Guide complet pour un compostage réussi : les bons gestes

Produire son compost maison est une expérience enrichissante, à l'image de toutes les pratiques au jardin. Si les néophytes peuvent parfois rencontrer des difficultés, avec des informations contradictoires ou imprécises, une méconnaissance du processus ou des hésitations devant les manipulations conseillées, il est tout à fait possible de réussir son compost. Ceux qui ont persévéré en témoignent : après quelques tâtonnements, les difficultés de départ s'oublient. Composter, c'est participer activement à la réduction des déchets enfouis et à la préservation de notre environnement, tout en régénérant la structure et la vie des sols.

Illustration d'un bac à compost en milieu urbain et rural

Le processus du compostage : une transformation naturelle

Le compostage est un processus naturel qui transforme les déchets organiques en compost grâce à l'action des bactéries, champignons, vers de terre et autres petits organismes. Une fois les biodéchets versés, les bactéries dégradent la matière, produisant de la chaleur par fermentation. Après quelques semaines, la phase de maturation débute, où les vers, cloportes, millepattes et autres petites bêtes prennent le relais. Généralement, au bout de 9 mois à 1 an, selon la quantité de déchets, on récolte un compost mûr.

Comprendre la maturation du compost

Si toutes les conditions sont bien réunies (respect du ratio matière sèche et humide, mélange des apports organiques pour aérer et homogénéiser la matière, bon taux d'humidité…), comptez environ 3 mois pour que le compost commence à se former au fond du sac ou du bac. Sa texture doit être noire, meuble et humide avec une agréable odeur de sous-bois. Un compost mûr doit être brun foncé, grumeleux et sentir l'humus.

Quel matériel choisir pour composter ?

Le choix du matériel dépendra de votre environnement et de vos besoins. Que ce soit en ville ou à la campagne, dans un jardin ou sur le plus petit des balcons, des solutions existent.

Le sac composteur : souple et nomade

Le sac composteur BACSAC® est conçu pour composter en ville ou à la campagne, dans votre jardin ou sur le plus petit des balcons. Il est souple, léger, nomade et ultra résistant. Ce type de sac est généralement doté de deux ouvertures : l’une pour déposer vos déchets organiques (dits aussi biodéchets) ; l’autre pour recueillir le compost une fois mûr.

Conçu pour la ville, un sac composteur s’utilise en extérieur : dans votre jardin, sur votre terrasse, comme sur le plus petit des balcons.

Le bac à compost : pour plus de volume

Pour un bac à compost traditionnel, optez pour un modèle cubique, et non pyramidal, pas trop haut, sinon le mélange sera malaisé. En plastique recyclé ou en bois, les deux matériaux font l’affaire. Cependant, un bac en bois devra être entretenu à l’huile de lin. Veillez à ce que les interstices entre les planches n’excèdent pas 1 cm. Privilégiez une ouverture sur toute la hauteur, car la version avec trappe n’est pas pratique.

Schéma des différents types de composteurs disponibles sur le marché

L'emplacement idéal pour votre composteur

L'emplacement du composteur est crucial pour un processus de décomposition optimal. Préférez un endroit à l’abri des courants d’air et du soleil, surtout en été, afin qu’il préserve son humidité et ne s’assèche pas. Un compost laissé en plein soleil tout l'été risque de s'assécher assez vite. Pour garantir une bonne humidité, nous vous conseillons de choisir un emplacement qui pourra bénéficier à la fois d’ombre et de soleil.

Installez votre bac bien à plat. Laissez de l’espace autour, cela facilite le vidage.

Que mettre dans son compost ? Les matières compostables

La liste des matières organiques compostables est vraiment conséquente ! Depuis le 1er janvier 2024, chaque habitant est tenu de trier ses biodéchets à la source. Les restes de repas, épluchures de fruits et légumes sont encore jetés alors qu’ils sont faciles à composter.

Le compostage : guide complet pour réduire ses déchets

Déchets verts (humides)

Ce sont les déchets riches en azote et en eau.

  • Épluchures de fruits et légumes : la plupart des épluchures sont excellentes pour le compost. La règle d’or ? Plus les débris sont coupés en menus morceaux, plus le processus s’avère rapide. Cela vaut notamment pour les peaux d’agrumes (qui peuvent être incorporées au mélange, contrairement à une idée reçue), de melon, de banane, etc.
  • Restes de repas : les restes de repas sont compostables. Évitez de mettre en grande quantité des déchets tels que la viande, le poisson ou les fromages afin de limiter les nuisances.
  • Marc de café, sachets de thé : ces éléments sont de bons apports.
  • Tontes de gazon (à faible dose et préalablement séchées) : les tontes fraîches ne jouent pas le rôle de déchet brun.
  • Mauvaises herbes (sans graines) : les mauvaises herbes montées en graines sont déconseillées car leurs graines résistent au compostage et peuvent germer.
  • Fleurs fanées, plantes d'intérieur

Déchets bruns (secs et structurants)

Ce sont les déchets riches en carbone, qui favorisent l'aération et équilibrent l'humidité.

  • Tailles de haies ou branches coupées, voire broyées : ces déchets sont parmi les plus intéressants. Certaines collectivités proposent des solutions de broyage. Faute de grand jardin, ramassez des branches et des brindilles au cours de vos promenades ou demandez-en aux gestionnaires d’espaces verts. En dernier recours, achetez du broyat en jardinerie. Les végétaux durs, longs et encombrants sont plus difficiles à composter. En sectionnant, fragmentant, écrasant ou broyant ces déchets, vous facilitez l’action des micro-organismes.
  • Feuilles mortes (une fois sèches) : sachez que les feuilles mortes pas encore sèches ne jouent pas le rôle de déchet brun.
  • Petites quantités de coquilles dures (noix, pistaches) : elles seront intégrées en petites quantités. Les coquillages et les coquilles d’œufs ne se décomposent pas mais ils peuvent être placés en petite quantité car en se désagrégeant en petits morceaux, cela apporte des éléments minéraux au compost et cela facilite l’aération du compost.
  • Cartons et papiers non glacés (en petites quantités) : cartons et papiers se destinent au recyclage.
  • Paille, foin

Les vers lombrics : des alliés précieux

Vous pouvez tout à fait ajouter quelques vers lombrics dans votre sac composteur ou votre bac. Leur action sera complémentaire à celle des micro-organismes et permettra d’accélérer le processus de décomposition, tout en aérant le compost. Attention : tous les vers de terre au jardin ne sont pas adaptés au lombricompostage.

Image d'un lombric composteur et des vers de compost

Les déchets à éviter dans votre compost

Certains déchets sont à proscrire pour éviter les nuisances et garantir la qualité du compost.

  • Viandes, poissons, crustacés et croûtes de fromages : ils risquent d’attirer les rongeurs.
  • Pain : il est préférable de ne pas le jeter au compost, d'autant qu'il n'y a aucune raison de le jeter.
  • Huiles et graisses : elles ralentissent la décomposition.
  • Sacs dits « biodégradables » ou « compostables » : dans un avis publié en novembre 2022, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a recommandé de ne jamais les mettre dans les composteurs domestiques. En effet, les normes encadrant l’utilisation du terme « compostable » sont fondées sur des expérimentations menées dans des conditions d’essais de laboratoire qui n’ont rien à voir avec celles en vigueur dans un jardin. Il n’est donc pas garanti que les matières plastiques se dégradent totalement dans les composteurs domestiques. Lors de l’épandage du compost, une contamination de l’environnement ne peut être exclue. Si ce sont des plantes comestibles qui sont ainsi amendées, elles peuvent être contaminées par des substances toxiques pour la santé humaine.
  • Dosettes de café (type Senseo) : elles se désagrègent très mal et posent des problèmes de toxicité.
  • Papier glacé et encre des magazines : ils ne conviennent pas non plus. De toute façon, cartons et papiers se destinent au recyclage.
  • Conifères : ils se dégradent trop lentement.
  • Sciure et cendre : elles étouffent le mélange.
  • Mauvaises herbes montées en graines : leurs graines résistent au compostage et peuvent germer.
  • Plastique, verre, métal, déchets médicaux, litières, couches-culottes et balayures : évident ? Sans doute, mais les maîtres composteurs en témoignent, il est nécessaire de le rappeler.
  • Bois vernis ou peints : les bois de menuiserie ou de charpente sont presque toujours traités chimiquement.
  • Produits chimiques (huile de vidange…) de façon générale.
  • Végétaux malades : si la plupart des germes pathogènes, concurrencés par les micro-organismes du compostage, sont éliminés, on ne peut pas garantir une hygiénisation totale et la destruction des graines. Il est donc préférable de les éviter.

Les bons gestes pour un compostage réussi

Le succès de votre compost repose sur quelques pratiques simples mais essentielles.

Équilibre entre matières humides et sèches : le ratio idéal

Diversifiez la matière : mélangez déchets verts (humides) et déchets bruns (secs). Le ratio idéal ? Pour un volume de déchets verts, environ la moitié de débris secs, à adapter en observant la texture. En principe, si le ratio 2/3 de matière humide et 1/3 de matière sèche est bien respecté, le taux d’humidité devrait naturellement être bon, sans apport en eau.

Aération et brassage régulier

Les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d’oxygène. Mélanger et brasser régulièrement votre compost de manière à créer un milieu homogène et riche en oxygène. Secouer le sac pour mélanger et aérer les matières organiques. Le compost se formera par le bas. En plus de lui adjoindre des matières structurantes, il faut donc le mélanger régulièrement, faute de quoi il dégage du méthane, puissant gaz à effet de serre, et des gaz malodorants (odeurs d’œuf pourri et d’ammoniac).

À chaque apport, ménagez un trou pour vider votre seau et mélangez à la couche inférieure. Chaque mois, brassez un peu plus en profondeur ce qui a été ajouté depuis un mois. Attention à ne pas aller trop loin vers le bas, au risque de mêler indéfiniment compost mûr et couches plus récentes. Pour remuer le compost, préférez une fourche à un brasse-compost : elle permet d’aller dans les coins et on s’en sert pour vider le bac.

Infographie montrant la bonne méthode pour brasser un compost

Contrôle de l'humidité : le cœur du processus

Le contrôle de l'humidité est primordial. On estime que le bon taux d’humidité est autour de 50%. Pour vous assurer que le compost n’est ni trop sec ni trop humide, prenez-en une poignée en cours de maturation, pressez fort. La texture idéale ? Quand quelques petites gouttes perlent entre vos doigts et que le mélange reste compact.

  • Si le compost est trop humide : du liquide s’en échappe à la pression, ou des odeurs désagréables se dégagent. Trop d’humidité empêche l’aération : le compostage est freiné. Dans ce cas, ajoutez des déchets secs. On peut étaler le compost quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche.
  • Si le compost est trop sec : les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus de décomposition s’arrête. Si vous constatez que votre compost manque d’humidité, réduisez en priorité l’apport en matière sèche et / ou placez le sac composteur à l’abri du vent et du soleil. Généralement, la présence de fourmis est un bon indicateur d’un compost trop sec. Vous pouvez remédier facilement à ce problème en arrosant un peu le compost.

Gérer les odeurs et les nuisibles

Pour combattre les mauvaises odeurs, versez du bicarbonate au fond de votre poubelle et, dans le composteur, rééquilibrez le mélange en ajoutant de la matière sèche. N’oubliez pas de bien l’aérer. Un compost bokashi ne sent rien s’il est bien fermé !

Pour limiter vos allers-retours entre la cuisine et l’endroit où vous avez mis votre sac composteur, choisissez un contenant avec un couvercle qui vous permette de collecter vos déchets humides. La couverture du bac à compost doit être très bien ajustée. Ainsi, vous éviterez la visite de rongeurs. Si vous trouvez des larves blanches, elles sont le plus souvent de cétoine dorée - et non de hanneton -, inoffensives pour les cultures.

Utilisation du compost mûr

Le compost est un amendement organique essentiel pour régénérer la structure et la vie des sols, que ce soit en pleine terre ou lorsqu’on cultive dans des contenants.

  • Pour planter ou rempoter : ne plantez pas directement vos semis ou plantes dans du compost pur. Mélangez-le à la terre de plantation.
  • À l’automne, en couche de paillage : pour nourrir et protéger vos sols à l’approche de l’hiver.
  • Jus de compost / thé de compost : il s’agit du liquide qu’on récupère lors du lombricompostage ou vermicompostage. Ce fertilisant naturel peut être utilisé pour arroser vos plantes.

Le compostage collectif et ses avantages

Le compostage collectif est bien plus qu'une simple gestion des déchets. Certaines collectivités territoriales et notamment les syndicats intercommunaux de gestion des déchets, s’engagent dans une démarche écoresponsable de valorisation des déchets récoltés sur leur territoire et distribuent, notamment via leurs réseaux de déchèteries publiques, du compost gratuit aux usagers résidents sur les communes concernées. Par exemple, des composteurs collectifs sont disponibles derrière le lavoir, près du boulodrome, et un bio-seau a été offert (par la Communauté de Communes Berg et Coiron) aux habitants du cœur de village pour faciliter leur tri. L'agent communal assure un entretien quotidien de ces bacs à compost.

Photo d'un composteur collectif en fonctionnement dans un village

Les différents types de compostage

Le compostage de surface

Faire du compostage de surface revient tout simplement à déposer les matières organiques compostables en surface du sol ! C'est une méthode simple qui nourrit directement la terre.

Le compostage Jean Pain

La méthode Jean Pain, expérimentée par notre ami Wen Rolland et d'autres permaculteurs au Québec, permet notamment la production d’eau chaude grâce à la chaleur générée par la décomposition.

Le compost Bokashi

Un compost bokashi est un système de compostage anaérobie (sans oxygène) qui utilise des micro-organismes efficaces pour fermenter les déchets alimentaires. Le jus est extrait régulièrement de notre seau à compost Bokashi pour en faire du fertilisant. Un compost bokashi ne sent donc rien s’il est bien fermé !

La patience est une vertu

Souvent, il faudra attendre entre 9 mois et 1 an pour récolter le compost mûr en bas du bac. L'hiver, s'il fait très froid, le processus ralentit sensiblement. Soyez patient et observez attentivement les transformations de votre compost. Bien surveiller son compost, par exemple au moment de l’apport de déchets frais, permet de déceler un excès ou un déficit d’humidité, des zones mal décomposées, des odeurs…

En suivant ces conseils, vous pourrez produire des légumes sains toute l’année et contribuer à un potager productif et respectueux de l'environnement.

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