Pailler ses cultures est devenu aujourd'hui une pratique courante, qui se retrouve aussi bien au jardin potager que dans les massifs de plantes ou encore dans les jardinières et potées de fleurs. Chacun y va de son paillis, parfois en fonction de ce qu'il a à sa disposition. Pourtant, tous les végétaux ne tolèrent pas forcément les mêmes natures de paillis. Outre les paillages organiques, de nombreux matériaux minéraux ou inertes font partie des couvertures utilisées pour empêcher le sol de rester à nu.

Les fondamentaux du paillage organique et minéral
L'avantage du paillis organique, qui est un paillis vivant, réside dans le fait qu'il constitue une source d'alimentation pour la micro-faune du sol qui va le transformer en humus nutritif permettant de fertiliser le sol. Ce n'est évidemment pas le cas des paillis minéraux composés de matières inertes telles que graviers, galets, schiste, ardoise pilée, pouzzolane, par exemple. Ils ne se décomposent pas mais ont donc l'intérêt de durer indéfiniment sans être dispersés par les oiseaux.
Les paillages organiques se montrent nombreux et variés, avec l'intérêt non seulement d'apporter de la matière nutritive au sol en se décomposant, mais en plus d'être tous renouvelables. Attention, cependant ils n'ont pas tous les mêmes propriétés, la même durée de vie, ni la même utilisation puisque selon les plantes et les cultures, vous opterez pour certains plus que d'autres.
L'écorce de pin : alliée des terres de bruyère
D'une façon générale, les écorces réduites en morceaux peuvent être issues de différentes essences d'arbres feuillus ou conifères. Elles ont une forte teneur en lignine, forcément, mais contiennent aussi des tanins, des phénols, des résines et d'autres composés qui peuvent se montrer nuisibles pour les végétaux, alors que ce sont elles qui protègent ces écorces de la décomposition par les insectes et champignons.
Le paillis d'écorces de pin issu généralement du pin maritime (Pinus pinaster) dure longtemps, jusqu'à 15 ans parfois. Comme en plus elles résistent aux piétinements si vous mettez une épaisseur suffisante, vous aurez des passages sans herbes indésirables, non boueux en cas de pluie et plutôt esthétiques.
Ces écorces de pin trouvent leur utilisation idéale pour pailler les plantes dites de terre de bruyère comme les camélia, azalée, rhododendron, hortensia ou érable du Japon, par exemple. Ces plantes apprécient une couverture d'écorce de pin, notamment car le terrain se trouve être à tendance acide. En ce qui concerne le calibre, plus les végétaux seront volumineux, plus les gros calibres seront adaptés et inversement, pour les potées de balcon, les petits calibres feront l'affaire.
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La sciure de bois : un sous-produit valorisé
L’utilisation de la sciure de bois au jardin s’inscrit dans une démarche de jardinage naturel et durable. Ce sous-produit du travail du bois, autrefois considéré comme un simple déchet, révèle des propriétés exceptionnelles pour améliorer la santé et la productivité de votre jardin. La sciure de bois pour le jardin présente l’avantage d’être souvent gratuite ou peu coûteuse, disponible localement auprès des scieries et menuiseries. En valorisant ce matériau, vous participez à l’économie circulaire tout en bénéficiant d’un amendement de qualité pour votre jardin. La sciure constitue une ressource renouvelable qui enrichit progressivement votre sol sans recourir aux produits chimiques.
Protection et régulation thermique
L’usage principal de la sciure de bois au jardin consiste en un paillage protecteur. Étalée en couche de 5 à 10 centimètres, la sciure de bois crée une barrière naturelle entre le sol et l’atmosphère. Cette couverture limite drastiquement l’évaporation de l’eau, réduisant vos besoins en arrosage de 40 à 60% durant les périodes chaudes. En hiver, elle isole le sol et protège les racines des gelées intenses. Cette régulation thermique favorise l’activité biologique essentielle à la fertilité de votre jardin.
Amélioration de la structure du sol
L’utilisation de sciure de bois au jardin améliore remarquablement les sols lourds et argileux. Mélangée à la terre, la sciure allège et aère le sol, facilitant la pénétration des racines, de l’eau et de l’oxygène. Pour les sols sablonneux, la sciure de bois au jardin augmente la capacité de rétention d’eau et enrichit la teneur en matière organique.
Utilisation des copeaux de bois : diversité et performance
Le choix des copeaux de bois dépend des objectifs recherchés et des caractéristiques du terrain. Les copeaux issus de châtaignier, chêne ou frêne présentent une longévité remarquable. Le paillage en copeaux de bois de châtaignier conserve ses propriétés pendant 4 à 5 ans. Les copeaux de bois blanc, issus du broyage de bouleau, tremble et peuplier, offrent une durée de vie plus courte de 1 à 3 ans.
Le bois raméal fragmenté (BRF) représente la forme la plus nutritive du paillage en copeaux de bois. Ce matériau provient exclusivement de jeunes rameaux feuillus de moins de 7 centimètres de diamètre, broyés avec leurs feuilles et bourgeons vivants. Le BRF stimule intensément la vie microbienne du sol grâce à sa richesse en nutriments.

La gestion de la faim d’azote : un point de vigilance
La décomposition des copeaux de bois consomme temporairement l’azote du sol, phénomène appelé « faim d’azote ». Ce processus peut limiter la croissance des jeunes plants durant les premières semaines. Cette faim d’azote reste superficielle et n’affecte que les premiers centimètres du sol. Pour éviter ce problème au jardin, plusieurs solutions existent :
- Compostez la sciure de bois pendant 6 à 12 mois avant utilisation.
- Mélangez la sciure fraîche avec des matières riches en azote comme la tonte de gazon, le fumier décomposé ou le compost mûr (ratio 2:1).
- Apportez un engrais azoté organique (sang séché, corne broyée) lors de l’application de sciure fraîche au jardin.
Stratégies d'application et préparation du terrain
Comme pour tous les paillis, la mise en place d'un mulch d'écorce de pin ou de copeaux exige, dans un premier temps, le nettoyage de la terre. A l'aide d'une binette, vous pouvez arracher les mauvaises herbes à quelques centimètres de profondeur dans le sol. Le binage est très efficace pour éliminer les mauvaises herbes en très peu de temps.
Une épaisseur de 7 à 10 centimètres garantit une protection optimale contre l'évaporation et la prolifération des adventices. Pour les jeunes plantations, il est préférable d’appliquer une couche fine de 2 à 3 centimètres, puis de compléter progressivement. Le printemps représente la période idéale pour installer un paillage naturel en copeaux. Il faut attendre que le sol soit réchauffé et ressuyé après l’hiver. L’automne convient également pour pailler après avoir amendé le sol.
Considérations écologiques et qualité des matériaux
Pour toute utilisation de sciure de bois ou d'écorces au jardin, vérifiez impérativement qu’elle provient de bois brut non traité. La sciure issue de bois vernis, peint, traité ou aggloméré contient des produits chimiques toxiques qui contamineraient votre sol, vos cultures et l’écosystème de votre jardin. Un jardin sain nécessite des matériaux sains, et la sciure non traitée représente la seule option acceptable pour un jardinage responsable.
Concernant les écorces de pin, si vous trouvez un sac d’écorce de pin pas cher, pensez à vérifier qu’il affiche la norme AFNOR. L’idéal reste de s’en procurer près de chez soi pour éviter que ces écorces traversent la France avant d’arriver dans votre jardin, conformément au principe de permaculture : tout déchet est une ressource inexploitée.
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