La culture des cucurbitacées, qu'il s'agisse de courges d'hiver ou de courgettes estivales, occupe une place centrale dans le potager. Ces plantes gourmandes, dont le cycle de développement est étroitement lié aux conditions climatiques et à la gestion du sol, bénéficient grandement de techniques de paillage adaptées. Ce guide explore les itinéraires techniques, de l'implantation en plein champ jusqu'à la récolte, en mettant l'accent sur les stratégies de protection et de fertilisation.
Stratégies d'implantation et choix des supports
Nous conseillons de cultiver les courges en plein champ sur bâche (tissée ou ensilage). Cette culture est facilement conduite en MSV (Maraîchage sur Sol Vivant) et présente l’avantage d’un départ rapide sur prairie. La courge est une culture gourmande, donc, si elle ne succède pas à une prairie, elle nécessite un apport de compost végétal, de fumier animal, etc. La courge est plutôt cultivée sur bâche : sur bâche tissée, qui a l’avantage d’être perméable, ou sur bâche d’ensilage, moins chère et gardant plus de chaleur tout en maintenant le sol humide plus longtemps. Les courges supportent bien les sols un peu lourds et avec une bonne capacité de rétention en eau.

Pour les régions froides, il est recommandé d'implanter les courges le plus tôt possible, tout en évitant les dernières gelées, pour que la maturation des courges soit complète. Il est alors recommandé d’utiliser des protections. Il est possible de semer la graine de courge directement en mai lorsque le sol est réchauffé. La graine est déposée dans le trou de la bâche et enfoncée de 2-3 cm ou recouverte de compost. Cet itinéraire est plus rapide et permet une meilleure implantation, mais il est plus risqué (prédation, température trop froide, enherbement). Il est conseillé d’avoir entre 1/3 et 2/3 de la surface en plantation pour sécuriser la culture.
Le paillage : un levier essentiel pour les cucurbitacées
L'une des activités phares du jardinage est sans doute le paillage. Dans cet article, nous allons nous intéresser au paillage des courgettes ! Comment les pailler ? Quel paillis utiliser ? Quand le poser ? Est-ce que les courgettes ont besoin de paillage ? Cette question est très fréquemment posée et la réponse est oui ! Le paillis posé au pied de vos cucurbitacées permet de garder le sol frais et humide en été. La courgette est très gourmande en eau et doit être arrosée chaque jour en fin de journée en l'absence de paillage. Pour réaliser des économies d'eau tout en gardant la terre bien humide au pied de vos plants, le paillis organique est la plus efficace des solutions ! Il retient l'humidité puisqu'il limite grandement l'évaporation de l'eau. De plus, grâce à ce rempart, les légumes ne toucheront pas le sol, ce qui évite les fruits abîmés lors de la récolte.
Choix des matériaux de paillage
Pour le paillage de la courgette, il est préférable de choisir un paillage organique : fibres de chanvre, paille, bois, paillage de miscanthus, etc. Le paillage des courgettes au foin est également très efficace. Les paillettes de lin ou de chanvre favorisent particulièrement le réchauffement du sol. De plus, leur pH étant neutre, ils s'adaptent parfaitement à ce légume et n'acidifient pas la terre. En fin de culture, le lin comme le chanvre seront facilement intégrés dans le sol.
Le paillis de coco agit comme une éponge. Très épais, très dense et bourré de nutriments, le paillage de la courgette avec des éclats de coco est parfait pour cette plante très gourmande en eau. Le paillage de copeaux de bois s'avère être un excellent paillis pour les courgettes. Évitez cependant les écorces de bois résineux qui ont tendance à acidifier le sol. Si malgré cela vous souhaitez réaliser un paillis à base de résineux, comme par exemple des aiguilles de pin ou un paillage d'écorces de pin, nous vous conseillons de corriger l'acidité produite avec du compost vert.
Cultivez des courgettes facilement (étape par étape)
Installation et mise en place technique
Le paillage d'un potager est très facile à réaliser. Préparez le sol : nettoyez-le, aérez la terre et, si besoin, procédez à un nivelage. Fertilisez votre terre avec un engrais naturel si vous le souhaitez. Humidifiez correctement la terre. Répandez votre paillis de chanvre ou autre sur toute la surface où vous allez planter vos courges en veillant à laisser un espace pour les plants. Pour les courgettes, il est recommandé de former un diamètre d'environ 80 cm tout autour du pied de la plante afin que les feuilles et les légumes soient à l'abri de la terre. Réalisez une couche d'une épaisseur entre 7 et 12 cm. Après le mulching, n'oubliez pas d'arroser abondamment.
Si vous installez une toile de paillage, il est important de bien la tendre en disposant des agrafes à la verticale, afin de réduire leur prise au vent. Pour une meilleure adhésion de la toile au sol, vous devrez également faire des tranchées d'une profondeur d'au moins 15 cm dans le sol. Cela va servir à recouvrir les bords de la toile sur une vingtaine de cm. Enfouie sous la terre, la toile ne risque pas de s'envoler. Bien que l’on trouve des films plastiques de paillage pré-perforés, nous vous conseillons d'éviter la plantation de courgettes sur bâche de paillage en plastique. Cette dernière ne nourrit pas les sols et n'est pas une solution très écologique.
Gestion de l'eau et entretien des cultures
Les courges contiennent pas moins de 95% d’eau, alors évidemment cet élément va être le point-clé de leur développement tout au long de la culture. La courge n’est pas très exigeante en eau sauf au démarrage si le sol est vraiment sec. Une irrigation en période de canicule, lorsque les feuilles s’effondrent, permet d’augmenter significativement le rendement. Si votre terre n’est pas assez riche, apportez un engrais utilisable en agriculture bio (l’engrais naturel liquide spécial tomates est idéal en apport hebdomadaire) afin de favoriser la maturation des fruits.
Les courges peuvent être affectées par l'oïdium, une maladie fongique qui laisse des traces blanches sur les feuilles, et dans certains cas graves léser la plante. L'oïdium se développe plus volontiers pendant les épisodes d'humidité et de chaleur. Minimisez les risques en arrosant régulièrement vos courges et en prenant garde à ne pas arroser le feuillage. À l’implantation, attention aux rongeurs et aux limaces. Les limaces représentent un réel inconvénient pour les courgettes ; dans ce cas, le paillage peut être complété par l'utilisation d'extrait d'ail.
Processus de récolte et conservation
La récolte est finalement une étape très importante, notamment pour garantir une bonne conservation. Elle se fait manuellement, lorsque le feuillage est fané (généralement fin août - début septembre), idéalement par temps sec et ensoleillé. Le meilleur stade de récolte est lorsque le pédoncule est encore légèrement vert, les fruits d’une couleur vive et le taux de sucre au plus haut (possible d’utiliser un réfractomètre pour suivre et mesurer le brix). Une récolte trop précoce engendrera une mauvaise conservation, mais il faut récolter avant les gelées.

Pour savoir quand récolter vos courges, le plus simple est de taper doucement sur les fruits. S’ils renvoient un son creux, c’est qu’ils sont prêts à être récoltés. Utilisez des sécateurs pour couper les tiges et laissez une bonne longueur sur le fruit. Avant de stocker les citrouilles, laissez les dehors une dizaine de jours pour bien les sécher. Il est nécessaire d’avoir un déshumidificateur au début de la période de stockage, car c’est à cette période que les pédoncules rendent l’eau. Une fois cette étape terminée, stockez les courges dans un local frais et bien ventilé, à une température d’environ 7-10°C. Vérifiez régulièrement la présence de courges malades et éliminez-les. Laissez les fruits le plus longtemps possible sur la plante pour que leur goût s’épanouisse au maximum. Par temps froid, les fruits peuvent ne pas réussir à mûrir, ou tomber avant d’arriver à maturité, ce qui est souvent dû à un problème de pollinisation.