C’est un pur bonheur que de consommer des haricots frais tout juste récoltés de son potager. Aucun flétrissement, aucun pesticide, aucun transport, pas de stockage en frigo qui provoque une perte de goût. Non, ici, nous allons en prendre plein les papilles. Mais pour cela, faut-il semer correctement cette culture faute de vite avoir des désillusions. La réussite de cette culture populaire et appréciée, qu'il s'agisse d'une petite parcelle familiale ou d'une exploitation maraîchère, dépend fondamentalement de la compréhension et de l'application de techniques de semis appropriées, en particulier en ce qui concerne la densité de plantation et la quantité de semences nécessaires. Cette approche garantit non seulement une bonne germination, mais aussi un développement optimal des plants, conduisant à des récoltes généreuses et étalées dans le temps.
Les Fondamentaux du Semis : Conditions Optimales et Périodes
Le haricot, légume d’été incontournable du potager, est facile de culture et extrêmement productif. Toutefois, il est très sensible au froid. Un petit -2° de bon matin et voilà vos jeunes plants grillés sur place. Alors première indication, hors de question de vous aventurer à semer cette culture si la météo prévoit des températures négatives dans les jours à venir. Autre paramètre de taille, les haricots détestent un sol trop froid. Autant les laitues, petits pois et autres épinards s’y régaleront, autant les haricots détesteront. Le haricot est une plante annuelle de la famille des fabacées, dont la germination commence à partir de 12°C. Il est essentiel d'attendre que le sol soit bien réchauffé avant tout semis en pleine terre.

Alors, patience, laissons le printemps réchauffer petit à petit les premiers centimètres de terre pour que ceux-ci atteignent une température idéalement autour des 15°C. Pour les plus impatients, 12°C suffiront pour espérer une germination. Mais une germination qui mettra plus de temps, bien 15 jours au lieu d’une semaine à cause de températures encore trop fraîches. À 15°C, c’est parti pour le semis des haricots ! Avec ces indications, comprenez que le créneau de semis pourra s’étendre d’avril à juillet, voire début août pour les haricots nains, sous climat doux. Durant ce laps de temps, les gels seront absents. Les semis tardifs de juillet auront, eux, le temps d’arriver à maturité avant le retour des premiers froids. Pour les climats plus frais, vous pourrez semer de début mai à début juillet. Jean-Paul Thorez, l’auteur du Guide du jardin bio, recommande de semer dès la mi-mai, une fois le risque de gelées écarté.
Au potager d’Olivier, plusieurs fois des semis précoces n'ont pas survécu à un gel tardif. C'est pourquoi, même sous climat très doux, il ne sème qu’à partir de mi-avril. Le sol commence alors à bien se réchauffer et aucun risque d’excès d’humidité ne pourrait faire pourrir les graines. Le taux d’humidité du sol conditionne en effet la germination des haricots nains. Ils ne vont pas germer dans un sol trop sec, et si au contraire celui-ci est trop humide, les graines vont pourrir. Il est donc important de maintenir un sol frais lors de la levée pour permettre une implantation rapide, tout en évitant l'excès d'eau.
Diversité des Variétés et Influence sur la Culture
La culture du haricot ne manque pas de diversité. Que ce soit sur des critères de couleurs, de hauteur des plants, vous aurez le choix entre des dizaines de variétés. Le haricot se décline en variétés savoureuses, qui accompagnent chaque plat, qu'il soit à gousses vertes (mangetout), jaune (beurre) ou d’une couleur plus originale, comme le violet. Il existe de nombreuses variétés de haricots, nains ou à rames, filets, à écosser ou mangetout, verts, jaunes, violets ou striés de rouge.
Les haricots grimpants ou à rames auront plusieurs avantages. Ils apporteront une beauté visuelle à votre potager tout en permettant des récoltes bien pratiques à hauteur des yeux et des récoltes plus étalées dans le temps. Contrairement au haricot à rames qui dépasse allègrement les 2 mètres, le haricot nain se contente de ses 40 à 60 cm pour une culture en ligne et une récolte à portée de main. Les variétés naines, plus classiques, n’auront pas besoin de tuteurage, ce qui simplifie leur installation. Les haricots à rames peuvent atteindre 2 à 2,50 m de haut et nécessitent d'être conduites sur des tuteurs autour desquels les tiges s'enroulent.

À noter que vous pourrez choisir entre des haricots dits « filets » et des haricots dits « mangetouts ». Les haricots filets sont plus fins encore, plus goûteux, mais peuvent rapidement faire du fil. Il faudra alors les récolter tous les 2 ou 3 jours pour ne pas qu’ils deviennent trop matures. Ce sont les meilleurs au niveau gustatif, mais ils nécessitent des soins attentifs et des cueillettes régulières pour conserver toute leur qualité gustative, sinon ils prennent le fil. Au contraire, les haricots mangetouts, eux, peuvent accepter une récolte seulement toutes les semaines, sans faire de fil. Ils restent tendres longtemps car ils ne prennent ni fil, ni parchemin (membrane assez fibreuse qui tapisse l'intérieur de la gousse). Ils peuvent ainsi être récoltés à différents stades de maturité, même avancés. Leur saveur est moins fine que les variétés à filets mais leur rendement est sensiblement supérieur. Ce critère de choix entre haricots filets et mangetouts est de moins en moins utilisé, et d’ailleurs, vous verrez souvent des sachets de graines sans spécifier si les haricots sont « mangetouts » ou « filets ».
Les haricots à écosser sont des variétés où l’on consomme uniquement les grains à l’état demi-sec ou sec. Pour conserver vos récoltes abondantes, n'hésitez pas à congeler vos haricots verts, et ce quelle que soit la variété d'haricots. Les haricots demi-secs se conservent au réfrigérateur ou au congélateur. Les haricots frais se consomment immédiatement ou dans les 2 ou 3 jours.
Parmi les variétés naines, on trouve :
- Haricots nains mangetout sans fil : comme ‘Contender’, hâtif, rustique et productif à très longues gousses sans fil, adapté à la consommation en frais, la conserve et la congélation. Le ‘Maxi’ est aussi recommandé pour la congélation ou la conserve.
- Haricots nains à filets : ‘Triomphe de Farcy’ (fin) et ‘Fin de Bagnols’, nécessitant une récolte tous les 2-3 jours.
- Haricots nains extra-fins : ‘Organdi’ (très savoureux, pour enfants et palais délicats) et ‘Talisman’ (précoce, produisant des gousses sans fil, abondant et résistant aux maladies).
- Haricots nains beurres : ‘Carson’ (à gousse jaune) et ‘Or du Rhin’ (ou ‘Merveille de Venise’), un mangetout beurre avec des gousses jaunes et longues.
Au potager d’Olivier, il a eu la chance d’essayer d’innombrables variétés au cours de ces nombreuses dernières saisons. Une chose est certaine : du moment que les haricots sortent de notre potager, de notre production, ce sera à coup sûr un régal. La seule attention à porter est de ne pas trop tarder à récolter avec les variétés anciennes de haricots filets, sous peine d'avoir des fils une fois dans l’assiette, ce qui est vite désagréable. Concernant les variétés grimpantes, il en installe quelques-unes chaque saison à la base de treillis, ne serait-ce que pour la beauté qu’elles apportent au potager.
Préparation du Sol et Fertilisation pour un Démarrage Optimal
La culture du haricot n’est pas la plus exigeante en richesse de sol. Néanmoins, elle se plaira dans une terre légère, non compacte, fraîche ne retenant pas l’humidité, et riche d’un fumage précédent. Toutefois, ils redoutent l’excès de calcaire. Si aucune fertilisation n’a été apportée à l’automne, il est toujours temps de le faire juste avant le semis. Apportez une bonne poignée d’engrais organique par mètre carré ou 2 bonnes pelletées de compost. Vous pouvez aussi apporter ces 2 apports à la fois, du compost et de l’engrais biologique. Ces engrais biologiques, élaborés à base de matières organiques végétales et animales, aident à une bonne croissance.
Bien préparer son sol potager à l'automne
Pensez aussi à la fertilité physique du sol. Décompactez votre sol si vous ressentez que celui-ci manque d’aération, d’oxygénation. Vous le verrez vite en voulant prendre une poignée de terre à pleine main. Si vous pouvez le faire sans outil, ne touchez à rien ! Si vous ne pouvez pas creuser à main nue, décompactez alors votre sol délicatement, que ce soit avec une grelinette, un croc ou une fourche.
Au potager d’Olivier, chaque automne, il prend le temps d’amender considérablement l’ensemble du potager, que ce soit avec du compost de fumier, du compost végétal ou du compost ménager. Des paillages sont aussi apportés pour alimenter à la fois la vie du sol et les futures cultures qui prendront place (parfois du foin, des feuilles, de la paille, du compost grossier de surface…). Pour les cultures les plus gourmandes, il ajoute parfois un peu d’engrais organique, qu’il soit liquide ou en granulés. Pour les haricots, il en utilise seulement s’ils prennent la place d’une culture déjà gourmande, par exemple un semis qu'il effectue après une culture de poireaux.
Pour optimiser au maximum les nutriments de la terre, il est conseillé de cultiver, avant les haricots, les légumes feuilles type salades, laitues, choux. Après les haricots, cultivez sur la même parcelle des légumes racines comme les carottes, les navets et les radis. Le haricot fait partie de la “milpa”, la célèbre association originaire du peuple aztèque mêlant courge, haricot et maïs. Le haricot offre de l’azote à la courge et au maïs, lequel sert de tuteur au haricot. Avec leur feuillage charnu, les courges gardent un sol frais. Les haricots sont des légumineuses, et lorsque la culture sera terminée, laissez les racines en terre, elles enrichiront le sol, et faites suivre leur culture par une culture exigeante en azote.
Concernant l’exposition, semez votre culture au plein soleil. Une exception néanmoins, vous pourrez semer à mi-ombre pour les semis de plein été, en juin, juillet, sous les climats les plus chauds. Les températures sont vite trop chaudes pour cette culture sous ces climats du sud. Pensez que 20 à 25°C est idéal. Alors autant une mi-ombre ne sera pas bienvenue en avril ou mai.
Techniques de Semis et Densités de Plantation : Calcul pour l'Hectare
Pour bien semer vos haricots, vous aurez le choix entre deux techniques principales : le semis en ligne ou le semis en poquets. Ils ont la même efficacité. Le choix dépend souvent des préférences du jardinier, du type de haricot et du système d'irrigation.
1. Le semis en ligne :Cette technique est plutôt utilisée pour les haricots nains. En ligne, vous disposerez une graine tous les 4 à 5 cm dans des sillons profonds de bien 3 cm. Il est également mentionné de semer une graine tous les 10 cm. Quelle que soit la distance entre les graines, espacez vos lignes de semis de bien 50 cm. D'autres sources indiquent d'espacer les rangs de 30 à 40 cm. Pour la culture maraîchère, l'implantation au semoir peut se faire avec une graine tous les 5 cm pour le haricot nain et tous les 10 cm pour le haricot rame. Une fois les graines semées, refermez les sillons et tassez légèrement.
2. Le semis en poquets :En poquet, semez 6 à 7 graines tous les 35 cm, regroupés pour former par la suite de gros bouquets de plants de haricots. Une autre recommandation est de semer en poquets de 5 à 6 graines distants de 40 cm. L'espacement des lignes reste généralement de 50 cm. Si vous avez un arrosage par goutteur, cette technique peut être plus adaptée pour semer autour de chaque goutteur. Au potager d’Olivier, si la parcelle est irriguée par goutte-à-goutte, il sème alors en poquet autour de chaque goutteur. Cela permet la meilleure irrigation possible pour la culture. Si au contraire, la parcelle n’est pas équipée de goutte-à-goutte, il sème alors tout simplement en ligne. Il pourrait aussi le faire en poquet, mais c'est une simple question d’habitude.
3. Le semis en godet :C'est une bonne technique à utiliser en début de saison ou lorsque les conditions extérieures sont trop rudes, trop risquées. Semez 5 à 6 graines dans des godets de taille 7x7cm, remplis d’un bon terreau universel. Avec une température autour des 15 à 20°C, tout ira très vite. Vos graines vont germer en une semaine, les plants grandiront ensuite en quelques jours seulement. Au final, 15 à 20 jours après le semis, il sera déjà temps de repiquer les plants en pleine terre. Au potager d’Olivier, il réalise un premier semis fin mars (comme un semis « bonus ») en godet pour implanter des plants déjà bien avancés sitôt les gels terminés. Il pourrait se passer de cette technique, mais ne peut s’empêcher de semer une centaine de graines chaque début de saison en utilisant cette technique. Cela permet des récoltes très précoces, dès la mi-mai si la météo est clémente. Si vous avez de gros risques de limaces, un sol détrempé, semez ainsi pour garantir de bons résultats. Mais ne tardez pas : les haricots n’aiment pas tourner en rond dans leur godet !

Quantité de Semence de Haricot par Hectare
Pour estimer la quantité de semence nécessaire par hectare, nous devons extrapoler les densités de plantation données pour des échelles plus petites.
Basé sur les semis d'Olivier :
- À chaque semis, il sème environ une centaine de graines, ce qui correspond à environ 3 m².
- Cela signifie une densité de 100 graines / 3 m² = environ 33,3 graines par mètre carré.
- Pour un hectare (10 000 m²), la quantité de semences serait d'environ 33,3 graines/m² * 10 000 m²/hectare = environ 333 300 graines par hectare.
Basé sur le semis en ligne pour haricots nains :
- Une graine tous les 4 à 5 cm sur la ligne, avec des lignes espacées de 50 cm.
- Si l'on prend une graine tous les 5 cm, cela fait 20 graines par mètre linéaire (100 cm / 5 cm).
- Sur un hectare, avec des lignes espacées de 50 cm (0,5 m), il y a 10 000 m² / 0,5 m = 20 000 mètres linéaires de rangs.
- La quantité de semences serait de 20 graines/mètre linéaire * 20 000 mètres linéaires/hectare = 400 000 graines par hectare.
- Si l'on prend 1 graine tous les 10 cm, cela ferait 10 graines par mètre linéaire. Avec des lignes espacées de 30-40 cm, prenons 35 cm. 10 000 m² / 0.35 m = ~28 571 mètres linéaires. Donc 10 graines/m * 28 571 m = ~285 710 graines par hectare.
Basé sur le semis en poquets pour haricots nains :
- 5 à 6 graines tous les 40 cm, avec des lignes espacées de 50 cm.
- Sur un mètre linéaire, cela représente 100 cm / 40 cm = 2,5 poquets.
- Si l'on utilise 6 graines par poquet, cela fait 2,5 poquets * 6 graines/poquet = 15 graines par mètre linéaire.
- Avec 20 000 mètres linéaires de rangs par hectare (lignes espacées de 50 cm), la quantité de semences serait de 15 graines/mètre linéaire * 20 000 mètres linéaires/hectare = 300 000 graines par hectare.
- Si l'on utilise 6 à 7 graines tous les 35 cm, cela fait 100 cm / 35 cm = ~2.86 poquets par mètre linéaire. Avec 7 graines par poquet, cela fait ~20 graines par mètre linéaire. Avec 20 000 mètres linéaires de rangs par hectare, la quantité de semences serait de 20 graines/mètre linéaire * 20 000 mètres linéaires/hectare = 400 000 graines par hectare.
Densité de plants sur le rang en maraîchage :
- La densité sur le rang est de maximum 10 pieds par mètre linéaire pour le haricot rame et 20 pieds pour le haricot nain.
- Pour le haricot nain, si l'on vise 20 pieds par mètre linéaire et que les lignes sont espacées de 50 cm, cela représente 20 pieds/m * 20 000 m linéaires/hectare = 400 000 plants par hectare. Si chaque plant provient d'une graine (avec ou sans éclaircissage), c'est une indication de la quantité de semence.
- Pour le haricot rame, si l'on vise 10 pieds par mètre linéaire et que les lignes sont espacées de 50 cm, cela représente 10 pieds/m * 20 000 m linéaires/hectare = 200 000 plants par hectare.
Il est important de noter que ces chiffres sont des estimations et peuvent varier en fonction de la variété de haricot (nain ou à rames, taille des graines), du taux de germination des semences, de la méthode de semis (directe, en poquet nécessitant un éclaircissage ou en godet pour repiquage), et des conditions spécifiques du sol et du climat. En général, on peut estimer qu'il faut entre 250 000 et 400 000 graines de haricots par hectare pour une culture en pleine terre, en fonction de la densité souhaitée et de la variété cultivée. Il est toujours judicieux d'avoir une légère sur-quantité pour compenser les pertes potentielles.

Gestion de l'Eau et Entretien de la Culture
Le haricot est un “gros buveur” d’eau. Il est capital d'arroser copieusement la culture. Sitôt que vos jeunes plants font 30 cm, ramenez un peu de terre à leur pied pour les buter. Binez une première fois après la levée et une seconde fois quand les plants mesurent 10 à 12 cm. Après le deuxième binage, buttez les pieds pour un meilleur ancrage et pour limiter les risques de développement de maladies.
Profitez-en si possible pour pailler la culture dans le but de préserver une humidité constante au pied des plants. Comme toute culture, les haricots seront sensibles à un sol trop sec. Ce sera rapidement une productivité en chute, un stress pour les plants, des maladies et des ravageurs qui pointeront vite le bout de leur nez. C’est non négociable au potager d’Olivier : la culture est bien paillée sitôt que les plants font 30 à 40 cm. Il réalise ce paillage en même temps que le buttage. Les plants sont ainsi renforcés et le sol protégé.
Il est important de maintenir un sol frais lors de la levée pour permettre une implantation rapide. En revanche, l’excès d’eau peut entraîner une non-germination et une pourriture des graines. L’autre période clé sera de la floraison à la récolte où les besoins en eau sont importants pour favoriser le développement d’un grand nombre de gousses. Le coefficient d’irrigation est de 0,9 à 1 fois l’ETP (évapotranspiration potentielle) à cette période. Arroser en période chaude sans mouiller le feuillage est une pratique recommandée pour limiter les risques de maladies. Après la levée, buttez légèrement le pied afin de maintenir la plante. Paillez abondamment pour conserver la fraîcheur du sol. Arrosez régulièrement, au moins une fois par semaine s’il ne pleut pas.
Protection des Jeunes Plants et Stratégies contre les Ravageurs et Maladies
Vous aurez beau réaliser tous les gestes clés, des ravageurs pourront vous faire échouer votre semis. Notamment des limaces qui envahissent la parcelle, et c’est parfois 100% des plants qui sont dévorés. Aussi des oiseaux qui partent à la convoitise de vos graines, et jamais vous ne verrez un plant sortir de terre. Alors, prenez les devants, veillez sur vos graines et vos jeunes plants.

Installez un grillage fin sur le semis si vous avez peur des oiseaux. Répandez quelques granulés bio d’anti-limaces si vous constatez une forte population. Au potager d’Olivier, il utilise parfois de l’anti-limace bio lors de saisons printanières fort humides. Les premiers semis d’épinards ou premières plantations de laitues servent d’indication. Si tout se fait dévorer, rapidement il régule avec des granulés. Cela ne l’empêche pas de sortir parfois le soir (moment où les limaces sortent) pour surveiller et capturer si nécessaire ces gastéropodes. Pour les oiseaux, il a la chance de ne jamais avoir de souci. Les lapins ne sont pas en reste et disputeront volontiers aux précédents ravageurs, les jeunes pousses tendres. Pour les éviter, on peut disposer un cordon de cendre, de marc de café ou de coquilles d'œuf autour des plants, ou installer des pièges à bière.
Plusieurs maladies peuvent affecter le haricot. Le haricot est sensible à l'oïdium. Ce champignon fait apparaître un feutrage blanc sur tout le feuillage. Les plants, en culture sous abri, y sont les plus sensibles. Pour y remédier, pulvériser du lait de vache, du jus d'algues marines, des huiles essentielles d'ail ou d'autres décoctions ayant une action antifongique. Le haricot est aussi sensible à l'anthracnose du haricot. Ce champignon fait apparaître des taches et des nécroses sur les feuilles, les jeunes plants et les graines. C'est par ces dernières que la maladie se transmet préférentiellement. Il faut donc bien inspecter les graines avant la plantation et essayer de choisir des variétés qui y sont résistantes. Une fois la maladie déclarée, on peut pulvériser une décoction de prêle ou d'ail et surtout supprimer systématiquement les parties de la plante qui sont infectées. Il faut aussi redouter la graisse : elle laisse des taches de gras sur les feuilles, les tiges et les gousses. Il faut dans ce cas, supprimer immédiatement les pieds infectés. Enfin, le haricot peut être sensible au virus de la mosaïque.
Le haricot est sensible aux pucerons. Pour y remédier, on peut supprimer les foyers à la main ou effectuer des pulvérisations de savon noir. De plus, le haricot est sensible à la bruche du haricot. Ces petites bêtes, qui ressemblent à des charançons, pondent sur les gousses, ce qui rend les grains qu'elles contiennent impropres à la consommation. Pour y remédier, on peut les conserver au froid ou ajouter des clous de girofle ou de la cannelle dans le bocal de conservation. Il est possible de congeler quelques jours les grains bien secs tout de suite après la récolte, pour ensuite soit les laisser au congélateur, soit les sortir et les sécher avant conservation en bocaux lorsque bien secs.
Un manque d'eau ou de trop fortes chaleurs peuvent aussi causer une absence de production et un avortement des fleurs. Il est donc important de bien arroser, de façon régulière, les cultures de haricots. Un petit ombrage est alors recommandé en cas de températures excessives. Enfin, le manque de pollinisateurs peut également être à l'origine du problème, bien que les haricots soient majoritairement auto-pollinisateurs.
Rendement et Échelonnement des Récoltes pour une Production Continue
Le cycle du haricot est de l’ordre de 60 à 70 jours du semis à la première récolte pour l’ensemble des séries. On récolte 5 à 6 semaines de manière pertinente le haricot rame mais seulement deux semaines le haricot nain. Un rendement de récolte pertinent économiquement se situe autour de 5 kg par heure de récolte. Dans une exploitation, la récolte représente un poste important : 20 à 30 % du temps y est consacré en moyenne et jusqu’à 40 à 50 % en période faste.

Les haricots filets donnent environ 5 à 10 kg / 10 m². Cela équivaut à un rendement de 5 à 10 tonnes par hectare pour les haricots filets. Il est également mentionné qu'un plant de haricot permet d’avoir une production moyenne de 1 kg à 2 kg par pied. Cette production unitaire élevée est probablement le potentiel maximal pour un plant de haricot à rames bien conduit et récolté sur une longue période, et ne doit pas être directement multipliée par la densité de semis pour obtenir le rendement total d'une surface, car elle peut ne pas tenir compte des contraintes de l'espace et de la concurrence entre les plantes en forte densité. Les rendements par surface (5 à 10 kg / 10 m²) sont plus représentatifs d'une production globale.
Pour avoir des ventes importantes sur ce produit, il est fondamental d’éviter les ruptures d’approvisionnements sur la saison. On peut produire du haricot de juin à octobre dans le grand ouest. La stratégie adoptée en maraîchage est très souvent l’implantation d’une série de haricots rame, palissés sous serre, pour couvrir la récolte de juin. Puis des séries plein champ de haricots nains pour couvrir la période de juillet à octobre. Le cycle du haricot demi-sec est légèrement plus long, environ 90 jours. Celui-ci sera implanté pour des raisons de rentabilité uniquement en plein champ.
Pour une consommation familiale et pour avoir constamment des haricots à disposition tout au long de la pleine saison, l’idéal sera de semer deux à trois mètres linéaires en 3 fois sur la saison, pour en manger régulièrement (besoins d’une famille de 3 à 4 personnes). Par exemple, un premier semis de haricot début mai, un autre début juin puis un tout dernier début juillet. C’est à titre d’exemple, mais cela pour vous dire que trois ou quatre petits semis de haricots valent mieux qu’un gros semis. Cela permet d’étendre la période de récolte, et de pouvoir nourrir en partie votre famille avec vos récoltes, sans avoir à gérer trop d’excès de production. Pour le dernier semis de saison, vous pourrez semer en plus grande quantité pour cuisiner les excès et préparer vos conserves pour le plein hiver.
Au potager d’Olivier, il réalise, dans la mesure du possible, quatre semis sur la saison. Un premier semis fin mars (comme un semis « bonus ») en godet pour implanter des plants déjà bien avancés sitôt les gels terminés. Viennent ensuite quatre autres semis, mi-avril, mi-mai, mi-juin et un tout dernier entre début et mi-juillet. À chaque semis, il sème environ une centaine de graines, ce qui correspond à environ 3 m². Ces dates sont données pour chaque légume, en fonction du climat dans notre calendrier des semis/almanach du potager. Selon la variété, on récolte les haricots entre 6 et 11 semaines après le semis. Pour étendre la période de récolte, pensez à semer des variétés différentes et échelonner les semis à 15 jours d’intervalle. Les variétés à gousses demandent des récoltes régulières, environ deux fois par semaine. Les grains frais sont prêts à être récoltés lorsque la gousse devient jaune. En ce qui concerne les grains secs, il faut attendre que toutes les gousses deviennent noires pour arracher le pied et récupérer les grains. Les gousses et les grains frais se consomment rapidement, mais peuvent aussi être congelés. On congèle le haricot vert une fois ce dernier blanchi. En revanche, le grain peut être congelé sans aucune préparation préalable. Le haricot sec quant à lui, est séché tête en bas durant plusieurs mois.
Le Haricot : Un Légume Ancré dans l'Histoire et la Culture
Le haricot nous vient d’Amérique du Sud, d’où il a été ramené par les conquistadors en Europe au XVIe siècle. C’est d’abord le grain qui fut consommé, car une fois sec, il se conserve longtemps. Il a peu à peu laissé place à la gousse tendre que l’on mange depuis le XVIIIe siècle. L’origine du mot "haricot" est complexe. "Phaseolus" chez les Grecs et les Latins désignaient une autre plante cultivée : Vigna. C’est d’ailleurs ce Phaseolus qui est à l'origine du terme "fayot". À l’origine, "haricoter" signifiait couper la viande en morceaux, en ragoût. Le mot désignait donc une façon d’apprêter la viande, souvent accompagnée de grains secs de Vigna. Alors, quand d’Amérique du Sud arrive ce haricot, également consommé en grains secs et portant encore le nom aztèque ayacotl, il semblerait que la confusion se soit faite.
Cette plante annuelle a un port volubile pour les variétés grimpantes, ou érigé pour les variétés naines. Les tiges s’enroulent autour de leur support et sont ponctuées de feuilles vertes à pourpres. Selon les variétés, les gousses et les graines sont tantôt vertes, jaunes, violettes ou pourprées. Certaines variétés - haricots à écosser - donnent plus spécifiquement des grains tandis que pour d’autres - haricots mangetout et à filets -, on mange les gousses. Au sein des haricots mangetouts et à filets, il y a les haricots “à filets”, qu’il vaut mieux cueillir au fur et à mesure des besoins, tous les deux ou trois jours car elles prennent vite le fil. Et les mangetout ou “filets sans fil”, qui restent consommables plus longtemps (jusqu’à quatre semaines).
Bien préparer son sol potager à l'automne
Le haricot est un légume vert par excellence, aux qualités tant diététiques que gustatives. Apportant 30-40 kcal pour 100g, les gousses de haricot sont riches en vitamines, en sels minéraux et en oligoéléments. Les gousses se cuisent à la vapeur, à la casserole avec du beurre, en salade. Les haricots à écosser donnent des grains qui se mangent frais ou cuits. Il existe autant de goûts différents que de variétés de haricots. Non content de se retrouver dans les assiettes, ce légume est solidement ancré dans le langage courant ce qui prouve encore une fois l’énorme attachement populaire qu’il suscite. Sitôt votre sol réchauffé, ne vous privez pas de cette culture très vite satisfaisante au potager.