Guide complet de la conduite en montagne : Maîtrise des montées, des descentes et sécurité hivernale

La conduite en montagne en France représente un défi technique et logistique qui demande une préparation rigoureuse. Qu'il s'agisse de gravir des cols escarpés ou d'amorcer des descentes sinueuses, le comportement du conducteur doit être adapté pour garantir la sécurité de tous les usagers. Avant d’en savoir plus sur les quelques règles fondamentales de conduite à adopter dans les montées et les descentes dangereuses, il est essentiel de savoir quel type de voie se cache derrière ces deux termes avant d’apprendre à reconnaître les éléments de signalisation qui y sont liés. Si, pour appréhender au mieux une montée dangereuse, il faudra faire bon usage de la pédale d’accélérateur, dans une descente dangereuse c’est la manière d’utiliser les freins qui devra être adaptée à la situation. Enfin, choisir un itinéraire adapté au gabarit de son véhicule demeure la meilleure solution pour s’assurer d’arriver à destination en toute sérénité.

Schéma illustrant les différences de comportement moteur entre une montée et une descente en montagne

Les montées et les descentes dangereuses : Signalisation et enjeux

En dehors des jeunes conducteurs pour lesquels la route, même s’il s’agit d’une longue ligne droite, semble représenter une source de danger important, la réglementation routière française introduit deux notions spécifiques : les montées et les descentes dangereuses. Peu importe qu’il s’agisse de faire face à une côte ou à une pente, les conducteurs devront adapter leur comportement au volant afin de ne pas créer de danger pour eux-mêmes et pour les autres usagers.

Aux abords de ce type de sections de routes ou d’autoroutes, plusieurs éléments de signalisation permettant d’alerter les conducteurs sont implantés. Ainsi, le panneau triangulaire de descente dangereuse est systématiquement placé avant les pentes ayant une dénivellation minimum de 10 % sur les routes et de 4 % sur les autoroutes. Sur le panneau de montée dangereuse, le pictogramme représentant une voiture est remplacé par le pourcentage d’inclinaison, mais les contraintes d’implantation à respecter sont les mêmes.

Règles de conduite dans les montées dangereuses

À l’approche d’une montée dangereuse, il est conseillé d’accélérer progressivement afin d’accompagner, avec le plus de souplesse possible, le changement de régime du moteur. Cela permet d’éviter le sous-régime comme le surrégime, dont la conséquence directe est l’augmentation de la consommation de carburant. De plus, en adaptant progressivement l’allure du véhicule, les éléments mécaniques sont moins brutalisés et cela réduit le risque de panne. Pour y parvenir, il suffit de passer le rapport de vitesse le plus élevé une fois que la voiture est bien lancée, tout en exerçant une pression franche sur la pédale d’accélérateur jusqu’à ce que le sommet de la montée dangereuse soit atteint.

Si le régime de la voiture baisse, cela signifie qu’elle est en difficulté. Plutôt que d’appuyer lourdement sur l’accélérateur, passez à une vitesse inférieure et vous retrouverez un meilleur contrôle. Cela est particulièrement utile lors de virages sur des portions de routes sinueuses comme les virages en lacet. La voiture étant « tirée » vers l’arrière à cause de son poids, le moteur a beaucoup plus de difficulté à tracter la voiture et conserver la même l’allure. Pensez aussi que les autres véhicules auront les mêmes difficultés, en particulier les poids lourds.

Maîtrise des descentes dangereuses et utilisation du frein moteur

La première règle à adopter, lorsqu’un conducteur doit faire face à une importante dénivellation, c’est d’utiliser son frein moteur plutôt que sa pédale de frein. Peu d’usagers en ont conscience, mais dans une pente, l’inertie du véhicule impacte considérablement les distances de freinage. En cas d’utilisation trop importante de la pédale de frein par un conducteur, les freins finiraient par tout simplement par surchauffer avant de cesser de fonctionner.

La voiture en descente est entraînée par la pente et le moteur fournit moins d’effort mais ne « retient » plus le véhicule entraîné par son propre poids. Vous poussez un caddie chargé. Dans une montée, vous allez pousser plus fort sur vos jambes pour faire avancer le caddie devenu « plus lourd ». Vous ne devez jamais circuler en roue libre, c'est-à-dire sans vitesse enclenchée, dans une descente. Cela ne fait pas économiser de carburant. Pendant la descente, il faudra de temps en temps freiner pour diminuer votre vitesse. Dans ce cas, il est mieux de freiner quelques fois fortement et brièvement plutôt que d’enfoncer la pédale de frein continuellement à moitié. Si vous freinez fortement et par coups rapides, vos freins peuvent ensuite refroidir.

Le frein moteur 🤔⁉️

Préparation du véhicule et choix de l’itinéraire

Au-delà de ces quelques règles de conduite à respecter, le meilleur conseil que puisse appliquer un usager avant de prendre le volant réside dans le fait de choisir l’itinéraire le plus adapté au gabarit de son véhicule. Ainsi, dès lors qu’il est question de tracter une remorque ou une caravane, il vaut mieux éviter les routes de campagnes, où les montées et descentes dangereuses sont très fréquentes. Néanmoins, cela n’est pas toujours possible et dans ce cas, il sera essentiel de vérifier le bon fonctionnement des systèmes de freinage et de motorisation avant de prendre la route.

Même s’il est rarement contrôlé par les agents de police et la gendarmerie, le poids total autorisé en charge (PTAC) ne doit jamais être dépassé. Non seulement il s’agit d’une infraction au code de la route, qui est sanctionnée par une contravention 5e classe en présence d’une descente dangereuse, mais en plus cela augmente le risque de blessures mortelles en cas de collision avec un autre véhicule ou avec un obstacle. Avant de vous aventurer dans les montagnes, assurez-vous que votre véhicule est en bon état de fonctionnement. Vérifiez les freins, les pneus, les feux, les niveaux d’huile et de liquide de refroidissement.

Spécificités de la conduite en montagne en hiver

Conduire en montagne en hiver ne s’improvise pas. Entre les routes en pente, les variations rapides de météo et l’adhérence souvent précaire, les conditions exigent une préparation rigoureuse et une parfaite connaissance des règles en vigueur. Chaque hiver, de nombreux incidents pourraient être évités avec un équipement adapté et une meilleure anticipation.

La loi montagne impose, entre le 1er novembre et le 31 mars, de détenir des équipements spécifiques dans de nombreuses zones définies par arrêté préfectoral. Concrètement, les automobilistes doivent être équipés soit de pneus hiver conformes, soit de dispositifs amovibles comme des chaînes ou chaussettes neige. Les pneus hiver, reconnaissables par le marquage 3PMSF, offrent une meilleure motricité sur sol froid, humide ou enneigé. La chaîne à neige reste une solution incontournable dans les secteurs les plus exposés. Elle permet de franchir des routes enneigées lorsque les pneus seuls ne suffisent plus.

Infographie montrant les types de marquages sur les pneus hiver obligatoires

Conseils de sécurité sur les routes sinueuses et enneigées

Les routes sinueuses de montagne sont souvent une source de stress pour de nombreux conducteurs, qu’ils soient expérimentés ou qu’ils viennent d’obtenir leur permis de conduire. Aussi, il est essentiel d’adopter une conduite sécurisée quelle que soit la tenue de route (virages, routes étroites, pentes) et les conditions climatiques (chutes de neige, vent, verglas).

  1. Adaptation de la vitesse : En montagne, les routes sont souvent sinueuses et des conditions météorologiques défavorables peuvent diminuer la visibilité. Dans un virage, il faut décélérer avant d’entrer dans la boucle et appuyer sur la pédale d’accélérateur en sortie de virage.
  2. Signalisation sonore : En cas d’absence de visibilité en sortie de virage sur route étroite ou de tunnel, il est vivement recommandé d’actionner l’avertisseur sonore du véhicule. Vous évitez une collision frontale avec les autres usagers en sens inverse.
  3. Usage de l’éclairage : Actionnez les feux de brouillard en cas de manque de visibilité. Évitez les feux de route, ces types de phare peuvent se réfléchir sur la neige et vous éblouir. Dans les tunnels de montagne, l’usage des feux de croisement est obligatoire.
  4. Priorité en montagne : Sur une route étroite et pentue, les conducteurs en montée sont prioritaires. La circulation montante a plus de difficultés à démarrer et a donc la priorité, mais n’appliquez pas cette règle aveuglément. La règle « utilisez votre cerveau » est peut-être encore plus importante.
  5. Gestion de la neige et du verglas : Si vous freinez trop fort ou trop brusquement, les roues de votre voiture peuvent se bloquer et patiner. Ainsi, pensez à freiner doucement et graduellement pour donner le temps à vos pneus d’adhérer et de ralentir le véhicule.

L’utilisation des boîtes de vitesses automatiques en montagne

Si de plus en plus de conducteurs optent pour la voiture automatique, c’est en raison de la simplicité de conduite, ainsi que du confort et de la sécurité offerte par ce type de véhicule. Cette prise en main facile se reflète surtout lors d’une conduite en montagne. En effet, différents modes de conduite sont proposés pour permettre au conducteur d’adapter le comportement du véhicule en fonction de la configuration de la route.

Sur une route de montagne avec des déclivités plus ou moins faibles, le mode Sport est largement recommandé pour les constructeurs, et cela, en montée comme en descente. Ce mode de conduite augmente la maniabilité et offre plus de stabilité au véhicule. Le mode « L » (Low) est le plus adapté lorsque l’ascension s’annonce particulièrement longue et abrupte. Pour les descentes, ce mode permet de recourir au frein moteur. En hiver, il suffit d’enclencher le mode « W » (Winter) qui aide à stabiliser la conduite et d’éviter les risques de patinage. Par ailleurs, il est important de garder le mode ESP (correcteur de trajectoire électronique) en marche lorsque la route est enneigée.

Préparation matérielle et entretien préventif

Personne n'aime tomber en panne, et encore moins quand il fait froid, au milieu d'une route de montagne. Pour éviter cette situation, nous vous conseillons de vérifier votre niveau d'huile avant de partir car cela servira à éviter la surchauffe du moteur et des autres composants de la voiture. Le liquide de refroidissement doit également être mis à niveau afin de maintenir la température du moteur sous les 100°C. Si jamais la température augmente trop au cours du trajet, la meilleure chose à faire est de s'arrêter dans un endroit adapté et d'attendre quelques minutes que la température redescende.

Liste des accessoires indispensables à emporter en montagne en hiver

Il est également conseillé de se munir de quelques matériels indispensables à une conduite sur routes montagneuses : une pelle pour déneiger la route, un grattoir pour dégivrer un pare-brise, des pinces pour relancer une batterie sensible aux températures très basses, etc. Le niveau de liquide de refroidissement et de lave-glace doit être compatible avec des températures négatives. L’éclairage et les essuie-glaces doivent être en parfait état. Une visibilité réduite en montagne peut rapidement devenir critique. Consulter les bulletins météo locaux et l’état des routes avant le départ reste une démarche essentielle. En montagne, une route dégagée le matin peut devenir impraticable quelques heures plus tard.

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