Le désherbage est une pratique agricole fondamentale qui conditionne l'obtention de rendements élevés et de récoltes de qualité. En effet, les mauvaises herbes qui envahissent les champs gênent le développement des cultures, et près de la moitié des pertes de récolte leur sont imputables. L'impact des adventices peut se manifester directement sur la plante cultivée par concurrence, ou par des effets indirects qui déprécient les récoltes.

La concurrence s'effectue par compétition vis-à-vis de l'espace, de la lumière, de l'eau et des éléments minéraux, ressources essentielles au bon développement des cultures. De plus, certaines adventices peuvent exercer une allélopathie, c'est-à-dire qu'elles émettent des substances nocives qui inhibent la germination ou la croissance des plantes cultivées. Les nuisances indirectes sont variées et peuvent fréquemment déprécier les récoltes, allant jusqu'à les rendre impropres à la consommation.
Stratégies de désherbage : Anticiper et agir
Pour lutter contre les mauvaises herbes, de nombreuses méthodes ont été mises au point. On peut désherber une culture manuellement, mécaniquement, chimiquement, mais aussi par brûlage, submersion, couverture du sol avec des moyens divers, et la lutte biologique a pu être utilisée avec succès dans certains cas. Cette diversité de techniques montre l'intérêt qui a été porté au problème du désherbage par les praticiens et les chercheurs.
En définissant une stratégie très en amont, il est possible de contrer efficacement les graminées et de préserver le rendement des cultures. Il est crucial d'approfondir la connaissance des graminées et d'activer les bons leviers agronomiques. Traiter tôt avec des solutions adaptées peut faciliter le contrôle des graminées dans la rotation.
Connaître la biologie des graminées pour adapter les moyens de lutte
Pour lutter durablement contre la flore adventice, il est primordial de les identifier afin d'adapter les moyens de lutte. Vulpins, ray-grass, panics, sétaires, digitaires… il faut faire la course en tête contre ces graminées dans les cultures telles que les colzas, céréales, maïs, tournesols ou betteraves.
L'Agrostis : un impact conséquent sur le rendement du blé
L’agrostis jouet du vent est une graminée annuelle avec une germination hivernale. Elle lève préférentiellement durant les hivers doux, lorsque les températures se situent entre 2 et 13°C. Cette graminée peut avoir un impact significatif sur le rendement du blé, nécessitant une attention particulière pour sa gestion.
Le Brome stérile : des levées abondantes à l’automne
Le brome stérile possède la capacité de germer toute l’année. Des levées abondantes sont souvent observées à l’automne. Plusieurs moyens de lutte préventifs existent pour apprendre la gestion de cette plante adventice et limiter sa prolifération.

Le Pâturin annuel : un cycle rapide
Le pâturin annuel fait partie du fond de salissement des parcelles. Il germe dès que les conditions climatiques sont clémentes et boucle en général son cycle en moins de 3 mois. Son cycle rapide exige une surveillance constante pour éviter son installation et sa dissémination.
Le Ray-grass : une capacité de germination tout au long de l’année
Le ray-grass peut germer toute l’année. Le taux annuel de décroissance élevé et la faible dormance de cette adventice facilitent la mise en place d’une stratégie de désherbage efficace à court terme. Sa présence constante dans les cultures requiert une gestion proactive.
Le Vulpin : un mode de levée groupé
Le vulpin est une graminée annuelle avec deux périodes de levée préférentielle : l’une à l’automne et l’autre au printemps. Ce mode de levée groupé peut rendre son contrôle plus complexe, nécessitant une intervention ciblée durant ces périodes.
Le Jonc-des-crapauds : une monocotylédone à distinguer du pâturin annuel
Le jonc-des-crapauds est une monocotylédone qui ne fait pas partie de la famille des graminées. Cette plante est pionnière des sols humides, battants et légèrement tassés, mais elle est devenue commune également dans de nombreux types de sols et de rotations. Il est essentiel de ne pas le confondre avec le pâturin annuel en raison de ses caractéristiques biologiques et de ses méthodes de lutte différentes.
Connaître et contrôler les dicotylédones annuelles et vivaces
En plus des graminées, les dicotylédones annuelles et vivaces représentent également un défi majeur pour les cultures. Leur mode de reproduction et leur cycle de vie influencent directement les stratégies de désherbage à adopter.
Les annuelles et bisannuelles : un mode de reproduction principalement sexué
Les dicotylédones annuelles et bisannuelles se reproduisent principalement de manière sexuée par la production de graines. La gestion de ces adventices repose souvent sur le contrôle de la banque de graines dans le sol.
Le Datura : une plante concurrentielle mais surtout toxique
Le datura est présent sur tout le territoire dans les cultures d’été, mais aussi en zones non agricoles. De par sa toxicité, cette adventice peut être problématique sur les différents débouchés du maïs, notamment pour l'alimentation animale et humaine. Sa présence exige une vigilance accrue.
Le datura : une plante toxique mais peu attractive
La Fumeterre : une expansion à maîtriser
Caractérisée par des feuilles divisées en trois segments, la fumeterre lève principalement à l’automne, mais peut également être observée dans des cultures de printemps. Son expansion doit être maîtrisée pour éviter une concurrence excessive avec les cultures.
Sanves et Ravenelles : des adventices à croissance rapide
Ces adventices annuelles sont des hôtes de nombreux insectes, de nématodes et de maladies. Leur nuisibilité indirecte oblige à une vigilance accrue pour une bonne maîtrise dans la rotation, car elles peuvent favoriser le développement d'autres problèmes phytosanitaires.
Le Séneçon : attention aux résistances
Le séneçon possède un cycle très court et lève toute l’année dans tous les types de sol et indépendamment des conditions climatiques. Il peut ainsi réaliser 3 ou 4 cycles par an, ce qui le rend particulièrement difficile à contrôler et favorise l'apparition de résistances aux produits phytosanitaires.
Le Sicyos : une forte nuisibilité dans le maïs
À l’âge adulte, le sicyos a l’aspect d’une liane qui peut atteindre plusieurs mètres. Cette liane, résistante et difficile à combattre, peut rendre impossible la récolte du maïs en s'enroulant autour des plantes et en les étouffant.
Les Véroniques : particulièrement présentes dans les rotations de l’Ouest
Il existe trois principales espèces de véroniques qui cohabitent notamment dans les céréales : la véronique à feuilles de lierre, la véronique des champs et la véronique de Perse. Cette dernière est capable de lever en toute saison, ce qui rend son contrôle continu nécessaire.
Les vivaces : un mode de reproduction basé sur la multiplication végétative
Les dicotylédones vivaces se reproduisent non seulement par graines, mais aussi et surtout par multiplication végétative, à travers des racines, des rhizomes ou des stolons. Cette capacité de multiplication rend leur éradication plus complexe.
Le Chardon des champs : une vivace redoutée
Le chardon des champs possède une capacité de dissémination importante et exerce une forte concurrence sur les cultures. La gestion et la maîtrise de cette adventice passent avant tout par la prévention et une stratégie de lutte combinée pour épuiser ses réserves.
Le Liseron des haies : une plante problématique lors des récoltes
Le liseron des haies est une vivace à multiplication végétative. Certaines techniques comme le travail du sol sont donc à éviter en présence de cette adventice, car elles peuvent favoriser la fragmentation des racines et ainsi la multiplication de la plante.
Le Rumex : une capacité de grenaison importante
La prolifération des rumex est assurée par voie végétative et leur fort pouvoir de grenaison, ce qui complexifie la lutte. Facile à détruire sitôt la levée, la lutte contre les souches installées nécessite au contraire de la persévérance et des interventions répétées.
Prévenir et gérer les résistances aux produits phytosanitaires
L’évolution de la sensibilité, ou résistance, de micro-organismes pathogènes, d’adventices ou de ravageurs des cultures à certaines matières actives est un sujet de préoccupation majeur en agriculture. La gestion des résistances est essentielle pour assurer l'efficacité à long terme des solutions de désherbage. Cela implique une rotation des modes d'action des herbicides, l'intégration de méthodes de lutte alternatives et une surveillance régulière de la flore adventice.

Les leviers agronomiques jouent un rôle crucial dans le service du désherbage. Cela inclut le choix des variétés, la rotation des cultures, le travail du sol, la densité de semis, et la gestion des résidus de culture. En combinant ces approches, il est possible de réduire la pression des adventices et de minimiser le recours aux produits phytosanitaires, tout en préservant leur efficacité. L'objectif est de maintenir la biodiversité des parcelles tout en assurant la productivité agricole.
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