Vous souhaitez produire vos propres légumes pour consommer plus sain, local et avec du goût ? C’est possible en cultivant votre potager. Mais comment placer vos légumes ? À quelle période les planter ? Le jardinage est, en effet, une activité qui nécessite dextérité et patience. Pour commencer à créer son potager, il est indispensable de déterminer le bon moment pour le faire. L’erreur des jardiniers débutants et notamment de ceux qui créent leur premier potager est de semer et/ou planter trop tôt ou trop tard. Si vous plantez trop tôt, certaines plantes ne résisteront pas au gel et des températures basses. Les plantes comme les tomates, par exemple, pourraient mourir ou végéter. De plus, elles pourraient se faire concurrencer par les mauvaises herbes qui s’affirment comme étant véritablement tenaces. Un semis trop précoce pourrait engendrer une contamination du sol car les graines mettent plus de temps à germer. Si vous semez trop tard, vous encourez aussi des risques. Vos semis seront, en effet, exposés à des conditions climatiques difficiles pour leur croissance. Pour éviter de semer trop tôt ou bien trop tard, nous vous conseillons de suivre le calendrier de semis. Les dates varient en fonction des variétés de semis et de plantations que vous souhaitez cultiver mais aussi en fonction du climat de votre pays ou région.

Les fondamentaux de l'aménagement de votre potager
Pour faire son potager, il faut aussi définir un espace dédié et y consacrer une surface dans votre jardin. Il faut bien entendu déterminer cet espace en fonction de la place disponible mais aussi des besoins des légumes et du temps que vous passez dans votre jardin. Pour bien débuter dans le jardinage et créer facilement son potager, nous vous conseillons de commencer petit. Peu importe la forme de mon premier potager, il faut éviter qu’il ne dépasse une superficie de 10m². Lorsque vous avez déterminé la bonne surface pour créer un potager, il vous sera demandé de choisir son bon emplacement. Votre premier potager doit, en effet, recevoir le meilleur ensoleillement possible. Comme vous le savez certainement, la plupart des légumes doivent être exposés au soleil durant de longues heures pour leur croissance.
Choisissez un lieu à l’abri du vent et qui bénéficie de plusieurs heures d’ensoleillement par jour. Pensez à placer votre potager proche des arrivées d’eau pour faciliter l’arrosage. Ensuite définissez la surface que vous souhaitez cultiver. Gardez en mémoire qu’une grande surface nécessite du temps d’entretien, préférez donc commencer petit et agrandissez la surface cultivée au fil des années. Dresser la liste des plantes que vous souhaitez faire pousser. Faites un plan très sommaire de votre potager, dessinez des rectangles pour matérialiser chaque parcelle ou des carrés si vous faites des carrés potagers. Sur ce plan, gardez bien en tête les parties les plus ensoleillées et les parties ombragées. Si vous avez déjà réalisé un potager l’année dernière n’oubliez pas de faire tourner les cultures afin d’éviter les maladies et de permettre à la terre de se reposer.
La prise en compte de l’ensoleillement fait partie des éléments très importants pour la réussite de votre potager. Les plantes ont des besoins différents, la tomate par exemple, aura besoin de plus de soleil que le radis pour se développer. Avant de planter vos légumes et aromates, repérez les endroits plus ou moins bien exposés dans l’espace réservé à la culture sur une journée complète. Pour cela, considérez une journée avec un grand soleil sans nuage. Si dans ces conditions, l’espace bénéficie de 6 à 8 heures de soleil direct, on dira qu’il est ensoleillé. Si ce n’est que 4 à 5 heures, il sera à la mi-ombre. La plupart des légumes fruits (tomate, aubergine, courge, poivron) ont besoin d’un espace ensoleillé pour se développer, réservez donc l’espace où il y a le plus de soleil. A l’inverse, les légumes racines (radis, navets, panais) et les légumes feuilles (laitues) supportent bien la mi-ombre.
Comment organiser son potager ? - Le conseil des 4 saisons
Analyse et préparation de la nature de votre sol
Il est important d'analyser votre sol avant de commencer un potager. En effet, cultiver des légumes dans une terre argileuse sera très compliqué car ils seront asphyxiés, en revanche les légumes racines s'épanouiront à merveille dans une terre sableuse et vous donneront de très belles récoltes. De plus, nous vous conseillons de tester le pH de votre sol à l'aide d'un kit "test de pH de votre terre" le pH étant également à connaître pour déterminer les cultures à mettre en place. Une terre est acide lorsque son pH est inférieur à 7, neutre si le pH est égal à 7 et calcaire lorsque le pH dépasse 7.
- Terre légère, sableuse : Il s'agit d'une terre pauvre qui s'assèche facilement à enrichir avec du compost. Ce type de sol est idéal pour cultiver les légumes racines : carottes, betteraves, céleris-raves, navets, salsifis, radis. Mais aussi pommes de terre, ail, échalote, fenouil, crosnes, mâches, asperges, haricots, pois, etc. Pour la culture de tomates un apport d'engrais riche en potasse ou du compost sera nécessaire.
- Terre acide ou humifère : De couleur noire et friable car très riche en humus. Ce type de terre conviendra parfaitement aux courges, courgettes, cornichons, melons, aubergines, poivrons, piments.
- Terre argileuse : Elle est collante et lourde, à travailler et à amender. Les légumes racines sont à éviter mais de nombreux autres s'acclimateront très bien à ce type de terre : artichauts, aubergines, poirées, chicorées, choux, tomates, rhubarbes, épinards, haricots, pois etc.
- Terre calcaire ou basique : Elle se reconnaît à sa couleur claire. Ce type de terre sera parfaite pour l'ail, les carottes, les betteraves, les radis, panais, haricots, pois, lentilles, fèves. S'il est modérément calcaire les tomates, laitues et topinambours s'y plairont également.
Avant de cultiver vos légumes, il est important de bien préparer votre terrain et en l’occurrence votre terre. Une fois le terrain mis à nu, il faut le décompacter. Cette étape est très importante. A l’aide d’une fourche-bêche, vous devez soulever la terre sans la retourner puis la déstructurer avec la griffe. La culture sur buttes pour les terres humides : si vous avez une terre humide, nous vous conseillons la culture sur buttes pour les pommes de terre, carottes etc. Façonnez des sillons surélevés de 20 à 30 cm par rapport au niveau du terrain. Larges de 40 à 50 cm, semez à chaque fois deux rangs de front. L'eau s'écoule plus facilement et les racines de vos légumes resteront saines.
Techniques de fertilisation durable : le compost
Le compost est un élément fertilisant riche en humus fait de matières végétales entièrement décomposées. On l'utilisera principalement pour la croissance des plantes. La clé d’un bon compost ? Mettre dans un coin de votre jardin ou dans un composteur des déchets végétaux à pourrir en brassant le tas pour que la décomposition soit homogène et rapide. Le composteur en bois pourvu d’une porte est le plus pratique, vous pouvez d’ailleurs le construire vous-même avec 4 palettes et du fil de fer. La méthode de compostage en tas est idéale pour les grands jardins, attention à le mettre à distance des racines d’un arbre gourmand. Le tas composé de tout type de végétaux y compris de branches doit être le plus compact possible. Remuez à la fourche aussi souvent que possible. Apportez des déchets humides (épluchures, fumier) en alternance avec des déchets secs ou durs (restes de taille, tiges sèches). A savoir que la mauvaise odeur signale un manque de brassage. Le compost est prêt 6 à 8 mois après. 1 m3 de déchets frais donne au final 150 L de compost mûr.
Dans la nature, les déchets végétaux tombent au sol et se transforment en matière organique par l’action des vers et des bactéries. Pourquoi ne pas faire la même chose au potager ? C’est le principe du compostage de surface qui consiste à étaler ses déchets organiques directement à la surface du potager pour améliorer la fertilité du sol et donc le goût de vos légumes et la productivité de votre parcelle. En plus, les déchets agissent comme paillage naturel et ce type de compostage demande très peu d’effort. Les premiers déchets à composter en surface sont les feuilles mortes qui traînent ici et là sur votre terrasse ou jardin. Vous pouvez également laisser les fanes des légumes récoltés non consommés, fleurs fanées, pied de tomate, mauvaises herbes etc. Évitez cependant d’ajouter des végétaux qui contiennent des graines, vous risqueriez d’avoir de nombreux semis spontanés.

Stratégies de plantation et gestion des espaces
Maintenant que vous savez quelles plantes produire, il est temps de bien placer les légumes sur votre plan en inscrivant leur nom et la quantité. Le choix de leurs emplacements va conditionner la réussite de votre potager. Pour cela, il est essentiel de prendre en compte les demandes spécifiques de chaque espèce (ensoleillement, espacement, demande en eau, période de plantation…) mais aussi de privilégier les associations de légumes également appelé « compagnonnage ». En effet, certains légumes s’aiment et d’autres se nuisent. Pensez également à placer les légumes qui ont besoin de plus de surveillance à proximité de votre habitation.
Une règle de base à laquelle il faut bien faire attention : si vous cultivez vos légumes et aromates dans un de nos pots en géotextile ou dans un carré potager, vous devez penser au volume de terreau ou de terre dont vos végétaux auront besoin. Pour simplifier, plus une plante est grande et produit de gros légumes, plus elle aura besoin d’espace. Un pied de tomate cerise par exemple aura besoin d’un pot minimum de 30 cm de diamètre et 30 cm de hauteur soit environ 20 litres. En dessous, la plante sera à l’étroit, la croissance sera modérée et la récolte moins importante. A l’inverse la plupart des aromates n’ont pas besoin de beaucoup de volume pour se développer.
Le potager traditionnel, quant à lui, permet de cultiver des légumes en pleine terre sous la forme de rangs bien définis. Avec cette technique, vous pouvez cultiver vos plants par famille et variété, cela permet d’augmenter votre production. Il est aussi conseillé de laisser passer les Saints de Glace (du 11 au 13 mai) pour planter les variétés frileuses. Vous pouvez également jardiner selon le calendrier lunaire. En effet, la lune influe sur les éléments de la Terre, il y a donc des périodes plus propices pour le jardinage avec les cycles de la lune (montante/descendante, croissante/décroissante) et des types de jours (jour-fleur/jour-feuille/jour-fruit) selon le parcours de la lune dans le ciel.
Entretien quotidien et gestion de l'eau
La quantité d’eau à apporter à vos végétaux dépend d’une infinité de données : température, humidité, qualité du terreau, stade de développement de la plante etc. Aussi, il est impossible de donner des indications d’arrosage précis sans ces données. Il existe en revanche une méthode redoutable pour savoir si vous devez arroser vos plantes : enfoncez un doigt dans le terreau et attendez quelques secondes. Si vous percevez une sensation d’humidité, votre plante a assez d’eau. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez arroser. Le contact avec l’eau permet aux racines de vos plantes de transporter les nutriments dont elles ont besoin pour se développer. Pour la plupart des plantes, le terreau doit toujours être humide.
Pour désherber facilement, vous pouvez placer une bâche noire opaque sur la parcelle à nettoyer. L'action de l'obscurité et de la chaleur va faire mourir les mauvaises herbes en l'espace de 2 mois. Pour les petites surfaces, vous pouvez opter pour la mise en place de morceaux de carton non imprimés et non pelliculés se chevauchant (sans adhésif ni agrafes). Pour éviter l’apparition d’insectes destructeurs, nous vous conseillons de cultiver des plantes aromatiques comme le thym, le basilic, le romarin. Elles permettront d’éloigner les mouches. Pour finir, il est important de prendre soin de vos semis et de vos plants. Pour cela, veillez à bien les arroser selon leurs besoins. Vous pouvez aussi éventuellement pailler les pieds de plantes pour réduire les arrosages en les protégeant de l’évaporation.

Calendrier et cycle des cultures
Le début de l'année est le moment parfait pour commencer à aménager son potager. Le jardin est au ralenti et la belle saison n'est plus très loin. Dès le mois de février, il est temps de commencer les premiers semis au chaud pour pouvoir déguster de délicieux légumes primeurs, dès le début du printemps. Quand le beau temps sera bien installé, il sera désormais temps d'installer les plantes potagères en pleine terre au potager, pour pouvoir les récolter en fin de printemps et en été. Hormis dans le Midi et sur le littoral, la période de production est assez brève : de mars à novembre. Vouloir se nourrir toute l’année avec ses propres légumes suppose de l’organisation et un lieu de stockage.
L’erreur la plus fréquente des premiers potagers est de semer trop dense et donc en trop grande quantité. Il vaut mieux semer peu en échelonnant les semis. Pour organiser vos semences, nous vous conseillons d’établir un schéma de votre potager. Pour les végétaux à cycle court comme les salades : semez au moins toutes les 3 semaines, les radis : tous les 15 jours, les navets : tous les mois… Profitez-en pour diversifier les variétés et surtout les adapter à chaque saison. Vous pouvez semer des aromatiques directement en place : aneth, cerfeuil, coriandre, cresson, roquette. Les légumes à semer directement en place : arroches, carottes, cerfeuil tubéreux, épinards, fèves, haricots, laitues à couper, mâche, mescluns, jeunes pousses, navets, panais, petits pois, radis, salsifis, les courges dès le mois de mai. Respectez les dates de semis, la terre doit être réchauffée et le risque de gelées écarté.
C’est important de récolter au bon moment ! De nombreux jardiniers attendent un peu trop et constatent l’impact que cela a sur le goût des légumes. Lorsqu’ils sont récoltés trop tard, les radis et la laitue deviennent amers, les courges perdent du goût, les pois ne produisent plus s'ils ne sont pas récoltés régulièrement etc. En bon observateur, vous apprendrez et déduirez vite les gestes essentiels, les bonnes pratiques, les méthodes adaptées. De même, vous saurez mettre à profit vos échecs. Au besoin, tenez un carnet de bord afin de mieux jauger vos actes et résultats. Un jardinier apprend toute sa vie et sa meilleure arme envers les aléas des cultures est son expérience.