Utiliser l’eau du réseau pour arroser son jardin devient impensable, pour le porte-monnaie comme pour la planète. L’eau est une ressource précieuse, et avec les préoccupations croissantes concernant la conservation de l’environnement et la gestion durable des ressources, la récupération de l’eau de pluie est devenue une pratique de plus en plus populaire. Non seulement elle permet de réduire la consommation d’eau potable, mais elle offre également de nombreux avantages pour votre jardin. Cette eau peut facilement être remplacée par l’eau de pluie, récupérée et dispatchée dans les différentes zones du jardin. Grâce à cet arrosage automatique avec un récupérateur d’eau de pluie, vous aurez le plaisir de continuer à avoir un beau jardin et un potager productif en étant fier de cet éco-geste, si important de nos jours.

Pourquoi privilégier l’eau de pluie au potager ?
L’eau de pluie est une eau douce, sans calcaire, sans chlore, sans produits nocifs apportés par les processus de traitement de l’eau et maintenue à température ambiante. En d’autres termes, c’est une eau de qualité pour votre potager. Elle contient galement de l’azote directement assimilable par les plantes, élément de base dans la nutrition des plantes, qui agit comme un fertilisant naturel et représente un réel moteur de croissance pour elles.
En outre, l’installation et l’utilisation d’un récupérateur d’eau ne nécessite aucun permis et ne souffre d’aucune restriction pour l’arrosage de votre jardin, contrairement à l’eau potable qui fait l’objet d’interdictions de plus en plus fréquentes en période de sécheresse. L’arrosage au jardin et au potager ne nécessite pas d’eau potable, tout comme d’autres usages domestiques. À vrai dire, c’est plus de 50% de l’eau que nous utilisons qui ne nécessite pas d’être potable !
Choisir son système de récupération
Le marché des récupérateurs d’eau est en pleine expansion. Vous aurez désormais le choix entre des dizaines de modèles, de toutes les tailles et à tous les prix. Il existe deux grandes catégories de récupérateurs d’eau de pluie : les aériens et les enterrés.
Les récupérateurs à cuve hors sol
Les récupérateurs à cuve hors sol se placent à proximité d’une descente de gouttière à laquelle ils peuvent être facilement reliés grâce à des raccords. Le système aérien est le plus économique et le plus simple à mettre en œuvre. La cuve est installée hors sol à proximité immédiate d’une descente de gouttière. Le plus souvent en résine de synthèse, elle est durable et résistante aux chocs et aux UV. Leur volume va de 200 à 2 000 L. Ils sont le plus souvent en bois ou en matière plastique et arborent souvent des finitions qui imitent l’osier, le rotin, le bois ou la brique.
Les récupérateurs à cuve enterrée
Les récupérateurs à cuve enterrée offrent un volume beaucoup plus important, allant de 2 000 L à 5 000 L, voire plus. Ce système est bien plus coûteux et exige souvent l’intervention de professionnels pour sa mise en place. Il concerne des besoins en récupération d’eau de pluie importants. Un récupérateur enterré s’installe près de la descente de gouttière et est équipé d’un filtre moins grossier que celui du récupérateur aérien. Il doit être raccordé à la descente mais aussi aux canalisations d’arrivée d’eau de la maison.
Les citernes souples
Les citernes souples, du même type que celles utilisées par les agriculteurs ou les pompiers, sont une solution à étudier. Dispositif autoportant opaque, traité anti-UV et résistant au gel, il peut recueillir de 500 litres à 30 000 litres voire plus. Pour l’installation d’une cuve souple, il faudra cependant penser à terrasser un peu son emplacement, ou du moins l’installer sur un terrain plat. Ces cuves peuvent aussi être installées dans un vide sanitaire ou encore sous une terrasse.
5 conseils pour installer un récupérateur d'eau
Dimensionner sa réserve d'eau
Pour optimiser votre utilisation du récupérateur d’eau, choisissez-le en fonction du volume de précipitations locales. Le calcul est le suivant : précipitations en mm/an * surface de toit * coefficient de perte (0,6 pour un toit plat, 0,9 pour un toit en pente en tuiles).
Évaluer les besoins du jardin
Il ne pleut généralement pas assez pour couvrir tous les besoins en eau d’un potager de bonne taille. Sachez que vous aurez besoin de :
- 100 L d’eau par m² pour un potager.
- 45 à 60 L d’eau pour un jardin avec pelouse et fleurs.
- 32 à 42 L par m² pour des massifs (fleurs et arbustes).
Le mode de culture influence beaucoup la dépendance des plantations à l’arrosage artificiel. Les cultures en pleine terre sont généralement capables d’aller chercher l’eau en profondeur, à l’inverse des cultures en pot qui, faute d’espace et en absence de profondeur de sol, devront être souvent arrosées. À des températures inférieures à 20 degrés, environ 1 à 2 litres d’eau s’évaporent par mètre carré et par jour. À des températures supérieures à 30 degrés, cette quantité quadruple pour s’élever à environ 4 à 8 litres.

Installation et mise en service
Entre la descente de gouttière et le récupérateur, un raccord adapté à la configuration doit être installé, avec un filtre entre les deux qui va éviter que des déchets végétaux ou organiques arrivent dans le récupérateur. Identifiez l’emplacement où fixer le collecteur du côté de la cuve, généralement sur sa partie supérieure. Utilisez un niveau pour marquer un trait au crayon sur la cuve, en vous assurant qu’il est centré par rapport à l’emplacement prévu pour le collecteur.
Veillez à installer votre récupérateur sur un sol plat et capable de supporter plusieurs centaines de kilos. Par précaution, certains jardiniers n’hésitent pas à fixer leur cuve à un mur de façon à éviter tout accident. Pour éviter le développement d’algues, veillez à abriter la cuve du soleil et empêchez au maximum toute entrée de résidus polluants. Vous pouvez peindre votre cuve en noir afin que les rayons du soleil n’atteignent pas l’eau, ou confectionner un bardage en bois.
Systèmes d'arrosage automatique
Comment est composé un arrosage automatique ? Il se compose d'une pompe, d'un programmateur, d'électrovannes et du réseau de distribution.
La pompe et la pression
Pour avoir de la pression à la sortie d’un récupérateur d’eau, il faut soit utiliser une pompe, soit installer le récupérateur en hauteur. Surélever la cuve d’un mètre permet d’augmenter la pression de 0,1 bar. Les pompes pour récupérateurs d’eau de pluie sont électriques et de deux types :
- La pompe de surface : installée à proximité du récupérateur ou accrochée au récupérateur. Elle fonctionne en aspirant l’eau et en la rejetant vers sa sortie sur laquelle sera branchée le tuyau d’arrosage.
- La pompe immergée : placée dans l’eau du récupérateur, elle envoie l’eau grâce à la force centrifuge.
Le programmateur et les électrovannes
Fixé sur la sortie d’eau, le programmateur est celui qui commande l’arrosage et gère les horaires et la durée. Pour faire des économies d’eau, il peut être relié à un pluviomètre et à une sonde d’humidité qui lui indiquent s’il va pleuvoir et si l’humidité du sol est suffisante. Les électrovannes, quant à elles, sont des robinets dont l’ouverture et la fermeture sont commandées par le programmateur. Elles ont besoin d’une certaine pression d’eau pour fonctionner.

Le réseau de diffusion
Le système d’arrosage est constitué de tuyaux simples ou avec dérivations et arroseurs.
- Tuyaux microporeux : ce type de tuyau laisse perler l’eau sur la totalité de sa surface. Il convient aux planches potagères où les végétaux sont plantés en lignes de plants assez serrés.
- Tuyaux goutte-à-goutte : ils sont percés de petits trous à intervalles réguliers et conviennent aussi pour les plantations en ligne. Ils peuvent être utilisés en surface ou enterrés.
- Micro-irrigation : composé d’un tuyau principal et de dérivations à l’extrémité desquels se trouvent un goutteur ou un micro-asperseur. Les premiers laissent s’écouler l’eau goutte par goutte, tandis que les seconds donnent une pluie fine sur quelques mètres, convenant bien aux terres légères et aux massifs.
Astuces pour une gestion optimale
Si vous n’avez pas grand-chose à investir pour le stockage de l’eau de pluie, vous pouvez vous contenter de ce que vous trouverez. Bidons, tonneaux et divers récipients de grande contenance feront l’affaire. Si vous possédez déjà une petite capacité de stockage d’eau, vous pouvez, avec un système de trop-plein, mettre plusieurs cuves en série afin d’augmenter votre quantité de stockage.
Au-delà de son intérêt pour l’arrosage, le stockage de l’eau de pluie peut aussi être utilisé comme stockage de chaleur ! En installant des cuves dans votre serre par exemple, dès que les rayons du soleil pointent leur nez, l’eau des cuves se réchauffe. Elle permet de faire une masse tampon de chaleur. Si vous cultivez des plantes sensibles au gel, vous pouvez donc les placer à côté de votre système de récupération d’eau. Elles bénéficieront ainsi de l’inertie thermique de vos cuves.
Enfin, n’oubliez pas que la récupération de l’eau de pluie est une pratique complètement en accord avec les principes de la permaculture. L’eau est une ressource qui se fait de plus en plus rare en été. En stockant les précipitations qui tombent tout au long de la saison, vous devriez pouvoir vous passer, au moins en grande partie, de l’eau du réseau. Et en particulier si vous avez un petit potager.
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