Cordages, Drisses et Écoutes : Caractéristiques et Usages pour la Navigation et le Maraîchage

Il n'existe pas de cordage universel ; chaque utilisation est un cas particulier, et le choix doit se faire en fonction de l'usage que l'on veut en faire. Les techniques de fabrication ont peu évolué, en revanche, de nouvelles fibres sont apparues d'abord en course et maintenant en plaisance. Comprendre les matériaux, la fabrication et l'entretien est essentiel pour garantir la sécurité et la performance en mer, ainsi que l'efficacité dans des applications plus terrestres comme le maraîchage.

Schéma des différents types de cordages marins (toronné, tresse creuse, âme tressée, âme parallèle)

Comprendre les Matériaux des Cordages

En théorie, pour la fabrication des cordages, deux matériaux sont principalement employés : le polyester et le Dyneema. En pratique, ces appellations peuvent prendre des noms différents suivant les fabricants et peuvent donc correspondre à des produits identiques, certains utilisant le nom du matériau et d'autres le nom commercial. Pour l'utilisateur, l'important à connaître sont l'allongement à la rupture, la résistance aux U.V. et celle à l'abrasion.

Le Polyester

Le polyester est la fibre la plus utilisée dans la fabrication de cordages marins. On la connaît aussi sous le nom de Tergal ou de Dacron. Sa grande adaptabilité au milieu marin, son allongement modéré en sont les principaux avantages. En effet, la fibre polyester a la particularité de sécher rapidement et de tolérer une exposition prolongée aux UV. Même après un trempage prolongé dans l'eau de mer, le polyester conservera sa souplesse. Également résistant à l'eau, au ragage et aux ultraviolets, le polyester est aussi modérément élastique. Une version "haute ténacité" limite fortement son élasticité et autorise préférentiellement son utilisation sur les drisses et écoutes. Le large éventail des caractéristiques du polyester permettent son emploi en cordage toronné ou en tresses pour des amarres. Au sein d'un cordage composite, une âme en polyester offre une élasticité limitée qui conviendra très bien aux écoutes ou aux drisses d'un croiseur familial. Les cordages polyester sont adaptés aux bateaux de croisière équipés de palans de grand-voile manipulés à la main et de génois à fort recouvrement. Ils conservent leur flexibilité, même lorsque la traction est importante. Les cordages à base de polyester résistent mieux aux UV et atteignent généralement la fin de leur durée de service avant que les rayons UV puissent altérer leur résistance à la traction.

Le Dyneema (Polyéthylène Haute Modul)

Le Dyneema, également connu sous le nom de polyéthylène à haut module (HMPE), est un matériau aux propriétés exceptionnelles. Son extrême légèreté, son faible coefficient d'allongement, sa grande résistance à la rupture en font la fibre idéale pour la confection de cordages hautes-performances. Il présente également une bonne tenue aux rayons UV ainsi qu'à la fatigue (flexion contre flexion). Les régatiers ont de plus en plus tendance à se tourner vers des drisses réalisées en produit exotique tel que le Dyneema. À titre indicatif, une drisse réalisée avec une gaine extérieure tressée de 24 fuseaux polyester sur une âme parallèle en Dyneema HMPE pour un diamètre de 10 mm a une charge de rupture de 4500 kg et un allongement de moins de 1%. C'est, à diamètre égal, deux fois plus résistante qu'une âme parallèle polyester avec un allongement 4 fois moindre. Reste le prix, il est au minimum trois fois supérieur. La solution à résistance égale est de prendre un diamètre inférieur, par exemple du 6 mm (rupture 1800 kg) 50% moins onéreuse. Cette solution permet d'avoir des performances supérieures en allongement et en poids (seulement 26 g/m). Le seul point à vérifier est la compatibilité au niveau des réas et des bloqueurs. Pour éviter l'usure au niveau de ceux-ci, on peut surgainer le cordage.

Le Dyneema est parfait pour les drisses et écoutes, les formes les plus évoluées comme le Dyneema DM20, au fluage archi faible, permettent la réalisation de gréement dormant à un tarif acceptable et une durabilité assez élevée. Le Dyneema et le Spectra sont tous deux conçus à partir de polyéthylène "haut module", mais le Dyneema a une structure moléculaire légèrement différente, ainsi qu'une charge de rupture plus élevée pour les diamètres les plus importants. C'est la société DSM qui a inventé la fibre synthétique Dyneema®. Ce matériau a des caractéristiques légèrement meilleures en matière d'usure sur les parties les plus sollicitées et il est bien plus souple que le Spectra 1000. Le Spectra est une fibre résistante et durable, produite par le fabricant Honeywell. Il s'agit de la fibre la plus résistante. Le seul désavantage des cordages en Spectra est le fluage, c'est-à-dire le fait que le cordage s'étire graduellement lorsqu'il est en tension constante, sans revenir à sa dimension initiale. C'est une déformation durable.

Le Dyneema, lorsque les efforts de traction appliqués dépassent sa classe d'emploi, ne casse pas, mais, plus insidieusement, flue et ne reprend plus sa forme initiale. Mais pour faire fluer une drisse, déjà surdimensionnée, en usage de croisière, le risque est faible.

Le Polyamide

Fibre élastique, les câbles (toronnés) en polyamide supportent un allongement de plus de 20 % qui les rend parfaitement adaptés à la confection d'amarres. Ils brûlent en dégageant une fumée blanche. La plupart des amarres disponibles sont réalisées dans cette matière et sont constituées de 3 ou 8 torons. Elles garantissent ainsi une excellente résistance au ragage pour une durée de vie prolongée. Le polyamide est légèrement moins résistant aux UV que le polyester.

Le Polypropylène

Matière légère et peu dense, le polypropylène flotte. Cette caractéristique en fait le bout idéal pour le remorquage, les bouts d'annexe ainsi que pour l'oringuage des ancres. Dans le domaine du maraîchage, on trouve des drisses en polypropylène spécifiquement conçues pour le tuteurage. Une drisse polypropylène souple, souvent de couleur kaki, est utilisée pour lier les plants et réaliser des travaux de tuteurage au jardin. Grâce à sa texture souple, elle permet de fixer les tiges sans les abîmer, tout en offrant une excellente résistance aux intempéries. C'est une solution incontournable si l'on cherche un lien et système d'attache fiable pour structurer les cultures au jardin. La conception en matière synthétique souple de cette drisse est particulièrement adaptée aux travaux de maraîchage. Contrairement aux fils trop rigides qui peuvent cisailler les tiges lors des coups de vent ou de la croissance rapide, ce cordage accompagne le développement des plants en douceur. De plus, sa couleur kaki assure une discrétion totale dans la végétation, se fondant visuellement avec le feuillage.

Tableau des principales caractéristiques des fibres de cordage (Polyester, Dyneema, Polyamide, Polypropylène)

Autres Fibres

On trouve principalement sept matériaux retenus pour la fabrication des cordages modernes. Toutefois, les noms donnés dans les catalogues sont bien souvent des interprétations des constructeurs, souvent pour en justifier le prix. Les cordages fabriqués à partir de Vectran, d'Aramide (Kevlar) et de PBO (Cylon) sont particulièrement sensibles aux rayons UV.

Les Techniques de Fabrication des Cordages

Il existe quatre techniques de fabrication pour les cordages : ils peuvent être toronnés, à tresse creuse, à âme tressée ou à âme parallèle. Chaque technique confère au cordage des propriétés spécifiques, adaptées à des usages particuliers.

Cordage Toronné (Hélicoïdal)

Le cordage toronné est le plus ancien. Il est fabriqué en retordant ensemble deux torons ou plus. Il est principalement utilisé pour l'amarrage et le mouillage. Ce type de cordage a une charge de rupture plus faible que les cordages tressés, mais des capacités d'élongation ou d'élasticité plus importantes. Ils sont donc surtout utilisés pour les amarres, les lignes de mouillage et les pare-battages. Les cordages toronnés peuvent se dérouler sous la charge. Des coques se forment, ils perdent leur forme et leur résistance. Pour éviter cela, il est recommandé de les laisser régulièrement à la traîne derrière son bateau. De plus, lorsque vous les lovez, vous ne devez jamais les vriller ou les "forcer" dans une position. Son point fort est qu'il est facile à épisser ; son point faible est qu'il peut former des cloques.

Tresse Creuse

La tresse creuse est constituée d'une simple tresse 16 ou 24 fuseaux polypropylène ou polyester. Cette technique permet d'obtenir un cordage léger mais qui a ses limites. Il ne peut pas être utilisé sur un winch, un bloqueur ou un coinceur. Ses principales utilisations sont comme gaine de protection ou comme écoute, dans le petit temps, sur les bateaux de régate où la recherche de poids minimum s'impose. Ces cordages n'ont pas d'âme, c'est le tressage qui assure leur résistance. Son point fort est sa légèreté, son point faible une utilisation limitée. Il est réservé pour des manœuvres de tout petit temps (écoute sur bateau de régate) ou pour surgainer un cordage.

Cordage à Âme Tressée

L'âme tressée est, comme son nom l'indique, un cordage constitué d'une âme tressée qui est la partie active. Ce tressage fait appel à des groupes de torons (8 à 24) appelés fuseaux. Pour les protéger, la tresse extérieure est constituée d'un nombre important de fuseaux qui peut atteindre 32. Il est bien adapté aux drisses et aux écoutes. Son point fort est qu'il est facile à épisser ; son point faible est un allongement suivant le matériau utilisé.

Cordage à Âme Parallèle

Cette technique ne fait pas appel au tressage pour la partie active. L'âme est simplement constituée de fibres parallèles recouvertes de deux gaines, l'une de compactage pour retenir les fibres, recouverte d'une autre gaine extérieure de protection. Cette fabrication permet d'obtenir un cordage avec un allongement minimum. Ce procédé est communément utilisé pour fabriquer les cordages en polyester. Son point fort est son allongement minimum, bien adapté pour les drisses. Son point faible est que les épissures ne sont pas évidentes.

Infographie illustrant les différences entre cordage toronné, tresse creuse, âme tressée et âme parallèle

Cordage à Double Tresse

Dans les cordages à double tresse, l'âme et la gaine supportent toutes deux la charge et contribuent à la stabilité de l'ensemble. L'âme et la gaine peuvent être constituées de matériaux différents. Pour les drisses, on utilise souvent une âme en Dyneema ou en polyester.

Tresses Simples et Tresses Carrées

Les tresses simples sont fabriquées en entrecroisant les fuseaux pour former un cylindre. Les tresses carrées comportent 8 fuseaux et sont particulièrement durables, avec une excellente prise en main. Elles sont également faciles à épisser et relativement bon marché. À la différence des cordages toronnés, elles ont une bonne élasticité et demeurent souples dans le temps.

Choisir son Cordage Marin : Drisses, Écoutes et Amarres

Un cordage ne s'achète pas en fonction de son prix mais en fonction de l'utilisation que l'on veut en faire. Choisir le bon cordage, c'est avant tout comprendre l'usage que l'on va en faire. Chaque matériau, chaque type de fabrication, chaque construction répond à un besoin spécifique, que ce soit en termes de résistance, d'allongement ou de tenue dans le temps. La stabilité constitue un critère déterminant. Un cordage travaillant à 25 % de sa résistance-rupture aura moins d'allongement que s'il travaillait à 50 %. Moins il travaillera et plus il sera statique.

Les Drisses : Hisser les Voiles

Les drisses font partie du gréement courant d'un bateau. La qualité première que l'on demande à une drisse est d'avoir un allongement minimum. Pour une drisse, la gaine aura son importance pour la tenue dans les bloqueurs. L'allongement doit être aussi limité que possible. La drisse doit avoir une bonne flexibilité et une bonne accroche, sur le winch ou en main. Elle ne doit pas coquer. Les charges de rupture et de travail doivent être élevées, et le poids du cordage et son diamètre doivent être faibles. Les régatiers accordent beaucoup d'importance au poids des drisses.

Sur les bateaux de croisière, on est moins exigeant que sur les bateaux de régate, cependant il existe des produits mieux adaptés que d'autres. Sur les bateaux de croisière, le cordage le mieux adapté est une construction réalisée avec une âme en fibres parallèles polyester, recouverte d'une gaine tressée polyester. La résistance d'un tel assemblage est élevée (diamètre 10 mm rupture 1950 kg) pour un allongement qui reste de l'ordre de 4% à la charge de travail.

Pour les régatiers, les drisses en Dyneema sont privilégiées. Elles s'allongent bien moins que le polyester et sont plus légères. Avec cette méthode de fabrication, les fibres de l'âme sont parallèles à la gaine, ce qui limite l'allongement du cordage. Pour les drisses, on utilise souvent une âme en Dyneema ou en polyester. Il s'agit de drisses comportant une gaine interface de fibres discontinues entre l'âme centrale et la gaine. Le diamètre de l'âme est moindre et les drisses coulissent mieux dans les bloqueurs.

L'âme en Dyneema, partie centrale du cordage, est soumise aux charges les plus importantes. L'utilisation du Dyneema (un polyéthylène à haut module de poids moléculaire très élevé) pour cette âme confère au cordage des avantages déterminants : un faible allongement, une haute résistance à la rupture et une légèreté. Un faible allongement garantit un réglage précis et stable des voiles, optimisant ainsi la performance du bateau, notamment au près. Un faible allongement réduit également le pompage de la voile dans les risées. La haute résistance à la rupture permet d'utiliser des diamètres de cordage plus faibles pour une résistance équivalente, réduisant le poids dans le gréement (essentiel en tête de mât pour la stabilité) et l'encombrement dans le cockpit. Un cordage plus léger facilite les manœuvres et peut améliorer la réactivité du bateau. Pour les drisses de spi par exemple, un cordage léger permet à la voile de monter plus vite et de mieux voler. Le Dyneema conserve de bonnes propriétés face aux agressions de l'environnement marin, bien que principalement protégée par la gaine.

La gaine externe a pour rôle principal de protéger l'âme des agressions extérieures et d'assurer une bonne prise en main ainsi qu'un bon fonctionnement dans les bloqueurs et les winches. Le polyester et le polyamide sont les matériaux les plus couramment utilisés pour cette application. La gaine est la première ligne de défense contre l'usure causée par le frottement sur le pont, dans les poulies, les réas, les bloqueurs et les winches. Le polyester et le polyamide offrent une bonne résistance à l'abrasion, prolongeant la durée de vie de l'âme. La texture et la composition de la gaine influencent directement la capacité du cordage à être bloqué efficacement sans glisser et à bien adhérer sur les winches. Les gaines en polyester sont généralement appréciées pour leur bon grip. Le polyester présente une excellente résistance aux rayons ultraviolets, contribuant à la longévité globale du cordage exposé au soleil. Le polyamide est légèrement moins résistant aux UV que le polyester. La gaine apporte un certain confort lors des manipulations. Le polyamide est réputé pour sa souplesse, ce qui peut être agréable, bien qu'un excès de souplesse ne soit pas toujours idéal pour la tenue dans les bloqueurs. Le polyester offre un bon compromis. Le polyester absorbe très peu l'eau, ce qui évite au cordage de s'alourdir significativement lorsqu'il est mouillé et de perdre en souplesse. Le polyamide a tendance à absorber davantage l'eau, ce qui le rend moins adapté aux applications nécessitant de conserver un poids minimal et une souplesse constante (comme les drisses).

Un minimum de 3 drisses est indispensable à bord d'un voilier, chacune étant affectée à une voile en particulier. La couleur du cordage n'est pas seulement un critère esthétique. Elle est importante pour le repérage des drisses au pied du mât. Pour déterminer la bonne longueur d'une drisse, le plus sûr est de mesurer celle de votre cordage actuel si celui-ci vous convenait. N'hésitez pas à prendre quelques mètres en plus, cela vous permettra éventuellement de les couper périodiquement de quelques centimètres pour déplacer les points de ragages. Nous recommandons généralement d'acheter une longueur légèrement supérieure.

Les Écoutes : Régler les Voiles

Pas de différence fondamentale entre une écoute et une drisse en termes de matériaux, qui sont identiques : polyester et fibres exotiques. La différence est au niveau de la fabrication. Une écoute doit avoir une bonne tenue en main et sur un winch et être relativement souple. Quant à l'allongement, il est moins critique que sur une drisse. Pour concilier tous ces points, la gaine extérieure tressée est bien souvent discontinue (aspect cotonneux) et l'âme câblée ou tressée.

Si on recherche du haut de gamme spécifique écoute, on peut s'orienter vers une réalisation avec une âme câblée en polyester recouverte d'une gaine extérieure tressée en polyester discontinue (touché coton). L'allongement est de l'ordre de 6% pour une charge de rupture de 2550 kg (diamètre 10 mm). Plus technique, vous en trouverez à âme tressée Dyneema recouverte d'une gaine tressée en polypropylène. Pour un diamètre de 10 mm, vous n'avez que 1% maximum d'allongement pour une charge de rupture de 3500 kg. Pour la voile légère, on peut prendre une monotresse constituée d'un mélange de Dyneema et de polyester.

Les écoutes qui sont manipulées à la main doivent permettre une bonne prise, être souples et adhérentes. Il ne faut pas qu'elles s'emmêlent lorsqu'elles sont choquées. Il est important que les écoutes de génois soient compatibles avec les winches : les manœuvres sont en effet d'autant plus rapides qu'il faut placer un minimum de tours sur la poupée. Il est préférable que le bout ne s'enroule pas sur lui-même au moment d'embraquer, ce qui est justement le cas lorsque l'écoute est bien dimensionnée pour le winch. Lors des virements de bord, il doit être facile de choquer.

Le matériau des écoutes ou de leur gaine doit généralement résister au ragage, puisque les écoutes sont fréquemment déplacées et frottent dans les réas, les poulies, les winches et les taquets, ce qui entraîne leur usure. Ce matériau doit également résister aux UV, afin de ne pas durcir ni se détériorer. Enfin, les écoutes doivent supporter une charge de travail élevée, tout en étant légères et de faible diamètre. Sur les bateaux de croisière, le diamètre des écoutes dépend largement de leur manipulation et non de leur charge de rupture. Pour un bateau de 10 m, il faut en général choisir des écoutes de 10 mm de diamètre. Quelques centimètres d'allongement suffisent, surtout avec une voile à membrane, pour altérer la performance du bateau. L'idéal est alors d'utiliser une écoute en Dyneema.

Pour la croisière, on s'oriente souvent vers un cordage mixte qui peut tout aussi bien convenir pour les drisses que pour les écoutes. L'avantage est de n'avoir qu'un seul produit pour les deux usages. Dans ce domaine, on trouve des cordages avec double tresses tout polyester, avec des âmes parallèles en polypropylène recouvertes d'une gaine tressée en polypropylène. On peut estimer qu'un cordage mixte (écoute/drisse) réalisé avec une gaine extérieure polyester et une âme trois torons polyester, a un allongement maximum de 10% à 50% de la charge de rupture. Il offre les avantages d'avoir une bonne tenue sur les bloqueurs et coinceurs et est facile à épisser. Le même cordage polyester avec cette fois une âme parallèle a un allongement moindre de 6% mais l'épissure est plus technique.

Quels sont les types de cordages ?

Les Amarres : Sécuriser le Bateau

Les amarres doivent répondre à des exigences largement différentes de celles des drisses ou des écoutes. Un mouillage réussi, c'est l'assurance de garder votre bateau en sécurité durant tout l'hivernage. Bien amarré, votre bateau pourra faire face aux aléas du temps et aux mouvements de la mer. Les cordages à utiliser dans ce cas doivent répondre à différents critères, comme la résistance et l'allongement. Le choix d'amarres solides, qui endurent le sel et les rayons UV tout en limitant les chocs au port, vous permettra de préserver la coque de votre bateau durant les mois d'hiver ou lorsque vous ne naviguez pas.

Pour cela, rien de plus efficace que le polyamide. La plupart des amarres disponibles sont réalisées dans cette matière et sont constituées de 3 ou 8 torons. Nos amarres garantissent ainsi une excellente résistance au ragage pour une durée de vie prolongée. Des amarres en polyester sont également proposées à la vente, même si le polyester est souvent préféré pour les drisses.

Il n'est pas sérieux, voire dangereux, de voir des bateaux amarrés avec d'anciennes drisses ou avec des écoutes réalisées avec des cordages toronnés.

Filières : Pour la Sécurité à Bord

Obligatoires sur les bateaux pour des raisons de sécurité évidentes, les filières permettent aussi de guider vos déplacements à bord. Ce système de garde-corps se compose de fils textiles souples, ou d'un câble inox, auxquels vous pouvez ajouter un filet de filière pour toujours plus de sécurité, notamment lors de la présence d'enfants ou d'animaux de compagnie à bord. Du fait qu'elle ceinture le pont de votre voilier ou d'un bateau moteur, la filière se vend généralement au mètre plutôt qu'en bobines. Elles préviennent d'une chute accidentelle d'un membre d'équipage à la mer, leur installation est assurée par des chandeliers, embases pour chandeliers, ridoirs et embouts de filière.

Garcettes : Cordages à Tout Faire

La garcette est l'un des plus petits bouts qu'on peut trouver à bord d'un voilier. Si on remonte aux origines de la voile, la garcette est issue d'une chute de cordage marin usagé qu'on réutilise aussi bien pour l'arrimage d'objets que pour du matelotage. Le secret de la garcette réside dans sa facilité de prise en main, servant de cordage à tout faire en navigation. En mer, rien ne se perd tout se transforme. Au fil du temps, la garcette est devenue un produit à part entière disponible dans de nombreuses versions sur le marché. Les garcettes se déclinent à l'infini pour un usage en fonction de l'utilisation souhaitée. On la retrouve aujourd'hui aussi bien sur les voiliers de plusieurs mètres, que sur les plus petites embarcations à moteur. Et pour cause, la garcette sert à toutes sortes d'opérations à bord, du transfilage à l'arrimage en passant par la réparation d'une voile. Les garcettes pour voiliers servent à de nombreuses manipulations, comme le stockage d'une voile roulée dans le sens de la longueur par exemple. Ce système permet aussi l'envoi et l'affalage des voiles volumineuses avec une grande facilité. Un emmagasineur vous aidera enfin à rouler ou dérouler une voile une fois hissée. En revanche, il ne permet pas de réduire la voile en navigation. Enfin, le choix de votre emmagasineur devra se faire en fonction du type de voile, de sa superficie et du grammage de son tissu.

Entretien et Durabilité des Cordages

Les cordages sont plus ou moins sensibles aux rayons U.V., mais aucun n'est insensible. La durée de vie d'un cordage dépend de nombreux facteurs, incluant l'intensité de son utilisation, les conditions environnementales (exposition aux UV, au sel, à l'humidité) et l'entretien qui lui est apporté. Les rayons UV se réfléchissent sur l'eau et altèrent les couleurs des cordages, ainsi que, progressivement, leur résistance. La gaine devient néanmoins friable et dure à cause de la lumière, et sa couleur tourne au grisâtre. Ces bouts ont une durée de vie très longue, mais qui dépend tout de même de l'exposition au soleil, de l'utilisation (miles parcourus par saison), de la qualité des winches.

Nettoyage des Cordages

Pour l'hivernage, il est conseillé de retirer ceux qui peuvent l'être, par exemple, les écoutes, hale-bas, palans, etc. Mais avant de les ranger dans un endroit sec, il faut les rincer abondamment à l'eau douce. Pendant la saison, si vous avez également l'occasion d'avoir de l'eau douce, n'hésitez pas à les rincer pour ôter le sel. Pour les drisses, c'est plus délicat car, généralement, elles restent à poste. Mais cela n'empêche pas de les rincer.

Une usure interne peut résulter de la pénétration de poussière ou de sable à l'intérieur des cordages. On peut s'en apercevoir à des torons plus lâches et à une abrasion poudreuse des fibres. Il est généralement possible de laver les cordages à la machine. N'utilisez qu'une petite quantité de lessive, de préférence une lessive spéciale pour les textiles fonctionnels, et ne poussez pas la température de la machine au-delà de 30°C. Nous vous recommandons de mettre vos cordages dans une taie d'oreiller ou un contenant similaire afin qu'ils ne s'emmêlent pas, ou pas trop, pendant le cycle.

Les cordages en Dyneema ne doivent pas être lavés en machine, car ils sont souvent fabriqués avec une enduction spéciale, par exemple pour améliorer l'adhérence entre la gaine et l'âme. Nettoyez les cordages Dyneema, si nécessaire, à la main avec de l'eau tiède et un détergent doux.

Il ne faut pas rincer les cordages dans une machine à laver, cela leur donne peut-être un bel aspect mais cela a l'inconvénient de casser les fibres.

Inspection et Réparation

Une inspection régulière des différents cordages permet de déceler les problèmes, par exemple, une gaine extérieure abîmée due peut-être à un réa ou une poulie défectueuse. Un conseil n'hésitez pas à retourner les drisses et les écoutes, cela évite que ce soit toujours les mêmes zones qui frottent sur les réas et les poulies. Le budget cordage sur un voilier n'est pas négligeable d'où l'importance de les entretenir, mais ils restent toutefois un produit consommable que l'on est amené à changer.

Pendant la saison, vous devez vérifier régulièrement l'état de vos cordages, en particulier du gréement courant, et vous assurer de l'absence de détérioration. Le mieux est d'inspecter vos bouts tous les 30 cm. Une attention spéciale doit être accordée aux épissures et aux cosses. Si vous hivernez votre bateau en extérieur, il est recommandé de retirer les drisses en Dyneema du mât, ainsi que les bouts de manœuvre et les prises.

Évitez d'exposer les cordages à des émanations chimiques ou toxiques/corrosives. Les zones détériorées peuvent être temporairement protégées avec de l'adhésif étanche pour empêcher la gaine de s'effilocher. Si l'âme n'a pas été touchée et que seule la gaine est abîmée, ce qui arrive souvent au niveau des bloqueurs, vous pouvez vous contenter de demander à votre gréeur de remplacer la gaine. Ainsi, vous n'aurez pas à acheter une drisse complètement neuve. Un gréeur peut également réajuster des cosses desserrées dans une épissure. Si seule une partie du cordage est détériorée, cette partie peut être coupée et les deux extrémités du cordage reliés entre eux par une épissure bout à bout. Néanmoins, si le cordage s'est rompu à cause d'une tension excessive, vous devez cesser de l'utiliser. Nous recommandons également de remplacer le cordage aussi vite que possible si les brins se cassent facilement.

Charge de Travail et Allongement

La charge de travail correspond à la charge moyenne appliquée à un cordage lors de son utilisation. Afin de tirer au mieux partie de la durabilité et des performances de vos cordages, leur charge de travail ne doit normalement pas excéder 1/5 de leur charge de rupture. La charge de travail peut être calculée en sélectionnant votre bateau et en renseignant la vitesse du vent en nœuds.

L'allongement doit être le second critère d'importance intervenant dans le choix de vos drisses ou écoutes. Celles-ci doivent être statiques au maximum afin d'assurer une meilleure transmission de l'énergie emmagasinée. Pour les drisses et écoutes, il est essentiel d'éviter les surtensions excessives. Un réglage de voile ne nécessite généralement pas d'étarquer le cordage à sa limite. L'utilisation de winches démultipliés peut facilement conduire à des tensions excessives si l'on n'y prend garde.

Tension des Drisses au Port

Pour l'hivernage, il ne faut pas laisser les drisses sous tension. Une légère tension peut empêcher la drisse de battre contre le mât par vent faible, un phénomène bruyant et potentiellement dommageable pour le mât et le cordage (usure par frottement). Pour les voiles sur emmagasineur ou enrouleur, maintenir une légère tension sur la drisse peut aider à conserver un guindant droit et à faciliter les manœuvres d'enroulement/déroulement.

Cependant, laisser une drisse fortement étarquée en permanence au port est fortement déconseillé. Cela maintient l'âme en Dyneema sous une charge constante, favorisant le phénomène de fluage (allongement permanent). De plus, cela sollicite inutilement les réas en tête de mât et les bloqueurs, augmentant leur usure. Sur les voiliers équipés, une drisse trop tendue peut également mettre sous contrainte excessive le mât et ses appendices. En règle générale, il est préférable de choquer légèrement les drisses au port pour les libérer de la tension de navigation. Une légère tension juste suffisante pour éviter le battement est acceptable, mais toute tension significative doit être relâchée. Certains plaisanciers préfèrent même ramener les drisses sur le pont et les fixer pour les éloigner complètement du mât et réduire l'exposition aux UV.

Impact des Nœuds et Épissures

Un nœud réduit la charge de rupture d'un cordage de 40-90%, une épissure de seulement 10%. Certaines épissures modernes n'ont aucun impact sur la charge de rupture. L'affaiblissement de la charge de rupture par un nœud dépend du matériau et du diamètre du cordage. L'âme et la gaine des cordages polyester se répartissent les charges de rupture, les nœuds les affaiblissent donc moins. Avec les cordages en Dyneema, la majeure partie de la charge est assumée par l'âme. L'âme d'un cordage en Dyneema est très lisse, elle peut glisser dans le nœud, ce qui fait passer la tension sur la gaine, réduisant ainsi, parfois radicalement, la charge de rupture. Dans le pire des cas, la drisse se déchire. Un nœud de chaise sur un cordage en Dyneema réduit la charge de rupture d'environ 50%. Un nœud plat ou un nœud d'écoute, de presque 90%.

Cordage de Maraîchage : La Drisse Polypropylène

La drisse polypropylène souple, souvent de couleur kaki, est spécifiquement conçue pour lier les plants et assurer leur maintien tout au long de la croissance. Conditionnée en bobines de 100m, elle offre une autonomie importante pour de multiples usages en jardinage et maraîchage. Grâce à sa texture souple, elle permet de fixer les tiges sans les abîmer, tout en offrant une excellente résistance aux intempéries. C'est une solution incontournable si vous cherchez un lien et système d'attache fiable pour structurer vos cultures au jardin.

La conception en matière synthétique souple de cette drisse est particulièrement adaptée aux travaux de maraîchage. Contrairement aux fils trop rigides qui peuvent cisailler les tiges lors des coups de vent ou de la croissance rapide, ce cordage accompagne le développement des plants en douceur. De plus, sa couleur kaki assure une discrétion totale dans la végétation, se fondant visuellement avec le feuillage.

Sa structure tressée lui confère une robustesse supérieure face à la tension et à l'usure, rendant ce fil idéal pour réaliser des nœuds solides lors du tuteurage ou pour consolider diverses structures de support en extérieur. Pour éviter d'étrangler la tige lors de la croissance du végétal, il est conseillé de réaliser un nœud en forme de "huit" entre le tuteur et le plant. Cela laisse suffisamment d'espace pour que la sève circule librement tout en maintenant fermement la culture.

Image d'une drisse en polypropylène kaki utilisée pour le tuteurage de plants

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