Tout savoir sur le sol, les cultures sous serre et les vivaces couvre-sol

La gestion d'un espace de jardinage, qu'il s'agisse d'une serre protégée ou d'un jardin extérieur, repose sur une compréhension fine de l'écosystème vivant qui compose le sol. Pour obtenir des récoltes abondantes et un jardin esthétique, il est essentiel d'adopter des techniques qui favorisent la biodiversité, la structure de la terre et la pérennité des plantations.

La vie du sol sous serre : un écosystème à préserver

Sans soin particulier, le sol sous votre abri pourrait s’appauvrir et surtout perdre un bon nombre de ses micro-organismes et vers de terre. Or, ces petites bêtes sont indispensables au potager. En se déplaçant, elles décompactent le terrain. En se nourrissant de la matière organique, elles la décomposent en nutriments qui deviennent ainsi assimilables par les plantes. Elles ont donc un rôle fondamental dans le maintien de la fertilité et de la structure de votre terre.

Il n’y a pas de secret, pour que les micro-organismes et les lombrics restent dans votre sol, il faut qu’ils s’y sentent bien. Commençons par le couvert ! Pour nourrir tout ce petit monde, amenez une fois par an de la matière organique. En automne ou au printemps, dès qu’une partie de votre serre se libère, déposez du fumier ou du compost. Laissez cet apport en surface puisque c’est là que vivent vos invités. Progressivement, ils vont le transformer et permettre ainsi à vos cultures de l’assimiler. Si lorsque vous voulez semer ou planter, des morceaux de fumier vous gênent, incorporez-les à la couche superficielle en restant à moins de 15 cm de profondeur.

Schéma illustrant la vie microbienne dans un sol potager sain

Quelle que soit la saison, profitez de quelques mois sans culture pour faire pousser un engrais vert. Fauchez-le avant la floraison ou dès que vous aurez besoin de l’espace. L’idéal est ensuite de le broyer (en passant la tondeuse par exemple) et de l’incorporer à votre terrain en surface. Vous pouvez aussi l’utiliser tel quel pour pailler des légumes déjà en place ou pour des zones non productives. L’engrais vert, en plus de favoriser la vie du sol, améliore sa structure, car les racines, en poussant, réduisent le tassement. C’est donc une technique à privilégier. À l’automne, préférez un mélange de céréales et de légumineuses comme le seigle associé à la vesce. La céréale travaillera le sol, tandis que la légumineuse fixera l’azote de l’air. En fin d’hiver, s’il vous reste de la place sous la serre bien occupée par les épinards, carottes ou petits poids primeurs, vous pourrez semer de la phacélie et laisser ses jolies fleurs se développer. Le printemps venu, elles attireront dans votre abri les butineurs nécessaires à la fécondation de vos légumes d’été.

Comme nous, en plus de manger, ces petites bêtes boivent. Dans la nature, pas de problème, la pluie va les hydrater régulièrement. Sous serre, un arrosage de temps en temps est donc nécessaire pour ne pas assoiffer vos hôtes. Prenez garde à ne pas le négliger l’hiver, quand aucune culture n’est en place. Tous les mois, creusez à la main un trou dans votre sol et, si l’épaisseur de la partie sèche fait plus de 3 ou 4 cm… il est grand temps de payer votre tournée ! En été, pour économiser l’eau et le temps de désherbage, on a tendance à n’irriguer que les légumes. Mais pour encourager la vie dans toute la serre, vous devrez veiller aussi à ce que les parties sans production ne soient pas trop sèches. Paillez les allées et les zones nues, enherbez-les avec des engrais verts bas (trèfle, vesce…). Pour couvrir une surface non cultivée, vous pouvez utiliser toutes sortes de matières : bois, feuilles, paille, tontes, carton, résidus de taille ou de désherbage… En plus de garder l’eau, ce paillage va nourrir les micro-organismes de votre sol. On pense à arroser les cultures sous serre… mais il faut aussi éviter le dessèchement des parties non cultivées, où les micro-organismes sont aussi présents.

Le gîte et la biodiversité : favoriser un équilibre durable

Passons maintenant au gîte ! Le maintien d’une température convenable en été comme en hiver sera très apprécié par vos invités. Une bonne aération est primordiale. Tout l’été, votre abri restera ouvert. À la mi-saison et pendant l’hiver, aérez la journée pour faire baisser le thermomètre : vos hôtes détestent les différences de température trop importantes entre la nuit et le jour. Pour les grosses chaleurs, blanchir votre serre ou utiliser des voiles d’ombrage vous fera gagner de précieux degrés.

Enfin, pour préserver un écosystème équilibré, vous devrez favoriser la biodiversité. Pour cela, l’idéal est de garder des “zones sauvages”. Ce n’est pas facile à faire lorsqu’on a une petite serre et beaucoup de légumes à y faire pousser… Mais à bien y regarder, il reste toujours un endroit où le travail du sol est plus compliqué et donc les cultures plus rares : les bords de serre. Pour cela, déposez des copeaux de bois ou du BRF en couche épaisse. Après quelques mois, ces zones grouilleront d’insectes, de micro-organismes, de lombrics, de champignons et même parfois de crapauds, grenouilles et divers reptiles. Faites-vous aider également par les plantes dites “relais” comme le souci ou le bleuet. On les appelle de cette façon, car elles offrent des refuges à certains auxiliaires pendant la saison froide. Ainsi, les maraîchers plantent de plus en plus de soucis près des bordures vers le mois de septembre. Le but ? Protéger leurs légumes d’été en hébergeant tout l’hiver une punaise prédatrice de pucerons et d’acariens. En effet, cet insecte peut se contenter de la sève du souci pour se nourrir.

C. Vous l’aurez compris, arriver à garder un sol vivant et un écosystème riche sous abri est la clé pour des récoltes abondantes sur le long terme. Alors, mieux vaut oublier le mythe d’une serre “bien propre”. Vous désherbez les bords et les allées ? Laissez donc les herbes arrachées comme paillage. De même, abandonnez-y les résidus “sains” de vos cueillettes.

Les fonctions et avantages d'une serre de jardin

Indispensable la serre de jardin ? Voyons voir : elle abrite les végétaux les plus frileux, même originaires des tropiques, elle permet des cultures bien plus longues, notamment au potager, elle autorise les semis précoces, elle protège les plants des agressions climatiques, elle accompagne un projet d’aquaponie, elle peut même recevoir un salon de jardin ou encourager des ébats aquatiques en plein hiver. Alors oui, vive la serre dans le jardin !

L’utilisation d’une serre de jardin offre de nombreux avantages. Le rayonnement solaire y est mis à contribution afin de chauffer cet espace clos, apportant une température plus douce qu’à l’extérieur aux végétaux qui y sont cultivés. Les parois, quant à elles, procurent une meilleure stabilité à cette température, que ne viennent pas déranger vents et pluies. L’humidité est maîtrisée, limitant les attaques de maladies cryptogamiques courantes chez certaines plantes. Retrouvez toutes nos serres de jardin en ligne sélectionnés par les experts Gamm vert et bénéficiez de la livraison à domicile dans toute la France métropolitaine. Les végétaux originaires de climats tropicaux bénéficieront de l’automne au printemps des conditions plus stables et plus chaudes offertes par une serre chauffée, tempérée à tropicale selon leurs besoins.

Comment CHOISIR et PRÉPARER sa SERRE ?

Sélection de cultures sous serre

Quels légumes mettre dans une serre ? Petite liste non exhaustive :

  • Les tomates : semées sous serre à l’intérieur ou sur couche chaude, elles pourront être mises en place bien avant les fatidiques Saints de glace et y resteront jusqu'au mois d’octobre voire novembre. Elles seront taillées de façon à conserver les ressources nécessaires à une production plus longue.
  • Les concombres : un arrosage automatique leur apportera la quantité d’eau, importante, dont ils ont besoin.
  • Les aubergines pourront être installées sous les légumes palissés, melon, concombre, éventuellement en bac pour être déplacées afin de profiter du soleil mais sans trop ! Une petite aide manuelle pour la pollinisation sera utile.
  • Les poivrons peuvent être cultivés sur un fil, comme les tomates.
  • Les melons peuvent eux aussi être palissés, avec des filets pour retenir les fruits. La fécondation manuelle les rendra plus productifs.
  • Les épinards : ne les arrosez pas trop une fois que les feuilles sont bien développées et pensez à les protéger en cas de gel.
  • Les choux-fleurs ne doivent pas être trop arrosés en hiver.
  • Les carottes seront installées dans un sol sableux.
  • Les laitues, chicorées et autres salades : en multipliant les variétés, vous profiterez de verdures tout au long de l’année.
  • Le persil pourra y être déplacé pour des cueillettes hivernales.

La protection des plants est un atout majeur : boutures, greffons et jeunes plants seront bien aise de ne pas avoir à affronter tout de suite les conditions du dehors, ils pourront ainsi se développer et se renforcer tranquillement le temps que les conditions s’améliorent. Attention cependant à ne pas trop les chouchouter, il faut les endurcir peu à peu en les sortant progressivement et de plus en plus longtemps.

La réalisation de semis précoces : installés à l’abri des gelées, les semis pourront être démarrés plus tôt et l'utilisation d'une serre de jardin vous offre un espace plus pratique que l’intérieur de votre logement ! En janvier et février vous pourrez attaquer l’année par les carottes, les radis, diverses salades, les poivrons… De février à mars vous pourrez semer aubergines, tomates, poivrons, courgettes et autres cucurbitacées. En mars également jusqu’en avril, semez des cosmos…

Diversité des modèles de serres et utilisations spécifiques

Quelles utilisations pour une mini serre de jardin ? La mini-serre va être utilisée de la même manière qu’une vraie serre, excepté en terme de quantité ! Vous pourrez y faire des semis, y abriter quelques plantes pour l’hiver, cultiver un ou deux pieds de tomates cerises ou des poivrons, y faire patienter vos boutures ou jeunes plants, y cultiver des plantes tropicales durant l’hiver. Les mini-serres d’intérieur sont idéales pour réaliser vos semis au chaud, et elles peuvent être équipées d’un système de chauffage pour les tomates et autres aubergines plus exigeantes. Les mini-serres pour balcon ou terrasse sont très pratiques et facilement déplaçables, elles sont souvent verticales pour un gain de place. Les mini-serres tunnel, elles, s’installent directement sur une planche potagère pour en protéger les plants.

Mais aussi…

  • Une pièce supplémentaire : accolée à la maison ou plus loin dans le jardin, une serre peut devenir un vrai petit espace de vie, d’autant plus si elle est chauffée. Si vous disposez d’encore un peu de place, n’hésitez pas à y installer un petit salon de jardin pour profiter d’un espace paisible et verdoyant.
  • Un abri de piscine : dans certaines régions l’utilisation de la piscine peut être restreinte aux mois d’été. Placez votre serre autour de la piscine pour en profiter plus longtemps, voire tout au long de l’année si elle est chauffée.
  • L’aquaponie : il est judicieux de placer les bacs à légumes sous serre pour profiter plus longtemps des récoltes. L'utilisation d'une serre de jardin isolée reste cependant l’idéal, aucun risque ainsi de gel des tuyaux ou des bassins à poissons.

L’environnement dans lequel est installé une serre joue de manière importante sur sa performance. Il faut l'installer à l’abri du vent, dans un endroit dégagé (pour maximiser la luminosité) et bien orientée vis-à-vis du soleil (la paroi la plus longue vers le sud).

Concernant le type de serre, on distingue :

  • La serre froide : sans chauffage, pour protéger du gel, du vent et de l'humidité.
  • La serre chauffée : une température de 18° maximum, idéale pour les semis de printemps ou les plantes frileuses.
  • La serre tropicale : chauffée entre 18 et 26° pour les plantes exotiques.
  • La serre enterrée (Walipini) : profite de l’inertie thermique de la terre pour une température stable.
  • La serre tunnel : la serre maraîchère par excellence, protège du vent et de la pluie.
  • La serre châssis : se pose en pleine terre pour protéger des cultures fragiles.

Le choix du revêtement est également critique : la bâche polypropylène (peu isolante), le polycarbonate (léger et isolant) ou le verre (très lumineux mais fragile).

Les vivaces couvre-sol : des alliées incontournables

Les vivaces couvre-sol sont aujourd’hui incontournables dans tous les styles de jardins. Elles permettent non seulement de limiter l’entretien, mais aussi d’embellir durablement les massifs, bordures, rocailles ou zones difficiles. Une plante vivace est une plante qui vit plusieurs années sans avoir besoin d’être replantée. Elle traverse l’hiver, repart de la souche au printemps et assure une présence végétale durable au jardin. Les vivaces couvre-sol se distinguent par leur capacité à s’étendre rapidement de manière horizontale pour recouvrir une surface au sol. Grâce à un feuillage dense, souvent persistant ou semi-persistant, elles empêchent la lumière d’atteindre le sol, limitant ainsi la levée des mauvaises herbes.

Exemple d'un massif planté de vivaces couvre-sol

Les avantages sont nombreux : réduction de l’entretien (moins de désherbage, plus de paillage naturel), contrôle des mauvaises herbes, protection du sol contre l’érosion, amélioration de la biodiversité, effet décoratif, économies d’eau, polyvalence, remplacement du gazon, durabilité et esthétisme naturel.

Utilisation paysagère des couvre-sol

Les vivaces couvre-sol sont d’une grande polyvalence paysagère :

  • En pied d’arbustes et de haies : pour masquer les zones terreuses inesthétiques et limiter les mauvaises herbes. Exemples : Géranium macrorrhizum, Vinca minor, Heuchera, Lamium.
  • Sous les arbres : pour apporter un tapis végétal attrayant en zone sèche et ombragée. Plantes adaptées : Epimedium, Pachysandra terminalis, Asarum europaeum, Carex morrowii.
  • En bordures de massif : pour former un contour bas et soigné. Options : Ajuga reptans, Heuchera ‘Palace Purple’, Campanula portenschlagiana, Thymus serpyllum.
  • Dans une rocaille ou un jardin minéral : pour la stabilisation du substrat et un effet naturel. Espèces recommandées : Origanum vulgare compactum, Sedum acre, Dianthus deltoides, Erigeron karvinskianus.
  • Pour remplacer la pelouse : dans les zones de passage léger. Plantes conseillées : Thymus serpyllum, Sagina subulata, Achillea tomentosa, Veronica prostrata.
  • Sur des talus et pentes : pour fixer le sol et limiter l’érosion. Espèces recommandées : Lysimachia nummularia ‘Aurea’, Geranium sanguineum, Stachys byzantina, Persicaria affinis.
  • Entre les pas japonais ou les dalles : pour créer un effet naturel. Idées : Thym serpolet, Sagina subulata, Mazus reptans, Isotoma fluviatilis.
  • En jardinière ou bac en retombée : pour créer un effet drapé. Exemples : Ajuga reptans, Erigeron, Lysimachia nummularia, Cerastium tomentosum.

Critères de choix et installation

Pour choisir vos vivaces, considérez l’exposition (soleil, mi-ombre, ombre sèche), le type de sol (sec, drainant, humide, acide, calcaire) et le style de jardin souhaité.

La période de plantation idéale est le printemps (climat froid) ou l’automne (climat doux). Pour réussir :

  1. Désherbez soigneusement la zone.
  2. Ameublissez le sol et amendez avec du compost.
  3. Respectez la densité (5 à 9 plants/m² pour une croissance lente, 9 à 12 plants/m² pour un petit développement).
  4. Arrosez généreusement à la plantation et maintenez le sol frais jusqu'à l'enracinement.
  5. Utilisez un paillage léger les premières semaines.

L'entretien est minimal : désherbage la première année, taille après floraison (pour stimuler la remontée), division des touffes tous les 3 à 5 ans, et apport de compost au printemps.

Les couvre-sols servent de mulching vivant et projettent des ombres sur le sol. Ils ne constituent pas une méthode de lutte contre les mauvaises herbes, mais ils freinent leur croissance. Les couvre-sols sont particulièrement avantageux le long des chemins de jardin et créent une transition naturelle et fleurie entre la pelouse et les parterres. Pour que les plantes poussent densément et couvrent complètement le sol, placez les plantes individuelles à la bonne distance les unes des autres. En l’absence d’informations, la règle suivante s’applique : pour la plantation de plantes vivaces couvre-sols, calculez 8 à 10 plantes par mètre carré.

Travailler avec des appareils puissants permet de réaliser plus facilement certains projets et de gagner en efficacité. Portez toujours votre équipement de protection individuelle lorsque vous travaillez avec vos outils de jardinage. Immédiatement après la plantation, arrosez généreusement les couvre-sols et recouvrez-les de paillis. Dans les deux ans qui suivent la plantation, les couvre-sols doivent recevoir suffisamment d’eau sous les arbres. En fonction de la croissance des plantes, il faut compter jusqu’à trois ans pour combler complètement les espaces entre les couvre-sols.

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