Guide complet de la cueillette des fruits sauvages et plantes comestibles en pleine nature

Apprendre à cueillir les plantes sauvages n’est pas seulement un guide qui présente des espèces ; c'est aussi une reconnexion fondamentale avec notre environnement. Nous vivons actuellement une forme d’amnésie botanique, connaissant de moins en moins les plantes qui poussent autour de nous. Cette activité nous permet de retrouver pleinement nos racines par le contact conscient et privilégié qu’elle nous offre avec la Nature.

une main cueillant une plante sauvage

Redécouvrir un patrimoine ancestral et nutritif

Depuis la nuit des temps, l'Homme s'est nourri avec les plantes sauvages. Il est gratifiant de savourer le fruit de sa propre récolte ! Ceux d’entre nous qui ont déjà eu l’occasion de glaner quelques pissenlits, fleurs d’acacias et fruits des bois le savent bien. Sans compter que les plantes sauvages, bien plus riches en minéraux et nutriments que nos légumes cultivés, présentent de réels atouts pour notre santé. De nombreux exemples illustrent cette richesse : pour rivaliser avec un seul de leurs homologues de 1950, il faudrait manger aujourd’hui 5 oranges ou encore 5 bananes. La cueillette de plantes sauvages offre une myriade d’avantages, allant au-delà de l’aspect nutritionnel. Tout d’abord, elle permet de découvrir une variété de saveurs et de textures uniques souvent peu ou pas présentes dans les produits cultivés. Cuisiner avec des plantes sauvages comestibles élargit l’éventail des saveurs et offre une expérience culinaire unique. Une fois les plantes identifiées en toute sécurité, elles ajoutent des arômes et des textures originaux à vos plats. Il s’agit de véritables « alicaments », nourrissants et gratuits !

Se former pour cueillir en toute sérénité

Cela vous semble compliqué, hors de votre portée ? Pour devenir cueilleur en toute sérénité, apprendre et vous former sera un passage obligé ! Il n’est pas question de cueillir n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment ! La capacité à reconnaître les plantes sauvages comestibles est essentielle pour une cueillette sûre et enrichissante. Une méthode d’apprentissage courante consiste, au départ, à se concentrer sur quelques espèces bien connues. Ne cherchez pas la complexité pour vous lancer dans la cueillette, surtout si vous n’avez aucune notion en botanique. Apprenez dès lors à vous familiariser avec ces vieilles amies en usant de tous vos sens. Observez-les pour noter la forme de leurs feuilles, touchez-les pour découvrir leur texture, décrivez leur odeur, etc. Sachez également qu’il est plus aisé de reconnaître les plantes lorsqu’elles sont en fleurs, car il s’agit d’un organe relativement stable qui subit peu de variations, contrairement aux feuilles qui diffèrent parfois selon les conditions ou le stade de développement. Soyez patients, et surtout réguliers : l’expérience s’acquiert sur le long terme avec de la pratique.

Ressources pour l'apprentissage

Il existe d’excellentes formations en ligne sur ce thème pour un apprentissage à votre rythme depuis chez vous. Tout d’abord, une formation vidéo en ligne très appréciée est celle du Chemin de la nature, créée par Christophe de Hody, naturopathe, herbaliste et botaniste de terrain depuis plus de 13 ans. De nombreux passionnés, comme Déborah B. et Sam T., ont déjà partagé leur enthousiasme pour ces formations, faisant naître une belle nouvelle passion. Un livre très attendu est « 40 plantes sauvages comestibles 40 recettes », qui propose de nombreuses informations sous la main, idéal pour emmener sur le terrain.

Pour savoir quel livre choisir sur les plantes sauvages comestibles, il existe une sélection d'ouvrages sur la récolte et la cuisine des plantes sauvages. Parmi les références, on trouve le livre de S. G. Fleischhauer, J. Guthmann, et R. sur les 200 espèces courantes les plus importantes, un petit format qui se glisse assez bien dans le sac à dos. “La cueillette sauvage : 200 plantes sauvages comestibles” de François Couplan est souvent recommandé. Cet ouvrage réunit 200 plantes comestibles et 80 végétaux toxiques. François Couplan, un scientifique dont le terrain d’étude est la planète entière, y explore les trésors inconnus ou oubliés : fleurs, feuilles, herbes, arbres, écorces, fruits sauvages, communs ou rares, qui tous offrent à l’homme leurs infinies ressources nutritives. Un autre objectif d'ouvrage est de rendre la cueillette accessible à tous grâce à un grand nombre de photos et d’indices qui facilitent l’identification des plantes. On y apprendra à repérer les confusions possibles de 50 plantes communes et surtout, à distinguer celles qui sont dangereuses.

Règles d'or pour une cueillette responsable et sécurisée

Lors de votre cueillette, vous devrez toujours veiller à appliquer quelques principes de base pour vous éviter des ennuis. L’exploration du monde des plantes sauvages comestibles est une aventure passionnante, mais elle demande prudence et respect.

Sécurité avant tout : identification rigoureuse

Il est impératif d'apprendre à reconnaître les principales plantes toxiques. Dans notre flore, très peu de plantes sont susceptibles de causer une intoxication mortelle par l’ingestion de petites quantités. Cependant, les confusions sont possibles et peuvent avoir des conséquences graves. Pour rappel, en mai 2019, un communiqué de presse fût publié par l’Agence Régionale de la Santé Grand-Est, suite à une recrudescence de cas d’intoxication rapportés par le centre antipoison local. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a estimé la fréquence de ces accidents, plus ou moins graves, à environ 250 cas par an de 2012 à 2018.

Un exemple emblématique est la confusion entre l'ail des ours, le colchique et le muguet. Il semble impossible de confondre ces plantes lorsqu’elles sont en fleur, tant les ombelles de l’ail des ours n’ont rien en commun avec les clochettes blanches du muguet, et encore moins avec l’inflorescence mauve du colchique. Dans ce cas l’odeur caractéristique de l’ail des ours n’est d’aucun secours, car elle imprègne fortement les doigts, et de même, tout ce qu’ils touchent en suivant. L’observation rigoureuse des feuilles est alors nécessaire pour ne pas se tromper : celles de l’ail des ours possèdent un long pétiole et sont souples au toucher, tandis que celles du colchique sont rigides et sortent directement de terre. Autre exemple, la jolie stellaire (Stellaria media), fréquente dans les sous-bois et les jardins, est souvent accessible et abondante. Cependant, hors floraison, attention à ne pas confondre ses feuilles avec celles des mourons rouges (Anagallis arvensis) ou bleus (A. foemina). En cas de doute, n’en faites pas de consommation crue, mais réservez-les à la cuisson, qui elle seule garantie l’élimination des microorganismes pathogènes.

Respect de l'environnement et de la propriété

Surveiller le lieu de votre cueillette est crucial. On évitera donc les bords de route ou les champs traités, ainsi que les zones à risque de contamination. Si vous avez repéré un super coin, mais qu’il s’agit d’une propriété privée, assurez-vous d’avoir l’accord du propriétaire pour éviter les ennuis.

Si les plantes sauvages constituent une incroyable richesse, dont il serait dommage de se passer, il ne faut toutefois pas les considérer comme une ressource inépuisable à notre entière disposition. Evitez les réserves et les parcs naturels où la cueillette est généralement interdite. Des listes rouges sont généralement disponibles sur le site des conservatoires botaniques de la région ou même du département qui vous concerne. En cas de doute quant à la disponibilité de la plante et la taille de la « colonie », ne cueillez pas au risque de la voir disparaître des lieux.

La cueillette sauvage est-elle dangereuse pour l’environnement ? Voilà un débat épineux auquel il semble, pour l’heure, impossible de répondre de manière exhaustive tant la chose apparaît circonstancielle. Cependant, la cueillette familiale, tant qu’elle est pratiquée avec respect, apparaît rarement comme un facteur principal d’érosion de la biodiversité. Au contraire, elle offre une belle occasion de prendre conscience de l’incroyable richesse du monde qui nous entoure, et peut inciter naturellement le cueilleur à prendre soin de ce patrimoine inestimable. La plus grande réserve s’applique également aux végétaux dont on utilise les racines comme la raiponce en épi (Phyteuma spicatum), ou la gentiane jaune (Gentiana lutea), dont il faut restreindre (voire éviter) la consommation, ou à défaut, se rabattre lorsque cela est possible sur des homologues cultivés. Cependant, le jour où la consommation des plantes les plus communes et abondantes (telles que l’ortie, le pissenlit ou la pâquerette), par quelques riverains et promeneurs deviendra sujet à inquiétude n’est pas encore à craindre. Là où on peut s’affoler en revanche, c’est lorsque la cueillette est chapeautée par les industriels agroalimentaires et pharmaceutiques, et engendre régulièrement des débordements abusifs. Ceci est le cas de l’ail des ours (Allium ursinum), dans de nombreux pays de l’Est, comme cité dans un article publié en juin 2014 par l’AFP (Agence France Presse).

Hygiène de la cueillette

Récolter uniquement les parties vertes des végétaux, et éviter ceux qui vous paraissent trop vieux ou trop abîmés. Pensez à vous laver les mains, et à nettoyer scrupuleusement tout matériel ayant servi à la cueillette. Enfin, n’oubliez pas de vous prémunir contre les tiques durant les périodes à risques.

Plantes sauvages à découvrir et à goûter

De nombreuses plantes sauvages peuvent être cueillies pour un usage quotidien. Voici quelques exemples de plantes comestibles, parfois surprenantes :

  • L’amaranthe réfléchie (Amaranthus retroflexus) : Cette plante sauvage comestible, qui s’est peut-être déjà invitée dans votre potager sans demander votre avis, pourrait bien y trouver une vraie place, tellement elle est bonne en salade et à la façon des épinards. Encore faut-il savoir la reconnaître et la cueillir au bon moment.
  • Les feuilles d’orme : Ça peut paraître étonnant mais oui, les feuilles d’orme se mangent.
  • Les bourgeons de peuplier : On n’a pas trop l’habitude de manger des bourgeons. Mais les bourgeons de peuplier ont un goût tellement étonnant de propolis qu’une dégustation est vivement recommandée !
  • Le poivre d’eau : Une plante locale au goût de poivre, parfaite pour relever vos plats.
  • La menthe à feuilles rondes (Mentha suaveolens) : Pour certains, elle a été une des premières plantes sauvages comestibles cueillies dès l'enfance.
  • L’angélique sylvestre ou angélique des bois (Angelica sylvestris) : Longtemps utilisée comme plante de protection contre les démons et les sorcières et aussi comme remède contre la peste, c’est notre ange gardien au bord de l’eau.
  • La moutarde sauvage : Elle appartient à la grande famille des Brassicacées (les anciennes Crucifères).

une image de différentes plantes sauvages comestibles

La permathérapie et les plantes sauvages

La permathérapie propose une rencontre entre elle et les plantes sauvages comestibles. Loïc PLISSON, fondateur de la permathérapie, partage sa vision des plantes sauvages et du rôle de notre relation avec elles en tant que cueilleur et en tant que soignant(e) ou soigné(e). Cette approche souligne l'importance d'une connexion profonde et thérapeutique avec le règne végétal.

Activités et ateliers pratiques

Redécouvrez avec un autre regard ces délicieuses plantes sauvages et comestibles. Elles nous entourent, il suffit de les regarder ! Des activités sont organisées pour apprendre à observer les plantes qui nous entourent, démystifier certaines appelées aussi "les mauvaises herbes", et acquérir des connaissances sur celles-ci et leurs utilisations culinaires. Ces balades, souvent guidées par des experts comme Franck, guide nature depuis 2002, offrent un magnifique voyage au cœur de notre belle nature française. Fort d’une solide expérience de terrain et passionné de nature authentique, il vous fera découvrir des espèces et des espaces naturels comme vous ne les avez jamais vus ! Il vous apprendra à observer la faune et la flore et à les protéger par des gestes simples et efficaces.

Les objectifs de ces activités incluent :

  • Apprendre à observer les plantes qui nous entourent.
  • Démystifier certaines appelées aussi "les mauvaises herbes".
  • Acquérir des connaissances sur celles-ci et leurs utilisations culinaires.
  • Partager, fédérer, déguster en commun le résultat d'une cueillette.

Des exemples d’activités incluent des balades entre étang et forêt pour la découverte et l'identification des plantes sauvages comestibles, la connaissance des plantes dans leurs milieux, la cueillette de certaines plantes pour l'élaboration d'une tisane, et la dégustation de la cueillette.

un groupe de personnes participant à une activité de cueillette de plantes sauvages

Glanage : une pratique respectueuse

L’art de glaner, une pratique ancienne remontant à nos ancêtres, consiste à récolter les fruits de la nature de manière respectueuse et durable. Contrairement à la cueillette qui implique la collecte directe des plantes sur pied, le glanage se concentre sur la récupération des parties de plantes déjà détachées. Cette approche respectueuse de l’environnement réduit l’impact sur la biodiversité tout en permettant une connexion plus profonde avec la nature. Sur le plan environnemental, la cueillette de plantes sauvages encourage la préservation des écosystèmes locaux en évitant une pression excessive sur les cultures cultivées.

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