L’utilisation du compost permet d’éviter les plantes indésirables dans son jardin ou dans ses cultures. Mais parfois, le matériel de compostage disponible contient encore des graines qu’il est difficile de trier. La réglementation sur l’incinération des déchets verts ayant évolué, le brûlage de ces déchets est désormais interdit. Le compost est ainsi devenu une excellente solution, plus respectueuse de l’environnement et utile aux jardiniers pour apporter des nutriments aux plantations. Cependant, les graines peuvent s’incruster à l’intérieur et faire germer des herbes malsaines au développement des plantes.

La gestion thermique : le rôle crucial de la chaleur
Lorsque les tas de fertilisant grossissent, ils se réchauffent et tuent les graines. En général, plus le tas de compost est gros, plus il chauffe… et la chaleur tue les graines. Après une semaine à 55 °C au cœur du compost, la plupart des graines sont mortes. Cependant, il faut un mois à plus de 60° pour achever les graines les plus tenaces. Après une semaine à 55 °C*, la plupart des semences seront mortes, mais il faut un mois à 63 °C pour tuer les plus résistantes.
Curieusement, la plupart des mauvaises herbes communes, comme le pissenlit et le chardon des champs par exemple, sont faciles à tuer. Ces dernières meurent à des températures relativement basses, contrairement aux idées reçues. Il est important de noter qu’une telle température tuera aussi les rhizomes des mauvaises herbes placées dans le tas.
Méthodes de contrôle et surveillance de la température
Pour savoir si votre tas de compost chauffe suffisamment pour tuer les graines de mauvaises herbes, le plus facile est d’y insérer un thermomètre à compost. Le thermomètre à compost est utile dans ce cas pour savoir si la température est suffisante pour tuer les graines. Pour tuer les mauvaises herbes, il faut que l’aiguille se place dans le « chaud ».
Vous pouvez aussi vous servir de votre main pour évaluer le niveau de chaleur du tas d’engrais. Mais, cette manœuvre nécessite une grande prudence. Il peut aussi être nécessaire d’arroser votre tas de temps en temps. Il y a trois conditions supplémentaires à remplir pour obtenir une efficacité suffisante :
- Il faut que le compost ait assez d’humidité.
- Il faut brasser le compost à plusieurs reprises de manière à ce que toute le compost subisse un échauffement suffisant et non pas seulement le milieu du tas.
- Organiser le système de compostage pour éviter tout risque de court-circuit entre les matières fraîches et les composts produits.
Toutefois, les températures ne doivent pas dépasser 70 à 75 °C, au risque de détruire la flore microbienne utile du compost.
Tuto LSF : utiliser un composteur de jardin
Les limites des petits volumes et solutions alternatives
Dans les boîtes de compostage, les matériaux ne favorisent pas souvent une élévation de température jusqu’aux degrés souhaités. Les boîtes de compostage couramment vendues ne contiennent pas assez de matériau pour assurer de telles températures. Pour la montée en température du tas, il n’y a pas de différences entre du fumier ou du compost de déchets verts, pour autant que le mélange de départ (rapport C/N, structure de la matière et taux d’humidité) soit approprié. Il n’est donc pas nécessaire de mélanger le fumier de bovins au compost pour garantir un échauffement suffisant et donc une destruction parfaite des graines de rumex et d’autres mauvaises herbes.
La solution pour détruire les graines dans ce cas, c’est d’enterrer le compost lors de l’utilisation. Il faut d’abord savoir que les graines de mauvaises herbes ne peuvent germer que si elles sont exposées à la lumière. Si vous craignez que votre compost contienne des graines encore viables, enterrez-le lors de l’utilisation ou, si vous l’appliquez en surface, couvrez-le de paillis. En effet, les mauvaises herbes ne germent qu’en cas d’exposition à la lumière.
La technique de la solarisation
Vous pouvez aussi tuer les graines à la fin du compostage par une solarisation. Pour tuer les graines grâce à la solarisation, il faut suivre une procédure assez simple. Il vous suffit d’étaler le compost sur une surface ensoleillée, le couvrir d’une feuille de plastique transparent. Il va en résulter un effet de serre tel que la chaleur sous le plastique éliminera les graines. Même s’il y a un peu de germination au début, la chaleur sous le plastique sera telle qu’elle tuera les semis et les graines.
Prévention : la gestion des intrants au compost
Idéalement, on ne met pas de mauvaises herbes en graine ou en fin de floraison dans le compost. Ainsi, on évite le problème de plantes indésirables qui germent dans le jardin quand on l’utilise. Mais, parfois, on n’a pas le choix : le matériel compostable le plus disponible (fumier de cheval, foin, etc.) en contient, ou encore, faire le tri serait trop compliqué.
Lorsque vous ajoutez des restes de fruits et légumes dans votre compost, leurs graines peuvent ne pas se décomposer complètement. Des plantes qui poussent dans votre compost ne sont pas un désastre, mais elles peuvent indiquer que votre compost ne chauffe pas suffisamment ou qu'il contient des graines viables. Arrachez les jeunes plantes dès que vous les voyez. En retournant régulièrement le compost, en augmentant la température et en veillant à ce que le compost soit bien décomposé avant utilisation, vous pouvez éviter ce problème. Si des plantules apparaissent, retirez-les rapidement et tamisez le compost avant de l'utiliser pour assurer qu'il est exempt de graines indésirables.

Maturité du compost : un critère de succès
Le compost est un matériau organique décomposé, obtenu à partir de la transformation naturelle des déchets organiques par des micro-organismes, des champignons et parfois des lombrics. C’est le compost que vous produisez vous-même à partir de vos déchets de cuisine (épluchures, restes alimentaires) et de jardin (feuilles mortes, tontes de gazon). Avant d'ajouter du compost à votre jardin, assurez-vous qu'il est bien décomposé. Le compost mature est sombre, friable et sent la terre. Si vous doutez de la maturité de votre compost, laissez-le reposer quelques semaines supplémentaires ou testez-le en y faisant germer des graines (par exemple, du cresson ou des radis).
Une crainte fréquente est que le compost brûle les racines des plantes, ce qui arrive souvent lorsqu'il est immature. Un compost immature peut contenir des résidus organiques en décomposition, produisant de la chaleur et des substances pouvant brûler les racines des plantes. Planter directement dans du compost peut être une méthode efficace pour booster vos cultures, à condition de bien comprendre ses avantages et ses limites. Il s’agit d’une technique particulièrement adaptée aux plantes gourmandes et aux sols pauvres.
Analyse des besoins : compost, fumier et structure du sol
Planter directement dans du compost ou du fumier pur peut poser des problèmes pour certaines plantes. Si vous utilisez du compost ou du fumier issu de plateformes industrielles, la qualité peut fluctuer en fonction des matières premières utilisées. Pour un apport équilibré et doux, le compost bien mûr est souvent plus adapté aux jeunes plants et aux cultures sensibles. Pour un coup de fouet en nutriments, le fumier bien décomposé est idéal pour des cultures gourmandes comme les courges, les tomates ou les pommes de terre.
Il est important de ne pas trop épaissir la couche de compost pour éviter que les racines n’étouffent. Le paillage stabilise le compost et limite les variations de température. En suivant ces étapes, vous garantissez un environnement idéal pour vos cultures tout en maximisant les bénéfices du compost. Certaines plantes n’apprécient pas un sol trop riche ou humide, comme les racines profondes (carottes, betteraves) qui préfèrent un sol léger et meuble, ou les plantes méditerranéennes (lavande, thym, romarin) qui préfèrent des sols pauvres et bien drainés.
Erreurs courantes et remédiation
Planter directement dans du compost peut offrir de nombreux avantages, mais des erreurs fréquentes peuvent limiter vos résultats ou, pire, nuire à vos cultures :
- Les nutriments, particulièrement l’azote, peuvent être présents en quantités excessives.
- Toutes les plantes n’ont pas les mêmes besoins en nutriments, en aération, et en texture de sol.
- Ignorer la présence de graines viables dans le compost frais.
Le jaunissement des plantes dans du compost est souvent dû à un excès d’humidité, un déséquilibre des nutriments ou un compost trop frais. En évitant ces erreurs courantes, vous maximiserez les bénéfices du compost tout en garantissant la réussite de vos cultures. Le jardinage est un terrain de jeu où chaque expérience vous apporte des enseignements. N’hésitez pas à expérimenter avec différentes techniques de plantation et à ajuster vos pratiques en fonction des résultats obtenus. Retourner le compost permet de mélanger les différentes couches et de favoriser une décomposition uniforme, garantissant ainsi que l'ensemble du volume thermique participe à la destruction biologique des semences invasives.