Guide complet : Stratégies de désherbage et maîtrise des adventices en prairie

La gestion des adventices est un enjeu clé de la performance agronomique. L’implantation constitue le premier facteur de performance et de longévité de votre prairie. Les bonnes pratiques agronomiques et d’élevage limitent le recours aux herbicides. Cependant, dans certaines situations, la maîtrise de la flore indésirable nécessite des interventions spécifiques, qu’elles soient mécaniques, thermiques ou basées sur des solutions de biocontrôle.

Stratégies de gestion en milieu agricole et prairies

Lors de l’implantation de graminées pures, par exemple, l’utilisation d’un herbicide peut s’envisager : en présence de dicotylédones et/ou de vivaces ou bien pour optimiser la production des premières coupes en graminées temporaires. Dans le cas des mélanges de graminées et de légumineuses, peu de solutions herbicides sont disponibles. Lors de la rénovation d’une prairie permanente, le désherbage peut constituer un levier efficace afin de redonner l’avantage aux graminées, fragilisées par des périodes de sécheresse par exemple.

Pour la grande majorité des éleveurs interrogés, le débroussaillage est réalisé de manière mécanique, par broyage. Dans le cas d’un débroussaillage chimique, les doses des produits homologués en litre par hectare (L/ha) sont généralement retranscrites en litre de produit pour 100 litres de bouillies de traitement (L/hL) sur l’usage Dévitalisation des broussailles. Vous pouvez appliquer jusqu’à 100 litres de bouillie par section de 10 cm de broussaille, soit entre 400 et 1 000 litres de bouillie par hectare, selon le développement des plantes à contrôler.

Schéma illustrant les techniques de désherbage mécanique en prairie : scalpage vs déchaumage

Les fondamentaux du traitement des broussailles

Les bonnes pratiques de traitement des broussailles peuvent se synthétiser en quatre points clés. En premier lieu, protégez-vous en utilisant les équipements de protection individuelle (EPI) adaptés et respectez scrupuleusement les conditions d’emploi des produits, tels que précisés sur les étiquettes : distances et dispositifs de protection, dose ou dilution maximum homologuée, volumes de bouillies conseillés. Lors de l'intervention, veiller à toujours traiter avec la buse de traitement orientée vers le sol et appliquez le produit sur une végétation « verte », après reprise de croissance. Pour finir, dans le cas de broussailles volumineuses, il est difficile de pulvériser efficacement sur l’ensemble de la végétation. Le débroussaillage mécanique reste indispensable en cas d’infestation envahissante, l’effet visuel est immédiat et le résultat n’est pas durable. De nouvelles repousses de broussailles ne tardent pas à réapparaître.

Alternatives au labour et aux herbicides chimiques : le projet Praigly

Une enquête s’est intéressée au retour d'expériences de dix agriculteurs - tous éleveurs de bovins et, pour la plupart, en agriculture biologique - qui ont mis en place depuis quelques années des alternatives au labour ou au glyphosate pour la destruction de leurs prairies. Ils réalisent principalement des interventions mécaniques effectuant un travail du sol superficiel, avec des outils qui scalpent les plantes ou extirpent les racines du sol. Plusieurs passages successifs d’outils sont nécessaires pour venir à bout des repousses de prairie - plus de cinq en moyenne, semis inclus, selon les agriculteurs enquêtés. Quatre des dix agriculteurs enquêtés croisent les passages d’un même outil afin d’avoir une surface maximale de sol travaillé. Les outils à disques ainsi que le rotavator ont tendance à créer une semelle sous l’horizon travaillé.

Dans le cadre du projet Praigly, différents itinéraires techniques ont été testés entre 2019 et 2021 sur la Ferme Expérimentale de Saint-Hilaire-en-Woëvre (55). Ils s’appuient tous sur un travail superficiel préalable, à l’aide d’un déchaumeur à disques indépendants, complété par d’autres opérations culturales. Parmi les cinq modalités testées, un semis décalé fin septembre-début octobre sous couvert d’un méteil d’automne affiche les meilleurs rendements la première année après implantation. Le semis de fin d’été après une culture dérobée fourragère est lui aussi très prometteur.

Détruire sa prairie efficacement sans glyphosate, c'est possible

En systèmes de polyculture-élevage, les prairies temporaires sont détruites après 5-6 ans d’exploitation, souvent pour implanter un maïs. Dans ce cadre, quatre essais ont été conduits entre 2019 et 2021 sur les stations expérimentales ARVALIS de Bignan (56) et de La Jaillière (44). Le travail du sol superficiel peut donner de bons résultats, mais avec plus de variabilité. Ainsi, un outil à dents, munis de socs à patte d’oie ou à ailettes, permet un bon scalpage de la surface de la prairie. Mais il est difficile de travailler à moins de 5-6 cm de profondeur, et beaucoup de terre reste accrochée aux racines. Les plantes peuvent repartir si l’humidité est suffisante. Le deuxième passage doit permettre de secouer la terre. D’autres outils se sont montrés efficaces pour détruire la prairie : le Rotavator et l’outil autoanimé Dynadrive.

Désherbage au jardin : méthodes et biocontrôle

Le jardinier passe la majeure partie de son temps à désherber. Les "mauvaises herbes" sont des plantes bio indicatrices qui ont beaucoup à vous dire sur votre terre ! Pour retirer facilement les racines des herbes adventices, travaillez sur une terre mouillée, après une bonne pluie par exemple. Binez régulièrement le sol pour le garder meuble et évitez de le piétiner. Enfin, prenez garde à garder intacte la racine des mauvaises herbes, le moindre bout de racines encore en terre redonnera autant de nouvelles pousses.

Solutions de biocontrôle et produits naturels

Depuis le 1er janvier 2019, les pesticides de synthèse sont interdits à la vente pour les particuliers. Ils sont remplacés par des produits appelés “de biocontrôle”, composés de substances naturelles (acide pélargonique, acide acétique, acides caprique et caprylique).

Infographie comparative des différents acides gras utilisés en biocontrôle pour le désherbage

L’acide acétique a une action corrosive sur les tissus vivants et détruit la membrane protectrice présente sur les feuilles, provoquant à court terme la déshydratation des tissus de la plante et l’impossibilité de poursuivre la photosynthèse. Malgré son agressivité, il se dégrade totalement dans le sol. Il vise les plantes à larges feuilles et les graminées. Il est adapté pour désherber autour des arbres, sur les allées, ainsi que les zones pavées ou gravillonnées.

Techniques alternatives sans produit

  • Le désherbage thermique ou électrique : Il s’agit d’un appareil fonctionnant au gaz ou à l’électricité. Le but n’est pas de brûler la plante mais de la chauffer à très haute température (90°C) pour faire exploser les cellules : la plante jaunit, se dessèche entièrement et meurt.
  • Le paillage : Une fois que vous avez ôté toutes les mauvaises herbes et leurs racines d’une zone, paillez généreusement avec des tontes de gazon ou une toile de paillage. Les mauvaises herbes n’y repousseront pas, ainsi privées de lumière.
  • La solarisation : Épandre sur la parcelle une bâche noire ou un film de paillage foncé qui accumule la chaleur. Sous la bâche, les plantes sont chauffées et finissent par se décomposer sur place.
  • Le faux semis : Travaillez légèrement votre terre. Les graines vont être activées par l’air et la lumière et vont germer rapidement. Vous n’aurez plus qu’à passer le sarcloir sur la surface pour que celle-ci soit dégagée.

Choix du matériel et bonnes pratiques

D’autres manières de désherber existent, comme le désherbage manuel. Un désherbage efficace est un désherbage effectué au bon moment. Il est important d'éliminer les herbes indésirables avant qu’elles ne montent à graines. Utilisez les bons outils pour désherber : le couteau à désherber et la gouge se montrent efficaces pour les orties, les pissenlits ou le trèfle, tandis que vous utiliserez une fourche-bêche pour venir à bout du chiendent avec ses racines traçantes et cassantes.

Au vu des nombreux produits disponibles sur le marché actuel, le meilleur moyen d’effectuer un achat qui correspond à vos besoins spécifiques et à votre budget est de parcourir les comparatifs de modèles qui ont été soumis à de scrupuleux tests et contrôles externes. La consultation des avis des consommateurs qui ont testé les produits s’avère également être une bonne indication. L’évaluation de l’efficacité d’un désherbant naturel est basée sur la capacité du produit à éradiquer différents types de mauvaises herbes de manière immédiate, de façon partielle ou complète.

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