L'agriculture moderne est confrontée à de multiples défis, et parmi eux, les dégâts causés par la faune sauvage, notamment les chevreuils et les cerfs, représentent une préoccupation majeure pour la santé économique des exploitations. L'abroutissement, l'écorcement et les frottis sont des comportements alimentaires et comportementaux des cervidés qui peuvent avoir des conséquences très importantes sur les cultures. Comprendre ces phénomènes et les solutions disponibles est essentiel pour une protection efficace.
Comprendre les Dégâts Causés par les Cervidés
Les cervidés, comme les chevreuils et les cerfs, sont des herbivores qui complètent leur régime alimentaire avec des bourgeons, des brindilles et des branches. Ces comportements, bien que naturels pour les animaux, sont souvent préjudiciables aux plantations humaines.
L'abroutissement : Quand la jeune pousse est menacée
L'abroutissement est un prélèvement des bourgeons, brindilles et branches qui se trouvent à portée de dents des animaux. Les cervidés, dépourvus d'incisives à la mâchoire supérieure, ne cisaillent pas les pousses mais saisissent les jeunes rameaux par pincement entre le bourrelet incisif et les incisives de la mâchoire inférieure. Ce mode d'alimentation donne à la blessure quasi horizontale un aspect mâchonné. Ce comportement affecte particulièrement les plants jusqu'à 1m20 de hauteur pour les chevreuils et jusqu'à 1m50 pour les cerfs. L'attaque du bourgeon terminal entraîne des déformations irréversibles, notamment sur les résineux comme le douglas ou le mélèze, compromettant la qualité future du bois. Un seul passage peut suffire à tuer un jeune arbre.

L'écorcement : Un acte mixte d'alimentation et de comportement
L'écorcement est un acte mixte d'alimentation et de comportement imputable au cerf, souvent provoqué par un dérangement excessif des individus (tourisme, sports d'hiver, chiens errants, entre autres). Principalement pratiqué en période de disette hivernale, il expose le cambium de l'arbre, le rendant vulnérable aux parasites et aux maladies. Ce type de dommage peut affaiblir considérablement l'arbre et, dans les cas graves, entraîner son dépérissement.
Les frottis : Quand le marquage de territoire devient destructeur
Le frottis est un acte comportemental qui consiste en des frottements de bois des cervidés sur les troncs et les tiges des arbres. Le frottis de frayure, en général peu violent, se situe sur un seul côté de la tige et se produit quand les animaux se débarrassent du velours recouvrant leurs bois (mars-juin pour les chevreuils, juillet-août pour les cerfs). En revanche, à l'époque du rut, les frottis sont beaucoup plus agressifs car les mâles se livrent à de véritables combats de substitution contre de jeunes arbres, pour décharger leur agressivité, laisser des signaux olfactifs ou marquer leur territoire. Compte tenu de cette excitation, le frottis de rut se traduit par des marques profondes sur les tiges, l'arrachement de l'écorce sur tout le pourtour de la tige et la présence de nombreux rameaux brisés. Les dégâts peuvent aller de simples blessures superficielles à l'arrachement complet de l'écorce sur toute la circonférence du tronc, entraînant le dépérissement de l'arbre.
Les Protections Individuelles : Une Barrière Physique Essentielle
Les dispositifs de protection individuelle sont souvent privilégiés car ils offrent une protection ciblée et efficace pour chaque plant. Ces protections, fabriquées en matière plastique traitée anti-UV, ont plusieurs effets sur le jeune plant.
Gaines et manchons de protection
La méthode la plus simple et la plus répandue consiste à installer une gaine de protection, aussi appelée manchon. Ces tubes en plastique ajouré ou spiralé entourent entièrement le tronc jusqu'à la partie ramifiée de l'arbre. Ces filets en plastique mesurent entre 0,60 et 1,20 m de haut et 15 à 30 cm de diamètre. Ils doivent être systématiquement maintenus par des tuteurs et être suffisamment solides pour résister aux assauts des cervidés.
Les protections PlantaGard, fabriquées en matériaux traités anti-UV, offrent une durabilité exceptionnelle pouvant atteindre 10 ans. Le modèle Cactus, avec son système de clip réglable, s'adapte à tous les diamètres de tiges et protège efficacement le bourgeon terminal des résineux. Sa couleur bleue caractéristique ajoute un effet dissuasif reconnu contre le gibier. Pour les projets de grande envergure, la version PRO du PlantaGard Cactus se distingue par ses trois tiges de 20 cm offrant une protection renforcée. Cette configuration élargie convient aussi bien aux résineux qu'aux feuillus, protégeant contre l'abroutissement des cervidés tout en empêchant les oiseaux de se poser sur les jeunes pousses. Le conditionnement en carton de 1000 pièces répond aux besoins des reboisements importants, optimisant le rapport qualité-prix pour les grandes plantations.
Les filets de protection PlantaGard en tube constituent une solution polyvalente pour les plants de différentes hauteurs. Livrés en rouleaux de 100 mètres, ils se découpent facilement à la longueur souhaitée, s'adaptant ainsi parfaitement à la diversité des essences forestières, qu'il s'agisse de jeunes chênes, de douglas en pleine croissance ou de plantations mixtes feuillus-résineux.
Critères de choix et installation des protections individuelles
Le choix d'une protection efficace repose sur plusieurs critères techniques essentiels. La hauteur de la protection doit correspondre aux risques identifiés : 50 à 60 cm suffisent contre les lapins et petits rongeurs, 120 cm sont nécessaires contre les chevreuils, tandis que les cerfs requièrent des protections de 180 cm minimum. Les protections à haute densité (85 à 240 g/m²) offrent une meilleure tenue verticale et résistent efficacement aux frottis des cervidés. Pour les résineux, particulièrement sensibles à l'abroutissement du bourgeon apical, les protections de type "arbre de fer" ou les manchons cactus apportent une solution spécifique en protégeant le point de croissance sans entraver le développement naturel de l'arbre.
L'installation requiert une attention particulière pour garantir l'efficacité de la protection. Les manchons et gaines nécessitent généralement deux tuteurs pour assurer leur maintien, positionnés de manière à résister aux vents dominants. Le tuteur est installé face au vent, à environ 5 cm devant le plant. Des tuteurs en robinier faux acacia (section 22x22 mm) sont utilisés en raison de leur durabilité (8 à 10 ans). Il est important d'ovaliser manuellement les gaines livrées pré-pliées afin de faciliter le passage du plant forestier. La protection doit être enfilée à la fois autour du plant et du tuteur, délicatement pour préserver les bourgeons. Il est crucial que la protection soit en contact avec le sol pour éviter le passage de rongeurs. La protection est maintenue sur le tuteur par agrafage, avec 3 agrafes le long du tuteur à égale distance. Il faut s'assurer que le manchon ne dépasse pas trop du tuteur, sinon elle pourrait se replier, empêchant la pousse du plant. Si tel est le cas, il faut replier le manchon sur lui-même pour le rigidifier.
Pour les protections de grande hauteur contre les cerfs, l'utilisation d'échalas en châtaignier ou en acacia garantit une stabilité optimale. Il est crucial de contrôler régulièrement l'état des protections, particulièrement après les tempêtes, et d'ajuster leur positionnement en fonction de la croissance des plants. Les protections doivent être retirées ou desserrées avant qu'elles ne risquent d'étrangler le tronc, généralement après 3 à 5 ans selon la vitesse de croissance de l'essence. Une fois que le jeune plant ne nécessite plus de protection, il faut les enlever pour pouvoir élaguer l'arbre plus aisément. Il est même possible de les recycler en les réemployant.
La protection individuelle a aussi l'avantage de protéger le plant de la végétation accompagnante comme la ronce, bien que la ronce puisse également agir comme une protection naturelle en freinant le passage du gibier. Les arbres de fer en 115 cm de hauteur avec 5 brins sont une nouvelle solution avec une efficacité redoutable. Ils nécessitent d'être enlevés une fois que les plants deviennent grands et sont réutilisables pour plusieurs reboisements.
Les Barrières Physiques : Clôtures et Grillages
L'installation de barrières physiques plus importantes est une méthode confirmée de prévention des dégâts du grand gibier.
La clôture électrique
La clôture électrique constitue un moyen confirmé de prévention des dégâts du grand gibier. Son principe de fonctionnement est simple : suite au contact avec la clôture, l'animal ferme un circuit électrique et reçoit une décharge dissuasive et non mortelle. Il apprend rapidement que le contact avec le fil déclenche de la douleur. Par réflexe conditionné, la clôture devient une zone à ne pas toucher, un obstacle à ne pas franchir. La seule façon de prévenir tous les dommages causés par les chevreuils dans une pépinière consiste à construire une clôture électrique à faible impédance. Le prix de ce système de clôturage n'est pas prohibitif, surtout pour un pépiniériste qui a beaucoup investi dans son entreprise. Cependant, pour qu'une clôture fonctionne correctement, il faut la construire de façon adéquate.
Il existe différents types d'électrificateurs :
- Les électrificateurs sur secteur : Ils permettent d'obtenir une sortie d'énergie plus élevée, d'électrifier de longues distances de fil pour des coûts de fonctionnement bas, et nécessitent peu d'entretien.
- Les électrificateurs sur batterie, aussi appelés électrificateurs sur accumulateurs : Ils sont plutôt destinés aux clôtures temporaires ou isolées (pas d'accès au courant secteur).
- Les électrificateurs sur pile : Souvent moins puissants, ils sont destinés aux clôtures temporaires plus courtes ou aux applications nécessitant que l'on déplace très souvent l'électrificateur.
Ces clôtures peuvent être construites de différentes manières, mais la clôture à cinq câbles semble être la plus économique. Cette clôture est composée de cinq câbles à surface lisse de calibre 12 à haute résistance ainsi que d'un chargeur à faible impédance. Les cinq câbles de la clôture à haute résistance et à faible impédance devraient être tendus selon une tension de 250 livres (112,5 kg). Le câble le plus bas devrait se trouver à dix pouces du sol, et l'espace entre chaque câble devrait mesurer 12 pouces.
Pour un système temporaire moins cher, la « clôture de beurre d'arachide » pourrait être intéressante. Des chercheurs du Minnesota et de New York ont mis au point une clôture électrique simple et peu coûteuse composée d'un seul câble qui éloigne les chevreuils en leur donnant une décharge électrique lorsqu'ils reniflent un emballage électrifié contenant un appât. Au cours d'une étude, 82 % des chevreuils observés ont été maintenus à l'écart de façon satisfaisante, et ce pourcentage a atteint les 80 % lors d'une autre étude. Le mode de construction de la clôture est simple. Il faut tendre un câble à surface lisse à trois pieds du sol et fixer des bandelettes le long de ce fil à 15 pieds d'intervalle. Il s'agit de bandelettes de ruban de hockey de 12 pouces suspendues au câble et jointes à leurs extrémités, ce qui donne des boucles de six pouces de longueur. Ensuite, on enveloppe l'extérieur des bandelettes d'une feuille de papier d'aluminium de six pouces sur douze de sorte qu'elles prennent la forme d'un morceau de papier d'aluminium de six pouces sur six.
L'engrillagement traditionnel
L'engrillagement est un dispositif mécanique tissé, tressé ou soudé, qui empêche les animaux d'accéder à la zone menacée. Les caractéristiques techniques du dispositif sont fonction de l'animal dont on veut se protéger. L'engrillagement contre les espèces grand gibier repose la plupart du temps sur la clôture avec treillis en « ursus » et piquets en bois. Le grillage, noué ou soudé, est conditionné sous forme de rouleaux de longueur variable, souvent 50 m. Le choix d'un grillage galvanisé est préférable car la galvanisation à base d'aluminium et de zinc garantit au produit une longue durée de vie. Le diamètre du fil varie de 2 à 3 mm pour le sanglier et le cerf, et de 1 à 2 mm pour le chevreuil. On préconise d'utiliser des grillages ayant un diamètre plus important des fils de rive afin de garantir une meilleure tenue et une plus longue durabilité. À titre indicatif, un rouleau de treillis en « ursus » lourd de 3 mm de diamètre et 50 m de longueur a un coût d'environ 200 €, et il faut compter 2 à 6 € par piquet en bois. Ces montants sont à majorer du coût de la pose, par un entrepreneur par exemple. Globalement, le coût d'une clôture avec treillis en « ursus » varie de 8 à 20 € par mètre courant, en fonction de la longueur placée, des matériaux choisis et des conditions de terrain. Les clôtures de trois pieds de hauteur fabriquées à l'aide de treillis métallique suffisent presque à éloigner les lapins. La clôture devrait être soutenue par des pieux de bois robustes ou par des poteaux de métal. L'extrémité inférieure doit être enterrée pour empêcher les lapins de passer en dessous. Les lapins ne creusent pas sous les clôtures, mais ils peuvent se faufiler à travers les trous. Il est donc recommandé de boucher les ouvertures avec de la terre ou de la roche. Le coût initial de ce type de clôture est d'environ 40 cents le pied linéaire, avec une durée de vie de cinq à dix ans.

Les Répulsifs : Agir sur les Sens des Animaux
L'utilisation de répulsifs est une autre méthode de lutte contre les chevreuils. Ces produits ont un effet répulsif en agissant au niveau de l'odorat des animaux, du goût ou simplement de manière mécanique. Depuis des années, les pépiniéristes utilisent un certain nombre de répulsifs à chevreuils pour limiter les dommages causés aux petits arbres et aux arbustes. En fait, il en existe deux sortes : les répulsifs gustatifs et les répulsifs olfactifs. Les répulsifs gustatifs sont appliqués directement sur les plantes et repoussent l'animal par leur goût. Les nouvelles pousses qui apparaissent après le traitement ne sont pas protégées.
Répulsifs olfactifs et gustatifs
Il existe sur le marché un produit à base de graisse de mouton, appelé Trico, qui, par sa mauvaise odeur, éloigne les cervidés des cultures. D'un emploi facile, ce produit est un répulsif d'origine naturelle catégorisé "produit de biocontrôle". Son usage préventif consiste en la mise en place de diffuseurs sur les parcelles concernées. En usage curatif, le Trico s'applique en pulvérisation à la dose de 6 ml de bouillie par cep. Sachant que le produit s'emploie dilué, on estime qu'il faut entre 3 et 5 litres de produit pur pour protéger un hectare de vigne (prix au litre de 18 € HT). La bouillie (environ 20 litres/ha) est répartie au pulvérisateur à dos sur la végétation, au stade 2-3 feuilles. Pour assurer une barrière suffisante, il est conseillé de couvrir un tiers de la surface plantée (les deux premiers rangs de bordure, en insistant bien sur les entrées). À la concentration indiquée, une application suffit, avec une efficacité pure de 6 mois après 4 heures sans pluie. 5 litres de Trico permettent le traitement de 1200 plants.
Il a été observé que le chevreuil ne sort pas sur les territoires parcourus par les troupeaux de moutons. Il semble incommodé par l'odeur ainsi que par l'important essaim de mouches qui accompagne les ovins. Il semble donc intéressant de disperser de la laine sur les végétaux, mise en place sous forme de boules de 10-15 cm de diamètre dans des bas ou collants, dispersés autour de la parcelle.
Certains utilisent une solution à vaporiser à base d'œufs (80 % d'eau avec 20 % d'œuf). L'odeur de la décomposition de l'œuf dissuaderait les cerfs en associant les senteurs de décomposition et de pourriture aux prédateurs. D'autres répulsifs naturels incluent les cheveux humains, les poils de chien et de chat, l'urine de prédateur (chien, coyote, humain), ou même des savons en barre très parfumés et des feuilles d'assouplissant.
Des répulsifs commerciaux, comme le Bobbex, le « Magic Circle », le « Big Game Repellent » (Deer Away), le « Hinder », le « Miller Hot Sauce » et le « Thiram », ont été testés. Le taux d'efficacité des cheveux était de 34 %, du « Magic Circle » de 18 %, du « Big Game Repellent » de 46 %, du « Hinder » de 43 %, du « Miller Hot Sauce » de 15 % et du « Thiram » de 43 %. Tous les répulsifs à l'étude n'ont été que partiellement efficaces, mais presque tous ont réduit les dommages causés par les chevreuils dans une certaine mesure. Le coût par hectare (2,47 acres) était également un facteur important, variant de 24 US $ pour les cheveux à 990 US $ pour le « Big Game Repellent ». Les chercheurs ont constaté que ces répulsifs n'étaient pas très efficaces pour les végétaux qui subissent un broutage intensif, bien que les tests aient été effectués avec des ifs du Japon (Taxus cuspidata), qui sont l'une des sources de nourriture préférées du chevreuil. D'autres répulsifs utilisés au cours des années incluent l'huile d'os, les boules ou les paillettes antimites (chlorure de para-chlorophényle), la farine de sang, la corde de jute imbibée de répulsif « Chaperone », la farine de déchets d'abattage, les pains de savon suspendus dans les arbres, le répulsif « Z.I.P. » (ou « ZAC ») et les excréments de chat.
Lors de la saison de dormance, il est recommandé d'appliquer les répulsifs gustatifs pendant une journée sèche, lorsque la température est au-dessus du point de congélation. Il faut traiter les jeunes arbres en entier. Il sera plus économique de ne traiter que les pousses terminales des arbres plus âgés. Si des répulsifs gustatifs sont utilisés pendant laaison de croissance, il est conseillé d'appliquer environ la moitié de la concentration recommandée pendant l'hiver afin d'économiser de l'argent. L'efficacité des répulsifs dépend de la température ainsi que de l'appétit des chevreuils. Certains répulsifs doivent être appliqués de nouveau après la pluie. La disponibilité d'autres sources de nourriture meilleures au goût aura aussi une incidence sur le taux d'efficacité. Dans certains cas, il peut être utile de fournir aux chevreuils une autre source de nourriture en plus d'utiliser des répulsifs, comme une plantation de blé d'hiver sur une bande de terrain. Il ne faut pas craindre que ces méthodes attirent d'autres chevreuils.
Répulsifs contre les lapins et campagnols
Plusieurs répulsifs éloignent les lapins. On peut en pulvériser une certaine quantité diluée dans de l'eau ou de l'alcool. D'autres peuvent être mélangés à de la peinture au latex et appliqués au pinceau. La plupart des répulsifs à lapins sont des répulsifs gustatifs qui rendent les parties des plantes traitées désagréables au goût. Les nouvelles pousses qui apparaissent après le traitement ne sont pas protégées. De plus, la pluie élimine certains répulsifs, il faut alors les appliquer de nouveau. La farine de sang et les boules antimites sont des exemples de répulsifs olfactifs, mais leur utilité dans les pépinières est limitée. Les autres répulsifs à lapins incluent le zirame, le tabac en poudre et la colophane. La colophane devrait être mélangée à raison de sept livres par gallon d'alcool dénaturé. Laissez reposer le mélange dans un endroit chaud pendant 24 heures, puis appliquez-le en automne sur les arbres secs au moyen d'un pinceau ou d'un pulvérisateur. Pour appliquer le mélange sur un grand nombre de petits arbres, utilisez un pulvérisateur porté sur le dos.
Contre les campagnols, la meilleure façon de contrôler les dommages consiste à combiner certaines pratiques culturales à l'utilisation d'appâts empoisonnés. Il existe deux types de poison : les rodenticides en doses uniques (phosphure de zinc) et les anticoagulants. Les anticoagulants ne tuent pas les animaux en une seule absorption, nécessitant une réserve pour au moins deux ou trois semaines, avec l'avantage d'être moins nocifs pour les espèces non ciblées. Les poisons peuvent être mélangés à des appâts tels que des cubes de pomme ou des céréales. Il est toujours bon de poser des appâts sans poison dans les endroits infestés quelques jours avant l'utilisation des appâts empoisonnés. Les appâts empoisonnés peuvent être posés à la main (directement sous les arbres ou sous des bardeaux de toiture ou des dosses de scierie pour les campagnols sylvestres) ou au moyen d'une machine.
Les Effaroucheurs : Perturber les Habitudes des Animaux
Les effaroucheurs visent à créer un climat d'insécurité pour maintenir les animaux à distance de la zone à risques.
Effaroucheurs sonores
Par émission répétée de bruits divers, on crée un climat d'insécurité. Cependant, malgré l'irrégularité des sons, les animaux sauvages sont assez doués pour comprendre après quelques jours qu'il n'y a pas de réel danger : c'est le phénomène d'accoutumance. Les sirènes, haut-parleurs et canons à propane sont des exemples d'effaroucheurs sonores.
Effaroucheurs visuels et en mouvement
Il consiste en l'utilisation de divers objets pour effrayer les animaux : épouvantail (mannequin), objets miroitants (CD), sacs de matière plastique, etc. Le matériel est placé sur les parcelles à protéger ou à leur périphérie. Les dispositifs en mouvement présenteraient une meilleure efficacité, mais les animaux s'y accoutument au bout d'un certain temps. Les assiettes d'aluminium suspendues, les vire-vent et autres décorations bougeant au vent, ainsi que des épouvantails gonflables dont le gonflage est aléatoire et accompagné d'une alarme, sont des exemples de répulsifs visuels et en mouvement. La pose de banderoles sur les clôtures permettrait de protéger temporairement des productions sensibles (céréales) contre les cervidés. Bien visibles, ces banderoles s'agitent et font du bruit au moindre souffle de vent.
La Gestion de l'Habitat et la Chasse : Des Stratégies Complémentaires
Au-delà des protections directes, la gestion de l'habitat et la régulation des populations par la chasse sont des approches complémentaires pour limiter les dégâts.
Gestion de l'habitat
Pour les lapins, qui ont de nombreux prédateurs et ont besoin d'une couverture végétale abondante, l'élimination de cette couverture est une mesure efficace lorsque les dommages sont importants. Il est recommandé d'enlever la végétation naturelle qui pousse le long des fossés, des clôtures, des routes, des zones non utilisées à des fins agricoles et des amas de broussailles.
Pour les campagnols, il faut éloigner les animaux des racines et du tronc des arbres en rendant l'habitat inadéquat. Vous devriez utiliser des herbicides pour éliminer la végétation située sous la limite du feuillage des arbres et éviter de poser du paillis à cet endroit. Le fait d'éliminer les végétaux le long des clôtures et d'autres bordures de végétation dans la pépinière a le même effet sur les populations de campagnols que sur les populations de lapins. L'étape la plus importante pour les rats et les souris consiste à détruire les abris et à éliminer les sources de nourriture et d'eau. Les rats aiment se réfugier dans les piles de déchets et de bois-d'œuvre et trouvent leur nourriture dans les poubelles, les contenants d'aliments du bétail, les greniers à céréales, les cribs à maïs et toute autre réserve de nourriture qui n'est pas à l'épreuve des rongeurs. Ils se nourrissent également souvent de la nourriture que les chiens ou les chats laissent. Tout ce qui peut être fait pour créer un environnement moins favorable pour les rats et les souris permettra de limiter leur population.
La chasse et la régulation des populations
La chasse, qui permet la régulation des populations, est au cœur du dispositif de prévention des dégâts de gibier. Depuis 1979, les plans de chasse sont obligatoires. Ils sont pris par arrêté du Préfet de chaque département, après avis de la commission départementale compétente en matière de chasse et de faune sauvage, en cohérence avec le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique. Il est établi pour une période pouvant aller jusqu'à 3 ans, révisable annuellement. La procédure d'indemnisation par la fédération départementale des chasseurs s'exerce dans un cadre bien précis. Tous les types de cultures sont concernés par l'indemnisation grands gibiers : vigne, blé, maïs, etc. À partir de la réception de la déclaration de dégâts, la Fédération des Chasseurs dispose d'un délai maximum de 8 jours pour réaliser l'expertise. Le dossier d'indemnisation est à réclamer à la Fédération des Chasseurs et à remplir sans délai (avant récolte), le plus complet possible, et à expédier à la Fédération. La procédure d'indemnisation comprend une expertise dans les 8 jours ouvrés et le calcul de l'indemnisation à partir d'un barème départemental négocié chaque année. Un abattement légal de 2 % est appliqué.
Choisir des Plantes Résistantes et Autres Astuces
Lorsqu'un chevreuil a faim, aucune plante ne lui résistera. L'idée est de diminuer autant que possible les végétaux tendres dans les plates-bandes et de les remplacer par d'autres, moins appréciées des chevreuils. Pour une meilleure efficacité, on doit retrouver environ 40 % de plantes résistantes, principalement en bordure des plates-bandes. Il est conseillé de planter près de la maison les végétaux les plus vulnérables.
Caractéristiques des plantes résistantes :
- Tiges et feuillages poilus ou piquants
- Aromatiques
- Goût amer
- Toxicité
Liste de végétaux ignorés des cerfs (non exhaustive) :
- Vivaces : astilbe, cœur saignant, échinacée, echinops, perovskia, sedum.
- Graminées : calamagrostide, carex, fétuque bleue, roseaux de Chine (miscanthus), panic érigé, millet soyeux. La plupart des graminées sont résistantes aux chevreuils.
- Annuelles : aconit, brugmansia, canna, centaurée, gomphrène, muflier, soucis, zinnias.
- Arbres : bouleau, cornouiller, frêne, hêtre, marronnier.
- Conifères : cyprès, épinette, genévrier, certains pins.
- Arbustes : buis, cotonéaster, épine-vinette, forsythia, fusain, yucca.
- Potager : ail, asperge, citrouille, concombre, oignon.
- Fines herbes : aneth, basilic, ciboulette, origan, persil, thym.
Protection contre le soleil
Outre le gibier, un jeune arbre peut prendre un sérieux coup de soleil ! L'écorce juvénile n'est pas toujours assez épaisse pour le protéger, ce qui entraîne des échaudures, surtout si son écorce est lisse et fine. Cela arrive surtout sur les arbres récemment plantés, sur les essences sensibles (fruitiers, érables, jeunes chênes), après un hiver froid suivi d'un soleil intense, et plutôt côté sud ou sud-ouest de l'arbre. Les manchons blancs ou gaines anti-échaudures, ainsi que la toile de jute, sont de bonnes protections contre le soleil. Il est possible d'envelopper le tronc d'un arbre jeune avec une bande de toile de jute, qui a l'avantage d'être biodégradable. Il faut commencer par le haut du tronc en faisant un pli en biseau avec le bout du rouleau de toile, puis enrouler la jute en spirale jusqu'au bas du tronc, en assurant un recouvrement de la moitié de la spirale précédente.
Autres techniques d'effarouchement comportemental
La méthode la plus efficace est d'abord de leur faire peur. Lorsque vous apercevez un chevreuil sur votre terrain, crier et taper dans vos mains. Comme les chevreuils sont des animaux de routine, une fois qu'ils sont habitués de s'alimenter à un endroit, il est beaucoup plus difficile de les faire changer d'idée. Un chien (idéalement plus gros qu'un chihuahua) peut aussi être un bon moyen d'effarouchement.
En terminant, il est important de noter qu'aucune méthode n'est 100 % efficace et permanente. La clé du succès réside dans la combinaison et un renouvellement fréquent de différentes techniques, en adaptant sa stratégie selon les menaces spécifiques.
tags: #defense #plantation #chevreuil