La permaculture, bien plus qu'une simple méthode de jardinage, est une approche holistique et respectueuse de l'environnement, un authentique mode de vie et un concept où le principe même est de laisser le sol de ton terrain vivre sa vie. Elle vise à maximiser la productivité tout en préservant les écosystèmes naturels, permettant la production de légumes sains toute l'année. Au cœur de cette philosophie, le compostage de surface émerge comme une technique essentielle pour enrichir le sol, notamment pour une culture exigeante comme celle des tomates. Les tomates, ces aliments polyvalents et savoureux, ont une histoire qui remonte à des millénaires, cultivées et consommées par les peuples autochtones bien avant l'arrivée des Européens dans le Nouveau Monde. Aujourd'hui, réussir la culture des tomates en permaculture est un incontournable pour les jardiniers soucieux de l'environnement.

Les Fondamentaux du Compostage de Surface en Permaculture
Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes. Il consiste à venir directement déposer les déchets organiques sur les planches de cultures, reproduisant ainsi un cycle bien connu de la nature : une plante pousse, meurt, tombe au sol, puis se décompose, améliorant ce dernier au passage. Vos déchets organiques sont déposés à même le sol du potager et recouverts (dans la majorité des cas) par un paillage pour garder un côté esthétique.
Les Avantages du Compostage de Surface
Le compostage de surface offre de multiples avantages, souvent sous-estimés par rapport au compostage en tas traditionnel.
Une Énergie Préservée pour la Vie du Sol
Dans la nature, le compostage par la chaleur n'existe pas ou quasiment pas ; la quasi-totalité des matières organiques sont transformées dans les litières et subissent donc un compostage de surface. Un argument plus solide est l'énergie contenue dans les matières organiques. Les végétaux captent l’énergie solaire via la photosynthèse et la stockent sous forme chimique dans leurs composés organiques. Si vous compostez en tas, cette énergie est en grande partie transformée en chaleur et est donc dissipée et perdue pour la vie du sol. Si le matériau est apporté frais au sol, cette énergie sera alors mise à disposition de l’activité biologique du sol (vers de terre, micro-organismes, larves d’insectes…). De plus, les matières non compostées sont composées de sucres, de protéines, de cellulose, qui sont là encore des composés qui participent à nourrir directement la vie du sol. Plus un compost est mûr, moins il contient de tels composés.
Simplicité de Mise en Œuvre et Gain de Temps
Un autre avantage est la simplicité de mise en œuvre. Pas besoin de faire un tas dans les règles de l'art ; il suffit de déposer les matières compostables au contact du sol. Si vous paillez au jardin, vous pratiquez déjà une forme de compostage de surface. Une fois la vie du sol bien installée, les décomposeurs travaillent vite et bien, vous faisant gagner beaucoup de temps. Vous pourrez directement planter dedans en veillant à écarter un peu les résidus des anciennes cultures et déchets de cuisine.
Nourriture Directe pour la Faune du Sol
Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds. Dans un mètre cube de sol, on peut compter jusqu’à huit cents lombrics ! Tous ces êtres vivants décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons. En les nourrissant, on alimente donc directement nos futurs légumes et indirectement nos estomacs ! Les vers de terre sont friands du compostage de surface : ils finiront par s’en nourrir.
Amélioration de la Structure du Sol
À moyen terme, le compostage de surface permet aussi une amélioration de la structure du sol. Les vers de terre et autres organismes permettent de structurer les particules de terre entre elles. Au bout de quelques années de compostage de surface, la texture du sol devient souvent très intéressante, on la compare à du couscous ! Guillaume se souvient de la première fois qu'ils ont pratiqué le compostage de surface en début d'hiver, en mettant tous les déchets de cuisine dans la serre, sous le paillage. En mars, le résultat était un sol incroyable en surface, tout meuble et prêt à être ensemencé.
Maintien de l'Humidité du Sol
L’apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d’augmenter l’humidité dans le sol. Ils sont constitués de 40 à 95 % d’eau. Cette économie peut sembler négligeable, mais à l’abri sous le paillage en été, ils délivreront au final une belle humidité au sol, lentement, et maintiendront la terre humide plus longtemps, ce qui est pratique pour limiter les effets d’une sécheresse.

Que Mettre et Comment Pratiquer le Compostage de Surface ?
La liste des matières organiques compostables est vraiment conséquente.
Déchets de Cultures et de Cuisine
N'hésitez pas à hacher vos restes de cultures. Généralement, les jardiniers déposent ces déchets sous un paillage déjà présent. Certains vont même jusqu’à nettoyer et préparer les légumes dès la cueillette, ce qui permet par exemple de laisser les fanes de betteraves ou de carottes pour ceux qui ne les cuisinent pas, ou encore les queues de haricots. Tous les déchets de cuisine peuvent aussi être épandus au potager sous le paillage au fil des mois. Il est préférable d'éviter la viande, le poisson et les produits laitiers qui peuvent devenir embêtants en attirant les rats, et de préférer les composter dans votre silo. Tout ce que votre terrain produit, comme des feuilles ou des restes de tailles bien hachées, peut également être utilisé.
Adventices et Tontes
Il est souvent déconseillé de composter les légumes atteints de maladie, certains recommandant de brûler les tomates pour éviter toute propagation du mildiou par exemple. Cependant, brûler de la matière organique est une hérésie quand on connaît la richesse qu’elle représente. De plus, les spores des champignons restent dans le sol d’une année sur l’autre et sont présents partout dans l’environnement. Vous ne risquez donc pas grand-chose en les mettant en compostage de surface. Lors du désherbage, laissez les adventices sécher, racines à l’air libre, durant quelques jours. Toutes ces adventices relâcheront des minéraux dans le sol après leur décomposition. La tonte peut aussi être utilisée en compostage de surface et faire office de paillage par la même occasion.
L'Équilibre Carbone/Azote
Pour bien maîtriser ce paramètre, il suffit de regarder la consistance de ce que l'on met en paillage. Tout ce qui est tendre et humide contient majoritairement de l’azote (tonte, déchets de cuisine, reste de cultures…). À l’opposé, tout ce qui est sec, dur et ligneux contient du carbone (bois, broyat, paille…). Il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu’ils se bonifient les uns les autres : l'un apporte de l’eau, de l’azote, pendant que l’autre apporte du carbone et aère l’ensemble.
Application Pratique
Généralement, le compostage de surface se fait en présence d’un paillage (qui reste aussi une forme de compostage de surface). Au-dessus ou en dessous, cela dépendra surtout de ce que l'on épand. Les déchets de cuisine sont enfouis sous le paillage pour des raisons esthétiques, tandis que la tonte peut tout à fait être posée sur le paillage. En pratique, évitez les matériaux trop ligneux non broyés ou non hachés comme les branchages de grosse section que vous devrez déplacer et écarter à chaque plantation.
Compostage de surface au potager ( surface composting vegetable )
Précautions et Inconvénients du Compostage de Surface
Bien que très bénéfique, le compostage de surface présente quelques points d'attention.
Attraction de Ravageurs
Cette nourriture et cette humidité disponible en attirent plus d'un, surtout pour les restes de cuisine que l'on composte en surface. Vous aurez peut-être affaire occasionnellement à des ravageurs, mais le potager les attire dans tous les cas, compostage de surface ou non. Les limaces, par exemple, sont attirées par les déchets végétaux, mais chez certaines personnes, elles se nourrissent du compostage de surface et épargnent les plants. Les rongeurs trouvent souvent cachette sous les paillages, il est donc recommandé d'exclure les déchets d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) à proximité des plantes cultivées pour limiter leur attraction. Les oiseaux, et en particulier les merles, raffolent des vers de compost.
Pas d'Hygiénisation par la Chaleur
Contrairement à un compostage en tas, le compostage de surface ne subit pas de montée en chaleur qui permet de « nettoyer » le compost plus classique, et n’hygiénise pas le tas de compost par cette montée en température. Il ne détruit pas les adventices et leurs graines. Le climat peut aussi parfois vous inciter à mieux valoriser vos déchets en tas où vous pourrez gérer aux petits soins le taux d’humidité.
Cultures Sensibles à l'Humidité
Il faut prendre des précautions avec certaines cultures en particulier qui n’apprécient pas les sols trop humides, comme l’ail ou l’oignon. Évitez donc le compostage de surface avec ces cultures.
Complémentarité avec d'Autres Méthodes de Compostage
Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo. Un compost en tas permet de produire beaucoup de compost d’un coup et de faire un substrat riche lors du repiquage des plants. Pour faire un mix entre les deux, il existe aussi le compostage en tranchée, qui consiste à creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de venir la remplir de matière organique, permettant d’enrichir un rang de légume disposé à côté par exemple.
La Culture des Tomates en Permaculture : du Semis à la Récolte
La culture des tomates en permaculture est un incontournable. C'est l'occasion de retrouver le vrai parfum de la tomate mûrie au soleil, une texture qui se tient, et un goût franc, tout en ayant accès à une diversité de variétés impressionnante. La tomate est à la fois généreuse et exigeante, sensible au mildiou, gourmande en chaleur, en lumière et en nutriments.
Exigences de la Tomate
Pour une culture des tomates réussie, il est essentiel de comprendre ses besoins fondamentaux.
Chaleur, Lumière et Exposition
La tomate est une plante qui aime le soleil et la chaleur. Visez une exposition bien lumineuse (idéalement au sud) et, si possible, un endroit abrité des vents froids. Plus le sol se réchauffe vite au printemps, plus la reprise est facile. Un emplacement ensoleillé, une terre bien structurée et un paillage adapté au bon moment font une vraie différence sur la vigueur et la précocité. Planter les tomates au pied d’un mur exposé au sud peut facilement aider à gagner quelques degrés. En permaculture, il existe le concept de piège à soleil qui consiste à agencer les végétaux sur un U ouvert au sud.
Sol, Fertilité et Fumure de Fond
La tomate apprécie les sols plutôt légers, qui se réchauffent facilement, mais elle peut s’adapter à la plupart des types de sols si la terre est vivante et bien nourrie. L'objectif n'est pas d'avoir une « terre parfaite », mais une terre qui respire, qui draine correctement, et qui contient de la matière organique disponible. La culture des tomates demande une fumure importante, avec des besoins marqués en azote (pour la croissance) et en potasse (pour la floraison et la fructification). La base, c’est donc d’enrichir le sol régulièrement, en amont, avec des apports variés comme le compost, le fumier, les cultures d’engrais verts ou le paillage. L’idée, en permaculture, c’est de nourrir le sol pour qu’il nourrisse la plante.
La Régularité des Apports
La plupart des problèmes viennent moins d’un manque « d’engrais » que d’à-coups : arrosages irréguliers, excès d’azote, sol qui se tasse, manque d’aération. Visez un sol souple et riche en humus, plutôt qu’un sol « surboosté » ponctuellement. Privilégiez des apports organiques étalés dans le temps et une bonne couverture du sol. Les besoins de la tomate augmentent au fil de la croissance et atteignent un pic à la nouaison (au moment où les fruits se forment). Vous pouvez compléter la fumure en cours de culture avec des apports doux et réguliers, par exemple avec du purin d’ortie (riche en azote) et du purin de consoude (riche en potassium).
Choix des Variétés de Tomates
Le choix des variétés est crucial pour adapter vos plantations à votre climat et à vos envies.
Variétés Reproductibles, Hybrides F1 et Plants Greffés
Vous avez deux options quant aux choix des variétés : acheter directement vos plants en jardinerie, sur le marché ou lors de fêtes des plantes, ou acheter ou troquer des semences. Une variété reproductible est une variété dont on peut récolter les graines pour les ressemer l’année suivante. Les variétés F1 sont généralement plus productives, mais plus onéreuses et ne donnent pas de descendance fixée. Les plants greffés sont très productifs et procurent souvent une grande résistance face aux maladies et ravageurs. Les variétés reproductibles ont plus de goût et une peau plus tendre.
Type de Port : Déterminé ou Indéterminé
Le type de port de la plante fait référence au type de croissance. Un port de plante de type indéterminé donne des plants qui poussent en continu en suivant l’axe de la tige principale, demandent à être tuteurées et produisent sur une longue période. Un port de plante de type déterminé donne des plants buissonnants, atteignent généralement moins d’un mètre de hauteur, sont précoces et produisent généreusement sur une période courte. Ils ne se taillent pas, leur tuteurage est optionnel. Pour un balcon ou un petit espace, le port déterminé est idéal ; pour un potager avec de la place et des tuteurs, l'indéterminé est préférable pour une production longue.
Précocité des Variétés
Il est recommandé de choisir des variétés adaptées à votre été. Les tomates précoces (récolte 40 à 60 jours après la plantation) comme Gregory Altaï, Matina et certaines tomates cerises, permettent de sécuriser les premières récoltes, surtout en régions fraîches ou quand l’été est court. Les tomates hâtives (récolte 55 à 65 jours après la plantation) telles que Monda, Reine des hâtives, Marmande hâtive, Tigerella, Burbank et Glacier, offrent un meilleur équilibre entre productivité et qualité gustative. Les tomates de mi-saison (récolte 60 à 80 jours après la plantation) comme Saint-Pierre, Rose de Berne, Noire de Crimée et Green Zebra, constituent le cœur des récoltes. Enfin, les tomates tardives (récolte plus de 80 jours après la plantation) comme Cœur de Bœuf et Cornu des Andes, demandent plus de temps et de chaleur et sont plus risquées en plein air si l’arrière-saison est fraîche ou humide.

Calendrier de Semis et de Plantation
Le bon calendrier est souvent ce qui fait la différence. Le piège classique est de semer trop tôt, ce qui mène à des plants qui filent et manquent de lumière.
Quand Semer ?
Le semis des tomates est une étape à la fois simple et délicate. Le semis se réalise à partir de la mi-février dans le Midi, mi-mars pour les autres régions et peut être fait jusqu’à la fin avril partout en France métropolitaine. Les tomates peuvent germer à partir de 16°C et jusqu’à 30°C, la plage optimale de températures se situant entre 20 et 24°C. Il est important de vérifier que le terreau soit maintenu humide en surface jusqu’à la levée des tomates. Dès que les plantules lèvent, placez-les au plus lumineux possible pour éviter les plants qui filent (une grande tige toute fine, les feuilles se dirigeant vers la lumière). Une véranda est bien adaptée, une fenêtre bien exposée, une serre maintenue hors gel également. Comptez environ 6 à 8 semaines entre le semis et la plantation.
Quand Planter ?
La plantation se fait à partir du mois d’avril dans le sud ou en serre. Traditionnellement, on plante les tomates après les Saints de Glace, vers la mi-mai, quand tout risque de gel est écarté. La période idéale dépend avant tout de votre région et des conditions météorologiques. Si votre climat est frais ou que vous jardinez en altitude, patientez une à deux semaines de plus. Votre meilleur indicateur n’est pas une date « magique », mais l’état des nuits et du sol : si le sol est encore froid et que les nuits descendent souvent bas, la tomate stagne et devient plus sensible.
Distance de Plantation
Dans un potager traditionnel, la distance de plantation varie de 50 cm à 75 cm sur le rang et 80 cm entre deux rangs. Les potagers actuels, notamment en permaculture, se passent de plus en plus de cette rectitude ; les plants sont plantés en groupe, ou dispersés dans plusieurs plates-bandes.
Repiquage des Tomates
Une fois les plants de tomates au stade 4 feuilles vraies (4 feuilles + 2 cotylédons), il est possible de passer à l’étape suivante, le repiquage. Le repiquage consiste à déterrer délicatement et individuellement les jeunes plants et à les repiquer dans des godets de 8x8 cm. La raison est qu’à ce stade les plantes deviennent assez résistantes pour être manipulées. Une astuce consiste à enterrer une partie de la tige du plant de tomate afin qu’il émette de nouvelles racines adventives. Pour le substrat, un mélange de compost (1/3), terre de jardin (1/3) et terreau de plantation (1/3) est très bien.

Acclimatation et Préparation du Sol
L’acclimatation est une étape importante qui va conditionner la résistance de vos tomates à la plantation finale. Environ trois semaines avant la plantation finale, sortez les plants à l’extérieur en journée et rentrez-les la nuit.
Préparation du Sol
Pour obtenir une bonne production, il faut cultiver la tomate dans une terre bien ameublie et riche en matières organiques. Il est possible d’ameublir la terre à la grelinette ou à la fourche bêche, sans retourner la terre de préférence. Pour enrichir la terre en matières organiques, les solutions sont multiples comme la culture préalable d’engrais verts, l’apport de fumiers compostés, ou l’apport de compost ménager.
Techniques de Préparation du Sol en Permaculture
En permaculture, il est indispensable de ne pas bêcher ou de ne pas retourner la terre de son potager. Une terre ne se travaille pas, elle se laisse entraîner par ses propres spécificités. Pour aérer le sol d’un jardin ou d’un potager et optimiser les cultures, la grelinette est l'outillage incontournable du jardinier permaculteur. Pour l’utiliser, il suffit de l’enfoncer dans la terre et de donner une légère pression vers le bas en disposant ton pied sur la base horizontale de la grelinette, ce qui amène l’outil à soulever les mottes de terre prises dans les dents. Le but étant d’ameublir le sol de ton potager sans brasser fortement la terre.
Compostage de surface au potager ( surface composting vegetable )
Tuteurage et Fertilisation
Le tuteurage est indispensable pour soutenir les plants et prévenir les maladies.
Méthodes de Tuteurage
Nous tuteurons les tomates pour éviter que les organes aériens (tige, feuilles et tomates) ne soient en contact direct avec la terre. Un tuteur simple est un piquet en bois, une canne de bambou, un fer à béton ou un tuteur spiralé. La tige des tomates à croissance indéterminée s’attache au fur et à mesure que le plant grandit. Au château de la Bourdaisière, les tomates sont tuteurées en tipi. Aux États-Unis, les tomates sont souvent conduites dans des cages. La méthode des maraîchers est de tuteurer à la ficelle, en serre ou en extérieur avec un système similaire.
Fertilisation en Cours de Culture
La tomate apprécie les terres très riches en nutriments, c’est pourquoi il est indispensable de bien la fertiliser tout au long de sa culture et même d’anticiper sa fertilisation. Les engrais verts ou couverts végétaux permettent d’enrichir le sol en matières organiques fraîches. La famille des légumineuses est intéressante pour fixer l’azote atmosphérique et le restituer à la terre une fois l’engrais vert détruit. L'apport de purin d'ortie (riche en azote) stimule la croissance, tandis que le purin de consoude (riche en potassium) favorise la floraison et la fructification. L’effet éliciteur du purin d’ortie est obtenu en pulvérisation sur le feuillage.
Arrosage et Taille des Gourmands
Ces deux pratiques sont essentielles pour la santé et la productivité des plants de tomates.
Arrosage Régulier et Maîtrisé
L’arrosage est l’un des points les plus importants pour réussir la culture des tomates. La règle d’or : ne jamais mouiller le feuillage. L’humidité sur les feuilles favorise le développement de maladies comme le mildiou. Espacez les arrosages, mais faites-les plus copieux. Certains jardiniers se passent d’arrosage régulier, notamment dans des sols profonds, riches en matière organique et bien structurés.
Taille des Gourmands
La taille basique des tomates consiste à tailler les gourmands ou tiges secondaires qui poussent à l’aisselle des feuilles de la tige principale. Si on laisse les gourmands grandir, ils finissent par former un bouquet de fleurs et donneront des tomates, mais ces bouquets secondaires se développent au détriment des premiers bouquets et donc de la précocité des premières tomates. Ne taillez jamais lorsqu’il pleut ou lorsque l’air est très humide : vous ouvririez des portes d’entrée aux maladies cryptogamiques.
Récolte des Tomates
La récolte est une étape a priori évidente, mais il y a des subtilités.
Critères de Maturation
Le premier critère est la couleur : selon les variétés, elle varie du rouge, rose, jaune, vert, orange, blanc-crème, bleu-noir, etc. Quelle que soit la couleur attendue, elle doit être bien homogène (hormis pour les bigarrées) et franche, légèrement brillante. Ensuite, il suffit de vérifier la consistance en pressant légèrement les fruits. Ils doivent être fermes mais pas trop durs. La tomate est un légume-fruit climactérique, c’est-à-dire qu’elle continue de mûrir après sa récolte. En fin de saison, lorsqu’on récolte les dernières tomates vertes avant les gelées, celles-ci ne peuvent pas mûrir car elles ne produisent pas encore d’éthylène.
Maladies et Troubles Physiologiques
La tomate est une culture relativement sensible à diverses maladies cryptogamiques et troubles physiologiques.
Le Mildiou des Solanacées
Le mildiou des solanacées est une maladie grave due au pseudo champignon Phytophthora infestans. En cas de conditions favorables (humidité forte et durable, températures douces), la progression de la maladie peut être fulgurante. Le mildiou survient lors des étés pluvieux et froids, ou à la fin de cette saison avec les températures qui se radoucissent. Une des meilleures protections contre le mildiou est la mise en place d’un abri à tomates ou la culture en serre, qui empêche l’humectation des feuilles avec l’eau de pluie, diminuant ainsi la propagation de la maladie.
La Nécrose Apicale (Cul Noir)
La nécrose apicale se manifeste par le noircissement de l’extrémité des tomates. Il s’agit d’un trouble physiologique et non d’une maladie d’origine biotique. La cause la plus probable est que les plantes n’arrivent pas à absorber suffisamment de calcium. Ce nutriment est essentiel à la bonne formation des fruits.

La Permaculture : Un Cadre de Référence pour la Culture des Tomates
La permaculture est une approche holistique et respectueuse de l'environnement qui offre un cadre idéal pour la culture des tomates.
Principes Fondamentaux de la Permaculture
L'observation et la compréhension du site sont cruciales avant de planter des tomates, afin de comprendre ses caractéristiques. L'utilisation efficace des ressources renouvelables (eau, soleil, nutriments) est encouragée, notamment avec la collecte d’eau de pluie, le compostage et le mulching (tonte sans ramassage). La permaculture promeut un design en couches et la diversité des cultures, en intégrant des plantes compagnes qui se complètent mutuellement et aident à repousser les ravageurs. La préservation de la biodiversité est essentielle, en plantant une variété de plantes indigènes et en laissant des zones sauvages. Enfin, la permaculture prend en compte les cycles naturels et les saisons.
Techniques Innovantes pour la Culture des Tomates en Permaculture
L'optimisation de la productivité et de la résilience des cultures de tomates en permaculture repose sur l'application de techniques innovantes.
Culture Compagnonne
Choisissez judicieusement les plantes compagnes qui peuvent favoriser la croissance et la santé des tomates. Par exemple, des herbes aromatiques telles que la ciboulette, le basilic et la menthe entre les rangs de tomates peuvent aider à repousser les ravageurs et améliorer la saveur.
Paillage
Utilisez des matériaux organiques comme la paille, les feuilles mortes ou les déchets de jardin pour recouvrir le sol autour des plants de tomates. Le paillage aide à prévenir l’évaporation excessive de l’eau, à maintenir une température stable du sol et à nourrir la vie microbienne.
Gestion de l’Eau
Adoptez des techniques d’irrigation efficaces telles que l’arrosage goutte à goutte ou l’irrigation au pied. Cela permet de fournir une quantité adéquate d’eau aux plants de tomates sans gaspillage. Utilisez des systèmes d’irrigation bien conçus pour maintenir un niveau d’humidité optimal dans le sol.
Rotation des Cultures
Pratiquez la rotation des cultures pour prévenir l’épuisement du sol et réduire les risques de maladies et de ravageurs. Évitez de planter des tomates dans le même emplacement chaque année. Alternez avec d’autres cultures, comme les légumes à feuilles vertes ou les légumineuses.
Utilisation de Techniques de Régénération des Sols
Enrichissez le sol en utilisant des méthodes de régénération telles que la plantation de légumineuses fixatrices d’azote, l’application de compost de qualité et le labourage minimal. Un sol sain et fertile favorise une croissance robuste des plants de tomates.
