L’abricot est le fruit de l’abricotier, un arbre de la famille des rosacées. Originaire de Chine où il pousse à l'état sauvage depuis 4000 ans, l'abricot a longtemps été appelé "prune ou pomme d'Arménie" car on le croyait natif d'Arménie. Arrivé au Moyen-Orient par la Route de la Soie, il fut introduit dans l'empire gréco-romain mais dut attendre le XVème siècle avant d'atteindre nos tables car on le jugeait, à tort, responsable de diarrhées ou de fièvre. Fruit de l’été par excellence, l’abricot est une drupe possédant un noyau dur contenant une grosse graine (amande), issu de la pollinisation des fleurs de l’abricotier.

Développement et biologie de l’abricotier
L’abricotier peut atteindre de 3 à 6 mètres de hauteur, peut vivre entre 30 et 40 ans, et peut résister à des températures allant jusqu’à -18 degrés. Ses rameaux portent des feuilles luisantes, un peu coriaces et ovales, crénelées-dentées sur les bords. L’abricotier laisse couler de la gomme de son tronc, soit naturellement, soit à la suite de plaies ou d’incisions.
La fructification est l’étape la plus délicate. La pollinisation s’effectuera de façon croisée et nécessitera un autre abricotier dans sa proximité, sauf dans le cas des abricotiers auto fertiles (bien se renseigner avant achat). La pollinisation sera difficile si le climat est pluvieux pendant la floraison, et les fleurs seront détruites si la température atteint les -2 degrés. L’abricotier est souvent greffé sur des pruniers, des pêchers ou des amandiers ce qui lui permet de s'adapter plus facilement aux contraintes du climat et du sol.
Installation et plantation
La culture de l’abricotier est possible partout en France, à condition de choisir une variété adaptée, mais la fructification nécessite un printemps sans gelées, ce qui peut rendre la production très compliquée dans certaines régions. L’abricotier affectionne le climat méditerranéen. Il aime le soleil et les terrains chauds, légers et bien drainés ; il redoute, au contraire, les terres froides et compactes. Si vous habitez au nord de la Loire, l’idéal est de l’abriter du vent, par exemple le long d’un mur orienté au sud.
Vous pouvez démarrer la culture à partir d’un noyau, d’un plant ou d’une greffe. Le semis d'abricot ne coûte rien, si ce n’est les abricots que vous pourrez manger. Il est conseillé de récupérer délicatement les amandes des noyaux (en prendre plusieurs pour multiplier les chances), et de les faire tremper dans de l’eau tiède une journée. Placer les amandes dans du coton pendant une semaine puis les planter en terre dans des godets et attendre environ 2 semaines pour la levée. Vous pourrez planter au début de l’hiver quand le plant aura 1 an.
Pour la plantation :
- Préparez les racines de l’arbre en les coupant droit aux extrémités.
- Baignez ou enduisez les racines de pralin, une boue argileuse, qui va les protéger et stimuler la reprise.
- Enfoncez-le dans le sol exactement au même niveau que dans le pot où il était.
Il se cultive en espalier, en espaçant de 2 à 4 mètres suivant le développement qu’on doit lui donner, ou en plein vent, à 5 à 6 mètres d’écartement. Plantez de préférence à l’automne pour une meilleure reprise.
Entretien et soins au fil des saisons
Apportez du compost et de la cendre de bois au pied de l’arbre au printemps, ainsi qu’un paillis. Il n’est nécessaire d’arroser l’abricotier qu’en cas de sécheresse prolongée, car il tolère des sécheresses passagères, mais redoute les sols gorgés d’eau. Les abricotiers fraîchement plantés ont quant à eux besoin d’un arrosage régulier.
La taille est essentielle : pendant les 4 premières années, il est préférable de supprimer les rejets du tronc. Une fois établi, l’abricotier supporte modérément la taille, il est donc bon de la limiter en supprimant les rameaux âgés et ceux qui se croisent, et en réduisant d’un tiers les tiges qui ont donné des fruits. Vous pouvez tailler votre abricotier en février, ou en automne s'il est vigoureux. Ne pas oublier de bien protéger les plaies avec un mastic adapté.
Tailler un abricotier
Protection contre les maladies et ravageurs
L’abricotier peut souffrir de plusieurs pathologies :
- La moniliose : maladie cryptogamique causée par un champignon qui hiverne dans les plaies des arbres ou dans les fruits et fleurs contaminés. Apparaît souvent pendant la floraison, faisant dessécher et noircir les fleurs aux extrémités.
- L’oïdium : aussi appelée maladie du blanc, on le reconnaît à l’apparition d’un feutrage blanc d’aspect farineux à la surface des feuilles, des tiges et parfois des fleurs.
- Le puceron vert : particulièrement dangereux car il peut faire de grands dégâts au feuillage et transporte de nombreux virus. Ils apparaissent en avril sous le limbe des feuilles.
- Autres : la cloque, le coryneum, le chancre bactérien.
Pour lutter, vous pouvez utiliser de la bouillie bordelaise et du purin de prêle en pulvérisation. Il est conseillé de brosser le tronc pour éliminer les mousses qui hébergent les parasites. Si jamais vous avez un fort précédent, vous pouvez badigeonner vos troncs de chaux éteinte et de silicate de soude. Évitez les engrais azotés pour contrer les pucerons et essayez d’ajouter des prédateurs naturels : larves de coccinelles, de chrysopes et de syrphe.
La récolte : une étape cruciale
Après une année de travaux au verger, de sueur et de combats contre les ravageurs, est arrivé le temps de la récompense. L’abricot doit être cueilli déjà mûr, car il ne mûrit plus une fois cueilli. Lorsqu’il est mûr, l’abricot est d’une belle couleur orangée, légèrement juteux et bien tendre. Les récoltes des fruits débutent en juin avec les cerises, les abricots et les groseilles.
Les fruits doivent être récoltés à la main. Il est possible de secouer l’arbre pour faire tomber les abricots, mais ceux-ci seront alors abîmés et se conserveront moins bien. Prenez donc à pleine main le fruit, détachez-le par une légère pression rotative et déposez-le délicatement dans une corbeille. La cueillette s’effectue par temps sec, dès que la rosée a disparu et jusqu’à la tombée du soir.

L’utilisation d’un panier de cueillette est plus efficace et, quand on le manipule correctement, il occasionne moins de meurtrissures aux fruits. Certains modèles, comme les paniers kangourous, disposent de sangles ou de harnais qui vous permettront de porter le contenant sur vous, libérant ainsi vos deux mains.
Conservation et valorisation
L’abricot est un fruit fragile, il ne se conserve que 2 ou 3 jours à température ambiante, pas plus. Sitôt cueilli, sitôt dégusté ! Pour prolonger cette durée, plusieurs méthodes existent :
- Réfrigération : l’abricot frais se conserve généralement une semaine au réfrigérateur. Placez les abricots dans un contenant hermétique, les sacs en plastique perforés sont une bonne option.
- Séchage : c'est une méthode efficace pour prolonger la conservation. Vous pouvez utiliser un déshydrateur pour un séchage plus rapide et uniforme. Les abricots séchés se conservent plusieurs mois dans un endroit sec et frais.
- Mise en conserve et confitures : la mise en conserve préserve mieux les vitamines et offre une texture proche du fruit frais. Les épices comme la cannelle ou le gingembre peuvent être ajoutées pour apporter une saveur unique tout en aidant à la conservation.
L'abricot est bon pour la santé, car il contient des antioxydants, des fibres, des caroténoïdes, de la vitamine A et C. Les sportifs adorent l’abricot, il apporte 45 kcal/100g. Cru ou cuit, l’abricot s’apprête selon les goûts et les envies. La tarte et la confiture d’abricot sont les références culinaires de ce fruit. Il s'harmonise aussi très bien avec des plats salés : poêlé, l’abricot accompagne ainsi parfaitement viandes blanches et volailles.
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