Guide Complet du Compostage pour Paysagistes et Jardiniers : Optimiser la Fertilité du Sol

Comprendre les différents types de compost disponibles et comment les utiliser efficacement peut être très bénéfique pour votre jardin. Si vous êtes novice en matière de jardinage, vous pensez peut-être qu'il suffit d'acheter le sac de compost polyvalent le moins cher. Pourtant, la maîtrise de la matière organique est le pilier central d'une gestion paysagère durable. Le compostage est un processus naturel de transformation des déchets organiques en humus sous l’action de micro-organismes : bactéries, champignons, acariens ; et de petits animaux comme les vers, les cloportes ou les mille-pattes. Ces décomposeurs découpent, digèrent et transforment les matières organiques en une substance stable, riche en carbone, qu’on appelle le compost. Le résultat final ressemble à du terreau sombre et friable.

Schéma illustrant le processus de décomposition de la matière organique en humus par les micro-organismes et la macro-faune du sol

Typologie des amendements organiques

Il existe plusieurs formes de compost, chacune ayant ses propriétés spécifiques pour le paysage :

  • Compost de fumier : Riche en nutriments, le compost de fumier est issu de déchets animaux tels que le fumier de vache, de cheval ou de poulet.
  • Terreau de feuilles : Composé de feuilles décomposées, le terreau de feuilles améliore la structure du sol et la rétention d’eau.
  • Lombricompost : Également appelé vermicompost, le lombricompost est produit par les vers qui décomposent la matière organique.
  • Le Forest Master FM4DDES-MUL : C'est un outil puissant qui permet de créer un paillis sain à partir de votre compost, idéal pour les grandes surfaces.

La technique du compostage de surface

Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes. Un gain en temps et en fertilité, alors pourquoi s’en priver ? Le compostage de surface consiste à venir directement déposer les déchets organiques sur les planches de cultures. Cela revient à reproduire un cycle bien connu de la nature, celui de la matière organique : une plante pousse, meurt, et tombe au sol. Puis elle se décompose, améliorant ce dernier au passage.

Le compostage de surface consiste à reproduire cela au potager : vos déchets organiques sont déposés à même le sol du potager et recouverts (dans la majorité des cas) par un paillage pour garder un côté esthétique. Si l’on regarde l’énergie contenue dans les matières organiques, on tient là un argument plus solide. En effet, les végétaux captent l’énergie solaire via la photosynthèse et la stockent sous forme chimique dans leurs composés organiques. Si vous compostez en tas, cette énergie est en grande partie transformée en chaleur et est donc dissipée et perdue pour la vie du sol. Si le matériau est apporté frais au sol, cette énergie sera alors mise à disposition de l’activité biologique du sol.

Illustration du compostage de surface : déchets organiques déposés sur le sol et recouverts de paillis

Gestion des déchets et équilibre carbone/azote

Pour bien maîtriser ce paramètre qui ne semble pas forcément évident, il suffit de regarder la consistance de ce que l’on met en paillage. Tout ce qui est tendre et humide contient majoritairement de l’azote (tonte, déchets de cuisine, reste de cultures). À l’opposé, tout ce qui est sec, dur et ligneux contient du carbone (bois, broyat, paille). Retenez simplement qu’il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu’ils se bonifient les uns les autres.

L’apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d’augmenter l’humidité dans le sol. Ils sont constitués de 40 à 95 % d’eau. À l’abri sous le paillage en été, ils délivreront au final une belle humidité au sol, lentement, et maintiendront la terre humide plus longtemps. Pratique pour limiter les effets d’une sécheresse. Il faut cependant prendre des précautions avec certaines cultures en particulier qui n’apprécient pas les sols trop humides. C’est notamment le cas avec l’ail ou l’oignon. Évitez donc le compostage de surface avec ces cultures.

Le rôle de la faune et la structure du sol

Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds. Dans un mètre cube de sol, on peut compter jusqu’à huit cents lombrics ! Tous ces êtres vivants décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons. En les nourrissant, on alimente donc directement nos futurs légumes et indirectement nos estomacs ! Au bout de quelques années de compostage de surface, la texture du sol devient souvent très intéressante. On la compare à du couscous !

Méthodes de compostage en tas et en silo

Fini le compostage en tas ? Quand même pas ! Il est intéressant de faire un compost en tas ou en silo pour produire beaucoup de compost d’un coup. Il permet aussi de faire un substrat riche lors du repiquage des plants. Contrairement à un bon compostage en tas, le compostage de surface ne détruit pas les adventices et leurs graines. Il ne subit pas de montée en chaleur qui permet de « nettoyer » le compost plus classique.

Compost ► On reprend les bases pour avoir le plus beau compost

Un compostage en tas de grande taille peut atteindre 60 °C au cœur du tas. À cette chaleur, les graines adventices et la plupart des agents pathogènes sont détruits en moins de 48 heures. C’est ce qu’on appelle l’hygiénisation du compost. Pour faciliter la ventilation du compost, un outil récemment inventé par un particulier, le Brass’compost facilite grandement l’aération et le décompactage du compost.

Utilisations pratiques et dosages

Le compost n’est pas un engrais : il enrichit la structure du sol, pas les plantes directement. Il ne contient qu’environ 0,5 % des minéraux NPK (azote, phosphore, potassium) nécessaires aux plantes, soit 20 à 30 fois moins qu’un engrais minéral. Son rôle est différent : il enrichit la structure du sol, améliore sa capacité à retenir l’eau, stimule la vie microbienne et rend les nutriments progressivement disponibles pour les racines.

  • Plantes à forts besoins : (Artichauts, céleri, poireau, cucurbitacées, solanacées) peuvent supporter de 3 à 5 kg/m²/an.
  • Plantes aux besoins moyens : (Asperges, betteraves, carottes, épinards, haricots, laitue, persil, petits pois) peuvent se contenter de 1 à 3 kg/m²/an.
  • Pelouse : Lors de l’installation, incorporez 8 à 10 kg/m² sur les dix premiers centimètres de terre. En entretien, dispersez 1 à 2 kg/m² au printemps.
  • Jardinières : Un bon mélange est constitué d’un tiers de compost, un tiers de terre et un tiers de sable.

Infographie montrant les dosages recommandés de compost par type de culture et par mètre carré

Gestion des nuisibles et solutions urbaines

Il est vrai que certains composteurs mal entretenus peuvent attirer des rongeurs comme les rats ou les souris. Les rats sont attirés par les restes alimentaires, les odeurs fortes et les endroits chauds et humides. Pour limiter au maximum d’attirer les rats, excluez les déchets d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) à proximité des plantes cultivées. Vous pouvez également installer un grillage fin sous votre composteur pour empêcher tout passage depuis le sol.

Le compostage en ville est en plein essor grâce aux méthodes sans odeur comme le Bokashi. Le compost peut être utilisé en petite quantité pour enrichir le substrat des plantes d’intérieur. Le lombricomposteur est compact, inodore si bien conduit, et produit un engrais liquide très riche (le lombrithé) tous les 7 à 15 jours. Le bokashi fonctionne par fermentation lactique, dégage une légère odeur aigre-douce, et accepte même la viande et le poisson. Les deux peuvent se placer sous un évier ou sur un balcon.

Signes de maturité et entretien

Un compost prêt à l’emploi se reconnaît à son odeur de sous-bois et sa texture friable ; comptez 6 à 12 mois. Un compost mûr présente trois signes caractéristiques : une couleur sombre et homogène, une odeur de sous-bois ou de forêt après la pluie, et une texture friable qui s’émiette dans la main sans former de blocs ni coller. Si des fragments non décomposés restent visibles, le compost est mi-mûr : utilisable pour les cultures gourmandes ou à tamiser avant épandage pour retirer les résidus grossiers.

En été, le compost peut sécher rapidement. Arrosez légèrement s’il devient trop sec, idéalement avec de l'eau de pluie et fermez bien le couvercle. En hiver, le compostage ralentit, mais ne s’arrête pas. Protégez votre composteur avec un couvercle isolant ou du paillage. Inversement, laissez le couvercle ouvert lors des pluies pour lui apporter de l’humidité si besoin. La vitesse de décomposition dépend directement de la surface de contact entre les déchets et les micro-organismes. Plus un déchet est coupé en petits morceaux, plus cette surface est grande, et plus la dégradation est rapide. Une branche entière peut prendre plusieurs années à se décomposer. En pratique : déchirez les cartons à la main avant de les incorporer, coupez les végétaux en morceaux de 5 à 10 cm, et broyez les branches à l’aide d’un broyeur si vous en disposez.

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