
Le monde du football est en constante évolution, et les infrastructures sportives ne font pas exception. L'adoption de pelouses synthétiques par les clubs, autrefois rare, est devenue une tendance significative, offrant des avantages tant sur le plan sportif qu'économique. La Berrichonne de Châteauroux a été un pionnier à cet égard parmi les clubs de Ligue 2, marquant un tournant dans l'utilisation de ces surfaces. Cet article explore les différentes phases et implications de l'installation et de l'évolution des pelouses synthétiques au stade Gaston-Petit, ainsi que les projets similaires ailleurs.
L'Avènement du Synthétique à Gaston-Petit : Un Changement Majeur
C'est un soir particulier que la Berrichonne a inauguré sa nouvelle surface synthétique au stade Gaston-Petit. Après Lorient et Nancy, deux clubs évoluant en Ligue 1, Châteauroux est devenu le premier club de Ligue 2 à se doter d'une pelouse synthétique. Ce soir-là, face à Sedan, les Castelroussins, qui avaient débuté la saison à Guingamp en ramenant un match nul (1-1), allaient être confrontés à l'un des prétendants à l'accession en Ligue 1. Le club des Ardennes, ayant terminé 5e du championnat la saison précédente et venant de battre Nantes (2-0) lors de la journée d'ouverture, représentait un défi de taille. Mais au-delà de l'aspect purement sportif, ce premier match de la saison attirait bien des curieux.
Le foot sur synthétique n'est pas tout à fait le même que celui pratiqué sur une pelouse naturelle. Didier Tholot, l'entraîneur de la Berrichonne, l'expliquait pendant la trêve : « Il faut de la vitesse car le ballon va plus vite dans la profondeur et dans les intervalles. Techniquement, il faut donc être plus précis. » Les amoureux du ballon rond et du beau geste technique pouvaient donc trouver leur compte avec le synthétique de Gaston-Petit. Encore fallait-il que les joueurs castelroussins s'y adaptent le plus vite possible.
L'Impact sur le Jeu et les Attentes
La pelouse synthétique était perçue comme un moyen de tirer l'équipe vers l'excellence. Jean-François Mayet, alors maire de Châteauroux et à l'origine du terrain synthétique à Gaston-Petit, dont la Ville est toujours propriétaire, se disait impatient de voir évoluer la Berrichonne sur cette nouvelle surface. Dans un entretien accordé début juillet, il indiquait que « Le jeu technique y est récompensé. S'il existe une différence entre pelouse naturelle et synthétique, cela devrait donner un avantage à la Berrichonne. En cela, nous la tirons vers l'excellence. » L'objectif était clair : fournir une surface de jeu constante et de haute qualité, sans les caprices des conditions météorologiques, pour optimiser les performances de l'équipe.
L'un des avantages mis en avant par Élise Bouyssou, adjointe au maire en charge de la politique de l'éducation et du sport, était l'optimisation de l'utilisation de ce gazon synthétique, sans dépendre des arrêtés municipaux interdisant de jouer sur des terrains impraticables en raison des conditions météo. Elle concluait : « Les clubs n'auraient plus à limiter leur nombre d'adhérents, dont des enfants. » Cela soulignait l'impact positif attendu sur l'accessibilité de la pratique sportive pour un plus grand nombre de licenciés.
Les Considérations Économiques et Écologiques du Projet
Le coût total des travaux pour la première pelouse synthétique était estimé à 900 000 euros. Il est important de noter que l'entretien de l'ancienne pelouse naturelle de Gaston-Petit était estimé chaque année à 50 000 €, somme à laquelle il fallait ajouter 10 000 € pour l'arrosage. La durée de vie de la nouvelle pelouse synthétique du stade municipal était estimée à une dizaine d'années. D'après les témoignages obtenus en Allemagne, où le synthétique est utilisé depuis plus longtemps qu'en France, douze années d'utilisation semblaient même envisageables.

Un projet similaire à Sarlat, évalué à 1 million d'euros, pourrait être subventionné à hauteur de 70 % par la Fédération française de football (FFF). Ce projet, sorti du chapeau en toute fin de Conseil municipal, jeudi 11 décembre, a vu la Ville adopter une délibération soutenant la création d'un terrain synthétique à la plaine de la Canéda. Le contexte des infrastructures pour les deux clubs qui comptent le plus grand nombre de licenciés (Club Athlétique Sarladais et FC Sarlat / Marcillac), dans les deux disciplines les plus populaires (rugby et foot) était connu : les terrains étaient saturés tandis que le réseau de drainage du terrain d'honneur du FCSM nécessitait d'être restauré.
Concrètement, le maire de Sarlat devait solliciter des subventions auprès de deux grands financeurs que seraient la Fédération française de football (FFF) et l'État. Élise Bouyssou avait pris soin de déminer en amont en expliquant que la FFF « octroie des financements importants, cela peut aller jusqu'à 700 000 euros d'aides à l'investissement. On ne va pas faire dépenser à la ville 1 million d'euros pour un terrain synthétique ». L'élue poursuivait : « Le but serait de limiter le reste à charge pour la ville. »
François Coq, élu écologiste d'opposition à Sarlat, a requis d'être vigilant sur « la qualité de l'ouvrage » et notamment sur l'emploi de microparticules de plastique ainsi que sur le traitement des déchets en fin de vie de l'équipement (15 à 20 ans). Élise Bouyssou a répondu que ces nouvelles pelouses devenaient écoresponsables avec l'usage « de liège et noyaux d'olives concassés ». Cela démontre une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux liés à ces installations.
L'Évolution vers les Pelouses Hybrides : Une Nouvelle Génération
À l'été 2017, la pelouse synthétique du Stade Gaston-Petit a été enlevée pour laisser place à une pelouse hybride. La première opération de remplacement a eu lieu ce mercredi 31 mai : elle a consisté à d'abord retirer, épousseter et rouler la pelouse synthétique. En 72 heures à peine, elle est venue à bout de cette première étape, car le temps pressait. Une précaution bien utile vu les importantes transformations à opérer ces prochains jours pour installer la nouvelle pelouse : « Demain nous allons être avec une différence importante de surface de gazon. »
Ce travail très spécialisé a été effectué par une entreprise vendéenne qui a déjà réalisé les pelouses de Lorient et Bordeaux, et le système choisi avait fait ses preuves en Coupe d'Europe. Mais tout cela a un coût : 966 000 euros. Aujourd'hui, nous en savons un peu plus sur les chiffres puisque le projet a coûté 969 000 € concernant le changement de pelouse, auxquels on peut ajouter 190 000 € par an pour un contrat d'entretien signé pour trois ans.
Gazons synthétiques : quels effets sur la santé?
Christophe Bouchet, maire de Tours, s'est déplacé il y a quelques jours à Châteauroux pour observer la pelouse des installations de Gaston-Petit, car selon lui « à Tours, les terrains du stade et d'entraînement sont en fin de vie. Il faut désormais y répondre. » Cette visite avait pour but de connaître les produits du marché car le maire de Tours souhaiterait remettre à neuf le Stade de la Vallée du Cher, utilisé par les joueurs du Tours FC et appartenant à la Ville de Tours. En effet, le club de Châteauroux a fait appel à la société Sportingsols pour la mise en œuvre de son gazon hybride qui repose sur du substrat Airfibr à l'été 2017, comme nous en parlions dans cet article.
L'ancienne pelouse synthétique devait disparaître au profit d’une pelouse naturelle, mais l'évolution vers l'hybride représente un compromis intéressant, combinant la résilience du synthétique et les qualités du naturel. Ce passage au système hybride témoigne d'une recherche constante d'amélioration des conditions de jeu et d'une adaptation aux nouvelles technologies.
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