Démarrer un Petit Potager Durable en Permaculture : Un Guide Complet

La permaculture, un concept de plus en plus populaire, invite à une approche du jardinage qui respecte la nature, répond aux besoins humains et maintient un équilibre entre ces deux impératifs. L'objectif est de créer un écosystème naturel durable et diversifié, en harmonie avec son environnement. Beaucoup de jardiniers se posent la question de comment démarrer un potager en permaculture, sans se lancer dans une tâche écrasante ou commettre des erreurs dès la première année. Cet article vous guidera à travers les principes fondamentaux et les méthodes pratiques pour créer un "petit potager durable en permaculture", même avec une surface réduite.

Illustration des trois principes de la permaculture : respect de la nature, respect de l'humain, partage équitable

Les Fondamentaux de la Permaculture

La permaculture est une démarche qui regroupe beaucoup de choses, mais on peut la résumer en trois mots : respecter la nature, respecter les besoins humains, et garder un équilibre entre les deux ! Elle s'inspire du fonctionnement de la nature, la laissant travailler et instaurant un cercle vertueux pour vos plantations, pour la biodiversité et pour le cultivateur. Avec la permaculture, vous pouvez bannir les insecticides et les traitements chimiques de votre jardin, en travaillant en harmonie et en respectant la nature. Ce type de culture introduit aussi un principe de recyclage, générant ainsi très peu de déchets.

L'un des principes essentiels de la permaculture est de s'adapter au contexte de chacun. Cela signifie qu'il n'existe pas une méthode unique, mais plusieurs approches possibles, chacune avec ses forces, ses limites et des conditions dans lesquelles elle fonctionne mieux que les autres. L'objectif n'est pas de suivre la « mode » du moment, mais de choisir ce qui est cohérent avec votre sol, votre climat, votre temps disponible, et votre envie de jardiner.

La Phase de Conception (Design) : Une Étape Cruciale

Avant de sortir la bêche ou tout autre outil, la phase de design ou de conception est une part essentielle en permaculture. Il faut commencer par se poser la question de ce que l'on voudra obtenir avec ce futur potager. Par exemple, ce potager pourrait servir d'exemple pour des publications, de terrain d'expérimentation pour des techniques de culture innovantes, ou encore procurer certains légumes qui ne poussent pas bien dans d'autres potagers en raison de leur conception ou de leur sol.

Observer son Environnement

Créer un jardin potager en permaculture implique de développer notre sens de l'observation. Cela veut dire qu'on commence par observer l'environnement pour comprendre son fonctionnement naturel. Cette observation doit prendre en compte plusieurs données :

  • Le climat local : Quels sont les climats dans votre région ? Quelle est la pluviométrie ?
  • L'exposition : Quelles zones sont exposées au soleil et à l'ombre ? Quelle est votre exposition aux vents ? Les plus grandes plantes peuvent protéger les plus petites et les mettre à l'ombre si elles en ont besoin.
  • Le sol : Quelles sont les propriétés du sol ? Est-il meuble, sec, vivant ? Le sol de votre jardin accumule-t-il la pluie ? Y a-t-il des arbres massifs dont les racines pourraient nuire au bon développement de votre jardin ?
  • La biodiversité : Quelles plantes sauvages poussent spontanément sur le sol ? Y a-t-il des végétaux ressources qui abritent la faune et la flore ? Quels animaux vivent sur le terrain ?
  • Les sources d'eau : Où pouvez-vous trouver de l'eau ? Quelles sont les sources d'eau que vous allez utiliser ? Vous pouvez récupérer l'eau de pluie avec des systèmes de récupération d'eau pluviale et les stocker dans des citernes ou barils.

Ces données vous apportent des informations sur ce qui peut pousser facilement et sur comment préparer votre sol. Si certains insectes indésirables sont très présents, vous pouvez aussi développer des solutions pour éviter qu’ils ne ruinent votre potager dès le début. Certains permaculteurs conseillent même de ne rien planter la première année, une année d’observation, avec un carnet de notes pour parfaitement comprendre le système naturel dans lequel vous allez débuter en permaculture.

Planifier et Dessiner les Parcelles

Après avoir observé, vous pouvez réaliser un plan de votre potager. Faire un plan en amont vous permet de réfléchir à la position de chaque plantation. Il est préférable de dessiner un plan de son futur jardin ou potager. En mettant sur papier une première esquisse, vous allez peut-être vous rendre compte que certaines choses ne vont pas ou n’ont pas de sens, ce qui vous permettra de les modifier facilement.

Le choix de l'emplacement est crucial : le plus ensoleillé possible pour que les légumes se développent au mieux, et pas trop près d'arbres ou d'arbustes pour éviter que leurs racines viennent coloniser le potager par en-dessous.

Pour respecter un autre principe de la permaculture, qui est d'avoir un sol vivant, un potager sera obligatoirement entouré d'une bordure. Par expérience, si on ne délimite pas bien les contours d'une zone de culture, le jardinier finit toujours par mettre les pieds dedans, et le tassement que cela occasionne n'est vraiment pas bon pour le sol. Une fois la terre mise en place, elle ne sera plus du tout travaillée, afin de ne pas déranger les vers de terre et les micro-organismes qui y habitent.

Côté pratique, il est souvent conseillé de garder une largeur standard d'une planche de culture de 1m20 afin que le milieu soit facilement accessible avec les bras.

Plan détaillé d'un petit potager en permaculture avec différentes zones de culture et d'accès

Les Méthodes pour Démarrer un Potager en Permaculture

Pour démarrer un potager en permaculture, il existe quatre grandes façons, chacune adaptée à des contextes spécifiques. L’idée n’est pas de vous vendre une approche « miracle », mais de vous aider à choisir, calmement, la façon la plus cohérente de démarrer votre potager chez vous.

Méthode 1 : Sans Travail du Sol avec une Couverture Végétale Épaisse

Créer un potager en permaculture sans travailler la terre est souvent considérée comme la meilleure approche, tout au moins en théorie. Une couverture permanente du sol est en effet idéale pour ne pas chambouler le sol et donc respecter sa structure ainsi que les différentes formes de vie qui s’y trouvent.

Quand démarrer ? Plus que la période elle-même, l’état de la terre est une donnée essentielle : la terre doit être humide (mais pas non plus gorgée d’eau), elle ne doit pas être froide et ne doit pas être trop tassée. Pour répondre au mieux à ces conditions, et afin de laisser du temps aux vers de terre et autres organismes vivants du sol pour effectuer le travail, la période idéale se situe en fin d’été (après des pluies) ou en début d’automne (quand le sol est humide, mais encore relativement chaud). L’hiver est à éviter car la terre est alors trop froide pour que la vie puisse s’y développer correctement. Vous pouvez éventuellement épandre votre paillage épais au printemps, mais ne vous attendez pas à pouvoir y implanter directement des cultures, car il faut au mieux plusieurs mois pour que la terre soit naturellement aérée, ameublie et enrichie par un paillage.

Comment procéder ? Vous allez simplement couvrir le sol avec un paillage épais. L’objectif est double : étouffer la végétation spontanée et l’empêcher ainsi de se développer au printemps suivant, et rendre la terre meuble et directement « praticable » au printemps suivant (ce sont les vers de terre et autres organismes vivants dans le sol qui vont se charger de ce travail d’aération et d’ameublissement du sol).

  1. Couper l'herbe au plus bas : Laissez-la commencer à se décomposer avant d’épandre votre couverture du sol.
  2. Déposer des cartons sur le sol (facultatif) : Cette phase est facultative, mais elle empêchera d’éventuelles adventices coriaces, comme le liseron ou le rumex, de se développer et de traverser le paillage. Enlevez le scotch et les étiquettes, en sachant que les normes européennes imposent aujourd’hui l’utilisation de colles et d’encres d’origine végétale pour la fabrication des cartons.
  3. Épandre éventuellement du fumier frais ou du compost (facultatif) : Ce n’est pas obligatoire, mais cela favorisera le développement de la vie au niveau du sol.
  4. Épandre une couche épaisse de matériaux végétaux : Au moins une vingtaine de centimètres de paille, de vieux foin, d’herbes coupées, de BRF ou autres matériaux végétaux. L’idéal, en particulier si la terre est tassée, est d’alterner plusieurs couches de ces divers matériaux.Vous n’aurez plus qu’à écarter le paillage au printemps suivant pour semer ou planter.

Avertissement : Paillage épais et sols lourds : Un paillage épais sur une terre lourde ou très tassée peut faire plus de mal que de bien. Avant de couvrir le sol, prenez le temps d’observer comment il se comporte au fil des saisons. Si la terre reste détrempée longtemps après la pluie ou forme une croûte dure en surface, un travail du sol léger sera souvent préférable au paillage « coup de massue ». Si le sol est déjà vivant, friable et bien structuré, la couverture sans travail du sol sera au contraire une excellente alliée pour démarrer votre potager en permaculture.

Schéma de la méthode sans travail du sol avec superposition de couches : herbe coupée, carton, compost, paillage

Méthode 2 : Avec un Travail du Sol Limité

Cette méthode est utile pour les sols compactés ou peu travaillés jusque-là, et lorsque l’on a besoin de mettre en culture assez rapidement. Elle implique un peu d’effort physique.

Quand commencer ? Dans les sols lourds, travaillez la terre à l’automne et cultivez de suite un engrais vert afin d’ameublir et d’aérer la terre. Dans les sols sableux, dépourvus ou contenant très peu d’argile, il est préférable d’attendre le printemps pour débuter les travaux.

Comment procéder ? Si possible, travaillez à la Grelinette ou à la Campagnole. Ces outils permettent d’affiner la terre sans la retourner, respectant ainsi la structure et la vie du sol.

  1. Premier passage léger : Travaillez une première fois, sans trop enfoncer les dents. Le but est ici de simplement déraciner les adventices. Puis laissez-les sécher ou enlevez-les pour les mettre au compost (cette solution est préférable si la période est pluvieuse).
  2. Deuxième passage en profondeur : Travaillez à nouveau en perpendiculaire du premier passage (pour la Grelinette), mais cette fois en enfonçant complètement les dents.
  3. Ajout de compost : Mettez ensuite du compost et incorporez-le avec un nouveau passage, qui devrait normalement avoir permis un ameublissement suffisant du sol.

Astuce pratique : Avancer sans s’épuiser : Le travail du sol à la Grelinette ou à la Campagnole peut vite devenir éprouvant si l’on veut tout faire d’un coup. Mieux vaut avancer régulièrement sur de petites surfaces plutôt que de se dégoûter dès la première saison. Limitez-vous à une ou deux planches à la fois, quitte à couvrir le reste avec un paillage (ou une bâche) en attendant votre passage. Pour une surface plus importante, bien que peu compatible avec un potager naturel, le travail au motoculteur (de préférence avec un cultivateur plutôt qu’avec un outil rotatif, également pour éviter de retourner la terre) ou à la motobineuse (mais vous risquez alors de multiplier les bouts de racines d’herbes indésirables) peut s’avérer nécessaire. Plusieurs passages espacés dans le temps permettront d’ameublir correctement le sol et de le débarrasser d’une grande partie de la végétation spontanée. Il sera ensuite impératif de nourrir votre terre par des apports de matières organiques adaptés.

Méthode 3 : Les Buttes Vivantes (ou Buttes Lasagnes)

La constitution de buttes vivantes, ou buttes en permaculture, est une troisième alternative possible pour démarrer un potager naturellement. Cette technique est exigeante en temps et en matériaux, et est à réserver aux cas désespérés : sol très peu épais (à fleur de roche), totalement pollué, ou encore argileux à l’extrême (impossible à cultiver).

Quand démarrer ? Pour des plantations, les lasagnes peuvent être constituées en automne, en hiver, et même jusqu’au printemps (juste avant de planter). Pour des semis, il est préférable de préparer la butte à l’automne précédent, afin que celle-ci puisse offrir un substrat de culture déjà suffisamment décomposé.

Comment procéder ? La butte surélevée imite ce qu’il se passe en forêt ou, à moindre échelle, dans les prairies. La matière organique (branches, feuilles, cadavres d’animaux…) tombe sur le sol et y est lentement décomposée, saison après saison, couche après couche. Pour réaliser une butte surélevée (10 à 30 cm de haut), il faut accumuler de la matière organique sur le sol, très progressivement pour qu’elle puisse se décomposer avant d’être recouverte par de la nouvelle matière organique.

Voici un exemple de constitution de buttes vivantes (buttes lasagnes) :

  1. Cartons : Placez des cartons à même le sol, en les croisant les uns sur les autres (ceci afin d’étouffer les herbes). Pour un bac potager installé sur sol dur, remplacez le carton par une couche de drainage réalisée avec des cailloux ou du gravier.
  2. Branchages : Couvrez-les ensuite de branchages.
  3. Copeaux de bois : Intégrez ensuite des copeaux de bois en cours de décomposition.
  4. Matériaux verts : Recouvrez d’une fine couche de matériaux verts (herbes fraîchement coupées, déchets du jardin, jeunes rameaux feuillus broyés).
  5. Compost : Amenez du compost en décomposition (à l’automne) ou mûr (au printemps) par-dessus.

Vous aurez ainsi constitué une butte de culture particulièrement riche en éléments nutritifs. Il existe d’autres façons de faire (par exemple avec du bois enterré), mais il est conseillé de commencer avec des méthodes que l'on a pu expérimenter soi-même.

Le Wicking Bed : Il s’agit d’une méthode idéale pour réaliser un potager sur une surface dure, qui convient très bien aux potagers urbains. Ce type de carré potager en permaculture demande un bac à fleurs parfaitement étanche, dont le fond est rempli d’une couche de drainage, du gravier par exemple. Dans cette couche est incluse une arrivée d’eau verticale (descente de gouttière par exemple) associée à un système de tuyaux pour répartir l’eau et à un trop-plein. Ensuite vient le substrat, éventuellement séparé du gravier par un feutre géotextile. Le substrat en question peut être la traditionnelle couche de terre végétale, sur laquelle sera étalé un paillage. Un gros tuyau avec des trous dans la partie inférieure sera semi-enterré, permettant de jeter des déchets de cuisine ; de sympathiques vers de terre devraient alors venir coloniser ce wicking-bed, le rendant totalement autonome.

Réaliser une culture en butte ou en lasagne en 3 minutes #lasagne #butte #permaculture

Méthode 4 : En Bâchant le Sol

Cette méthode ne satisfera pas les plus écologistes d’entre vous en raison de l'utilisation de plastique, mais elle n’en demeure pas moins simple et efficace pour préparer une parcelle très enherbée.

Quand démarrer ? Comme pour la méthode sans travail du sol, la couverture, en l’occurrence une bâche, doit être effectuée lorsque le sol est humide et suffisamment chaud. En vue de cultiver au printemps suivant, la fin de l’été, après des pluies, et le début de l’automne sont les meilleures périodes.

Comment procéder ? Cette méthode consiste simplement à poser une bâche noire pour étouffer les herbes et réchauffer le sol avant d’installer un paillage et des cultures. La bâche noire va augmenter la température du sol, ce qui favorise l'activité microbienne et la décomposition des matières organiques. Elle empêche également la lumière d'atteindre les herbes, les faisant dépérir. Après quelques mois, la terre sera souple et prête à être cultivée. Il est important de bien choisir la période pour ne pas asphyxier le sol.

Mettre en Pratique : La Création d'un Petit Rectangle de Potager

Pour illustrer ces méthodes, nous allons voir comment construire, mettre en culture, et entretenir un petit rectangle de potager supplémentaire en appliquant les principes de la permaculture. Le but est de créer un petit espace qui sera auto-fertile et permettra de récolter des légumes toute l’année. L'automne est vraiment le meilleur moment pour créer de nouvelles parcelles de cultures, parce que la terre aura tout l’hiver pour se bonifier.

Préparation du Terrain

  • Mesures et délimitation : Après avoir pris les mesures (par exemple, 1m20 de large pour 2m40 de long pour faciliter l'accès), marquez avec des piquets et une cordelette l’emplacement du rectangle du potager.
  • Décapage de l'herbe : Si chez vous il y a de l’herbe, vous commencerez par la décaper pour faire apparaître la terre. Ces plaques d’herbe sont à mettre de côté, car elles pourront être réutilisées. Si la sécheresse de l’été a complètement grillé l’herbe, il y aura peu à enlever.
  • Décaissement du sol (si nécessaire) : Si la terre naturelle de votre jardin est extrêmement caillouteuse et pauvre, il peut être nécessaire de décaisser la terre et de la tamiser, puis de l’enrichir généreusement avec de la matière organique. C'est beaucoup de travail, et si votre terre est déjà correcte à la base, il vaut mieux garder votre énergie pour autre chose. Décaissez la terre végétale et mettez-la de côté sur une bâche. Cela va temporairement déranger la vie du sol, mais c'est le seul moment où l'on peut se permettre de chambouler le sol, à la création du potager.
    • Dans quels cas ne faut-il PAS décaisser la terre ? Si le sol est très compact ou très argileux et que l’eau stagne longtemps après la pluie, vous ne gagnerez rien à décaisser, car l’eau va occuper l’espace qui serait normalement aéré et les micro-organismes décomposeurs ne pourront pas faire leur travail, risquant de bloquer votre sol. Dans ce cas, au lieu de décaisser la partie cultivée du potager, il serait plus avantageux de décaisser les allées : vous allez ainsi récupérer de la terre végétale pour remplir le potager et ce dernier se trouvera légèrement surélevé par rapport aux allées, ce qui donnera un meilleur drainage.
    • Profondeur de décaissement : Si le sol est très compact, il peut être nécessaire d'enlever une couche d’une vingtaine de cm de profondeur. Si votre terre est drainante, n’hésitez pas à décaisser sur 25 à 30 cm. Cette terre sera bien sûr réutilisée pour remplir le potager.
  • Tamisage (si nécessaire) : Si la terre contient beaucoup de cailloux, il est judicieux de la tamiser.

Mise en Place des Bordures

Pour rendre la bordure vraiment durable et respecter le principe de recyclage de la permaculture, vous pouvez utiliser des matériaux récupérés. Le choix est vaste : planches de bois, bordures en béton, pierres sèches, briques, etc. L'idée est de délimiter clairement la zone de culture pour éviter le tassement du sol.

Photo de la mise en place d'une bordure de briques pour délimiter le potager

Sélection et Association des Végétaux

En permaculture, il est essentiel de diversifier les variétés et de choisir des plantes qui se complètent. Vous pouvez planter ce que vous souhaitez, c’est au goût de chacun, mais le mieux est de miser sur des plantes qui se ressèment seules comme le pourpier ou l’épinard-fraise.

Principes d'Association

Le concepteur de la permaculture, Bill Mollison, invite les jardiniers à s’appuyer sur ce qu’ils observent dans la nature et à l’imiter. Dans la nature, les différents végétaux se succèdent en fonction de leurs rythmes et de leurs besoins.

  • Complémentarité des développements : Mariez dans vos carrés potagers des plantes potagères dont les développements sont complémentaires, et qui n’ont pas de besoins opposés. Utilisez tous les plans : la verticale avec des grimpantes, l’horizontale avec des légumes-feuilles, et le dessous avec les légumes-racines.
  • Densification des cultures : N’hésitez pas à densifier les cultures, pour former sous le paravent des feuillages un micro-climat bénéfique à la vie et protégeant de l’assèchement.
  • Diversité des espèces : Mélangez plantes potagères, aromatiques, fleurs, voire petits arbustes fruitiers pour une diversité propre à plaire aux auxiliaires, et accessoirement à déplaire aux parasites !
  • Plantes vivaces : Privilégiez les plantes potagères vivaces, qui demandent moins de travail et de ressources.
  • Rotation des cultures : Pour ne pas épuiser votre sol, alternez les végétaux selon leurs besoins en nutriments. Par exemple, plantez des légumineuses pour fertiliser le sol en azote après une culture de tomates.
  • Allélopathie : Vous pouvez aussi réaliser des associations basées sur l’allélopathie, c’est-à-dire sur l’influence bénéfique que peuvent avoir certaines plantes sur d’autres.

Exemples d'Associations Réussies

  • Radis et carottes : Un mariage des plus classiques, auquel vous pouvez ajouter au sud des pieds de haricots à rame qui ombrageront légèrement les premiers.
  • Tomates et légumes d'ombre : Les tomates peuvent offrir de l’ombrage à des végétaux moins affamés de soleil tels que les betteraves, les laitues ou encore les radis.
  • Milpa traditionnelle : Associant haricots à rame, maïs et courges. Le maïs forme le tuteur du haricot, et les deux apportent de l’ombre aux courges qui limitent le développement d’adventices et gardent le sol frais pour tout le monde.
  • Carottes et choux : Les unes en bas et les autres en haut, avec un besoin d’eau au début de leur développement.
  • Choux et salades : Les choux se plantent aux côtés de laitues, mescluns et autres petites salades à la croissance rapide, qui maintiendront le sol frais aux pieds des choux.

Pour commencer, vous pouvez miser sur les tomates cerises, les haricots verts ou encore les concombres qui sont plutôt simples à cultiver. Il est vivement recommandé d’ajouter des fleurs mellifères dans votre potager. En plus de le rendre plus coloré et joli, elles vont attirer les insectes pollinisateurs. Certains légumes comme la laitue, les brocolis ou les épinards préfèrent les zones moins ensoleillées.

Nourrir et Protéger le Sol

En permaculture, la règle d’or est simple : on ne retourne pas la terre, on la protège. Un sol est un écosystème à part entière, peuplé de milliards de micro-organismes (bactéries, champignons, vers de terre, insectes) qui assurent sa fertilité naturelle.

Le Paillage

Une fois plantée, vous avez beaucoup moins de travail que pour un potager traditionnel. Nul besoin de travailler votre sol, ce serait même contre-productif. Par contre, il est important de couvrir votre sol. Le paillage a un triple bénéfice : il limite l’évaporation de l’eau et réduit la fréquence d’arrosage, il attire les coccinelles et autres insectes qui mangent les indésirables, et il évite la pousse des « mauvaises herbes » !

Vous pouvez faire du paillage avec du compost, des copeaux de bois, de l’herbe séchée, des feuilles mortes (celles des arbres fruitiers sont à éviter), de la paille, du broyat de bois (BRF). Ne lésinez pas sur la quantité, 20 à 40 cm seront parfaits. Gardez toujours le sol du carré potager couvert. Alternez en fonction des saisons avec des feuilles sèches, des déchets de tonte. Le feuillage de vos plantations bien dense sert également de mulch.

Engrais Naturels

Apportez régulièrement du compost maison : riche en nutriments, il nourrit bactéries et champignons, qui à leur tour nourrissent vos plantes. Recouvrez la zone généreusement avec du fumier ou du compost pour enrichir le sol. Stimulez la biodiversité souterraine : évitez les engrais chimiques et produits phytosanitaires qui stérilisent la terre. L'action naturelle des poules est bénéfique pour votre potager si vous avez un poulailler à proximité.

Gérer l'Eau

L’eau est l’une des clés d’un jardin sain en permaculture. Récupérez les eaux de pluie dans des réservoirs placés aux quatre coins de votre jardin et de votre maison. Les oyas sont un autre mode d’arrosage doux et autonome. Un bac potager peut être équipé d’un goutte-à-goutte relié à un récupérateur.

L'Entretien du Potager en Permaculture

Une fois que vous avez planté vos végétaux, c’est là que tout commence vraiment. Vous devez poursuivre vos actions pour faire de votre potager un espace fructueux. Ne pas utiliser de produits chimiques permet aux vers de terre, pollinisateurs et autres auxiliaires de vivre et de se multiplier.

Observation Continue et Adaptation

Prenez vos premiers pas en permaculture comme une expérience scientifique dans laquelle il faudra encore appliquer les principes de l’observation. Observez les plantes qui poussent, les insectes, la floraison, l’humidité du sol, et vous pourrez ensuite profiter fièrement de vos premières récoltes. Certaines associations fonctionnent bien ? D’autres ont moins de succès ? Notez-le et prenez-en de la graine pour faire évoluer votre potager au fil des saisons.

Préparation pour les Saisons Futures

Lorsque la première saison s’achève, c’est également le moment idéal pour préparer la prochaine saison. Souvenez-vous des principes de la permaculture et essayez de gérer votre jardin de la manière la plus écologique possible, en réincorporant tous les déchets dans le système. Pensez à préparer votre jardin potager pour l’automne et à bien protéger les plantes à l’approche de l’hiver. Cet investissement vous permettra de protéger vos cultures des gelées et d’obtenir ainsi des légumes et des fruits pendant l’automne, voire même en hiver. Pour cela, il est crucial de bien aménager l’intérieur de la serre.

Testez de nouvelles associations et de nouvelles techniques d’entretien. Plantez de nouveaux végétaux. Commencez petit : salades, tomates, courgettes, haricots, pommes de terre, puis au fil des mois et des années, il sera alors possible de voir plus grand.

Jardin potager en permaculture avec différentes cultures et un paillage visible

Ressources pour Aller Plus Loin

La permaculture séduit de plus en plus de jardiniers en France et en Belgique. Pour progresser, il existe de nombreuses ressources :

  • Vidéos et tutoriels en ligne : Notamment sur YouTube, vous trouverez énormément de contenu sur la permaculture, très pratique pour se former à plein de petits sujets comme "Comment planter ses tomates" ou "Création et évolution d’une butte auto fertile".
  • Podcasts : Contrairement à une vidéo, on ne peut pas voir la démonstration en image, mais à l’inverse, on peut écouter un podcast en faisant autre chose comme sur le trajet pour aller au travail.
  • MOOCs (Massive Open Online Courses) : Un outil assez récent pour l’apprentissage en ligne, offrant des cours basés sur un enseignement actif et interactif, enrichis d’une variété de matériels, d’exercices, et d’études de cas.

Créer un jardin en permaculture est une aventure passionnante, à la fois écologique et gratifiante. Nul besoin d’être expert pour se lancer !

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