À l’heure où les couches écologiques font couler beaucoup d’encre à cause de leur composition, on s’interroge de plus en plus sur leurs facultés biodégradables. Couche biodégradable, kézako ? Est-il possible pour une couche, même biologique, d’être biodégradable à 100% ? Si ce n’est pas le cas, quelles sont les parties qui ne le sont pas et surtout où jeter la couche de votre enfant ? Little Big Change répond à toutes vos questions au sujet de la couche biodégradable. Allez, suivez-nous c’est par ici que ça se passe !

La composition réelle d’une couche dite « biodégradable »
Plus respectueuse de l’environnement, la couche biodégradable se compose de matières premières naturelles, renouvelables. Ainsi, l’extérieur de la couche de bébé peut être élaboré à partir de maïs, de bois ou même de coton ! L’intérieur de la couche est fait de cellulose de bois blanchie - sans chlore s’il vous plaît ! D’ailleurs, saviez-vous que le bois utilisé est issu de forêts gérées durablement et possédant la certification FSC ? Maintenant oui, vous pourrez briller en société avec cette information ! En bref, la couche biodégradable possède moins de produits nocifs pour l’environnement et pour bébé.
Cependant, il est crucial de comprendre que ces produits ne sont pas des objets magiques. Une couche jetable mettra entre 400 et 450 ans à se dégrader ! Les couches jetables restent une alternative, beaucoup moins écologique aux couches lavables. Elles ne représentent que 2% des bébés français. Depuis quelques années, on s’émeut des 3,5 milliards de couches jetées chaque année en France.
Le mythe de la biodégradabilité à 100%
Eh bien non, mesdames et messieurs, tel miracle n’est pas encore possible. La faute (entre autres) au SAP. Ce sont des perles absorbantes microfines que l’on trouve dans toutes les couches jetables pour bébé. Si effectivement, on en trouve en quantité moindre dans les couches biodégradables, il y en a tout de même toujours trop pour que la couche soit biodégradable à 100 %.
Eh oui, petites attaches et languettes en tout genre nous aidant à faire tenir la couche de bébé sont très rarement biodégradables car élaborées à partir de matériaux plastiques… Vous étiez enthousiastes à l’idée de mettre la couche de bébé au compost ? Vous étiez prêts à le faire en pensant que c’était possible ? Eh bien, non ! Composter une couche, y compris les couches biologiques, cela n’est pas du tout possible à la maison. Les couches de bébé devront être jetées avec les déchets ménagers, au même titre que les couches classiques jetables !
Pourquoi le compostage domestique est impossible
Non, et pour plusieurs raisons d’ordre pratique, technique et sanitaire. D’une part, pour bien se dégrader lors du compostage, le broyage des couches est indispensable. Par ailleurs, il faut que les conditions techniques de compostage soient parfaitement maîtrisées (équilibre, recette, humidité, air, retournements…) afin d’obtenir naturellement des températures suffisamment élevées pendant le compostage (température supérieure à 70°), et avoir la garantie que les différentes matières de la couche se dégradent de manière efficace.
Cette montée en température est également essentielle pour éliminer efficacement les agents pathogènes naturellement présents dans les matières fécales (par ex : bactérie escherichia coli, dangereuse pour l’homme). Cette phase essentielle est la phase d’hygiénisation du compost. Pour toutes ces raisons, la situation est spécifique pour les couches compostables (versus compostage de déchets verts, déchets alimentaires ou même toilettes sèches).
Fabrication de compost, à l'échelle locale !
L’espoir des couches fertiles et industrielles
Plusieurs fabricants et marques de couches, notamment français, travaillent dur pour mettre sur le marché des couches certifiées compostables prochainement. Ces couches ne sont pas encore disponibles pour les consommateurs, et sont encore à l’état de prototypes. Attention aux confusions possibles, “couche écologique”, “couche biosourcée”, “couches avec x% d’ingrédients d’origine naturelle”, “couche éco-conçue”, toutes ces allégations ne sont pas suffisantes pour pouvoir composter ces couches.
Le projet « couches fertiles » débute en 2017. Le cœur du compost doit atteindre une température assez élevée (70°C). C’est la condition pour supprimer efficacement tous les agents pathogènes. Ensuite, le compost est en cours d’analyse mais ne peut pas être utilisé pour le moment. Pour toutes ces raisons, il est déconseillé d’essayer chez soi de composter des couches jetables.
Cadre réglementaire et avenir de la filière
Au niveau réglementaire, ce qui peut accélérer les choses, c’est la REP « Textiles Sanitaires Jetables » décidée pour 2024 (loi AGEC 2020). Un cahier des charges va prochainement être publié par l’ADEME et le ministère de la Transition dans le but de générer la création d’un éco-organisme pour gérer et financer la fin de vie des textiles sanitaires jetables (autre que l'incinération ou l'enfouissement).
À terme, nous souhaitons contribuer à créer un ambitieux réseau de points d’apport volontaire dédiés aux couches compostables, partout en France, notamment dans les grandes villes. Tous nos lots de compost sont analysés en laboratoire. Le compost de couches présente des caractéristiques agronomiques et sanitaires très similaires à du compost de déchets verts ou du compost de déchets alimentaires.

Précautions sanitaires et cas des protections adultes
Une protection adulte est conçue plus ou moins comme une couche-bébé à quelques détails près. Donc théoriquement, il serait possible de composter les protections adultes. En effet, lorsque nous avons réalisé notre programme de recherche avec un consortium de chercheurs, l’ISA à Lyon a mené des essais de compostage à partir de changes adultes collectés en Ehpad.
Les études ont montré que des résidus médicamenteux persistaient et étaient présents dans le compost, car les résidents en Ehpad prenaient de nombreux traitements, dont certains particulièrement coriaces, même après compostage. En France, la réglementation sur les fertilisants n’indique aucun seuil sur les concentrations en résidus médicamenteux. Ce qui permet d'épandre aujourd’hui en agriculture des boues d’épurations, qui présentent souvent des résidus médicamenteux non négligeables.
L’importance de la réduction à la source
N’oublions pas que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. Les couches jetables restent une alternative, beaucoup moins écologique aux couches lavables. Elles ne représentent que 2% des bébés français. Plutôt qu’essayer de faire de nos déchets des ressources, n’est-il pas plus simple ne pas transformer nos ressources en déchets ?
Les couches jetables représentent un défi environnemental majeur. Avec des milliards de couches achetées et jetées chaque année, la question de leur compostabilité devient déterminante. Non recyclables, les protections de bébé s’entassent dans la poubelle dédiée et vous vous inquiétez progressivement de la manière dont ces déchets sont gérés. Bonne nouvelle : les couches vont au compost à certaines conditions.
Les initiatives concrètes et le rôle des crèches
Une dizaine de crèches ont décidé de participer à l’expérimentation du compostage des couches pour bébés, avec l’opération « Les couches fertiles ». Il faut dire que, par exemple, la crèche parisienne rue Bleue (Paris IXe) jette, chaque jour, environ 150 couches ! Dans les crèches participant à l’expérimentation, les bacs à couches sont collectés trois fois par semaine par la Start-up en vue d’être compostées.
Comment ça se passe ? Dans un premier temps, les couches sont débarrassées des urines, des selles et du plastique qu’elles contiennent, avant d’être broyées. Ensuite, « la pulpe » collectée est mélangée à du café, du broyat de bois, et placé 10 jours dans un composteur électromécanique. Puis le compost mature plusieurs semaines.

Qualité du compost et normes en vigueur
Le compost est systématiquement analysé en laboratoire pour mesurer les matières inertes (plastiques, verre, etc.). Pour être qualifiée de compostable, une couche doit se décomposer en moins de 12 semaines, ce qui exige des matériaux spécifiques. Les couches compostables sont conçues pour se transformer en compost, un engrais organique précieux pour les agriculteurs.
Les composants biodégradables comme la cellulose et d’autres matériaux biosourcés sont essentiels pour ce processus. Actuellement, ces couches restent plus chères que les couches jetables classiques. Les coûts de recherche et développement influencent les prix. La situation s’améliorera avec la production en masse. Non, vous ne pouvez pas utiliser ce compost organique dans votre potager familial. Il est réservé exclusivement aux professionnels agricoles après analyses strictes.
Vers une transition écologique des produits d’hygiène
Si la couche 100% biodégradable reste encore un idéal à atteindre, les couches écologiques actuelles offrent déjà de nombreux avantages. En choisissant des produits fabriqués avec des matériaux naturels, en privilégiant les circuits courts et en s’engageant pour la transparence, les marques comme Les Petits Culottés contribuent à construire un avenir plus durable.
La biométhanisation est une autre perspective intéressante pour la gestion des déchets de couches. En complément du compostage, cette technique permet de produire de l’énergie à partir des matières organiques des couches. Les couches compostables offrent une solution prometteuse pour réduire les déchets, mais leur efficacité dépend de plusieurs facteurs. Tout d’abord, la composition des couches joue un rôle déterminant.
L'avenir du marché des couches jetables
L’apparition de la cellulose dans les couches jetables, est une bonne chose. Cette partie est compostable. Les fabricants travaillent à augmenter la part de cellulose présente dans le matelas absorbant. La partie organique biodégradable d’une couche jetable conventionnelle usagée est de 75%. Des initiatives existent déjà dans le monde. La règlementation plus stricte en France freine ce développement, puisque les couches compostables ne sont, pour le moment, pas listées dans les matières premières utilisables pour produire du compost.
Les fabricants testent actuellement leurs formules dans plusieurs métropoles. Actuellement, ces couches restent plus chères que les couches jetables classiques. Les coûts de recherche et développement influencent les prix. La situation s’améliorera avec la production en masse. Le développement des couches compostables révolutionne actuellement l’industrie. Les Alchimistes, entreprise pionnière, collaborent avec des fabricants pour créer des prototypes innovants. L’expérimentation s’intensifie dans plusieurs métropoles françaises. La Ville de Paris et la Métropole de Lyon testent activement ces nouvelles couches pour bébé. L’École du Breuil mène des recherches avancées sur la qualité du compost.