Le glyphosate est un désherbant utilisé pour détruire ce que l'on appelle les mauvaises herbes. Au cours du 20e siècle, il a accompagné les développements d’une partie importante de l’agriculture et a été utilisé, dans une moindre mesure, par les jardiniers amateurs, les collectivités et les autres acteurs professionnels pour l’entretien des jardins, espaces végétalisés et infrastructures (JEVI). Très utilisée, cette substance se retrouve désormais de manière généralisée dans l’environnement et, pour le domaine de l’eau, à des valeurs inférieures au seuil de dégradation de la qualité de l’eau dans la majorité des cas.

Évolution de la réglementation et interdictions en France
Néanmoins, plusieurs études interrogent depuis quelques années le lien entre l’exposition au glyphosate et le développement de certains types de cancer. C’est pourquoi la France, dans le cadre d’un plan d’action global pour la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, a décidé de mettre fin aux principaux usages du glyphosate dès lors que des alternatives existent, tout en accompagnant au mieux les utilisateurs dans l’évolution de leurs pratiques.
Concernant les usages par les particuliers et les collectivités, la France poursuit sa politique de forte restriction des utilisations du glyphosate et des produits phytopharmaceutiques, avec la mise en œuvre la loi Labbé. Ces interdictions ont été élargies au début de l’année 2021. L’objectif : limiter au maximum l’exposition des citoyens et de l'environnement.
Ainsi, depuis le 1er janvier 2017, les collectivités ne sont plus autorisées à utiliser le glyphosate et les produits phytopharmaceutiques pour l’entretien des espaces verts, des forêts, des voiries ou des promenades accessibles ou ouverts au public. Font figure d’exceptions les produits utilisables en agriculture biologique, de biocontrôle et à faible risque. De la même façon, les jardiniers amateurs n’ont plus le droit d’utiliser des produits phytopharmaceutiques à l’exception des produits utilisables en agriculture biologique, de biocontrôle et à faible risque depuis le 1er janvier 2019. Ces interdictions seront élargies à l’ensemble des lieux de vie, notamment les copropriétés, campings, cimetières, etc., à partir du 1er juillet 2022.
Identification et remplacement des usages du glyphosate
Plusieurs leviers sont activés pour sortir du marché les produits à base de glyphosate. L’objectif : réduire son utilisation aux usages qui n’ont pas de solution alternative. Ainsi, il a été confié à L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) le soin d’identifier les usages pour lesquels des alternatives techniques existent, avec un impact économique et pratique acceptable.
Ces évaluations comparatives ont été remises pour les principales cultures consommatrices de glyphosate, la forêt et les usages non agricoles. Elles permettent : d’objectiver l’impact économique d’un retrait du glyphosate et des herbicides au sens large, production par production en lien avec les instituts techniques ; définir de nouvelles conditions d’utilisation des produits contenant du glyphosate (cultures, doses employées, etc.). L’Anses prend désormais en compte les résultats des évaluations comparatives conduites pour renouveler ou délivrer les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits à base de glyphosate. La limitation des conditions d’emploi et des doses par hectare contribuera à réduire dès 2021 les quantités de glyphosate utilisées en France, d’environ 40 % d’ici la fin de l’année.
Désherbage du maïs : Les méthodes alternatives
Le glyphosate : caractéristiques et controverses
Le glyphosate est une molécule constituant la substance active de différents herbicides systémiques et totaux. Le terme « systémique » signifie qu’un désherbant est capable de circuler dans toute la plante par la sève, des feuilles aux racines. Le terme « total » indique que son mécanisme agit sur tous les végétaux, sans distinction. Le glyphosate permet donc de détruire tout type d’adventices. Très efficace et peu coûteux, le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé au monde. Il est employé depuis le siècle dernier dans l’agriculture, par les jardiniers amateurs, les collectivités et les professionnels des espaces verts.
Bien que les effets toxiques du glyphosate soient controversés, le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le glyphosate comme « probable cancérogène pour l’Homme » en 2015. Le glyphosate détruit toutes les plantes, à l’exception de celles génétiquement modifiées pour lui résister. Il nuit donc à la richesse de la flore sauvage. De plus, il ne se dégraderait pas aussi rapidement que ne le disent ses promoteurs. Il impacterait négativement les bactéries du sol, et présenterait aussi un risque pour les insectes auxiliaires.
Alternatives au glyphosate et gestion des espaces
Pour le moment, aucun produit n’est aussi performant que le glyphosate tout en étant moins nocif. Le glyphosate étant toujours autorisé dans certains pays, certains parviennent sans mal à s’en procurer. Mais l’interdiction des pesticides de synthèse représente aussi une opportunité : celle de repenser notre vision du jardinage. Même si elles sont régulièrement considérées comme des « mauvaises herbes », les plantes poussant spontanément au jardin sont essentielles à la biodiversité. Ces plantes sauvages offrent une source de nourriture et un lieu de reproduction à la petite faune. De plus, un jardin peut tout à fait être beau et productif, même en présence de quelques plantes sauvages !
Le paillage consiste tout simplement à recouvrir le sol où les végétaux poussent d’une couche de matériaux d’origine naturelle, qu’ils soient minéraux ou organiques. Pour dire adieu aux mauvaises herbes, des solutions naturelles existent pour réguler ou éviter leur développement :
- Appliquer une couche de paillage naturel organique, ou dérouler une toile de paillage bloque la levée des adventices. Celles qui parviennent à germer étouffent sous le paillage ;
- Plus laborieux, le désherbage manuel s’envisage à l’échelle d’un jardin : il se réalise à l’aide d’une binette, d’un sarcloir ou directement à la main ;
- La technique du faux semis permet de réduire la pression des adventices sur la culture suivante ;
- Le désherbage thermique s’effectue avec un désherbaur thermique ou avec de l’eau très chaude ;
- Les plantes couvre-sol occupent l’espace au pied des massifs ;
- Semer autre chose, comme un engrais vert, permet d’occuper le sol.
Sur le marché, il est possible de trouver des désherbants biologiques, à base d’acide pélargonique ou d’acide acétique. Les désherbants sont la solution la plus rapide et facile pour éradiquer les plantes qui viennent abîmer vos massifs et pelouses si bien conçus et entretenus, et que dire des planches potagères…
Cas spécifique de l'herbe de la pampa au Pays basque
L'herbe de la pampa, une plante invasive, est très présente sur la côte basque, notamment au bord des routes. Le Conservatoire d'espaces naturels Nouvelle-Aquitaine et des communes basques ont pu échanger ce mardi sur un plan transnational pour éradiquer la plante invasive. Vous la voyez au bord des routes, des rails ou encore dans vos jardins : avec sa longue tige surplombée par des grandes feuilles argentées, longues et touffues comme des plumeaux, l'herbe de la pampa ne semble pas bien menaçante. Pourtant, cette graminée officiellement appelée "Cortaderia selloana" est très résistante à la sècheresse ou à la chaleur. Depuis plus d'un an, elle est officiellement reconnue en France comme "espèce exotique envahissante".

Au Pays basque, cette herbe à problèmes est de plus en plus présente sur la côte. "Elle colonise les territoires abandonnés, sur lesquels des plantes autochtones mettent plus de temps à se développer. Elle prend leur place et donc elle réduit la biodiversité, décrit Annabelle Thierry, chargée de mission au sein du Conservatoire d'espaces naturels Nouvelle-Aquitaine. Il y a un autre énorme problème naissant, fortement étudié en ce moment, c'est les conséquences de cette plante sur la santé. Avec sa pollinisation à l'automne, elle élargit la période d'allergies pour les gens sensibles aux graminées. On a donc un deuxième pic d'allergie dans l'année."
Le flou frontalier et les achats transfrontaliers
Depuis 2019, l’utilisation de pesticides chimiques est interdite pour le désherbage des espaces publics en France pour des raisons de santé publique et environnementales. En France, le glyphosate est interdit à la vente aux particuliers depuis 2019. Mais pas en Espagne, malgré des restrictions d’usage. À chacun sa combine. "Moi, je vais à Ibardin, chez P. On te sert dans l’arrière-boutique", confie Jean le Bigourdan qui a acheté deux bidons de "débroussailleur", "au cas où." Sans aller jusqu’au Pays basque, sur la route de l’Espagne, la première droguerie familiale du Val d’Aran suffit. Quinze litres au total détaillés en bidons de 500 ml de Roundup "ultraplus" à 29 euros pièce, permettant chacun de traiter jusqu’à 3 000 m2 dit l’étiquette.
Le transport de produits phytosanitaires d’un pays à l’autre est soumis à des restrictions. Légalité de la détention et de l’usage en France : C’est ici que réside la principale difficulté légale. La loi française interdit non seulement l’achat mais aussi la détention et de l’usage de produits non autorisés sur le territoire national. Un juriste spécialisé en droit environnemental précise : « La détention même d’un produit phytosanitaire non autorisé en France constitue une infraction, indépendamment du lieu d’achat. Il est important de noter que la réglementation espagnole évolue également vers plus de restrictions, bien qu’à un rythme différent de la France.
Perspectives et solutions intégrées
La sortie du glyphosate implique des évolutions dans les pratiques et les systèmes de production agricole, au-delà de la substitution du produit. Les herbicides à base de glyphosate sont connus pour leur efficacité contre les « mauvaises herbes », qu’il s’agisse de plantes vivaces à racines profondes, d’essences annuelles ou de bisannuelles.
L’attrait pour les désherbants d’Espagne repose en grande partie sur leur réputation d’efficacité supérieure. Mais cette perception correspond-elle à la réalité ? Un ingénieur en formulation explique : « La concentration en substance active n’est qu’un aspect parmi d’autres. J’ai personnellement réalisé un test comparatif sur mon terrain, confrontant un désherbant espagnol réputé avec le Barbarian Super 360 disponible légalement en France. Notre avenir n’est pas dans la course aux molécules toujours plus puissantes, mais dans le développement d’approches intégrées combinant intelligemment différentes méthodes.

Plutôt que de chercher le produit miracle, nous concevons désormais des stratégies globales adaptées à chaque espace. Avec la formation, le matériel calibré et l’expérience, nous obtenons des résultats optimaux même avec des produits contraints par la réglementation. Les différences réglementaires entre l’Espagne et la France tendent à se réduire progressivement. La réglementation française vise à réduire les risques environnementaux tout en maintenant des solutions utilisables. Notre avenir n’est pas dans la course aux molécules toujours plus puissantes, mais dans le développement d’approches intégrées combinant intelligemment différentes méthodes.
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