Le lamier pourpre (Lamium purpureum), également connu sous le nom d'ortie rouge, est une plante herbacée annuelle dicotylédone dont la prolifération peut poser des défis aux jardiniers et aux agriculteurs. Bien qu'il puisse servir d'excellent couvre-sol en hiver, protégeant les terres nues des pluies, il attire également des insectes nuisibles qui peuvent s'attaquer par la suite aux cultures. Comprendre ses caractéristiques et les méthodes de gestion est essentiel pour maintenir un jardin ou une parcelle de culture saine et productive.

Le Lamier Pourpre : Un Indicateur de Sol et un Concurrent Vigoureux
Le lamier pourpre est un bio-indicateur de la nature et de l'état de santé du sol. Il se développe notamment sur les sols au pH basique et riches en éléments nutritifs tels que l’azote, et/ou engorgés en matière organique. On le retrouve principalement dans les parcelles riches en azote et les cultures en sarclées estivales (tournesol, soja, maïs, etc.), ainsi que dans les cultures de printemps et d’hiver. Le seuil de nuisibilité du lamier pourpre est atteint à partir de 10 plants au m². Chaque plante produisant 60 à 300 graines, dont la dormance au sol peut aisément atteindre 8 à 9 ans de viabilité, rend le lamier pourpre rapidement envahissant et nuisible.
Les mauvaises herbes en général, et le lamier pourpre en particulier, entrent en concurrence avec les légumes. Elles vont capter à leur place les nutriments, l’eau, masquer la lumière, etc. Elles sont souvent beaucoup plus résistantes et vigoureuses que les légumes cultivés, qui, eux, ont été sélectionnés pour leur goût et leur rendement, souvent au détriment de leur capacité de survie en milieu hostile. Avec des légumes vigoureux comme les courgettes ou les choux, les mauvaises herbes ont souvent moins d’incidences en fin de culture.
Prévention : La Clé d'une Gestion Efficace
Le meilleur moyen de ne pas voir apparaître de mauvaises herbes est de couvrir le sol continuellement d’une façon ou d’une autre. Mieux vaut prévenir que guérir. Pour éviter que des graines ne se ressèment, il est crucial de faire la traque aux plantes indésirables qui montent en graines. Supprimez-les en priorité avant que les graines ne se dispersent. Il faut aussi faire attention à ne pas en ramener avec des paillis d’origine végétale comme le foin.
[TUTO] Comment réaliser un paillis ? – Jardinerie Gamm vert
Le Paillage : Une Méthode Ancestrale et Efficace
Une méthode pour ne pas trop se préoccuper des mauvaises herbes est de pailler. Le paillage consiste à couvrir le sol avec une couche de matériaux organiques ou inorganiques. Cette couverture permet de limiter la germination des graines de mauvaises herbes en les privant de lumière et en rendant la pousse plus difficile. Le paillage aide également à retenir l'humidité du sol, à réguler sa température et à enrichir la terre en matière organique si des matériaux compostables sont utilisés.
La Sollarisation : Une Solution Écologique pour les Surfaces Vides
Lorsque les planches ne sont pas occupées, la solarisation peut être une technique efficace pour éliminer le lamier pourpre et d'autres mauvaises herbes. C’est une bâche plastique noire que l’on va poser directement sur le sol. Sous l’action de la chaleur et du manque d’eau, les plantes vont griller et mourir sous la bâche. Cette méthode est particulièrement utile pour désinfecter le sol avant une nouvelle culture.
Désherbage Physique : L'Action Manuelle et Mécanique
L'arrachage manuel est sûrement la solution la plus pénible mais la plus efficace pour supprimer les mauvaises herbes, si elles ne sont pas trop nombreuses, notamment celles aux racines pivotantes (pissenlit) ou traçantes (chiendent) qui ont tendance à se multiplier dès qu’on les coupe. La méthode consiste à procéder lorsque la terre est fraîche afin que le sol libère les adventices plus facilement. Munissez-vous d’un outil type gouge ou transplantoir pour aller chercher les racines en profondeur et en totalité. Le désherbage se fait le plus en amont possible, lorsque les plantes sont jeunes et vulnérables, et avant la montée en graine pour éviter les semis spontanés.

Le Binage Régulier : Maintenir le Sol Propre
Si la culture n’est pas paillée, un binage régulier permettra d’éliminer la majorité des mauvaises herbes. Il faut impérativement le faire régulièrement, pour ne jamais avoir de mauvaises herbes très développées. Il existe maintenant de nombreux modèles de binettes avec des largeurs adaptées à différents légumes et espacements. Le binage aère également le sol, ce qui est bénéfique pour les racines des cultures.
La Tonte : Un Alliée pour les Pelouses
Pour le désherbage du lamier pourpre dans une pelouse, des tontes régulières sont bénéfiques. Les mauvaises herbes sont fragilisées par des coupes successives. En revanche, en respectant une fréquence raisonnable, elles entraînent une ramification et une fortification des graminées qui composent le gazon. À chaque passage de la tondeuse, le gazon s’épaissit et laisse moins de place aux mauvaises herbes pour se développer. Pensez toutefois à ne pas couper trop ras en été : plus l’herbe est courte, plus vite le gazon jaunit et se dessèche, et moins il protège le sol. Remonter le niveau de coupe à 5 cm est une astuce écologique.
Amélioration du Sol : Cibler la Cause Profonde
Un sol déséquilibré est une cause fréquente de prolifération des mauvaises herbes. Une mauvaise herbe, qui pousse spontanément et en nombre sur un sol, est un bio-indicateur de la nature et de l’état de santé du sol. Le gazon, quant à lui, a besoin d’un sol suffisamment riche, frais, drainé, ni trop acide, ni calcaire, ainsi que d’une exposition suffisamment lumineuse. Si la situation ne lui convient pas, il laissera la place aux adventices.
Pour éviter le développement des mauvaises herbes sur le gazon, il convient d’améliorer la qualité du sol de sorte que les conditions de cultures soient favorables aux graminées semées et non aux adventices. Pour cela, effectuez des amendements calcaires (dolomie, lithothamne, cendre de bois…) ou humiques (compost, fumier…), selon les besoins.
Par exemple, le lamier pourpre et le liseron prolifèrent sur les sols riches et/ou engorgés en matière organique. Le mouron blanc indique un sol équilibré et de bonne qualité. Le chénopode bon-henri aime l’azote, tandis que le liseron apprécie les excès d’azote. La renoncule rampante délaissera un gazon régulièrement aéré sur un terrain mieux drainé. Un apport d’engrais organique redonnera à la pelouse la nourriture dont elle a besoin pour reconquérir le terrain.

Solutions Naturelles et Biologiques : Une Approche Respectueuse
Les herbicides de synthèse nocifs pour l’environnement sont désormais interdits. Mais des alternatives naturelles et bon marché existent. Attention, ces solutions ne sont pas sélectives (effets néfastes sur le gazon) et peuvent avoir, avec des usages répétés, des conséquences négatives sur les micro-organismes. Il convient donc de les utiliser avec parcimonie et directement sur la plante concernée.
Vinaigre Blanc et Bicarbonate de Sodium
Le vinaigre blanc rend les plantes sensibles aux rayons UV. On le pulvérise pur, sur les feuilles, lorsque le soleil brille. Si c’est efficace pour détruire les parties aériennes, la destruction du système racinaire demande des interventions répétées. Le bicarbonate de sodium est phytotoxique, il doit être mis au pied des mauvaises herbes. L’opération peut être effectuée deux fois dans l’année.
La Tonte Mulching : Nourrir le Sol Naturellement
Optez pour la "tonte mulching", une technique sans ramassage de l'herbe. Le gazon coupé finement et dispersé sur place nourrit le sol et stimule le travail des vers de terre. La mousse aura ainsi plus de mal à s’installer.
L'Eau de Cuisson : Une Solution à Discrétion
L’eau de cuisson (pommes de terre, pâtes ou n’importe quel autre aliment) est une fausse bonne idée en cas d’intervention minutieuse. À plus de 70 °C, elle est efficace pour détruire les plantes annuelles ou les jeunes pousses à enracinement superficiel mais ne convient pas pour un désherbage précis et ciblé.
Le Sel : À Utiliser avec Extrême Précautions
Le sel est puissant, il ne fait pas que désherber. Il tue également les micro-organismes, modifie la nature du sol et s’infiltre dans les nappes phréatiques. Son usage est donc fortement déconseillé pour préserver la santé du sol et de l'environnement.
Gérer les Mauvaises Herbes Vivaces et les Semis Spontanés
Les vivaces sont des plantes qui vivent plusieurs années, et qui souvent se multiplient à partir des racines. En laissant « grainer » certains légumes, vous obtiendrez des semis spontanés. La traque aux plantes indésirables qui montent en graines est donc primordiale pour contrôler leur propagation.

Le Rôle des Animaux : Les Poules comme Auxiliaires
Lorsque les planches ne sont pas occupées, des poules peuvent être introduites. Elles sont d'excellentes désherbeuses naturelles, grattant le sol et mangeant les graines et jeunes pousses des mauvaises herbes, y compris le lamier pourpre. Cependant, leur utilisation doit être gérée attentivement pour éviter qu'elles ne s'attaquent aux cultures désirées.
L'Importance de la Surveillance et de l'Adaptation
L'entretien de la pelouse est également crucial. Outre les tontes régulières, des opérations d’aération et de scarification une à deux fois par an sont souhaitables. De semer un gazon neuf ou de regarnissage lorsque des zones de pelouse se dénudent permet de renforcer la concurrence contre les adventices. Il faut apprendre à vivre avec les petits défauts de la pelouse et ses charmantes fleurettes qui y trouvent refuge! Mais, si elles prennent le pas sur les graminées du gazon, c’est que votre terrain a un problème de fond. Différents facteurs peuvent favoriser la prolifération des mauvaises herbes sur un gazon. Les deux principaux étant des tontes peu fréquentes et un sol de mauvaise qualité. Des tontes trop espacées ou un sol déséquilibré peuvent créer des conditions favorables à leur développement. Il est donc essentiel de surveiller l'état de votre sol et d'adapter vos méthodes de désherbage en conséquence.
Pour en savoir plus sur les plantes sauvages de nos jardins et leurs significations bio-indicatrices, la lecture de « l’encyclopédie des Plantes bio-indicatrices » par Gérard Ducerf est fortement recommandée. Cette ressource peut aider à identifier les causes profondes de la présence de certaines mauvaises herbes, offrant ainsi des pistes pour des solutions plus durables et écologiques.
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