La Fraise de Woippy : Une épopée gourmande au cœur du Pays Messin

La fraise est un fruit de la famille des Rosaceae. Très répandue dans le monde, elle est connue depuis l'Antiquité. La fraise actuelle est le résultat de croisements de fraises sauvages des Amériques. En 1714, Amédée-François Frézier, de retour du Chili et du Pérou, en rapporte quelques plants, certains sont envoyés en Bretagne au jardin botanique de Brest et trouvent dans ce climat océanique, proche de celui de leur biotope d'origine, un milieu favorable à leur culture.

L'éveil d'une tradition mosellane

En 1868, les frères VION, de passage à Brest et originaires de Woippy, en ramènent quelques plants. Ceux-ci vont rapidement s'acclimater et les fraiseraies vont s'étendre bientôt aux communes du nord du Pays messin, où elles remplaceront la vigne atteinte par le phylloxéra. Le succès de la fraise est tel que pour faciliter l'expédition des fraises vers l'Allemagne - principal marché de la fraise de Moselle - une première gare va être construite à Woippy en 1901.

Champs de fraisiers historiques de la vallée de la Moselle

En 1914, la production s'élève à près de 2 000 tonnes par an. Dans les années 20-30, la culture de la fraise connaît son âge d'or. Elle s'étend au sud du Pays messin et la production atteint près de 4 000 tonnes ; 5 000 tonnes dans les années 30, avec un record à 8 000 tonnes en 1937. La Moselle représente alors 30% de la production française de fraises.

Des épreuves historiques à la renaissance

La Deuxième Guerre mondiale et les expulsions de 1940 sont une catastrophe pour les fraiseraies qui retournent à la friche ou sont reconverties en champs de pommes de terre. En 1945, il ne reste plus que 12% de la surface cultivée de 1939. Dès leur retour, les expulsés reconstituent les fraiseraies qui battent alors des records de production jusqu'à la fin des années 50 : 9 000 tonnes en 1955. Les marchés sont reconquis.

Le début des années 60 marque cependant le déclin de la fraisiculture mosellane : gelées de l'hiver 1956, dégénérescence du plant et concurrence de la fraise d'Espagne. En 1986, la fraise de Woippy ne représentait plus que 0,5% de la production française.

L'organisation d'une filière pionnière

La culture de la fraise demande au contraire des soins assidus, une véritable culture, elle exige du travail, elle demande de la main-d’œuvre particulièrement importante au moment de la cueillette. Il faut donc que l’économiste qui étudie la question songe à tout cela. Il ne faut pas oublier que, pour courte que soit la saison de la récolte, avec vente obligatoire immédiate sans attente possible, cette saison doit donner au cultivateur la récupération des frais qui, eux, se répartissent sur toute une année, le loyer de la terre, le salaire du travail, le bénéfice légitime enfin.

Il fallait plus spécialement adopter des variétés qui tout en résistant aux hivers rigoureux de la région fussent aussi à même de supporter les expéditions à longue distance ; il fallait enfin sélectionner des espèces de choix répondant aux goûts de la clientèle qui s'était constituée. La confection des emballages était réalisée par plusieurs fabriques dotées des machines les plus récentes, permettant l'expédition à toute distance.

Production de la fraise en serre : les bases pour bien réussir

Woippy : Une capitale en fête

Woippy est une commune limitrophe de Metz. Chaque mois de juin, depuis 1926, est célébrée la fête de la fraise. C’est une richesse mosellane que l'on oublie trop souvent quand on fait le bilan des productions de notre terre, la plus variée des terres. La première édition de cette célébration fruitée a eu lieu en 1930. Traversant les décennies, la fête a peu à peu évolué pour devenir aujourd’hui une manifestation familiale et bon enfant. Traditionnellement, les festivités s’ouvrent avec l’élection de la Reine des Fraises.

La production contemporaine et la vente directe

Pourtant seul son souvenir se cultive encore. Plaque tournante de ce commerce atypique qui fit la fortune et la renommée du Val de Moselle pendant près de cent ans, Woippy ne compte aujourd’hui plus aucun fraisiculteur. Les premiers producteurs du secteur se situent à La Maxe, Devant-les-Ponts, Saulny ou Bellevue.

  • Les Vergers du Château à Saulny : Face au succès de la première machine installée il y a trois ans, une seconde identique a tout récemment fait son apparition. Le principe est simple : comme pour une boisson, il suffit de se servir soi-même. Les Vergers du Château produisent 20 à 25 tonnes de fraises par an, de mi-mai à fin octobre, en bio-contrôle.
  • Chez Lydia et Claude à Woippy-Bellevue : Le petit étal anachronique en bois interpelle forcément. La fraise ne représente cependant qu’une toute petite partie de leur production : 50 ares sont consacrés à sa culture sur un hectare et demi de fruits et légumes. D’autant plus rare qu’elle est encore produite ici en plein champ, en terre, donc soumise aux aléas du climat.
  • Les Jardins du Val de Moselle à Metz : Chez Jean-François Obriot, sixième génération de maraîchers, la fraise occupe 500m2 de serres à la Maxe. Des serres à l’assiette, sans transport ni intermédiaires, la recette séduit et représente aujourd’hui 10 à 15% du chiffre d’affaires.
  • Les Jardins Vitrés à La Maxe : Aux Jardins Vitrés, la fraise a peu à peu grignoté la place du concombre. Revenue il y a 7 ans, elle occupe désormais un hectare de serres, certaines chauffées. « Un orage peut ravager une récolte, nous avons fait le choix de tout protéger », explique François Malassé.

Schéma explicatif de la culture sous tunnel et en plein champ

Recette de la glace à la fraise

C'est nature que je préfère manger les fraises, mais voici une recette simple à réaliser :

  • Temps de Préparation : 10 minutes
  • Temps de Cuisson : 20 minutes
  • Difficulté : Facile

Ingrédients :

  • 500 g de fraises
  • 100 g de sucre
  • 500 g de fromage blanc

Préparation :

  1. Faire cuire les fraises dans un bain-marie pendant 20 minutes.
  2. Les réduire en purée.
  3. Rajouter le sucre.
  4. Mélanger.
  5. Laisser refroidir.
  6. Rajouter le fromage blanc.
  7. Mélanger.
  8. Mettre au congélateur.

Je ne mets pas le jus de côté, car j'aime bien le pailletage d'eau sous la langue quand je mange la glace et la glace est ainsi plus légère, moins calorique.

Perspectives et héritage

« Hommage à tous ceux qui se penchent chaque jour sur la terre lorraine, à laquelle ils restent fidèles, et continuent l’œuvre de leurs pères. » Raconter la fraise du pays messin, c’est forcément évoquer sa naissance en 1868 dans son berceau de Woippy. Une histoire empreinte de rudesse et de labeur, entrecoupée par les deux guerres.

Dans le cadre du projet des jardins pédagogiques que les enfants souhaitent créer sur les terres des quartiers centre, du Roi, Boileau et Saint-Eloy, quelque 750 pieds de fraise ont d’ailleurs déjà été commandés. On attend avec impatience les premières récoltes. La statistique de tonnage du « Journal Officiel » classait autrefois la production de la fraise de Metz en tête de celle de tous les départements français, et si le paysage a changé, la passion pour ce fruit rouge demeure une composante essentielle de l'identité du Pays messin.

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