Le fumier de cheval est un mélange de déjections des chevaux et de litière végétale, généralement de la paille. En fonction des proportions de paille, de crottin et d’urine, il est plus ou moins sec. Il fait partie des déchets organiques prêts à être compostés offrant un bon rapport carbone / azote (30). Les anciens connaissaient déjà les vertus du fumier de cheval, et l’utilisaient pour fertiliser leurs champs. Au XXIe siècle, le crottin de cheval est l’allié de tous les jardiniers engagés dans une démarche écoresponsable.

Caractéristiques et composition du fumier et du crottin
Le cheval est un animal relativement fragile, et nous avons tendance à lui conférer un statut spécial ; c'est un animal que nous qualifions de « noble ». Pour ces raisons, la litière, généralement constituée de paille, est changée très fréquemment. Ce qui fait que ce fumier sera particulièrement riche en matières ligneuses, carbonées, souvent plus de 50 % du total du fumier. Or, ce type de matériau est idéal pour la constitution d’un humus stable, le « Graal » du jardinier.
Il est important de distinguer deux produits souvent confondus :
- Le fumier : Mélange de crottin, d'urine et de litière (paille). C'est un amendement équilibré, idéal pour améliorer une terre de façon durable.
- Le crottin pur : Il s'agit des déjections seules, sans paille. Le crottin de cheval sans paille constitue un excellent engrais naturel, riche en éléments nutritifs. Une caractéristique particulièrement intéressante du crottin pur réside dans l’absence d’urine, contrairement au fumier traditionnel qui en contient des quantités importantes.
Le fumier de cheval contient de l’azote, de la potasse et autres éléments minéraux, ceci dans des proportions équilibrées, mais relativement faibles, raison pour laquelle nous le classons comme amendement, et non pas comme engrais. Le fumier de cheval est peu concentré en minéraux essentiels. Il contient par exemple 0,6 % d’azote alors qu’un engrais chimique peut en contenir jusqu’à 33 %. C’est ce carbone qui va améliorer la texture de notre sol, la structure, le rendre plus meuble, léger, poreux.
Avantages pour le sol et les cultures
Le fumier de cheval est un matériau chaud. Il se réchauffe facilement et rapidement, ce qui le rend tout particulièrement intéressant pour réchauffer les terres lourdes, argileuses. C’est également un matériau léger en comparaison à d’autres fumiers, notamment le fumier de vache, et surtout par rapport à une terre lourde. Il l'allègera donc.
En tant que source d'humus nutritif et structurant, il sera décomposé par les bactéries et les champignons. Les matières organiques favorisent également la formation d’une couche d’humus. La structure comme la composition du sol en sont améliorées, quelle que soit la qualité du sol au départ : il est plus aéré, donc l’air et l’eau y circulent mieux, et l’eau y est plus facilement retenue.

Le processus de compostage : une étape indispensable
Comme les déjections contiennent beaucoup d’éléments végétaux cellulosiques transformés par la digestion, contenant plein de micro-organismes, mieux vaut composter le fumier de cheval avant de l’épandre dans votre jardin. L’intérêt aussi de composter le fumier de cheval est qu’il va perdre son odeur assez caractéristique : en effet, les micro-organismes vont transformer l’azote uréique et ammoniacal par une forme organique non volatile, donc non odorante.
Pour bien mener ce compostage :
- Installez le tas sur des branchages pour favoriser l’aération et l’écoulement.
- Ne réalisez pas de tas trop hauts.
- Retournez le tas au moins tous les 15 jours à un mois pour oxygéner et harmoniser la décomposition.
- Maintenez une humidité constante, comme une éponge essorée.
- Couvrez le tas (bâche ou paille) pour éviter le lessivage des nutriments par la pluie et la déperdition d’azote par volatilisation.
Le compostage permet également de détruire les parasites et les résidus médicamenteux. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température (50 à 70°C), peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites.
Méthodes d’épandage et dosages
Le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol, c’est de ne pas l’intégrer ! Il convient en effet de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer. Le fumier de cheval, s’il est composté, peut s’utiliser à toute période de l’année. Toutefois, la meilleure période pour épandre cet amendement, c’est l’automne.
- Dosage : Un épandage annuel de 1 à 3 kg de fumier par m² constitue un apport raisonnable.
- Technique : Vous pouvez également apporter quelques matériaux verts (tontes, tailles, déchets ménagers végétaux). Afin de favoriser le processus de décomposition, n’hésitez pas à couvrir le fumier d’une couche de foin, de broyat, de feuilles mortes ou même de paille.
- Utilisation spécifique : Pour les cultures de courges, une technique particulièrement efficace consiste à déposer le crottin à même le sol en automne, puis à le recouvrir d’un paillage de foin.
Double couche chaude, une chaleur prolongée pour les semis
Précautions sanitaires et réglementaires
L’utilisation du crottin de cheval au jardin nécessite le respect de précautions sanitaires strictes. Le crottin de cheval peut héberger diverses bactéries pathogènes et parasites dangereux pour l’homme, notamment les ascaris, les strongles, Salmonella, E. coli ou encore la bactérie responsable du tétanos, Clostridium tetani.
- Vaccination : Avant toute manipulation, vérifiez impérativement que votre vaccination antitétanique est à jour.
- Protection : Utilisez systématiquement des gants de jardinage étanches, de préférence en nitrile ou en latex.
- Réglementation : En France, l’utilisation des déjections animales est encadrée par le Règlement Sanitaire Départemental (RSD). Selon l’article 153, le stockage doit respecter une distance minimale de 35 mètres de toute habitation, puits ou cours d’eau.
Le fumier de cheval comme source de chaleur : les couches chaudes
Le fumier de cheval est le matériau idéal pour la constitution de couches chaudes. Il est très simple de faire une couche chaude au potager, où elle servira pour les semis et jeunes plants frileux. Vous pouvez la construire directement sur le sol mais il est plus judicieux de creuser une fosse d’une cinquantaine de centimètres. Faites une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arrosez copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés. Passé un délai d'une semaine, la température sera plus douce, environ 20°C, et vous pourrez y installer vos semis.

Adaptabilité aux cultures potagères
Le fumier de cheval convient aussi bien aux végétaux du jardin potager qu'au jardin d’ornement ou au verger. Il faut l’apporter aux légumes qui en ont le plus besoin :
- Légumes gourmands : Courges, tomates, poivrons, aubergines. Ils supportent bien le fumier à demi-mûr.
- Pommes de terre : Elles en sont friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse.
- Salades : Elles peuvent aussi en profiter, mais ne leur donnez que du fumier bien décomposé.
- Plantes à éviter : Évitez de planter des alliacées comme les oignons, l’ail ou l’échalote dans des endroits enrichis avec du fumier, car elles ont horreur de ça.
En résumé, le fumier de cheval est un allié précieux pour qui veut enrichir naturellement son potager. Léger, chaud et équilibré, il améliore la structure des sols, favorise la vie microbienne et stimule la fertilité à long terme. Utilisé frais, composté ou en mélange avec d’autres matières organiques, il permet de nourrir vos cultures sans recourir aux engrais chimiques.
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