Le sol de nos jardins ne ressemble pas souvent à une litière forestière fertile et riche en éléments nutritifs. L’engrais c’est le carburant des plantes pour pousser, être en forme et ainsi résister aux attaques des parasites et ennemis. L’agriculture biologique constitue un mode de production qui trouve son originalité dans le recours à des pratiques de cultures et d'élevage soucieuses du respect des équilibres naturels et de l’environnement. Dans l’industrie du fertilisant de jardin, biologique signifie tout simplement ce qui pousse naturellement. Biologique, c’est cultivé sans aucun additif ou engrais à base chimique ou minérale. Pour dire les choses avec simplicité, l’agriculture biologique permet à la nature de faire ce qu’elle fait de mieux. Les engrais chimiques industriels détruisent les éléments naturels et vivants du sol plutôt que de les multiplier.

La composition chimique de base : N, P et K
Dans les engrais, on trouve 3 éléments majoritaires aussi appelés macronutriments : l’azote (N), le phosphore (P), le potassium (K), appelé aussi potasse. Les lettres N, P, K représentent les trois nutriments essentiels pour la croissance des plantes : N pour Azote, P pour Phosphore, K pour Potassium. Les chiffres qui les accompagnent (ex. : NPK 10-5-5) indiquent le pourcentage en poids de chaque élément dans l’engrais. Par exemple, un engrais marqué 10-5-5 contient 10 % d’azote, 5 % de phosphore et 5 % de potassium. Le reste (80 %) est composé d’autres nutriments ou de supports pour faciliter l’épandage.
Des éléments secondaires viennent compléter les formulations : calcium (Ca), magnésium (Mg) et soufre (S) puis viennent les micronutriments et autres oligo-éléments : bore (Bo), fer (Fe), manganèse (Mn), etc…, minoritaires mais très importants. Sur le dos des emballages, dans le petit encart « Composition », vous trouverez 3 chiffres écrits en gras et séparés de tirets. Ces chiffres représentent la concentration minimum en pourcentage de N, de P (sous forme de phosphate) et de K (sous forme de potasse). Il est important de regarder les concentrations, certes, mais surtout le rapport entre les 3 chiffres. Tout simplement parce que les plantes n’ont pas toutes les mêmes préférences alimentaires ni les mêmes besoins !
Rôles physiologiques des nutriments
L’azote (N) est le moteur de la croissance. Il est indispensable pour le développement des parties aériennes de la plante : feuilles, tiges et herbe. Il stimule la couleur verte et la densité du feuillage. Il favorise la croissance rapide et améliore la production de chlorophylle, responsable de la photosynthèse. Il est idéal pour les légumes feuilles (salades, choux, bettes…) et le gazon.
Le phosphore (P) est l’allié des racines et des fleurs. Il joue sur la formation des fleurs et des graines et sur le développement radiculaire. Il renforce les racines et favorise la floraison ainsi que la fructification. Il est particulièrement important au moment de la plantation et du démarrage de la végétation. Il améliore la résistance des plantes et est essentiel pour les plantes à fleurs (rosiers, tomates, fraises) et les jeunes plants.
Le potassium (K) est le bouclier des plantes. Il induit la floraison et soutient la formation des organes de réserve : parfait pour un potager. Il renforce la santé globale de la plante, joue un rôle clé dans la résistance aux maladies, au froid et à la sécheresse, et améliore aussi la qualité des fruits. Il est indispensable pour les plantes fruitières (fraisiers, agrumes, tomates) et les plantes en pot.

Engrais de synthèse vs Engrais organiques : une distinction fondamentale
Les engrais chimiques sont aussi appelés engrais de synthèse, ils sont obtenus par des procédés industriels, bien souvent en associant des éléments minéraux à d’autres composés dans le but d’obtenir des formulations à absorption rapide par les végétaux. Vite assimilés, ils ont souvent un effet « booster » remarquable. La contrepartie de cette assimilabilité ultra rapide est le lessivage, c’est à dire l’entraînement des molécules par les eaux de surface vers les profondeurs des sols et les nappes phréatiques. Par ailleurs, leur fabrication est très énergivore.
Les engrais organiques sont aussi appelés engrais naturels. Ils sont issus de matières naturelles « vivantes » animales, végétales, fongiques ou bactériennes : guano, corne, sang, arêtes de poisson, fumier, compost végétal, mycorhizes, … Ces matières premières sont séchées, broyées puis assemblées pour créer des formulations adaptées à chaque type de plante. Avec un engrais organique, l’absorption des éléments est plus lente mais plus durable. Bien souvent, en étape intermédiaire, le sol, l’air et l’eau participent à la dégradation des éléments qui sont ensuite rendus disponibles et assimilables par les plantes. On a coutume de dire que les engrais organiques nourrissent le sol ou le terreau pour que ceux-ci nourrissent ensuite les plantes. Seuls les engrais organiques sont utilisables et homologués pour l’agriculture biologique.
le 19/01/2024 : Les différents engrais organiques
L'intérêt agronomique de la matière organique
Pour favoriser la croissance des plantes, les fertilisants organiques jouent un rôle essentiel. Ils apportent de la matière organique au sol, nourrissent les microorganismes, régulent le pH, améliorent la porosité, résistent au compactage et à l'érosion, et optimisent la capacité de rétention d'eau. En bref, les conditions agricoles idéales sont ainsi réunies. Lorsque aucun apport organique n'est réalisé, le sol tend à perdre environ 2 % d'humus par an en raison de la minéralisation naturelle. Si ce phénomène n'est pas compensé par un apport régulier de matière organique, la capacité du complexe argilo-humique à stocker les nutriments et l'eau diminue. Une partie de l'engrais appliqué sera minéralisée, entraînée par les eaux de pluie vers la nappe phréatique.
Les végétaux prélevant des éléments nutritifs dans le sol, exportés par les récoltes, il est primordial de restituer à la terre ce qui lui est retiré, de façon à assurer une fertilisation d’entretien. Il est conseillé d’entretenir son sol avec des apports adaptés, ajustés en fonction du taux de matière organique souhaité. Plus riches en matière organique, les sols agricoles des parcelles cultivées en agriculture biologique accueillent davantage d’animaux, parfois microscopiques. L’activité biologique du sol est plus développée. Les organismes vivants du sol - comme les vers de terre, les champignons, les insectes de surface - sont plus nombreux, diversifiés, avec une activité biologique plus intense. La richesse en matière organique améliore les caractéristiques physiques des sols : stabilité structurale accrue, meilleure porosité, capacités de rétention en eau plus élevées.
Cadre réglementaire et gestion des ressources en agriculture biologique
En agriculture biologique, la fertilisation des cultures est fondée sur le principe du retour à la terre des matières fertilisantes, pour pallier l’interdiction des engrais minéraux de synthèse. Cela se traduit par des rotations pluriannuelles comprenant des légumineuses et par le recours à des matières fertilisantes d’origine résiduaire (MAFOR). Ces MAFOR sont issues des activités agricoles, urbaines et industrielles. Le règlement (UE) N 2018/848 liste les matières fertilisantes utilisables en AB. De son côté, le Comité national de l’agriculture biologique de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) a restreint, depuis le 1er janvier 2021, les matières fertilisantes utilisables en production biologique : les effluents issus d’élevages considérés comme « industriels » sont désormais interdits.
L'étude des gisements de MAFOR souligne la fragilité de l’équilibre entre une offre provenant de façon quasi-exclusive du secteur agricole, en particulier de l’élevage bovin, et une demande issue des surfaces fourragères, et dans une moindre mesure des grandes cultures. Si les besoins en potassium et en phosphore pourraient être largement couverts, en revanche le taux de couverture en azote efficace reste un défi majeur. L’azote pourrait être le facteur limitant, nécessitant en particulier une gestion optimale tout au long de son cycle. La mise à disposition de nouveaux gisements, comme le compost de déchets bois, de biodéchets ou encore les digestats de méthanisation, contribueront de façon significative au renforcement du volume mobilisable d’azote.

Formes et applications des engrais naturels
Dans le commerce, l’engrais est disponible sous diverses formes : liquide, en poudre, en granulé, et même en dés ou bâtonnets. - engrais liquide (ou en poudre) : à diluer dans l’eau d’arrosage. Ses points positifs : effet « booster » + facilité d’application + parfait pour les plantes en pots. - engrais sous forme de granulés : à disperser au pied des plantes, en pot ou en pleine terre. Gratter légèrement le sol avant. Les granulés seront ensuite doucement dissous par les pluies et l’eau d’arrosage. - engrais sous forme de bâtonnets ou de dés : à enfoncer dans le substrat au pied des plantes. Effet à long terme : à renouveler tous les 6 mois.
Les principaux engrais biologiques que peuvent souvent utiliser les jardiniers bio sont souvent de la cendre de bois, de l'engrais vert, ils fabriquent leur compost fait maison avec des recettes de grands-mères, découvrez leur fabrications de purins de plantes comme les purins d’orties, les purins de consoude ainsi que les purins de fougères et des purins d’ails pratiques pour le traitement à long terme des cultures biologiques. Sachez que la cendre de bois est utilisée comme engrais pour vos plantes même si cela peut vous surprendre fortement et vous laisser sceptique. Utilisez la cendre comme engrais, d’abord il vous faudra veiller à faire brûler uniquement du bois non traité et non peint et des déchets végétaux. Ne surtout pas ajouter de vieux journaux imprimés en couleur ni de magazines. Sinon votre cendre ne sera pas bio ! La cendre est à utiliser en toute petites quantités. Par exemple, l'eau de cuisson des légumes, ainsi que l'eau de cuisson des œufs durs ou à la coque sont d’excellentes formulations maison pour apporter des minéraux et oligo-éléments aux plantes ce qui est primordial pour vos plantes, à condition seulement que l'eau ne soit pas trop salée.
Pratiques innovantes et bénéfices environnementaux
L’agriculture biologique, de par ses pratiques culturales, permet de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique d’une part en limitant les rejets polluants et d’autre part en stockant davantage de CO2 dans le sol. Les émissions de gaz à effet de serre sont limitées grâce à la non-utilisation d’engrais azotés chimiques de synthèse. L’emploi d’engrais organique permet de ne pas contribuer à l’émission de CO2 nécessaire pour la fabrication industrielle d’engrais chimiques de synthèse. La culture de plantes légumineuses permet la fixation biologique de l’azote dans le sol et réduit donc les émissions de protoxyde d’azote. Ces cultures contribuent non seulement à limiter les émissions de gaz à effet de serre mais servent aussi à améliorer la fertilité du sol.
La séquestration du carbone est favorisée grâce à des rotations de cultures longues et limitant le nombre de labours, à l’élevage en plein air sur des prairies permanentes qui fixent le carbone dans le sol et compensent les émissions de méthane des animaux, et à la protection des structures écologiques telles que les haies, les arbres et le maintien de bandes enherbées. La non utilisation de pesticides chimiques de synthèse préserve la flore et la faune aquatiques, le milieu écologique des eaux des rivières, donc la qualité des eaux. L’introduction de culture de légumineuses dans les rotations de cultures et l’apport de matières organiques aident à réguler la fertilité des sols et limitent le passage de l’azote dans l’eau sous forme de nitrates.
Vigilance et gestion de la fertilisation
Le surdosage est l’erreur la plus fréquente chez les jardiniers amateurs. On croit bien faire en forçant un peu la dose. Mais la réalité est tout autre ! Trop d’engrais peut brûler les racines et les feuilles, polluer les nappes phréatiques, et déséquilibrer la vie du sol. Privilégiez les engrais organiques (sang séché, corne broyée, compost) pour une action progressive et respectueuse de l’environnement.
Il convient pour cela d’analyser la terre afin de révéler les éventuelles carences des végétaux, ainsi que la qualité du sol. Des composés spécifiques peuvent ainsi être recommandés. Par exemple, lorsqu’un engrais organique contient de la vinasse de betterave, il convient de s’assurer que les résidus de betterave employés ne proviennent pas d’une culture sur laquelle a été épandue des produits chimiques. Il en est de même avec la cendre de bois, pouvant être un composé d’engrais organiques naturels si le bois n’a pas été traité à l’origine. La mention “engrais naturel” est donc dans certains cas insuffisante pour considérer l’engrais employé comme étant 100 % biologique. En cas de carence spécifique, il est possible de procéder à une fertilisation de correction, en apportant les engrais adaptés. Il est conseillé d’entretenir son sol avec des apports adaptés, ajustés en fonction du taux de matière organique souhaité.
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