Le désherbage des cultures est une préoccupation majeure pour les agriculteurs et les professionnels de l'aménagement paysager. L'apparition de plantes indésirables, telles que les ronces et diverses mauvaises herbes, peut entraver significativement la croissance des cultures agricoles et affecter la santé des terres forestières. Dans ce contexte, des herbicides systémiques comme le Syngenta Touchdown Premium sont souvent employés pour leur capacité à contrôler efficacement ces nuisances.

L'Action Systémique du Touchdown : Une Approche Ciblée
Le Syngenta Touchdown Premium est formulé à base de glyphosate et de sels simples, se positionnant comme un herbicide systémique non sélectif. Sa particularité réside dans son action systémique, qui lui permet de se déplacer rapidement à travers la plante, atteignant les pousses, les racines et les rhizomes. Ce déplacement interne assure un contrôle plus rapide et plus efficace des mauvaises herbes, même dans des conditions climatiques moins favorables, comme la sécheresse.
L'efficacité du produit est renforcée par sa capacité à adhérer durablement à la feuille, offrant une surface de contact optimale. Cette caractéristique maximise l'absorption de l'herbicide, même sur les mauvaises herbes dotées de cuticules résistantes et difficiles à mouiller. L'objectif est de fournir un moyen efficace pour éliminer les mauvaises herbes, permettant ainsi aux plantes cultivées de bénéficier d'un environnement propice à leur croissance saine.
Domaines d'Application et Dosages Recommandés
Le Touchdown est conçu pour une utilisation professionnelle et trouve son application dans divers contextes :
- Sols agricoles et terres forestières : Contrôle des ronces et des mauvaises herbes de petite taille, incluant les graminées annuelles et vivaces, ainsi que les dicotylédones.
- Arboriculture et cultures fruitières : Désherbage des plantations d'arbres et arbustes, y compris les pépinières. Il est précisé de ne pas appliquer entre les rangs et de ne pas traiter plus de 40 % de la surface de la parcelle.
- Vigne : Désherbage des cultures de vigne, avec la même restriction de ne pas appliquer entre les rangs.
- Traitements généraux : Utilisé avant la mise en culture ou pendant la culture, pour un nettoyage général des parcelles.
Le dosage recommandé pour une application avec un pulvérisateur à rampe est de 20 à 75 ml par litre d'eau pour 100 m², soit un dosage de 4 à 10 litres par hectare.

Cadre Réglementaire et Débats Juridiques
L'utilisation des produits phytosanitaires est soumise à un cadre réglementaire strict, et le glyphosate, substance active de nombreux herbicides dont le Touchdown, fait l'objet d'intenses débats et de procédures judiciaires.
Le 10 avril 2025, la Cour administrative d’appel de Toulouse a confirmé l’annulation des autorisations de mise sur le marché (AMM) du Touchdown Forêt et Touchdown Systeme 4, deux herbicides à base de glyphosate. Ces produits étaient utilisés pour le désherbage en forêt, arboriculture, vigne, intercultures et zones agricoles non cultivées. Cette décision fait suite à une demande de l'association Générations Futures en 2023, qui avait obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Montpellier concernant le renouvellement des AMM accordées en 2020 par l'Anses.
L'association Générations Futures s'est activement engagée dans la contestation judiciaire des produits phytosanitaires conventionnels. Elle a également obtenu l'annulation des AMM des insecticides Closer et Transform.
Le débat sur l'autorisation du glyphosate à l'échelle européenne est également tendu. L'autorisation de cette substance active, présente dans le Roundup, herbicide le plus utilisé au monde, arrive à échéance. La dernière autorisation remontait à 2017 pour cinq ans, basée sur un rapport de l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) jugeant le caractère cancérogène du glyphosate "improbable". En décembre 2022, la Commission européenne a prolongé l'autorisation d'un an, jusqu'au 15 décembre 2023, afin de permettre à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de finaliser son examen. L'EFSA a indiqué en juillet 2023 que son évaluation n'avait pas identifié de domaine de préoccupation critique concernant l'impact du glyphosate sur la santé humaine, animale et environnementale.
Cependant, lors d'un vote en octobre, les représentants des États membres n'ont pas réussi à s'entendre sur la proposition de la Commission pour le renouvellement de l'autorisation, faute de majorité qualifiée. Un nouveau vote était prévu le 16 novembre. En l'absence de majorité, la Commission pourrait décider seule de prolonger l'autorisation.
Comprendre le débat autour du glyphosate en moins de trois minutes
Contexte Historique et Évolution des Usages
Le glyphosate a été introduit sur le marché en 1974 par Monsanto sous le nom de Roundup. À l'époque, les conseillers agricoles ont encouragé les agriculteurs à remplacer le travail du sol par des herbicides, présentés comme un symbole de progrès, réduisant le temps de travail et les coûts de production. Cette transition a conduit à une augmentation significative des ventes de glyphosate, qui ont progressé de 50 % entre 2009 et 2018 pour atteindre près de 10 000 tonnes vendues en 2018. Néanmoins, une baisse de 14 % a été observée entre 2020 et 2021.
Il est important de distinguer la substance active, le glyphosate, des produits commerciaux comme le Roundup, qui contiennent également des adjuvants améliorant l'efficacité de la molécule. L'Union européenne réglemente les substances autorisées, tandis que les agences nationales délivrent les autorisations pour les produits finis.
En France, la loi Labbé interdit les pesticides de synthèse dans les espaces publics depuis 2017 et chez les particuliers depuis 2019. Initialement, Emmanuel Macron avait annoncé une sortie du glyphosate d'ici 2020, mais cette ambition a été révisée, le gouvernement évoquant désormais des "progrès significatifs" pour encadrer les pesticides.
Controverses Scientifiques et Évaluations des Risques
La question de la dangerosité du glyphosate est au cœur de nombreuses controverses scientifiques, avec des avis divergents entre différentes instances.
En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l'OMS, a classé le glyphosate comme "probablement cancérogène pour l'homme". Cette classification a conduit de nombreuses agences réglementaires à réévaluer le risque associé au glyphosate. Cependant, les avis des agences nationales et européennes, notamment en France, Nouvelle-Zélande, Japon et Canada, sont majoritairement convergents pour considérer le risque cancérogène comme "improbable".
En mai 2022, l'Agence européenne des produits chimiques (EChA) a estimé que le glyphosate n'était ni cancérogène, ni mutagène, ni toxique pour la reproduction. Le Circ se retrouve ainsi isolé face à la dizaine d'agences réglementaires.
Un rapport scientifique de l'Institut national de recherche médicale (Inserm) publié en juin 2021 a nuancé cette position. Mandaté par le gouvernement français, l'Inserm a conclu à une "présomption de lien entre le glyphosate et le LNH [lymphome non hodgkinien] moyenne".
La divergence des avis s'explique par plusieurs facteurs. Le Circ et l'Inserm s'appuient sur des études publiées et revues par des pairs, tandis que les agences réglementaires se fondent davantage sur des études non publiées, commandées ou réalisées par les fabricants de pesticides. La crédibilité de ces études industrielles est remise en question. Des scientifiques indépendants ont analysé des études de génotoxicité et conclu que, après exclusion des études peu fiables, il ne restait "rien".
Un autre point de divergence concerne l'angle d'analyse : le Circ prend en compte les études sur les produits commercialisés (formulations à base de glyphosate), tandis que les agences réglementaires se concentrent sur la substance pure. Or, les adjuvants présents dans les formulations, bien que considérés comme neutres par les industriels, peuvent renforcer la toxicité des produits par un "effet cocktail", un phénomène peu évalué et souvent non spécifié en raison du secret industriel.

Effets sur la Santé et Potentiel Génotoxique
L'effet génotoxique du glyphosate, sa capacité à endommager l'ADN, est un mécanisme majeur dans le développement du cancer et constitue un point central de la controverse. Bien que certains éléments soulignent un potentiel génotoxique, la question de savoir si ces dommages à l'ADN entraînent réellement des cancers chez les personnes exposées reste débattue.
Le lymphome non hodgkinien (LNH) est particulièrement associé au glyphosate. Cependant, une étude indépendante du consortium AGRICOH, portant sur plus de 300 000 agriculteurs, vient nuancer ces premiers résultats. L'Inserm a fait évoluer sa position, passant la présomption de lien entre glyphosate et LNH de "faible" à "moyenne", en raison du manque de précision des données existantes, notamment sur les quantités réellement utilisées par les agriculteurs.
De nouveaux liens avec d'autres types de cancers, comme les myélomes multiples et les leucémies, ont été mis en évidence dans la dernière expertise de l'Inserm, ce qui n'était pas le cas en 2013 par manque d'études. Les pesticides, y compris le glyphosate, sont également suspectés d'induire une série d'autres pathologies au-delà des cancers.
Le glyphosate est également suspecté d'être un perturbateur endocrinien, c'est-à-dire une substance qui dérègle l'activité hormonale et peut avoir des effets néfastes sur la santé, comme des troubles de la reproduction. L'EFSA a conclu, sur la base des informations disponibles, que le glyphosate n'avait pas de propriétés de perturbation endocrinienne. Cependant, une étude sur des rats a montré que même à des doses considérées comme sûres, l'herbicide induisait des effets endocriniens et perturbait le développement.
Exposition et Présence Environnementale
Le glyphosate est présent dans l'eau, l'air et l'alimentation. Des études ont révélé la présence de glyphosate dans les urines de femmes enceintes, à des concentrations supérieures à celles autorisées dans l'eau potable. L'alimentation constitue une source d'exposition majeure pour la population générale.
La question de la "dose journalière admissible" (DJA) et des limites maximales de résidus (LMR) dans les aliments est complexe. Les LMR pour le glyphosate dans les aliments sont souvent bien supérieures à celles autorisées dans l'eau potable, et leur niveau a été considérablement augmenté pour certains produits comme le soja et les lentilles.
Il est également important de considérer l' "effet cocktail", où la synergie entre le glyphosate, ses coformulants et les résidus d'autres pesticides peut amplifier la toxicité, un phénomène qui n'est pas pleinement pris en compte par les évaluations réglementaires basées sur la substance pure.
Sécurité d'Utilisation et Précautions
L'utilisation des produits phytosanitaires requiert une grande prudence et le respect strict des consignes de sécurité. Les emballages portent des mentions importantes, notamment :
- "Utilisez les produits phytosanitaires avec précaution."
- "Avant toute utilisation, lisez l’étiquette et les informations concernant le produit."
- "Les descriptions de produits sur cette site web servent à une première information générale. Pour une application conforme des produits, les instructions figurant sur l’emballage (étiquette) font foi."
AGROLINE, fenaco société coopérative, décline toute responsabilité en cas d’informations incomplètes ou incorrectes dans leurs brochures.
Des précautions spécifiques sont requises lors de l'application :
- SP 1 : Ne pas contaminer l'eau avec le produit ou son emballage. Ne pas nettoyer le matériel d'application près des eaux de surface.
- Équipements de Protection Individuelle (EPI) : Le port de gants en nitrile certifiés, d'EPI vestimentaires conformes aux normes, et d'EPI partiels (blouse ou tablier) est recommandé lors du mélange et du chargement. Pendant l'application, si un tracteur avec cabine est utilisé, des EPI vestimentaires et des gants en nitrile sont nécessaires. En cas d'intervention sur le matériel pendant la pulvérisation, des gants à usage unique sont requis.
L'utilisation d'un matériel adapté et entretenu, ainsi que la mise en place de protections collectives, constituent la première mesure de prévention contre les risques professionnels, avant le recours aux protections individuelles. Le port de vêtements de travail dédiés ou d'EPI doit être associé à des réflexes d'hygiène rigoureux, tels que le lavage des mains et la douche en fin de traitement.
Le 30 juin 2021, le Criigen a remporté une bataille juridique contre Bayer/Monsanto et l'Anses en France, obtenant l'interdiction d'une formulation commerciale, le Roundup pro 360, en application du principe de précaution. De même, les renouvellements des AMM du Touchdown System 4 et Touchdown Forêt ont été annulés, certains risques pour les pollinisateurs n'ayant pas été évalués.
Le comité de recherche indépendant plaide pour une réforme de l'expertise réglementaire, afin qu'elle soit fondée sur les produits effectivement utilisés par les agriculteurs et sur des études indépendantes de l'industrie. La France a finalement voté en faveur d'un renouvellement de l'autorisation du glyphosate pour sept ans, une "politique de gestion" visant à réduire les usages là où c'est possible au niveau européen.

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