La Récolte du Tournesol en Région de Tours : Un Défi entre Conditions Climatiques et Optimisation des Pratiques

Le tournesol, plante emblématique dont le capitule s'oriente vers le soleil, occupe une place de plus en plus significative dans le paysage agricole français. Il s'impose comme le deuxième oléagineux produit sur le territoire national, apprécié pour la qualité de son huile et ses multiples atouts agronomiques. Cependant, la récolte de cette culture, particulièrement en région Centre-Val de Loire, et notamment autour de Tours dans le Lochois, est soumise à des conditions spécifiques et des défis climatiques parfois intenses. Les agriculteurs doivent faire preuve d'une grande vigilance pour déterminer la période optimale et adopter les meilleures pratiques.

Quand Récolte-t-on le Tournesol en Touraine ? Dates et Indicateurs de Maturité

La période de récolte du tournesol est un moment crucial qui influence directement le rendement et la qualité des graines. En général, nous sommes tout début octobre, période considérée comme optimale pour la récolte du tournesol. Toutefois, cette fenêtre peut varier considérablement en fonction des conditions pédoclimatiques de l’année et de la précocité de la variété choisie. Par exemple, en se basant sur les données météos d’une station, une variété précoce semée le 1er avril peut être récoltée, en moyenne, entre le 20 et le 25 août. Pour les semis réalisés en dérobé, il est absolument essentiel que le tournesol soit récolté vers le 20 octobre au plus tard, chaque jour gagné au semis étant alors important.

calendrier de récolte du tournesol

Pour reconnaître que le tournesol est mûr et prêt à être récolté, plusieurs indicateurs visuels sont à observer attentivement. Dominique, agriculteur à Tennie dans la Sarthe, explique que la plante est bonne à récolter parce qu’elle est desséchée, elle n’a plus de feuille verte. Il ajoute que quand il regarde l’arrière du capitule, il est d’une couleur brun et va passer au noir. Nous sommes alors au stade optimum avec environ 12% d’humidité dans le grain. D’autres observations précisent qu'un tournesol prêt à être récolté n’est pas celui qui est entièrement noir mais celui qui a une ou deux feuilles vertes en sommet de plante, un capitule jaune sur le centre et un b# La culture et la récolte du tournesol : de la maîtrise agronomique aux défis climatiques

Le tournesol, connu pour être la plante qui s'oriente en fonction du soleil, est une culture de plus en plLa récolte du tournesol en Touraine : Enjeux, méthodes et calendrier de production

La culture du tournesol, connu pour être la plante qui s'oriente en fonction du soleil, est une production de plus en plus prisée par les agriculteurs en France, au point de devenir le 2ème oléagineux produit sur le territoire. En région Centre-Val de Loire, et plus précisément en Touraine, cette plante occupe une place stratégique dans les rotations céréalières. La récolte des graines de tournesol doit être menée au bon stade pour optimiser le rendement et s'assurer des quintaux supplémentaires qui peuvent aller de 2 à 6 q/ha. Afin de maximiser vos rendements, il est crucial de comprendre les indicateurs de maturité et les contraintes climatiques spécifiques à la région de Tours.

Les indicateurs visuels et techniques de la maturité

Au champ, il est essentiel de bien observer vos tournesols pour déterminer le moment opportun. Nous sommes dans une parcelle de tournesols prêts à être récoltés quand nous arrivons au tout début octobre, ce qui constitue souvent la période optimale dans le bassin tourangeau. Comment reconnaît-on que le tournesol est mûr ? La plante est bonne à récolter parce qu’elle est desséchée ; elle n’a plus de feuille verte. Un tournesol prêt à être récolté n’est pas celui qui est entièrement noir mais celui qui a encore une ou deux feuilles vertes en sommet de plante, un capitule jaune sur le centre et un bord marron.

Gros plan sur un capitule de tournesol arrivant à maturité avec les fleurons qui se détachent

Quand on regarde l’arrière du capitule, il est d’une couleur brun et va passer au noir. À ce stade, les fleurons se détachent tout seuls et la tige devient brune. Nous sommes alors au stade optimum avec environ 12 % d’humidité dans le grain. En règle générale, il est conseillé de récolter lorsque l’humidité de récolte est comprise entre 9 et 15 % d’H2O. Récolter trop tôt est synonyme d’acidités, d’impuretés et de pertes au séchage, tandis que récolter trop tard est synonyme de pertes physiologiques avec un grain trop sec, de dégâts d’oiseaux voire d’égrenages. En moyenne, une mauvaise date de récolte c’est environ 2 quintaux de perdus.

La culture du tournesol🌻 : Comment reconnaître la maturité?

Le processus mécanique de la moisson et la préservation de la qualité

Comment fonctionne une moissonneuse-batteuse lors de cette étape cruciale ? La machine va couper les tiges du tournesol avec les capitules. Tout est convoyé vers le batteur, qui va égrener le capitule. On va donc récolter les graines qui sont sur l’ensemble du capitule, et tout le reste de la plante va être rejeté sur la parcelle. Cette graine va être enlevée de la plante : c’est la phase battage et égrenage. Ensuite, les graines sont nettoyées par soufflerie pour avoir une récolte propre, prête à être commercialisée.

Lors de la récolte, il faut impérativement éviter de casser les graines, parce que l’on perd de la valeur nutritive et les graines se conservent moins bien. Il faut également obtenir le moins d’impuretés possible. Quand la plante passe dans la moissonneuse, tout est éclaté et la difficulté est de ne garder que les graines. L'agriculteur ne récolte que la graine et laisse le reste des résidus au sol.

Moissonneuse-batteuse équipée d'un cueilleur à tournesol en action dans un champ de Touraine

L'impact des conditions climatiques : le cas particulier des années pluvieuses

En Touraine, l'année 2024 n'a pas battu les records absolus de pluie, mais elle reste une année particulièrement pluvieuse. Surtout, cela faisait depuis le début des années 2000 que l'Indre-et-Loire n'avait pas été aussi arrosée. Ces précipitations enregistrées depuis la préparation des sols jusqu’à la récolte expliquent des résultats plus que décevants dans la grande majorité des situations. À Saint-Senoch dans le Lochois, certains céréaliers n'avaient jamais vécu une telle année. Après l'orge, le blé et le colza, les tournesols ont souffert de l'excédent de pluie.

L'excédant d'eau compromet gravement les récoltes céréalières. Sur certaines parcelles, la terre est tellement gorgée d'eau que plusieurs pieds de tournesol sont couchés au sol, déracinés. Sur ceux qui tiennent encore debout, les graines peuvent pourrir directement sur la fleur. Cela compromet la récolte, la qualité et la quantité. Si la météo pluvieuse insiste, il y a un moment donné où le grain devient impropre à la consommation.

Champs de tournesols versés et sols saturés d'eau après les intempéries en Indre-et-Loire

De plus, la portance des sols devient un problème majeur. Rien que rentrer dans les champs avec la moissonneuse relève du défi car la machine s'enlise. Les pluies très importantes sur septembre empêchent les parcelles à maturité d’être récoltées en temps et en heure. Quand la portance le permet, les récoltes se font entre les pluies mais avec des humidités de graines élevées engendrant des coûts de séchage importants. Le chiffrage est difficile mais un certain nombre de parcelles ne peuvent tout simplement pas être récoltées.

Stratégies de semis et cycles de développement en région Centre

Le choix de la date de semis est primordial pour réussir l'implantation de son tournesol. La période de semis se situe généralement entre mars et mai. L’optimum pour maximiser le potentiel est de pouvoir semer courant avril, ce qui permet d'atteindre la maturité dans de bonnes conditions. En Touraine, on considère qu’à partir du 20-25 mai, il est déconseillé de semer du tournesol en raison du risque d’atteinte de maturité, alors trop tardive voire jamais atteinte.

Pour prendre la décision du semis, rappelons que le tournesol a besoin d’un cumul de température d’environ 90° jours base 6°C entre le semis et la levée. Il est possible de faire la moyenne des températures mini et maxi du sol (prendre la température à 8h00 et à 14h00) et retrancher 6 °C. Il est recommandé de semer lorsque le cumul des températures atteint 90° jours en 10 à 15 jours maximum. En fonction des bassins de production et des conditions pédoclimatiques de l’année, lorsque le semis est réalisé le 1er avril, une variété précoce est récoltée, en moyenne, entre le 20 et le 25 août.

Schéma explicatif du calcul des degrés-jours pour la levée du tournesol

Le tournesol est une plante à racine pivotante et à cycle court. Ces deux caractéristiques en font une culture exigeante vis-à-vis de la structure du sol. Le moindre obstacle au développement racinaire peut occasionner des pertes importantes en rendement. Il est donc impératif de vérifier la bonne structure de son sol pour que le pivot descende correctement. La profondeur à laquelle descendent les racines est gage d’une bonne alimentation hydrique : les besoins du tournesol en eau sont estimés à 480/500 mm sur un cycle.

La gestion des ravageurs : limaces et oiseaux

Oiseaux et limaces représentent le risque majeur de la prédation pour la culture du tournesol. La gestion des limaces doit commencer parfois 15 jours avant le semis en mettant des pièges. Si l'on en trouve plus de 10 au m², un traitement peut être nécessaire. Au moment du semis, certains agriculteurs placent de l’anti-limace directement dans et sur la ligne de semis car si le germe est coupé, la plante meurt.

La culture du tournesol🌻 : Comment reconnaître la maturité?

Pour les oiseaux, en particulier les pigeons et les corbeaux, les méthodes habituelles comme les épouvantails ou les canons montrent leurs limites car en 2 à 3 jours, les oiseaux s’habituent. Une piste prometteuse consiste à les perturber avec du végétal, soit vivant soit en décomposition. Par exemple, le semis de féverole en février à 100 kg/ha peut fonctionner, mais elle doit être détruite absolument au plus tard au stade 1 paire de feuilles du tournesol. Certains agriculteurs utilisent également des techniques de camouflage ou des affûts mobiles pour protéger les parcelles au moment de la levée, période où la plante est la plus vulnérable.

L'agriculture de conservation (ACS) et les innovations culturales

La culture du tournesol en Agriculture de Conservation des Sols (ACS) est l’une des plus difficiles mais offre des opportunités d'innovation. Le semis direct sous couvert permet de mieux garder l’eau du sol et de limiter les risques de sécheresse. En ACS, il est préférable de semer lentement, aux alentours de 5 km/heure, pour assurer la régularité de la profondeur de semis et la bonne fermeture du sillon. L’écartement idéal est de 40 à 60 cm, bien qu'un semis à 75 cm soit possible pour utiliser le matériel existant.

Semis direct de tournesol dans un couvert végétal de trèfle et de vesce

Il est également possible de semer avec le tournesol une autre plante de printemps qu’on souhaite conserver par la suite, comme la luzerne, le trèfle blanc ou violet. Les résultats obtenus sont très souvent satisfaisants avec peu d’impacts sur le rendement du tournesol. D’autres idées existent, comme l'association avec des lentilles fourragères pour mieux gérer l’enherbement dans les espaces laissés libres. Une autre technique consiste à semer de l'orge en même temps que le tournesol pour multiplier le nombre de plantules à disposition des limaces, diminuant d’autant les dégâts sur la culture principale.

Fertilisation et besoins nutritionnels de la plante

L’azote est un élément primordial pour la croissance, et il est bon de faire un apport de 40 à 80 unités en fonction des reliquats de la culture précédente. Cependant, avec un semis tardif et une minéralisation du sol qui a repris, l’engrais starter est rarement valorisé. Le tournesol est une plante mycorhizienne, et le starter pourrait même être plus nocif qu’utile dans un sol riche en champignons bénéfiques.

Il ne faut pas oublier que le bore est un élément indispensable au tournesol et que toute impasse est à proscrire : 500 grammes en fertilisation foliaire suffisent au stade 8 à 10 paires de feuilles. La culture est moyennement exigeante en potasse et peu exigeante en phosphore, supportant assez facilement une impasse d'apport en ces deux éléments, bien que la potasse sous forme de sulfate semble avoir un impact positif sur le rendement.

Variétés, débouchés et valorisation de la production

Il existe deux grandes familles de tournesol : les tournesols oléiques et les tournesols linoléiques. La différence essentielle réside dans la composition en acides gras. L'huile de tournesol est principalement utilisée pour des usages industriels et nutritionnels. Les graines peuvent également servir en nutrition animale pour l'oisellerie. Dans certains cas, comme pour les cultures en dérobé où la récolte peut être tardive et le séchage coûteux, une valorisation via la méthanisation est possible. Le tournesol est alors ensilé, ce qui simplifie le travail en libérant le sol plus tôt.

Le tournesol est aussi une excellente tête de rotation pour les céréales à paille, car il libère le sol suffisamment tôt pour une implantation dans les meilleures conditions. Il introduit une rupture dans le cycle des maladies des graminées et permet d’alterner les matières actives utilisées pour le désherbage. De plus, sa floraison tardive est particulièrement intéressante pour la biodiversité, notamment pour les abeilles.

Ruches installées en bordure d'un champ de tournesols en pleine floraison

Culture du tournesol à l'échelle du jardinier

Pour réussir vos semis de tournesol à petite échelle, choisissez des graines de qualité biologique. Vous pouvez les semer dans des godets en tourbe remplis de terreau léger et bien drainé au mois de mars ou avril. Les graines germent mieux à une température d'environ 20°C. Après la levée, vous pouvez repiquer les plants en pleine terre lorsque tout risque de gel est écarté.

Pour un semis extérieur direct, il est préférable d'attendre le mois de mai. Semez les graines à une profondeur d'environ 2 à 3 centimètres et espacez-les de 30 à 45 centimètres. Une fois les plants bien développés, veillez à les tuteurer si nécessaire pour les aider à supporter le poids de la fleur. La récolte au jardin se fait quand les fleurs commencent à faner. Il suffit alors de couper la tête de la plante et de la suspendre à l'envers dans un endroit sec et aéré. Une fois sèches, les graines se détachent en les frottant délicatement et doivent être conservées à l'abri de l'humidité.

tags: #date #recolte #tournesol #tours