
Dès que l’on manque un peu d’attention, les mauvaises herbes, ou adventices, envahissent sans crier gare nos jardins potagers et nos plates-bandes décoratives. Ce phénomène est particulièrement prononcé durant les saisons intermédiaires comme le printemps, qui alterne des épisodes de pluie et des journées plus chaudes, offrant des conditions idéales pour leur développement. Bien souvent, malgré nos efforts pour les arracher, elles reviennent inlassablement, de quoi décourager les jardiniers les plus motivés et les plus dynamiques !
Cependant, l'approche du désherbage a considérablement évolué. Il convient en premier lieu de bien distinguer les mauvaises herbes… des mauvaises herbes ! En effet, toutes celles que nous appelons "mauvaises herbes" ne sont pas forcément à éradiquer. L'arrachage systématique laisse la terre nue, ce qui est néfaste pour le sol, le soumettant à l'érosion, au lessivage des nutriments, à la diminution de la vie des micro-organismes et à la création d'une "croûte de battance" qui empêche l'eau de s'infiltrer. Heureusement, les regards et les mentalités évoluent : les "mauvaises herbes" ne donnent plus aujourd'hui l'image d'un jardin mal entretenu.
En réalité, le choix d'alternatives aux produits chimiques est devenu une nécessité. Depuis le 1er janvier 2019, la vente de pesticides de synthèse, produits phytopharmaceutiques, aux particuliers est interdite, ce qui signifie la disparition du glyphosate des rayons. Cette interdiction a ouvert la voie à de nouvelles méthodes et à une meilleure compréhension du rôle des plantes bio-indicatrices. Si certaines plantes s'invitent dans des endroits qui ne plaisent pas au jardinier, c'est souvent parce qu'elles sont adaptées au lieu et fournissent des informations précieuses sur la nature du sol.
Qu'est-ce qu'un désherbant ? Typologie et interdictions
Aussi appelé herbicide, un désherbant est une substance active qui permet de tuer les végétaux non désirés (adventices). Il existe plusieurs types de désherbants traditionnellement utilisés dans les jardins et en agriculture : le désherbant sélectif, le désherbant total, le désherbant naturel et l'anti-germes. Un produit désherbant contient généralement une ou plusieurs molécules actives (comme le glyphosate pour le Round Up par exemple, bien que désormais interdit aux particuliers) et des adjuvants, qui sont des substances renforçant l'action des produits phytosanitaires en favorisant l'absorption du produit par la plante.
Le glyphosate était le désherbant total le plus connu et le plus vendu. Fabriqué par Monsanto et historiquement commercialisé sous la marque Round-Up, il permettait de détruire de façon non sélective un très grand nombre de mauvaises herbes qui s'immisçaient dans les cultures. Cependant, très controversé, de nombreuses études ont prouvé ses effets dévastateurs sur l'environnement, sur les insectes et sur les hommes.
L'interdiction des pesticides de synthèse et l'essor du biocontrôle

Depuis le 1er janvier 2019, date d’entrée en vigueur de la loi Labbé, les pesticides de synthèse sont interdits à la vente pour les particuliers. Ils sont remplacés par des produits appelés “de biocontrôle”, c’est-à-dire des produits composés de substances naturelles. Ces produits sont repérés par la mention “EAJ”, Emploi Autorisé dans les Jardins, pour les différencier des produits autorisés pour les professionnels.
Les produits de biocontrôle sont des produits qui utilisent les mécanismes naturels pour défendre les plantations contre leurs agresseurs, maladies, bactéries, champignons, parasites (qu’ils soient des insectes ou des végétaux). Cette approche s'inscrit dans une démarche de jardinage éco-responsable, visant à protéger la faune et la flore de nos jardins, ainsi que notre propre santé.
Les désherbants de biocontrôle : composition et mode d'action
Les désherbants définitifs de biocontrôle sont une solution pour les jardiniers souhaitant éradiquer les herbes indésirables sans recourir à des substances chimiques nocives. Ces produits, bien que définitifs, restent naturels et imitent les processus de la nature. Ils sont constitués de substances naturelles telles que :
- L'acide pélargonique : un acide gras végétal issu notamment des géraniums de balcon, les pélargoniums, mais aussi du tournesol, du colza ou encore du rosier.
- L'acide caprique : un acide gras que l’on peut trouver notamment dans le lait de chèvre et dans le lait de coco.
- L'acide caprylique : un autre acide gras présent dans l’huile de coco et dans l’huile de palme (ainsi que dans le lait maternel).
- L'acide acétique : un produit issu de la fermentation naturelle de sucres (fruits ou amidon de maïs).
Ces produits peuvent être vendus dans des pulvérisateurs gradués, prêts à l’emploi, ou sous forme concentrée, en tubes pré-dosés, à diluer dans de l’eau. Ces derniers sont plus économiques et plus pratiques pour les grandes surfaces. Pour une bonne efficacité, ces produits doivent être appliqués tous les printemps, afin que le stock de graines de ces indésirables diminue. Le moindre manquement met à bas tous les efforts accomplis les années précédentes !
L'acide acétique : un désherbant naturel puissant
L’acide acétique a une action corrosive (du fait de son pH très bas) sur les tissus vivants et il détruit la membrane protectrice présente sur les feuilles et toutes les parties aériennes, provoquant à court terme la déshydratation des tissus de la plante et l’impossibilité de poursuivre la photosynthèse. Malgré son agressivité, il se dégrade totalement dans le sol, libérant seulement des molécules d’eau et d’oxygène, ce qui le rend inoffensif aux doses indiquées par les fabricants. Cet herbicide de contact va être utilisé de préférence au printemps, voire au début de l’été, pour que les végétaux visés soient encore jeunes, idéalement moins de 2 semaines. Ils sont en effet moins robustes et moins bien implantés dans le sol. Les adventices annuelles sont plus faciles à éradiquer que les vivaces, celles-ci nécessitant généralement plusieurs passages, tout comme les adventices déjà adultes. Il est possible, pour les plus résistantes, d’injecter l’acide acétique dans le sol (qui doit être sec), au milieu du collet des plantes, afin que le produit atteigne les racines.
Le désherbant prêt à l'emploi Protecta est composé d'acide acétique, une matière active existant dans la nature. Il élimine les mauvaises herbes par contact en brûlant rapidement les parties aériennes des plantes. L'acide acétique possède la particularité d'avoir une action très rapide avec des effets visibles en seulement 1 heure. La concentration en acide acétique limitée à 60 g/L permet de contrôler les risques sur l'environnement ou les risques de corrosivité sur les matériaux d'application ou les matériaux traités. De plus, le désherbant prêt à l'emploi Protecta dispose d'une formulation brevetée avec un ingrédient booster qui augmente l'efficacité du produit. Ce désherbant est rapidement inactivé, ce qui permet un retour des animaux de compagnie dès que le sol est sec.
L'acide acétique peut être employé comme désherbant définitif sur une grande surface. Dans ce cas, préparez un pulvérisateur avec de l’acide acétique pur, à raison de 100 ml (à 10 %) pour 1 mètre carré. Attention, ce désherbant n’est pas sélectif, il va éliminer toute la végétation de la surface. Les indésirables au milieu du gazon ou d’un massif peuvent également être traitées à l’acide acétique. Il peut servir à désherber les allées, ainsi que les zones pavées ou gravillonnées. Il est adapté pour désherber autour des arbres et vise les plantes à larges feuilles et les graminées. Les pissenlits semblent par contre résister à l’acide acétique. Il peut être employé sur des surfaces non cultivées, le potager est donc à éviter en cours de culture.
Les acides gras (pélargonique, caprique, caprylique)
Ces acides gras, souvent utilisés ensemble, sont également des désherbants définitifs qui agissent par contact, éliminant la plante grâce au même processus que l’acide pélargonique : destruction de la couche cireuse protectrice, destruction des membranes protectrices des cellules, dessèchement des tissus végétaux. C’est au printemps qu’il est conseillé d’utiliser ces produits, sur des végétaux encore jeunes, plus fragiles. Pour de plus grandes adventices, ainsi que les vivaces, l’application sera à répéter plusieurs fois.
ASTUCE pour FABRIQUER son DÉSHERBANT
Précautions d'usage pour les désherbants de biocontrôle
Bien que naturels, ces produits sont corrosifs. Il est fortement conseillé de porter des gants, des lunettes et des manches et jambes longues lors de l’application. N’utilisez pas ces produits à proximité d’un point d’eau et ne rincez pas le contenant. Suivez impérativement les indications du fabricant concernant leur dosage et les conditions d’utilisation. Les conditions d’application, notamment, sont assez précises : l’application doit se faire par temps doux (10 à 15° au moins), sans vent ni pluie. Plus la température est élevée et le temps sec (ce qui entraîne un stress hydrique de la plante) plus le produit se montre efficace. Évitez l’application d’acide pélargonique durant la floraison pour éviter d’éventuelles atteintes pour les abeilles. Vous interdirez l’accès aux zones traitées aux enfants et aux animaux domestiques jusqu’à leur séchage complet, en moyenne 6 heures.
Pour une efficacité optimale, privilégier une journée lumineuse pour le traitement. Traiter les mauvaises herbes à leurs premiers stades (taille inférieure à 10 cm). Éviter toute dérive de pulvérisation (projection) et de ruissellement vers les plantes voisines. Éviter de traiter en cas de pluies annoncées, de vent supérieur à 15 km/h. Ces produits ne migrent pas vers les racines et ne sont pas résiduaires. Généralement 2 applications par an maximum sont recommandées pour les acides gras, et 6 applications maximum par an sur les mauvaises herbes en période de croissance active pour les désherbants à base d'acide acétique. N’hésitez pas à tremper toutes les parties de la plante. Si d’autres plantes, non indésirables, sont à proximité, attention à bien diriger votre jet. Il y a cependant peu de risques pour elles si elles ne reçoivent que des éclaboussures.
Alternatives écologiques aux désherbants chimiques
L’utilisation de produits désherbants n’est pas la seule méthode pour se débarrasser des plantes indésirables ; elle peut être un complément à un jardinage responsable qui met en œuvre des méthodes douces. Pour détruire les mauvaises herbes qui envahissent vos extérieurs, mieux vaut partir sur un herbicide naturel ou sur des outils spécialisés pour le désherbage. Vous préserverez votre santé et protégerez les petits habitants de votre jardin.
Le désherbage manuel et mécanique

La première solution est d’opter pour un désherbage manuel à l’aide d’une binette ou d’un sarcloir. L’avantage est qu'avec cette méthode, les mauvaises herbes sont arrachées à la racine et les repousses sont plus lentes. L’inconvénient est que le travail risque d’être très laborieux s’il y a une vaste surface à couvrir. Un désherbage efficace est un désherbage effectué au bon moment. Il est important d'éliminer les herbes indésirables avant qu’elles ne montent à graines, tout votre travail serait alors à recommencer, avec un plus grand nombre de plantes.
Certaines adventices seront efficacement éliminées si elles sont arrachées au printemps, tels le chiendent, le liseron ou la ronce. De plus, le sol normalement humide et les plantes jeunes rendent la tâche plus facile. Les adventices sont en effet plus faciles à arracher lorsque le sol est humide, cela aide à retirer la totalité de leur système racinaire, faute de quoi nombre d’entre elles repousseront aussitôt. L’automne est cependant une bonne période pour désherber, surtout dans les régions à hivers doux ou en cas de sol compact, qui reste tiède plus longtemps. Cela vous évitera de voir ces indésirables se développer tout au long de la mauvaise saison.
De nombreux outils spécialisés existent dont la forme a été étudiée pour désherber facilement. Que ce soit la lame ou la longueur du manche, tout a été prévu pour faciliter le désherbage. L'avantage des outils est qu'ils sont respectueux de l'environnement et permettent de supprimer en profondeur les racines des végétaux que vous souhaitez faire disparaître. Cette action sera plus durable que d'arracher les mauvaises herbes à la main, synonyme de mal de dos et parfois d'inutilité si la racine reste sous terre. Vous retrouverez ci-dessous une liste d'outils pour désherber manuellement et efficacement : binette, sarcloir, couteau désherbeur, grattoir à mousse, déracineur, scarificateur, désherbeur avec levier extirpateur.
Le faux-semis est une méthode couramment employée par les jardiniers : au printemps, travaillez légèrement votre terre. Les graines vont être activées par l’air et la lumière et vont germer rapidement. Vous n’aurez plus qu’à passer le sarcloir sur la surface pour que celle-ci soit dégagée.
Le désherbage thermique

Pour désherber sans produit chimique et de manière ciblée, il existe le désherbeur thermique. Cet outil utilise la chaleur pour brûler les cellules et racines des plantes. Vous aurez le choix entre désherbeur thermique électrique et désherbeur thermique au gaz. Le choix dépendra de votre budget et de la taille de votre jardin. Le procédé est efficace et non polluant.
Désherbeur thermique à gaz ou électrique, tous deux font subir la même chose aux herbes adventices : la chaleur intense et dirigée précisément fait éclater les cellules des plantes, les faisant mourir en quelques jours. Pour une efficacité optimum, le désherbage thermique est utilisé lorsque la plante est jeune ; des adventices bien installées seront plus difficiles à détruire. Il faut éviter de “brûler” la plante, ce qui risquerait de provoquer un développement important en réaction à l’agression. Un bon coup de chaud suffit à endommager le végétal sans agression brutale. Plusieurs passages peuvent parfois être nécessaires, mais lorsque cette méthode est bien appliquée, le désherbage est définitif.
Il faudra néanmoins renouveler l’opération au bout d’une dizaine de jours pour les mauvaises herbes les plus rebelles comme le chiendent et insister plus longtemps sur les plantes rampantes comme le lierre terrestre ou les plantes à racines pivot comme le pissenlit. Il arrive souvent que la chaleur aux alentours de la plante visée fasse germer des graines d’autres adventices. Il suffit de faire un passage sur ces très jeunes plantes pour les éliminer.
Les désherbants maison et astuces naturelles
Il existe une ribambelle d’alternatives bio et écologiques aux produits chimiques. Des préparations que nous pouvons concocter nous-mêmes avec des ingrédients que l’on utilise au quotidien et donc bon marché.
L'eau bouillante
L'eau bouillante est un désherbant total puissant. Versez de l'eau bouillante sur les chardons ou autres indésirables pour brûler les racines. Mieux encore, l'eau de cuisson des pommes de terre ou du riz, riche en amidon, sera plus efficace ! Il s'agit surtout du coup de chaud provoqué par l'eau chaude autour de 70°C qui permet d'anéantir la mauvaise herbe. Attention cependant à ne pas arroser les fleurs et les légumes du jardin.
Le vinaigre blanc et le sel
Le vinaigre blanc est très utile pour l'entretien de la maison et peut servir de désherbant. Est-ce que le vinaigre blanc tue les mauvaises herbes ? Oui ! À portée de tous, un désherbant 100% naturel et BIO à base de vinaigre, de sel et d'eau peut être fabriqué très rapidement. Bon marché, il est très efficace pour venir à bout des mauvaises herbes entre les dalles de votre terrasse. Il suffit de mélanger 5 litres d'eau, 1 kg de sel et 200 ml de vinaigre blanc et de pulvériser cette préparation sur les adventices.
Toutefois, du fait de sa grande acidité, le vinaigre tout comme le sel peut influencer la fertilité du sol et la micro-biodiversité. C’est pourquoi il ne faut pas l'utiliser pur. D'aucuns opposeront ici que le sel, même s'il est naturel, stérilise le sol. N'arrosez pas vos massifs, vos allées ou votre potager, tous les 4 matins avec cette préparation : comme tout produit actif, il doit être utilisé avec parcimonie, sans excès. Nous vous conseillons d'utiliser cette solution seulement sur les éléments maçonnés de vos extérieurs (terrasse, escalier, dalles, allées de gravier…) mais pas sur vos parterres ou massifs.
Le bicarbonate de soude
Pour nettoyer votre terrasse et supprimer les végétaux qui s'installent au fil des années comme la mousse, vous pouvez également utiliser le bicarbonate de soude. Naturel et sans danger, le bicarbonate remplace l'eau de javel parfois utilisée pour désherber les terrasses. Comment faire ? Saupoudrez directement le bicarbonate sur les zones à désherber (en évitant les pelouses et massifs de fleurs) puis arrosez avec de l'eau (dosage conseillé : 20 g/m² d'eau). À noter que le saupoudrage de bicarbonate de soude peut brûler les feuilles des adventices mais il va, comme le sel, se retrouver dans les nappes phréatiques, sans respect pour la faune du sol.
L'huile de table
Pour utiliser l'huile de table contre les adventices, il ne faut pas en avoir une grande surface, car cela fonctionne en appliquant cette huile sur le feuillage durant l'été lorsqu'il fait chaud et plein soleil.
Le purin d'orties
Enfin, le purin d’orties pur pourrait faire office de désherbant mais ce n'est pas conseillé. Cela peut paraître surprenant puisqu'on le connaît surtout pour ses vertus insecticides et fertilisantes. En réalité, comme il est riche en azote, il devient toxique pour les plantes et gorge les sols de nitrates, finissant par les polluer en intoxiquant les plantes.
Prévenir la repousse des mauvaises herbes : des stratégies durables
Après avoir mis tout en œuvre pour débroussailler et désherber son jardin ou parterre de fleurs, la première inquiétude est la repousse. Combien de temps vont mettre les mauvaises herbes à revenir ? Comment faire pour que les mauvaises herbes ne poussent plus ?
Couvrir le sol : paillage et bâchage

C’est sur un sol laissé nu (même s’il s’agit d’une toute petite surface) que se développent majoritairement les plantes indésirables. Une fois réalisé votre travail de désherbage, il est donc crucial de couvrir le sol entre vos plantations. La première chose à faire est de ne pas laisser la place aux mauvaises herbes de s'installer !
Le paillage est réputé pour empêcher les adventices de pousser, car elles sont alors privées de lumière. Il faut cependant, pour que cela soit efficace, que le paillis soit très épais, minimum 15 cm, et suffisamment dense. Cependant, la présence d’un paillis, quel qu’il soit, a toujours son utilité : il garde le sol bien meuble, les indésirables sont donc plus faciles à arracher, et elles sont aussi plus visibles. Les matériaux de paillage sont très variés : paille, écorces, coques de cacao, minéraux divers, compost, déchets verts, paillettes de lin. Vous pouvez également opter pour des toiles biodégradables dans votre potager.
Pour un désherbage total, vous pouvez opter pour la solution de bâchage du sol, qui est une alternative au paillage : étalez sur la zone ciblée une bâche, des cartons ou encore des tapis et laissez tel quel durant plusieurs mois. Lorsque vous découvrirez la zone, elle sera nue, mais aussi bien meuble et pleine de vie.
Engrais verts et plantes couvre-sol
Plantez des engrais verts (moutarde, trèfle, phacélie, luzerne…) dès qu’une surface est libre, ils empêcheront les indésirables de l’envahir. Une fois adultes, ils seront fauchés et fourniront un matériau de paillage nourrissant. Leurs racines elles-aussi nourriront le sol. Ils prennent la place des mauvaises herbes et enrichissent le sol en attendant les nouvelles plantations !
Pour vos massifs, utilisez chaque espace vide pour y installer des plantes couvre-sol : géraniums vivaces, santoline, lamium, genévrier, saxifrage, sedum, lierre. Créez un couvert végétal aux pieds de vos massifs, installez des plantes couvre-sol (sedum, millepertuis, aubrieta…) et paillez généreusement (tonte de gazon, copeaux, paille, broyat…). Les ronces, le liseron, le chiendent, les oxalis ne sont pas des mauvaises herbes, elles s'invitent dans vos parterres car la nature n'aime pas le vide. Le meilleur moyen pour ne pas les voir réapparaître est tout simplement d'occuper l'espace.
Gestion de la tonte du gazon
Ne tondez pas votre gazon trop court, une tonte haute entraîne une concurrence importante entre les graminées et les adventices qui pourront moins facilement se développer.
Utilisation des plantes arrachées
Une fois ces indésirables arrachées ou coupées, utilisez-les ! Elles peuvent faire un bon paillage ou alimenter le tas de compost dès lors qu’elles ne sont pas en graines.
L'importance des "mauvaises herbes" : des indicateurs précieux et des alliées du jardinier

Pourquoi utiliser un désherbant ? Doit-on vraiment se débarrasser des mauvaises herbes ? Pas systématiquement ! Il faut avant tout avoir à l'esprit que les "mauvaises herbes" sont considérées comme telles car elles se développent à un endroit que vous n'aviez pas choisi. Pourtant, elles n'arrivent pas là par hasard. Elles sont souvent un bon indicateur de la santé de votre sol.
Par exemple, le bouton d'or pousse sur les sols humides et pas assez drainés ; la mousse qui se développe sur votre gazon indique que votre pelouse a besoin d'être scarifiée ; les pissenlits se développent quand la terre est trop compacte et trop riche en matière organique. Et les exemples sont nombreux.
Avant d'utiliser un désherbant, qu'il soit total, sélectif ou thermique, renseignez-vous sur la raison de la présence de cette plante dans votre jardin et si celle-ci peut être nocive ou au contraire bénéfique.
Les plantes bio-indicatrices
Si des plantes pointent leur nez, c'est que ces plantes bio-indicatrices sont adaptées au lieu, elles vont vous fournir des informations sur la nature de votre sol.
- Le trèfle capte l'azote de l'air pour le restituer dans le sol, nourrissant ainsi le gazon.
- La ronce, "berceau du chêne", est riche en hormone de croissance. Elle permet ainsi aux jeunes arbres de se développer plus rapidement et plus sereinement, protégés des ravageurs grâce à ses piquants. Une fois l'arbuste développé, la ronce cède sa place et se repique naturellement plus loin. La ronce nourrit et protège les oiseaux, elle est également un bio-indicateur, signe d'une terre riche en azote et en matière organique (autrement dit idéale pour la fertilité).
- Les pissenlits se développent quand la terre est trop compacte et trop riche en matière organique.
Des adventices utiles et comestibles
Certaines adventices sont par ailleurs très utiles et comestibles !
- Les pissenlits sont par exemple très appréciés des abeilles et peuvent être mangés en salade, en poêlée, en infusion.
- L'ortie a de nombreuses vertus, elle se déguste crue, cuite, en jus ou en tisane et se macère également pour fabriquer un purin maison.
- Le plantain a des vertus médicinales : en cataplasme, les feuilles apaisent les brûlures et les piqûres ; en infusion, il soigne les affections respiratoires.
- Le pourpier se mange en salade ou revenu à la poêle.
Bref, avant de détruire les "mauvaises herbes", il est bon de savoir si elles ne peuvent pas être bénéfiques pour votre sol ou votre corps ! Et pour favoriser la biodiversité, gardez une zone de votre jardin garnie de toutes ces plantes spontanées, elles abritent et nourrissent nombre d’auxiliaires du jardin. Quant à l’ortie si envahissante, elle compose un précieux purin ou un paillage riche en azote.
Le désherbage sélectif et anti-mousse

Désherbants totaux et désherbants sélectifs
Le désherbant total éradique les mauvaises herbes sans trier. Il est idéal pour nettoyer les pavés, allées et terrasses facilement et rapidement mais il ne convient pas au gazon car il détruirait la pelouse en même temps que les adventices. L'herbicide total est un désherbant puissant, mais à utiliser avec précaution. Certains présentent une composition plus propre que d'autres. Privilégiez ceux qui sont fabriqués à base d'une molécule naturelle, déjà présente dans la nature et non nocive pour les insectes.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, un désherbant sélectif est rarement naturel. Un désherbant sélectif est un produit conçu pour éradiquer certaines mauvaises herbes et pas d'autres. On parle alors de ciblage. C'est grâce à un procédé chimique et une association précise de molécules que l'herbicide va s'attaquer seulement à certaines adventices.
Désherbant pour gazon
Le plus courant est le désherbant sélectif pour gazon. Pour obtenir une belle pelouse bien verte comme sur un terrain de golf, les pissenlits, boutons d’or, plantain ou trèfle ne sont pas les bienvenus. En respectant les conditions d'emploi du fabricant, vous pourrez désherber de manière sélective votre pelouse mais aussi vos massifs, allées et parterres. Attention tout de même à ces désherbants sélectifs qui contiennent souvent des substances nocives pour les animaux et qui laissent dans le sol des éléments que vous retrouverez dans les légumes de votre potager ou les fruits de votre verger.
Traitement anti-mousse
Contre la mousse qui envahit votre gazon, il existe un produit non nocif pour l'environnement fabriqué à partir d'un extrait d'algues marines. Sorte d'engrais liquide, il nourrit et densifie les gazons, ce qui empêche le développement des mousses. Ce traitement anti mousse, appelé "Croq mousse des gazons" est sans danger pour la faune, la flore et les animaux domestiques.
Le désherbage est la corvée majeure du jardinier, qui passe de longues heures à se battre contre des plantes qui ne sont pas bienvenues au milieu du potager, de la pelouse ou des massifs. Ce travail pénible et chronophage, qui n’a pas de fin, est heureusement allégé par l’usage de désherbants définitifs, composés de substances naturelles. Ils n’ont cependant pas une innocuité totale et doivent être employés modérément et avec quelques précautions. Le jardinier éco-responsable veillera cependant à laisser quelques-unes de ces herbes folles, qui enrichissent la biodiversité de son jardin !
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