandis que les autres sont recueillies sur des bâches posées au sol. Ne vous inquiétez pas si les premières années votre olivier ne donne pas d'olives ! Il faut souvent attendre de 3 à 5 ans pour voir apparaître les premières et plus de 15 ans pour qu’elles soient produites en quantité.

Protection contre les maladies et ravageurs
Un des principaux ravageurs dans les vergers d'oliviers est la mouche de l'olivier. Le plus simple pour en venir à bout naturellement est d'utiliser des pièges à phéromones (1 piège pour 4-5 arbres). Il s'agit de pièges deltas : les mâles vont sentir la présence des phéromones libérés par les pièges et penser qu'il s'agit de femelles. Ils vont donc se diriger vers la source et être piégés dans le piège delta souvent englué. Ils ne s'accoupleront pas avec les femelles et la mouche de l'olivier ne sera donc plus à craindre.
Analyse des besoins selon le profil de l'arbre
Un sujet adulte planté depuis quinze ans dans une bonne terre profonde n’a pas les mêmes besoins qu’un jeune arbre en bac sur un balcon exposé au vent.
- En pot : L'olivier dépend entièrement de ce que l’on met dans le substrat. Les nutriments sont vite lessivés par l’arrosage. Une approche courante consiste à utiliser un engrais liquide naturel dilué dans l’eau d’arrosage toutes les deux à trois semaines de mars à juin.
- Jeune olivier en pleine terre : Le principal enjeu est de construire un système racinaire solide et une charpente équilibrée. Les premières années, un apport plus riche en azote, accompagné de compost et d’un bon paillage, l’aide à s’installer rapidement.
- Olivier adulte bien installé : Ses apports se concentrent sur la potasse pour la fructification et sur la matière organique pour maintenir un sol vivant.
Le dosage d'engrais doit être déterminé en fonction de la fertilité du sol et du rendement. Seule l’analyse foliaire donne une indication appréciable sur l’état nutritionnel des oliviers. Les résultats de l’analyse foliaire permettent d’adapter la fumure d’entretien en complément des informations fournies par l’analyse de sol. Aussi, ce type d’analyse est recommandé chaque année avant de procéder à la fertilisation.