Le Paillage en Serre : Un Guide Essentiel pour des Cultures Prospères

Le paillage est une technique fondamentale en jardinage, consistant à recouvrir le sol d'une couche protectrice de matériaux, appelée paillis. Loin de se limiter à un simple rôle esthétique, bien que le paillage puisse donner à votre potager un aspect propre et net, cette pratique est à la fois bénéfique pour les plantes et respectueuse de la biodiversité du sol. Largement utilisé, le paillage est particulièrement pertinent dans un environnement comme la serre, où les conditions climatiques spécifiques accentuent ses avantages.

Les Multiples Bénéfices du Paillage

Le paillage offre une multitude d'avantages pour le jardinier, qu'il s'agisse de réduire la consommation d'eau, de lutter contre les mauvaises herbes ou d'améliorer la santé du sol.

Optimisation de l'Arrosage et Gestion de l'Humidité

En agissant comme une couverture isolante, le paillage limite significativement l’évaporation de l'eau, permettant ainsi de réduire la fréquence et la quantité des arrosages. L’expression « un paillage vaut 10 arrosages » n’est pas usurpée ; selon les estimations, un bon paillage pourrait réduire l’irrigation de 40 %. Cet effet est d'autant plus marqué sur certaines cultures gourmandes en eau, comme le melon, et est crucial sous serre, où la forte chaleur nécessite des apports en eau plus importants. En maintenant le paillage humide toute l'année, il se décomposera en offrant ses précieux minéraux aux plantes. L'apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d'augmenter l'humidité dans le sol. Ils sont constitués de 40 à 95 % d'eau. Cette économie peut sembler négligeable, mais à l'abri sous le paillage en été, ils délivreront au final une belle humidité au sol, lentement, et maintiendront la terre humide plus longtemps, ce qui est très pratique pour limiter les effets d'une sécheresse.

Schéma illustrant la réduction de l'évaporation grâce au paillage

Lutte Efficace Contre les Mauvaises Herbes

Le paillage empêche le développement et la prolifération des mauvaises herbes indésirables, également appelées adventices, dans votre potager. En privant ces plantes de lumière, le paillis limite leur croissance et leur permet moins de concurrencer vos cultures pour l'eau et les nutriments.

Protection et Amélioration de la Structure du Sol

Le paillage limite les conséquences des fortes précipitations en évitant le compactage du sol d’une part, et en évitant son lessivage d’autre part. De plus, il réduit les écarts de température et limite les effets du gel sur les plantes et leurs racines. Au printemps, le paillis aide le sol à se réchauffer, tandis qu’en été il évitera la création d’une croûte de sécheresse qui pourrait empêcher l’eau de s’infiltrer et d’hydrater correctement les plantations. En plus de protéger le sol, l’un des plus grands avantages du paillage, lorsqu’il est naturel et biodégradable, est qu’il contribue aussi à l’enrichir, à l'instar de ce qui se passe dans la nature, où le ruissellement érode le terrain, le lessive et le rend infertile, alors que la matière organique nourrit la terre et favorise la vie.

LE PAILLAGE :4 avantages et évolution de la jardinière

Répulsif Naturel Contre Certains Nuisibles et Protection des Cultures

Certains types de paillage sont très peu appréciés des limaces et des escargots, qui évitent de s’y aventurer, réduisant ainsi les chances que vos plantations soient dévorées. Le sol renferme de nombreuses bactéries et champignons qui peuvent infecter une plante par simple contact avec le feuillage ou les fruits. Certaines variétés comme le melon y sont particulièrement sensibles, et le paillage aide à éviter ce contact direct. Par ailleurs, des paillis spécifiques, comme le miscanthus, sont connus pour repousser les nuisibles.

Valorisation des Déchets et Aspect Esthétique

Déchets de tonte, feuilles et branches mortes… la plupart des paillis sont constitués de matériaux promis à finir à la décharge. Leur utilisation en paillage représente donc une excellente manière de valoriser ces ressources. Enfin, le paillage peut tout simplement améliorer l’esthétique de votre jardin et de votre potager. Il existe même des paillis colorés qui peuvent être un élément de design à part entière et mettre en valeur vos massifs.

Prévention des Incendies (en extérieur)

Bien que le risque d’incendies ne concerne pas directement les jardins, certaines régions du sud de la France peuvent limiter les conséquences des feux de végétation grâce à certains paillages ininflammables, tels que les cailloux ou les galets.

Choisir le Bon Paillis : Organique ou Inorganique ?

Le meilleur paillage pour votre jardin dépendra de votre région et bien entendu des plantes que vous souhaitez faire pousser. Il existe deux grands types de paillis : les paillis organiques et les paillis inorganiques.

Les Paillis Organiques : Nourrir le Sol Naturellement

Les paillis organiques peuvent se décomposer au fil du temps et venir ajouter des éléments nutritifs au sol pour l’enrichir. On les distingue généralement en deux groupes : les matériaux organiques verts et les matériaux organiques bruns.

Matériaux Organiques "Verts"

Ces paillis sont le plus souvent constitués de végétaux fraîchement coupés, se décomposant facilement et rapidement. Leurs éléments nutritifs (azote, minéraux) seront rapidement utilisables par les plantes.

  • Herbe coupée : Un paillage facile d’accès qui constitue un bon apport en azote. Il est crucial de faire sécher les résidus de tonte avant de les étaler pour éviter qu'ils ne pourrissent sur place. Veillez également à ne pas les utiliser en couche trop épaisse au risque d’empêcher l’air et l’eau de circuler.
  • Engrais verts : Des plantes comme les orties, très riches en azote, ou la consoude, très riche en potasse, constituent rapidement une source de nutriments.
  • Fanes de légumes : Les fanes de carottes, navets ou radis peuvent être utilisées en paillis, offrant ainsi une seconde vie à ces résidus.

Matériaux Organiques "Bruns"

Ces matériaux sont souvent des végétaux ligneux, riches en carbone, qui se décomposent plus lentement.

  • Paille : Un résidu issu des cultures céréalières, très facile à étendre. C'est un excellent isolant et empêche efficacement la prolifération des mauvaises herbes. Bien qu'elle contienne peu d’azote, elle constitue un très bon humus en se décomposant, enrichissant le sol pour de belles récoltes. La paille est aussi très utile pour éviter le contact des fruits avec le sol, comme les melons.
  • Foin : Contrairement à la paille, le foin contient toute la partie des plantes. Très riche en éléments nutritifs, il est conseillé de laisser reposer le foin frais plusieurs mois pour laisser les graines germer puis mourir, évitant ainsi l'introduction de nouvelles adventices.
  • Fougères : Assez proches de la paille en termes de qualités.
  • BRF (Bois Raméal Fragmenté) : Un mélange de branches broyées, qui nourrit le sol et améliore sa structure.
  • Aiguilles de pin : Courantes dans les régions forestières, elles se décomposent lentement et, bien qu’acides, n’auront pas d’impact sur le pH du sol. Ce matériau est plus difficile à étaler mais se tient bien une fois en place.
  • Coques de cacao : Légères et faciles à manipuler, elles apportent de l’azote, du phosphate et de la potasse en se décomposant. Utilisées autour des massifs, elles apportent une touche de couleur cuivrée. Les coques/cosses de cacao forment un paillis fin et léger qui pourrait convenir aux plantes annuelles du potager ou pour apporter une touche esthétique au jardin d’ornement. C'est fou tout ce qui peut être recyclé ! cela réduit les déchets et déplacements aux zones de recyclage !
  • Feuilles mortes : L’un des meilleurs matériaux de paillage, enrichissant efficacement le sol du potager. Abondantes en automne, elles doivent être suffisamment déchiquetées avant d'être répandues pour permettre à la terre de respirer et faciliter la décomposition par les micro-organismes. Par prudence, évitez le paillage avec des feuilles de noyer fraîches, qui contiennent de la juglone, une toxine inhibant la croissance de certaines plantes.
  • Algues : Pour les résidents du bord de mer, les algues constituent un paillage intéressant, riches en potassium, magnésium et oligo-éléments. Il est impératif d’éliminer le sel qu’elles contiennent pour ne pas brûler les plantations ou saliniser la terre.
  • Rouleaux de chanvre : Une approche rapide et facile pour pailler le potager.
  • Miscanthus : Une plante cultivée en France qui constitue un excellent paillage pour vos plantes vertes, fruitiers, légumes et fleurs. Biodégradable, il nourrit la terre et repousse les nuisibles.

Infographie comparant les paillis organiques verts et bruns

Le Phénomène de "Faim d'Azote"

Le paillage au moyen d’un matériau organique brun riche en carbone (paille, feuilles…) provoque fréquemment une faim d’azote chez les cultures, se traduisant par un jaunissement du feuillage. Ce phénomène vient du fait que les micro-organismes chargés de décomposer le paillis ont un fort besoin en azote, privant les végétaux de cet élément nutritif. Pour contrer cette monopolisation d’azote, il suffit de répandre un engrais organique riche en azote avant de procéder au paillage.

Les Paillis Inorganiques : Stabilité et Durabilité

Les paillis inorganiques, comme la pierre, les ardoises, les tuiles cassées ou la pouzzolane (pierre de lave), sont efficaces pour empêcher le développement des mauvaises herbes. Ce type de paillis convient bien dans les régions sèches ou s’épanouissent les jardins secs composés de plantes méditerranéennes et de plantes grasses, partout où l’eau est rare et où le paillage organique risquerait d’absorber l’eau des rares arrosages. Cependant, il est à proscrire au potager, le paillage minéral risquant de se mélanger à la terre.

Paillis Synthétiques : Une Solution Controversée

Les paillis synthétiques, tels que bâches plastiques noires ou géotextiles, sont issus de l’industrie du pétrole. Bien qu’efficaces pour réchauffer le sol et empêcher le développement de mauvaises herbes, ils mettront des décennies à se dégrader en microplastiques et pollueront l’environnement pendant des siècles.

Quand et Comment Pailler ? Les Bonnes Pratiques

Le timing et la méthode d'application du paillage sont cruciaux pour maximiser ses bénéfices et éviter les inconvénients.

La Période Idéale pour Pailler

Le paillage doit être réalisé en début de saison mais pas trop tôt, idéalement lorsque le sol est suffisamment réchauffé. Disposer du paillis précocement sur un sol froid empêchera la terre de se réchauffer, nuisant au bon développement de certains fruits et légumes exigeants en chaleur (courgettes, tomates, melon…). La bonne pratique consiste à étendre une couche de compost bien riche et de couleur noire, de façon à capter les rayons du soleil et favoriser le réchauffement du sol. Ce paillis de compost permettra de contrer les problèmes de faim d’azote qui risquent de survenir plus tard.

Un paillage précoce au printemps risque d’attirer les rongeurs, les limaces et les escargots, qui apprécient se réfugier dans les paillis à cette saison. En conditions météo favorables, le mieux est de patienter jusqu’à la mi-mai avant de procéder au paillage. Si les conditions sont moins favorables ou que vous résidez au nord de la Loire, attendez le mois de juin. Bien entendu, rien ne remplace l’expérience du jardinier pour apprécier la bonne période de paillage.

En automne, profitez des derniers rayons de soleil pour commencer à pailler. Le sol doit être déjà suffisamment humide et chaud pour favoriser le développement de la vie microbienne. Privilégiez un paillage ligneux riche qui permettra de protéger le sol des intempéries et surtout d’enrichir la terre en se décomposant lentement.

Où Appliquer le Paillage ?

Toutes les cultures peuvent être paillées, qu’il s’agisse de légumes, de fleurs ou d’arbres fruitiers, toutes les espèces végétales profiteront des bienfaits d’un bon paillage. Seul le type de paillis choisi différera. Pour une allée de serre ou un massif, un paillis de bois ou d’écorces grossier conviendra, l’objectif premier étant d’améliorer l’aspect esthétique et de conserver l’humidité du sol. Au potager, privilégiez les paillis plus fins, répandus en couche mince.

Exemple de paillage dans une serre avec différentes cultures

Préparation du Sol Avant Paillage

Assurez-vous que le sol est suffisamment humide avant de pailler, car appliquer un paillis sur un sol sec augmentera encore la sécheresse. Arrosez la terre si nécessaire. Supprimez ensuite les mauvaises herbes ; certaines variétés pourraient survivre au paillage et il est préférable d’éliminer toutes celles qui pourraient faire concurrence à vos plantations. En cas d’utilisation d’une toile de paillage, désherber la totalité de la surface de culture n’est pas toujours utile.

L'Épaisseur Idéale du Paillis

Étalez le paillage en une couche d'environ 7 cm. Un paillis trop épais risque d’asphyxier le sol et les racines de vos cultures. Plus le paillis est grossier (type écorces) ou aéré (paille, aiguilles de pin) et plus le paillis pourra être épais. N’hésitez pas à le renouveler si nécessaire, d’autant plus si vos fruits reposent à même le paillage comme les melons, le paillis devant rester propre et sain. À l’inverse, les matériaux fins, généralement les matériaux verts tels que la tonte de gazon, devront être répandus en couche fine, voire très fine. Une couverture de quelques millimètres à un centimètre maximum suffira.

Paillage Spécifique en Serre

Sous une serre de jardin, la forte chaleur nécessite de plus grands apports en eau. Le paillage permettra de limiter les arrosages, tout en apportant également les éléments nutritifs, plus rares sous abri. Veillez par contre à bien aérer votre serre au risque d’engendrer une trop forte humidité et la création de condensation, avec le risque d’augmenter les maladies (mildiou, oïdium).

LE PAILLAGE :4 avantages et évolution de la jardinière

Paillage des Arbres et Arbustes

Si vous envisagez de pailler les pieds de vos arbres, maintenez toujours le paillis à une distance de 15 à 30 cm de la base des arbres et arbustes. Un paillis en contact direct avec les troncs est une voie royale pour les parasites et les maladies engendrées par la pourriture.

Le Compostage de Surface : Une Approche Naturelle

Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes, offrant un gain en temps et en fertilité.

Qu'est-ce que le Compostage de Surface ?

Le compostage de surface consiste à déposer directement les déchets organiques sur les planches de cultures. Cela revient à reproduire un cycle bien connu de la nature : une plante pousse, meurt, tombe au sol, puis se décompose, améliorant ce dernier au passage. Vos déchets organiques sont déposés à même le sol du potager et recouverts (dans la majorité des cas) par un paillage pour garder un côté esthétique. Si vous paillez au jardin, vous pratiquez déjà une forme de compostage de surface. Cet article est davantage axé sur ces déchets-là en particulier. N’hésitez pas à hacher vos restes de cultures. Généralement et même si ce n’est pas obligé, les jardiniers déposent ces déchets là sous un paillage déjà présent.

Les Avantages du Compostage de Surface

Le compostage de surface offre de multiples bénéfices par rapport au compostage en tas traditionnel.

  • Observation de la Nature : Dans la nature, le compostage par la chaleur n'existe pas ou quasiment pas. La quasi-totalité des matières organiques sont transformées dans les litières et subissent donc un compostage de surface.
  • Conservation de l'Énergie : Si vous compostez en tas, l'énergie contenue dans les matériaux est en grande partie transformée en chaleur et est dissipée et perdue pour la vie du sol. Si le matériau est apporté frais au sol, cette énergie sera alors mise à disposition de l’activité biologique du sol (vers de terre, micro-organismes, larves d’insectes…).
  • Nourriture Directe pour la Vie du Sol : Les matières non compostées sont composées de sucres, de protéines, de cellulose, qui sont des composés qui participent à nourrir directement la vie du sol. Plus un compost est mûr, moins il contient de tels composés.
  • Simplicité de Mise en Œuvre : Pas besoin de faire un tas dans les règles de l'art ; il suffit de déposer les matières compostables au contact du sol.
  • Gains de Temps et Humidité : Le compostage de surface fait gagner beaucoup de temps. Une fois la vie du sol bien installée, les décomposeurs travaillent vite et bien. L'apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d'augmenter l'humidité dans le sol, délivrant une belle humidité au sol, lentement, et maintenant la terre humide plus longtemps.

Quels Déchets Utiliser pour le Compostage de Surface ?

  • Déchets de Cuisine Végétaux : Tous les déchets de cuisine peuvent être épandus au potager sous le paillage au fil des mois. Évitez tout de même la viande, le poisson et les produits laitiers qui peuvent attirer les rats, et préférez les composter dans un silo. Pour l'anecdote, un gros saint Nectaire fait-maison sous un paillage, plein de vers (un fromage raté), a déjà été composté. On évitera cependant de mettre de grosses quantités d’agrumes qui déplaisent fortement aux vers des terre et on veillera, si possible, à couper en morceaux les plus gros déchets de cuisines afin d’en faciliter la décomposition.
  • Déchets de Jardin : Feuilles, restes de tailles bien hachées, résidus de cultures (non malades), tontes, broyats… La tonte peut aussi être utilisée en compostage de surface et faire office de paillage par la même occasion.
  • Adventices : Laissez les adventices sécher, racines à l’air libre, durant quelques jours. Pour les annuelles peu problématiques, vous pouvez les laisser croître jusqu’à ce qu’elles gênent les cultures, puis les couper au collet. Toutes ces adventices relâcheront des minéraux dans le sol après leur décomposition.

Le Ratio Carbone/Azote

Pour bien maîtriser ce paramètre, il suffit de regarder la consistance de ce que l’on met en paillage. Tout ce qui est tendre et humide contient majoritairement de l’azote (tonte, déchets de cuisine, reste de cultures …). À l’opposé, tout ce qui est sec, dur et ligneux contient du carbone (bois, broyat, paille, …). Il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu’ils se bonifient les uns les autres. L'un apporte de l’eau, de l’azote, pendant que l’autre apporte du carbone et aère l’ensemble.

Application du Compostage de Surface

Généralement, le compostage de surface se fait en présence d’un paillage (qui reste aussi une forme de compostage de surface). Au-dessus ou en dessous, cela dépendra surtout de ce que l’on épand. Les déchets de cuisine sont souvent enfouis sous le paillage pour des raisons esthétiques, tandis que la tonte peut être posée sur le paillage. En pratique, évitez les matériaux trop ligneux non broyés ou non hachés comme les branchages de grosse section que vous devrez déplacer et écarter à chaque plantation.

Impact sur la Vie du Sol et la Structure

Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds, jusqu’à huit cents lombrics par mètre cube de sol. Tous ces êtres vivants décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons. À moyen terme, le compostage de surface permet aussi une amélioration de la structure du sol, devenant souvent très intéressante, comparable à du couscous.

Schéma des interactions entre le compost de surface et la vie du sol

Précautions et Inconvénients Potentiels

  • Cultures Sensibles à l'Humidité : Prenez des précautions avec certaines cultures qui n’apprécient pas les sols trop humides, comme l’ail ou l’oignon. Évitez le compostage de surface avec ces cultures.
  • Ravageurs : La nourriture et l'humidité disponibles peuvent attirer des ravageurs, surtout avec les restes de cuisine compostés en surface. Cependant, le potager attire les ravageurs dans tous les cas. Pour limiter les rats, excluez les déchets d'origine animale à proximité des plantes cultivées. Les limaces sont parfois attirées, mais peuvent aussi se nourrir du compostage de surface et épargner les plants. Les rongeurs souterrains sont de toute façon attirés par le paillage.
  • Différences avec le Compost en Tas : Le compost de surface génère moins de chaleur, de vapeur d'eau et de gaz que le compost en tas. Il n’y a pas d’hygiénisation du tas de compost par une montée en température, ce qui signifie qu'il ne détruit pas les adventices et leurs graines. Si vous avez des problèmes de rongeurs, c'est une pratique à éviter. Le compost en tas reste intéressant pour produire beaucoup de compost d'un coup et obtenir un substrat riche pour le repiquage. Le climat peut aussi parfois inciter à mieux valoriser les déchets en tas où le taux d’humidité est plus facile à gérer.

Compostage en Tranchée : Un Compromis

Pour faire un mix entre compostage de surface et compost en tas, il existe aussi le compostage en tranchée. Il suffit de creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de la remplir de matière organique, ce qui permet d’enrichir un rang de légume disposé à côté. Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo.

Le Paillage et l'Enrichissement du Sol en Serre

Pour des récoltes abondantes et un écosystème sain sous abri, il est crucial de maintenir un sol vivant.

Un Sol Sain, Source de Vitalité

Sous serre comme en extérieur, le sol du potager se doit d’être enrichi tous les ans si possible, sans quoi la production pourrait diminuer et les plantes devenir plus fragiles. Un sol en bonne santé, vivant, permet aux plantes d’être également en bonne santé. Sous serre, les cycles biologiques sont plus rapides qu’en extérieur à cause de la température moyenne plus élevée, ce qui intensifie l'activité biologique et permet de produire davantage. Le paillage est d’une grande aide, d’autant plus que sous serre, il fait plus chaud, et en été notamment, il économisera de l’eau.

Nourrir la Vie du Sol

Sans soin particulier, le sol sous votre abri pourrait s’appauvrir et surtout perdre un bon nombre de ses micro-organismes et vers de terre. Or, ces petites bêtes sont indispensables au potager. En se déplaçant, elles décompactent le terrain. En se nourrissant de la matière organique, elles la décomposent en nutriments qui deviennent ainsi assimilables par les plantes. Elles ont donc un rôle fondamental dans le maintien de la fertilité et de la structure de votre terre. Pour que les micro-organismes et les lombrics restent dans votre sol, il faut qu’ils s’y sentent bien.

Apports Organiques Réguliers

Pour nourrir tout ce petit monde, amenez une fois par an de la matière organique. En automne ou au printemps, dès qu’une partie de votre serre se libère, déposez du fumier ou du compost. Laissez cet apport en surface puisque c’est là que vivent vos invités. Progressivement, ils vont le transformer et permettre ainsi à vos cultures de l’assimiler. Si des morceaux de fumier vous gênent lors du semis ou de la plantation, incorporez-les à la couche superficielle en restant à moins de 15 cm de profondeur.

Engrais Verts

Quelle que soit la saison, profitez de quelques mois sans culture pour faire pousser un engrais vert. Fauchez-le avant la floraison ou dès que vous aurez besoin de l’espace. L’idéal est ensuite de le broyer (en passant la tondeuse par exemple) et de l’incorporer à votre terrain en surface. Vous pouvez aussi l’utiliser tel quel pour pailler des légumes déjà en place ou pour des zones non productives. L’engrais vert, en plus de favoriser la vie du sol, améliore sa structure. À l’automne, préférez un mélange de céréales et de légumineuses comme le seigle associé à la vesce. En fin d’hiver, s’il vous reste de la place, semez de la phacélie ; ses jolies fleurs attireront les butineurs nécessaires à la fécondation de vos légumes d’été.

Maintenir l'Humidité pour la Vie du Sol

Comme nous, les petites bêtes du sol boivent. Dans la nature, la pluie les hydrate régulièrement. Sous serre, un arrosage de temps en temps est donc nécessaire pour ne pas assoiffer vos hôtes. Prenez garde à ne pas le négliger l’hiver, quand aucune culture n’est en place. Tous les mois, creusez à la main un trou dans votre sol et, si l’épaisseur de la partie sèche fait plus de 3 ou 4 cm, il est temps d’arroser. En été, pour économiser l’eau et le temps de désherbage, on a tendance à n’irriguer que les légumes. Mais pour encourager la vie dans toute la serre, vous devrez veiller aussi à ce que les parties sans production ne soient pas trop sèches. Paillez les allées et les zones nues, enherbez-les avec des engrais verts bas (trèfle, vesce…). En plus de garder l’eau, ce paillage va nourrir les micro-organismes de votre sol.

Le Gîte : Température et Aération

Le maintien d’une température convenable en été comme en hiver sera très apprécié par vos invités du sol. Une bonne aération est primordiale. Tout l’été, votre abri restera ouvert. À la mi-saison et pendant l’hiver, aérez la journée pour faire baisser le thermomètre : vos hôtes détestent les différences de température trop importantes entre la nuit et le jour. Pour les grosses chaleurs, blanchir votre serre ou utiliser des voiles d’ombrage vous fera gagner de précieux degrés.

Favoriser la Biodiversité

Pour préserver un écosystème équilibré, vous devrez favoriser la biodiversité. L’idéal est de garder des “zones sauvages”. Ce n’est pas facile à faire lorsqu’on a une petite serre et beaucoup de légumes à y faire pousser, mais il reste toujours un endroit où le travail du sol est plus compliqué et donc les cultures plus rares : les bords de serre. Pour cela, déposez des copeaux de bois ou du BRF en couche épaisse. Après quelques mois, ces zones grouilleront d’insectes, de micro-organismes, de lombrics, de champignons et même parfois de crapauds, grenouilles et divers reptiles. Faites-vous aider également par les plantes dites “relais” comme le souci ou le bleuet, qui offrent des refuges à certains auxiliaires pendant la saison froide.

Préparation du Sol et Semis Sous Serre

Cultiver en milieu protégé demande une rigueur spécifique pour éviter le dessèchement ou les maladies. La préparation du sol et l'usage du paillage sont essentiels pour obtenir des plants vigoureux et une gestion de l'eau optimisée.

Aménagement du Sol pour les Semis

Outre les diverses plantations, comme celles des tomates ou des concombres, la serre peut également abriter des semis, généralement faits tôt en saison (février/mars/avril) comme les semis de carottes primeurs (Touchon, nantaises 'Tip top'…). Tout d'abord, tracez un sillon puis arrosez-le. Ensuite, déposez les graines au creux du sillon. Les graines étant petites, utilisez un semoir à main pour les répartir au fond du sillon tous les deux à trois centimètres. Pour terminer, recouvrez les petites graines avec un substrat fin, comme un terreau ou du compost tamisé. Rappel : les graines sont recouvertes de 2 à 3 fois leur grosseur.

Le Rôle du Paillage pour les Semis

Dans une serre, la température peut facilement monter jusqu'à 35°C au cours de l'après-midi, ce qui implique normalement un arrosage très régulier, tous les matins ou tous les deux jours. Pour pallier cela, le paillage est une solution efficace. Premièrement, il faut utiliser du paillage fin, comme du BRF ou de la paillette de lin. Ensuite, la mise en place est très simple : posez le chevron sur le semis, étalez abondamment du paillis par-dessus le chevron, jusqu'à le recouvrir, puis répartissez-le de chaque côté. Ainsi, le semis préparé avec ce paillage nécessitera un seul arrosage par semaine, ou un tous les 10 jours selon la météo.

Enrichir le Sol en Serre avec le Compost

Le compost est un allié précieux pour la fertilité du sol en serre.

Utilisation du Compost pour Enrichir le Sol

En faisant un beau compost au jardin, vous pouvez ensuite l’utiliser pour enrichir le sol de la serre. C’est un bon amendement de fond à mettre sur le sol puisqu’il va libérer doucement ses éléments nutritifs. Les plantes gourmandes vont adorer cela. Vous pouvez utiliser du compost mûr, mais aussi du compost un peu plus frais pour laisser un peu de nourriture pour la vie du sol. On peut même aller jusqu’à pratiquer le compostage de surface, qui consiste à déposer les épluchures et autres déchets organiques à même le sol (que du végétal pour éviter les rats). C’est la manière la plus simple de nourrir ses plantes. Mais elle ne nourrit pas le sol de manière complète, alors attention à ne pas utiliser que des engrais organiques ; complétez toujours, de préférence, avec un léger paillage à minima.

Compléments et Fertilisation

Vous pouvez utiliser des engrais liquides, ou des engrais en granulés faits à partir de matériaux naturels. Une petite poignée d’engrais biologique par mètre carré ne fera pas de mal, bien au contraire. Il est même recommandé d'enrichir le sol avec du compost en automne ou au printemps, puis de déposer un paillage par-dessus le compost. Durant la période de culture, vous pouvez aussi complémenter un peu vos plantes avec un bon engrais biologique.

Conclusion

Arriver à garder un sol vivant et un écosystème riche sous abri est la clé pour des récoltes abondantes sur le long terme. Mieux vaut oublier le mythe d’une serre “bien propre”. Désherbez les bords et les allées, mais laissez les herbes arrachées comme paillage. De même, abandonnez-y les résidus “sains” de vos cueillettes.

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