Guide complet pour la transplantation d'un pommier : techniques et précautions

Le déplacement d'un arbre fruitier, tel qu'un pommier, est une opération délicate qui répond souvent à des impératifs de travaux, à un emplacement initial mal exposé ou à une nouvelle vision de l'aménagement paysager. Bien que cette transplantation soit possible et relativement accessible pour un jardinier amateur, elle exige une rigueur méthodique pour que l'arbre subisse le moins de stress possible. La réussite de cette opération reste toutefois aléatoire pour les sujets âgés, car plus un arbre transplanté est jeune, plus il acceptera le déménagement.

Schéma illustrant la structure racinaire d'un jeune pommier avant transplantation

La période idéale et les conditions météorologiques

Pour que votre arbre fruitier souffre le moins possible de la transplantation, attendez qu’il entre en dormance, c’est-à-dire en repos végétatif. Cette période propice se situe généralement entre le mois de novembre et le mois de mars ou avril. Il est vivement conseillé d'effectuer cette opération dès le mois d'octobre. En effet, la terre encore chaude favorise le « nouveau départ » d’un arbre, d’un arbuste ou d’une plante, car le sol a emmagasiné la chaleur des rayons du soleil durant les mois précédents.

Cependant, il faut respecter certaines conditions climatiques strictes. Évitez à tout prix les jours de gel, car les racines pourraient être impactées par le froid intense. De même, préférez les jours sans pluie, vent ou neige pour manipuler la terre et le système racinaire.

Évaluation de l'arbre et préparation du sujet

Avant de décider de déplacer un arbre, il convient de savoir si l'opération peut être tentée. Les conditions pour réussir la transplantation d'un arbre sont plus rigoureuses que pour une plante herbacée. Les arbres ne peuvent être transplantés que si leur tronc mesure moins de 8 cm de diamètre à la base. Si la plante est trop grosse, il faut avant tout envisager de la tailler, par exemple en coupant les branches de moitié.

Pour les fruitiers, il s’agit de raccourcir les branches secondaires de 5 à 10 cm, sans toucher aux branches charpentières. Si vous n'avez pas pu extraire l'arbre avec une grosse motte, raccourcissez les branches : dans l'idéal, les branches doivent faire en longueur deux fois le diamètre de la motte. Cette taille permet d'équilibrer le volume du houppier par rapport au système racinaire diminué.

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Les étapes du déracinement

Pour mener à bien cette opération de déracinement, il vous faut une bêche à dents, également appelée fourche à bêcher. Commencez par enfoncer la bêche à la verticale, sur toute sa hauteur, à 30 cm de la base (ou 40 cm en terre légère). La méthode est simple mais la patience est de mise : au premier cercle matérialisé, ajoutez un deuxième cercle à environ 20 cm du premier.

Si le sujet est jeune, le cercle parcouru est petit et il est facile de le faire basculer avec la bêche. Sinon, il faut creuser une tranchée d’au moins 50 cm de profondeur, à l’extérieur du cercle coupé à la bêche. Une fois que vous voyez les racines, coupez-les à l’aide d’une scie ou d’une hache, en biais et toujours avec précaution. C'est l'étape la plus délicate, car les racines ne doivent pas être abîmées. Une fois la tranchée finie, enfoncez la bêche sous le sujet, à 40 cm de profondeur au moins, afin de le décoller. Coupez l'extrémité des racines abîmées.

Illustration technique montrant le creusement d'une tranchée autour de la motte

Le transport et la mise en terre

Votre arbre fruitier est prêt à être transporté ailleurs. Pour que le transport se fasse dans les meilleures conditions, entourez la motte d’un film géotextile ou d’un sac en plastique. Ainsi, la terre de la motte restera compacte. Il faut faire en sorte que la motte reste bien collée au système racinaire, d’un seul tenant. Si vous n'avez pas l'opportunité de replanter immédiatement, conservez la motte dans un bac rempli de terre ou de sable et protégez-la absolument du gel.

Pour faciliter la transplantation de votre arbre fruitier, il est préférable de creuser le nouveau trou au moins une semaine avant. Réalisez un trou correspondant au double de la taille de la motte. Plantez un piquet (tuteur) au centre du trou. Déposez au fond du trou la terre de surface qui a été extraite, plus humifère et riche en mycorhizes. Positionnez l'arbre et vérifiez la bonne hauteur d'implantation : placez un manche en bois à l’horizontale sur le trou qui doit former un angle droit avec le tronc. Si le collet se trouve sous le manche, rajoutez de la terre sous le système racinaire.

Soins post-transplantation et entretien

Une fois l’arbre installé, rebouchez le trou avec la terre restante, en prenant le soin de tasser la terre au fur et à mesure afin d’optimiser « l’assise » de l’arbre. Arrosez abondamment les racines avec 40 à 50 litres d'eau. Le fait de pailler le tronc de l’arbre permet de maintenir un certain degré d’humidité. N'apportez pas d'engrais tant que la repousse n'est pas forte, mais arrosez tout au long de l'année suivant la plantation.

Pour protéger les bourgeons de votre pommier du gel, une technique surprenante consiste à utiliser de l'eau. Pulvérisez votre arbre pendant le gel : l'eau crée une couche de glace sur le bourgeon, qui sert de couche protectrice. Pour un soin supplémentaire, vous pouvez également appliquer un tissu autour de la couronne de l'arbre pour conserver la chaleur.

En arrosant régulièrement le pommier, en le taillant et en lui apportant de temps en temps des nutriments supplémentaires, vous assurez à votre arbre une croissance optimale. Il est important de tailler régulièrement le pommier après la chute des feuilles, idéalement entre novembre et mars. Si vous souhaitez multiplier votre arbre, le bouturage peut être tenté en hiver ou au début du printemps en prélevant des branches de 15 à 38 cm, placées dans de la tourbe humide après traitement à la poudre d'enracinement.

Schéma de la protection hivernale des bourgeons par aspersion d'eau

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