Lorsque le printemps renaît, la nature se réveille. Fleurs, bourgeons, vivaces… tout repousse enfin au jardin, au potager ! Malheureusement, les herbes sauvages, appelées mauvaises herbes ou adventices, sont aussi de sortie. Face à cette prolifération, de nombreux jardiniers se tournent vers des solutions pour les éliminer. Cet article explore diverses méthodes de désherbage, en mettant l'accent sur les alternatives écologiques et les dangers des produits chimiques et de certains mélanges "faits maison".
Les désherbants chimiques : Efficacité et risques
Avez-vous envisagé d’utiliser des désherbants chimiques pour accroître votre efficacité ? L’utilisation d’herbicides tels que le glyphosate peut produire des résultats radicaux. Cependant, il est important de noter que ces produits peuvent entraîner une diminution de l’absorption des éléments nutritifs du sol, ce qui peut avoir un impact négatif sur la résistance des plantes aux maladies. Les effets toxiques sur la faune s’avèrent encore plus importants que sur les plantes. Les répercussions sur la santé de l’homme peuvent aussi être graves.

Le 30 mai 2022, l’Agence européenne des produits chimiques (EChA) a conclu que le glyphosate ne présente pas de risques de cancer, de mutations génétiques ou de toxicité pour la reproduction. Cependant, l’agence a noté qu’il peut être dangereux pour les yeux des utilisateurs et toxique pour les organismes aquatiques. Face à ces risques, l'interdiction à la vente de nombreux herbicides pour leur toxicité en 2019 a poussé les Français à chercher des alternatives. Dès le 1er janvier 2017, le libre-service a été supprimé pour les produits phytopharmaceutiques destinés à des utilisateurs non professionnels, hors produits de biocontrôle et substances de base comme le vinaigre, le fructose, les lécithines. Cette interdiction a été étendue aux particuliers le 1er janvier 2019.
Le vinaigre blanc comme désherbant : Mode d'emploi et précautions
Afin d’éliminer efficacement les herbes sauvages en alliant écologie et économie, une recette toute simple, peu onéreuse, à portée de tous, est celle du désherbant au vinaigre blanc. Le vinaigre blanc vendu dans le commerce est constitué d’une dilution d’acide acétique à 8 ou 10 % en général. C’est un herbicide de contact, c’est-à-dire qu’il brûle les parties aériennes avec lesquelles il est en contact, mais ne s’infiltre pas dans les tissus végétaux. Le vinaigre blanc détruit les pousses indésirables.
Préparation et application
De nombreuses recettes de « grand-mère » sont utilisées pour débroussailler au vinaigre blanc. Ainsi, on peut l’utiliser pur, plus ou moins dilué, ou encore mélangé à du sel ou à du produit vaisselle.Pour une solution basique, mélangez une partie de vinaigre blanc avec une partie d’eau dans un pulvérisateur. Pour 1 litre de vinaigre blanc, mettre 1 litre d’eau. Agitez bien le mélange pour vous assurer que le vinaigre et l’eau sont bien combinés. Après quelques jours, les mauvaises herbes devraient commencer à se faner et à mourir.
Pour rendre cette dilution plus adhérente au feuillage, il est recommandé d’ajouter un produit mouillant, par exemple du savon noir. Petite astuce pour le sel : Faites bouillir l’eau et le sel dans une casserole ou un fait-tout pour le dissoudre.L’utilisation du vinaigre blanc est à privilégier sur les terrasses, allées et autres sols inertes non destinés à la culture, tôt le matin. Il est préférable de l’appliquer un jour sans vent et ensoleillé. Le vinaigre doit être blanc évidemment, que ce soit du 8° ou 10° (cela change simplement la concentration en acide acétique). Choisir un jour de beau temps, sans vent ni risque de pluie est crucial.
Efficacité sur différentes plantes et surfaces
Le vinaigre blanc devrait venir à bout de la porcelle de votre jardin. Notre premier conseil serait d’effectuer le traitement le plus rapidement possible après l’apparition de la porcelle afin d’éviter au maximum la prolifération de cette plante à racine pivotante. Il est conseillé d’effectuer le traitement par temps ensoleillé et sans vent afin d’en améliorer l’efficacité et éventuellement d’augmenter la concentration de vinaigre sur les plants les plus anciens. Pour des plants plutôt anciens, il est conseillé de ne pas ou peu le diluer et d’éviter les périodes de rosée pour le traitement. Réitérez éventuellement l’opération pour les plants les plus coriaces.
Sur la mousse, cela devrait marcher. Quant à son utilisation sur les ronces, il est sûrement moins efficace que sur l’herbe. Il faudra essayer de mettre du vinaigre pur, directement au pied des ronces. Pour le chiendent, cela risque d’être un peu plus long pour en venir à bout. Choisissez de préférence un vinaigre blanc très concentré. Celui que l’on trouve en grande surface est souvent concentré entre 5 et 8 %. Vous pouvez trouver en magasin de bricolage du vinaigre avec une concentration plus importante comme du 14 % qui sera plus efficace. Le vinaigre blanc est également utilisé pour se débarrasser du trèfle rouge.
Désherbage avec du Vinaigre Blanc : DANGER pour votre Jardin/Potager !
Sur les bambous traçants, peu de produits, voire aucun, ne peuvent les tuer sans efforts. Certains conseillent d’enlever les feuilles au fur et à mesure, afin d’épuiser la plante qui ne pourra plus fabriquer de rhizomes. Ensuite, il faudra éliminer un maximum de racines manuellement. Pour cela, humidifiez le sol autour de la plante pour creuser plus facilement. Une fois que vous arrivez aux racines, versez une préparation de 1/2 tasse de vinaigre blanc et une tasse d’eau que vous pulvériserez directement dessus. D’autres utilisent la pelleteuse pour aller plus profondément, tout dépend comment sont plantés ceux-ci.
Pour les parterres d’arbustes envahis de mauvaises herbes, si vous devez le pulvériser au pied de vos arbustes, il est conseillé de bien le diluer (50 %) pour ne pas les détériorer, et de bien cibler le feuillage de ces herbes. Cependant, l’utilisation du vinaigre blanc n’est pas recommandée sur les zones de culture. Il convient de procéder manuellement au désherbage aux pieds de vos arbustes. Pour la prêle des champs, qui perce l’enrobé, après un désherbant systémique à base de glyphosate qui n’a pas souffert, il est envisagé d’appliquer du vinaigre et bâcher la prêle pour la priver de lumière. Un dosage à 25 % (un litre de vinaigre pour 3 L d’eau) a donné un résultat très satisfaisant, tout a été brûlé. Pour le lierre, arrosez tout le lierre avec votre préparation de vinaigre et attendez une semaine. Pour le chardon, l’effet était là le lendemain matin. Pour le pourpier, commencez par diluer 50cl de vinaigre dans 1 litre d’eau et pulvériser les feuilles.
Pour les surfaces comme la pouzzolane ou les dallages, le vinaigre blanc est également utilisé pour le nettoyage ménager, il n’y a aucune contre-indication pour le dallage. Le vinaigre blanc a plus d’un tour dans son sac ! Vous pouvez l’utiliser sur la mousse pour éviter la repousse.
Impact sur le sol et la faune
Malgré ses avantages, le vinaigre, pourtant biodégradable, acidifie le sol et peut avoir des effets néfastes sur la vie microbiologique. Il est un bactéricide et un fongicide puissant, et qu’il est à ce titre nocif à long terme pour la pédofaune qui niche dans le sol et qui est si utile. À utiliser avec parcimonie donc, en particulier dans les zones de cultures. C’est à mon sens un herbicide à privilégier sur les terrasses, allées, et autres sols inertes non destinés à la culture. Si vous comptez semer du gazon, il faudra attendre quelques semaines, le temps que le vinaigre soit totalement biodégradé. À l’occasion de l’utilisation du vinaigre, une personne a eu l’idée de tester sur son sol excessivement calcaire ses vertus neutralisantes, le résultat a été spectaculaire !
Le gros sel peut tuer les plantes environnantes s’il est utilisé en grande quantité. Assurez-vous de ne pulvériser que sur les mauvaises herbes que vous souhaitez éliminer. De plus, comme pour le vinaigre blanc seul, ce mélange peut acidifier le sol, utilisez-le avec précaution.

L'eau de javel comme désherbant : Danger et histoire
L’eau de javel est un blanchissant et un détachant, mais c’est surtout un désinfectant puissant qui détruit un grand nombre de micro-organismes et qui libère du chlore, un produit toxique pour l’environnement. Appliquer ce type de produit pour désherber est donc déconseillé. D’autant plus que les méthodes de désherbages existantes sont nombreuses et variées. Du faux semis au désherbeur thermique en passant par les produits de biocontrôle et la couverture du sol, choisissez, combinez, et désherbez bien !
Une histoire de pouvoir et de polyvalence
C’est en 1787 que fut réalisée pour la première fois ce que l’on a appelé la liqueur de Javel, par un chimiste du nom de Claude Louis Berthollet qui cherchait à reproduire les effets du blanchiment du linge par les rayons du soleil. La liqueur de javel (du nom du village où était installée la manufacture dans laquelle elle a été fabriquée) était issue de la dissolution du chlore gazeux dans de la potasse. Plus tard, en 1820, un pharmacien utilisa de la soude à la place de la potasse, ce qui est resté la formule de l’eau de javel.
L’eau de javel est un produit polyvalent, qui a des propriétés détachantes, blanchissantes et désinfectantes. Elle est très utilisée pour détruire les agents pathogènes, qu’ils soient virus, bactéries, champignons ou autres (notamment en France puisque l’on détient le 5e rang d’utilisation mondiale de javel), aussi bien dans la sphère domestique que publique.
Dangers et précautions d'utilisation
L’utilisation de l’eau de javel est soumise à des précautions importantes, le sigle de tête de mort appliqué sur son emballage est d’ailleurs la preuve de sa toxicité : très corrosive, son contact entraîne des brûlures sur la peau et sur les muqueuses, et même ses émanations sont toxiques, pouvant provoquer des nausées, des maux de tête, voire des réactions respiratoires qui peuvent être graves et perdurer durant des années.
Attention : il ne faut surtout pas mélanger l’eau de javel, ni à des agents nettoyants, ni à d’autres acides (notamment des détartrants, ni même à de l’eau chaude). De nombreux accidents domestiques sont d’ailleurs le résultat de telles combinaisons.
L’eau de javel concentrée est de l’hypochlorite de sodium, c’est-à-dire le produit d’une réaction entre de la soude et du dichlore. C’est un biocide puissant, dangereux pour l’environnement lorsqu’elle se disperse dans le sol, dans les réseaux d’eaux domestiques ou encore dans les nappes phréatiques. Elle va détruire nombre d’organismes vivant dans le sol, dont la plupart assurent la bonne santé et la décomposition des matières organiques qui s’y trouvent. La fiche de toxicité de l’eau de javel indique d’ailleurs : “Éviter le rejet dans l'environnement. Ne laissez pas le produit de pénétrer dans les égouts ou les eaux superficielles.”
Instable et volatile, elle a une décomposition relativement rapide qui dépend de sa concentration et du milieu dans laquelle elle se trouve (température, contact avec des métaux). Une fois dégradée, elle est transformée en chlorure de sodium (sel), oxygène et eau. Mais elle libère également du chlore, notamment sous forme d’AOX (halogène organique absorbable). Cet élément est lui aussi toxique pour l’environnement. Il a la propriété d’oxyder la matière organique et de former d’autres substances nocives, notamment des organochlorés qui se révèlent très persistants tant dans l’air que dans l’eau ou dans les sols, sous forme de résidus mutagènes qui s’accumulent via la chaîne alimentaire. Les AOX sont particulièrement toxiques pour tous les organismes aquatiques.
L'eau de javel au jardin : Une pratique à éviter
Certains jardiniers conseillent l’eau de javel pour désherber les indésirables qui poussent dans le gravier ou entre des pavés. Elle dessèche rapidement les feuilles des plantes ainsi traitées, aidée par sa texture qui tient bien sur le feuillage. Le dosage d’eau de javel pour désherber est le suivant : versez 1 tasse d’eau de javel dans 1 litre d’eau.

À ne pas faire :
- Désherber à l’eau de javel + eau bouillante : cette méthode est dangereuse car, diluée dans de l’eau chaude, l’eau de javel libère des substances chlorées qui sont toxiques et provoquent au mieux des irritations des voies aériennes.
- Mélanges dangereux : On voit des recettes de désherbants mêlant l’eau de javel à du liquide vaisselle, voire à du vinaigre. Ce mélange peut provoquer une réaction chimique dégageant des gaz dangereux pour l’utilisateur. L’agence nationale de sécurité alimentaire (Anses) a posté un rappel sur son site, ce mardi 25 avril 2023 : préparer du désherbant chez soi en mélangeant du vinaigre et de la javel peut être très dangereux. Depuis l’interdiction à la vente de nombreux herbicides en raison de leur toxicité en 2019, des Français préparent eux-mêmes leur désherbant. Seulement, une des « recettes » alternatives proposées sur le web peut être dangereuse. L’utilisation d’eau de javel couplée à du vinaigre a pu être recommandée sur certains sites. Selon l’agence, si une seule intoxication avait été relevée par les Centres antipoison français entre 2002 et 2013, ce nombre est monté à 203 depuis 2019. Près de la moitié des patients exposés nécessitait une prise en charge médicale.
- Pulvériser une dilution d’eau de javel pour désherber les massifs : attention à ne pas pulvériser les végétaux aux alentours qui seraient également détruits. De plus, l’eau de javel va s’insinuer dans le sol et pourra se trouver au contact des plantes avoisinantes. Il est “préférable” de n’utiliser la javel que dans des endroits non cultivés, allées ou terrasses.
À savoir : appliquer de l’eau de javel pour désherber vos pavés ou le gravier de vos allées risque de provoquer chez les chats de votre quartier des envies soudaines d’y faire leurs besoins ! En effet, ce produit est fréquemment utilisé pour attirer les jeunes chats dans leur litière grâce à son odeur.
Le sel comme désherbant : Une solution "maison" à utiliser avec modération
L’utilisation du sel de table, ou chlorure de sodium, comme herbicide est une option « maison » et abordable pour éliminer l’herbe à puce. Le chlorure de sodium dans une solution d’eau pulvérisée sur les feuilles, les fruits et les tiges, desséchera le plant d’herbe à puce. Le chlorure de sodium attaque et brûle la surface des feuilles et des parties tendres du plant en quelques jours. C’est un défoliant. Pour être certain de bien dessécher la plante, il peut être nécessaire de réappliquer la solution salée 3 jours après la première application. Contrairement aux herbicides chimiques, le sel sera lavé de la plante et inefficace s’il pleut abondamment dans les 3 jours suivant l’application.
De plus, le chlorure de sodium, appliqué modérément, se lessive dans le sol et ne pollue pas comme peuvent le faire les herbicides chimiques. Contrairement aux herbicides chimiques qui empoisonnent la plante jusqu’à la racine et la tuent, le chlorure de sodium attaque la partie aérienne de la plante et empêche celle-ci de capter de l’énergie pendant sa période de dormance afin de bien survivre à l’hiver. Comme l’herbe à la puce capte de l’énergie par ses racines et ses feuilles, on limite ainsi ses capacités à survivre et à se répandre.
Préparation et application
La composition de cette solution salée est simple : 120 gr de sel (chlorure de sodium) dans 1 litre d’eau. Avec une boîte de 1 kg de sel, on peut produire plus de 8 litres de solution à un coût imbattable, bien qu’une seule application ne soit souvent pas suffisante. Personnellement, j’ai trouvé dans un « magasin du dollar » 2 boîtes de sel de 737 g pour 1$. Ceci revient à 0,68$ le kilo de sel et 0,08$ le litre d’herbicide.
Sur le terrain, c’est une lutte à finir contre l’herbe à la puce et le pulvérisateur est toujours prêt à être utilisé. Lorsque l'on est certain qu’il ne pleuvra pas pour quelques jours, on pulvérise l’herbicide au sel sur les feuilles. Si possible, il est fait aux 2 semaines s’il y a des repousses. La plante n’a aucun répit. Dès que le pulvérisateur est vide, il faut le remplir de sel et d’eau et laisser le sel se dissoudre tranquillement. De manière générale, les plants sont complètement desséchés après une semaine. Avec l'expérience sur le terrain, après 2 semaines, la solution salée était aussi efficace que l’herbicide RoundUp de Monsanto sur une même zone densément peuplée d’herbe à la puce. Si des repousses surviennent le même été sur des plants bien vigoureux, d’autres applications de solution salée seront nécessaires. Il se peut qu’il y ait des repousses au printemps suivant, mais la surface colonisée par l’herbe à la puce aura considérablement diminué. Une autre application de solution salée ou un simple arrachage sera alors nécessaire pour terminer le travail. Deux applications d’herbicide à base de sel suffisent pour affaiblir et tuer l’herbe à la puce. Le Parc national d’Oka, au Québec, a expérimenté le Adios Ambros de Herbanatur sur des sols recouverts d’herbe à la puce. Cet herbicide contient 12% de chlorure de sodium et est prêt à utiliser.
Impact sur l'environnement
Par contre, utiliser du sel, iodé ou pas, qui va percoler à travers le sol jusqu’à la nappe phréatique ! Dans tous les cas, il ne faut pas abuser du vinaigre blanc, mais il n'est pas bon de dire qu’il vaut mieux utiliser des produits cancérigènes dans les sols !
Solutions combinées et techniques d'application
En plus du sel de table (chlorure de sodium), il est possible d’utiliser du vinaigre (acide acétique) comme herbicide fait maison. Le classique vinaigre blanc, le plus abordable, fera l’affaire. Comme le sel, le vinaigre dessèche les feuilles et les parties tendres de la plante et affaiblit grandement celle-ci. Le dessèchement de la plante est visible en quelques heures à une journée suivant l’application. Il est possible de pulvériser le vinaigre directement sur la plante, sans le diluer dans l’eau, ce qui sera le plus efficace mais plus onéreux. Il est aussi possible de préparer une solution de sel et d’eau, comme vu ci-dessus, et d’y ajouter du vinaigre pour accentuer le dessèchement de la plante.
L’eau de javel est aussi un excellent désherbant et défoliant. Comme le sel et le vinaigre, elle dessèche les feuilles de l’herbe à la puce. Il est important de l’appliquer uniquement sur les feuilles de l’herbe à la puce car l’herbicide tuera toutes les plantes sur lesquelles il sera vaporisé. Une recette habituellement utilisée consiste à mélanger 250ml (1 tasse) d’eau de javel à 1 litre d’eau. On peut y ajouter du sel, comme vu ci-dessus, pour accentuer le dessèchement de la plante. De plus, l’eau de javel a une texture huileuse qui colle au feuillage de la plante et améliore l’effet de l’herbicide. On peut accentuer cette propriété « accrocheuse » en ajoutant du savon à vaisselle, comme vu ci-après.
Attention de ne pas mélanger l’eau de javel avec du vinaigre car cela risquerait de dégager du chlore gazeux très toxique.
L’avantage de l’eau de javel, comme pour le sel, c’est son prix. Une bouteille de presque 2 litres pourra coûter 1,25$. Si on suit la recette proposée, il coûtera environ 0,18$ pour 1,25 litres d’herbicide. Comparativement, avec le sel, ça revient à 0,08$ par litre d’herbicide.
Plusieurs dosages sont possibles. Le problème des herbicides à base d’eau c’est l’écoulement du liquide le long des feuilles et l’égouttement au sol. Si l’on fait mousser la solution, ou si on la rend plus épaisse, elle s’accrochera plus facilement à la plante. Le sel et le vinaigre seront ainsi plus efficaces. Pour ce faire, il suffit d’ajouter du savon à vaisselle à la solution d’eau, de sel et de vinaigre.
Choix des pulvérisateurs
Un pulvérisateur de jardin de qualité est un outil essentiel pour tout jardinier qui utilise des herbicides chimiques et à base de sel ou vinaigre. Il existe des pulvérisateurs à herbicide sous forme de sac à dos qui permettent de transporter de gros volumes de liquide (5 litres et plus). On peut aussi utiliser un pulvérisateur sous forme de pistolet d’un volume de 1 à 2 litres. Souvent, un pulvérisateur sous forme de pistolet est suffisant pour traiter une petite zone affectée par l’herbe à puce. Il arrive parfois que des grains de sel viennent boucher la buse. Est-ce qu’il y a des pulvérisateurs spéciaux pour le vinaigre blanc (acide) ? Il semble que dès la première pulvérisation de vinaigre blanc, un pulvérisateur à dos ait été fusillé. Il ne monte plus en pression. Il n’était pas tout neuf, mais quand même. Il avait pourtant été abondamment rincé après utilisation.
Stratégies de désherbage
Personnellement, une technique préférée est le « Feu à volonté ». Il s’agit d’appliquer l’herbicide sur tous les plants d’herbe à la puce dès leur apparition, à la fin mai. Les petites pousses ont des feuilles minces et tendres qui sont facilement détruites par l’herbicide à base de sel. Une fois la pousse desséchée, la plante mère lancera de nouvelles pousses quelques jours plus tard qu’il faudra aussi détruire avec l’herbicide. Chaque fois que la plante développe une nouvelle pousse et de nouvelles feuilles, elle s’affaiblit. L’herbe à la puce a besoin des feuilles pour créer de l’énergie afin de survivre et de croître.
La plante est en période de croissance active jusqu’au début du mois de juillet. Ici, il s’agit d’attendre le mois de juillet, où les feuilles et les fruits sont à pleine maturité pour appliquer l’herbicide à base de sel sur toutes les feuilles et les fruits. Une fois les plants flétris et desséchés, puisque la période de croissance est passée, peu de nouvelles pousses surviendront. Le problème avec cette technique est que la plante mère a le temps d’accumuler de l’énergie durant les mois de mai et juin et sera plus difficilement éradiquée.
Comme il ne s’agit pas d’un herbicide chimique, notre herbicide « maison » craint la pluie. Il faut éviter de perdre son temps en pulvérisant l’herbicide durant les 2 journées précédant un épisode pluvieux.
Alternatives écologiques et méthodes préventives
Pour désherber, l’eau de javel, le sel, le vinaigre et autres produits agressifs peuvent heureusement être remplacés par des méthodes plus douces pour l’environnement.
Prévention dans les surfaces pavées ou gravillonnées
Une surface pavée peut être brossée et lavée régulièrement pour perturber le développement des herbes indésirables. Jointer l’espace entre les pavés pour empêcher des végétaux de s’y installer.
Il est d’usage de placer sous les gravillons un géotextile qui empêche la repousse des mauvaises herbes. Et si certaines y parviennent tout de même, procédez à un désherbage manuel ou à base d’eau, de sel et de vinaigre. Le désherbeur thermique sera efficace sur les repousses également et ces méthodes sont sans danger pour les enfants.
Priver les indésirables de lumière
Tous les végétaux de nos jardins, désirés ou non, ont besoin de lumière et d’espace pour se développer. C’est pourquoi les priver de lumière et/ou de place est une méthode efficace pour se débarrasser des indésirables. Si vous souhaitez désherber entièrement une zone, il vous faudra la couvrir intégralement à l’aide de cartons, de tapis, de bâches (noires de préférence) ou encore de toiles de paillage. Selon les végétaux présents, il vous faudra laisser le couvert en place plus ou moins longtemps. Les annuelles seront plus faciles à éradiquer que les vivaces installées depuis longtemps.
Le paillage a le même rôle de couverture totale, mais il va être installé entre les végétaux d’un massif ou du potager. Il doit être en couche bien épaisse, au minimum 10 voire 15 cm pour offrir une réelle efficacité. Organique ou minéral, il va donc empêcher les adventices de réaliser leur processus vital de photosynthèse mais ce n’est pas son seul avantage. Il maintient le sol frais pour vos plantations et évite le tassement. Du coup, si quelques indésirables parviennent à se frayer un chemin, elles seront facilement arrachées de terre.
Le feutre géotextile est aussi un bon moyen pour éviter le développement de ces herbes, mais c’est sous le sol qu’il se place, lors de la réalisation d’une allée pavée ou gravillonnée, d’une terrasse… Ce matériau malléable, imputrescible et indéchirable limitera drastiquement la repousse des indésirables. Dans certains cas il vous faudra désherber avant son installation.
Le sol ne doit pas rester nu au risque de favoriser le dessèchement du sol. Il conviendrait de pailler ou mettre un couvre sol ou massif aux pieds des arbres.
La concurrence végétale
Offrez-leur de la concurrence : ne tondez pas votre gazon à ras, préférez une tonte haute avec laquelle les indésirables auront moins de lumière, moins de nutriments et moins d’espace pour se développer. Et en plus, votre gazon aura moins chaud cet été ! Les plantes couvre-sol vont avoir le même rôle, d'autant plus qu’elles sont généralement assez vigoureuses pour étouffer toute velléité de développement d’autres plantes. Même méthode avec les engrais verts qui ne laisseront rien pousser d’autre et en plus apporteront à vos planches potagères de bons nutriments pour vos futures plantations.
Le désherbage manuel
Le désherbage doit commencer dès les premiers jours de redoux en fin d’hiver, lorsque les plantules lèvent la tête. Elles sont alors très faciles à arracher de terre, d’autant plus que celle-ci est alors bien humide. Il faut cependant veiller à ôter en même temps que la tige les jeunes racines. De nombreuses adventices vivaces sont en effet promptes à repartir du moindre petit bout de racine restant dans le sol, tandis que d’autres développent de longs stolons qui courent à la surface du sol. C’est notamment le cas du trèfle ou encore de l’ortie. Laissés au sol, leurs stolons poursuivront le développement de la plante. Ces indésirables sont à déraciner avec un couteau-désherbeur et vous prendrez soin de suivre et de déraciner également ces racines superficielles. Les indésirables annuelles sont à supprimer avant la fin de leur floraison. Vous éviterez ainsi qu’elles ne dispersent leurs trop nombreuses graines. L’automne offre aux végétaux un sol chaud et humide qui leur plaît beaucoup. C’est notamment le cas du chiendent qui choisit cette période pour développer de nouvelles racines. Un arrachage global sera donc également de mise à cette saison.

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La méthode du faux-semis
C’est au printemps que l’on applique cette méthode, pour préparer un sol à recevoir des plantations pour un massif, des plates-bandes ou des planches de potager. Le faux-semis consiste à travailler le sol comme avant des plantations, puis à l’arroser. Plusieurs jours plus tard (selon le temps), toutes les graines présentes dans le sol vont lever, et les racines vont elles aussi développer des petites feuilles. Il sera alors temps de nettoyer la surface, tout simplement avec un râteau ou un sarcloir.
Le biocontrôle
Le biocontrôle est une démarche globale qui a pour but de protéger les végétaux en s’appuyant sur les mécanismes et les relations entre les êtres vivants déjà existants dans la nature. Parmi les substances naturelles qui peuvent être utilisées comme produits de biocontrôle, on trouve des acides végétaux qui ont des propriétés désherbantes : acide pélargonique, acide acétique, acide caprique, acide caprylique. Leur mode d’action est le suivant : ils détruisent la couche superficielle du végétal, semblable à notre épiderme, qui protège l’organisme des rayons UV et des autres agressions. Ils s’utilisent par pulvérisations sur les herbes indésirables, de préférence par temps doux (15° minimum mais plutôt 20°) et sec. Des végétaux déjà stressés par manque d’eau sont plus vulnérables à ces acides herbicides. Agissez lorsque les indésirables sont jeunes et recommencez l’application quelques jours plus tard.
Les désherbeurs thermiques
Une forte chaleur appliquée sur des végétaux dessèche leurs tissus et en tuent un grand nombre en quelques jours. Les plus vigoureuses ou âgées demanderont quelques passages supplémentaires. Cette chaleur va avoir pour effet de faire démarrer des graines d’autres plantes spontanées mais il sera facile de les détruire lors d’un second passage. Le désherbeur à gaz est puissant et consomme beaucoup, mais il a de ce fait une action rapide. Le désherbeur électrique a pour lui sa facilité d’utilisation puisqu’il suffit de le brancher. De plus, il consomme très peu d’énergie et dégage moins de chaleur que le désherbeur à gaz, se révélant moins risqué pour les végétaux à proximité immédiate. Par contre son fil à la patte peut être contraignant.
Désherbage avec du Vinaigre Blanc : DANGER pour votre Jardin/Potager !
Attention : ne désherbez pas avec un désherbeur thermique en période de sécheresse. Protégez-vous des risques de brûlures avec des gants, des chaussures fermées et des manches et jambes longues.
L'eau de javel pour désinfecter les outils de jardin
Il est judicieux de désinfecter outils, contenants et autres objets du jardin entre deux utilisations, afin d’éviter de propager les maladies. L’eau de javel, diluée dans de l’eau froide (l’eau chaude fait perdre à l’eau de javel ses propriétés désinfectantes), peut tout à fait être employée pour cet usage.
Nettoyez vos pots de fleurs à la fin de la saison : préparez 10 cl d’eau de javel dans un litre d’eau et lavez l’extérieur et l’intérieur de vos contenants. Vous laisserez agir une quinzaine de minutes avant de rincer soigneusement à l’eau froide.Les cagettes où vous stockez vos fruits et celles où vous réalisez vos semis seront elles aussi désinfectées de la même manière une fois vidées. Rincez et laissez sécher avant de réutiliser les cagettes.Les tuteurs à tomates, à grimpantes et autres auront eux aussi besoin d’une désinfection avant de faire leur pause hivernale. Brossez la terre qui y est collée avant de les frotter avec une éponge imbibée de javel (toujours diluée à 10%). Patientez 15 minutes avant de les rincer et de les stocker jusqu’à l’année prochaine.Les outils de coupe doivent être désinfectés entre chaque sujet. On utilise fréquemment l’alcool à 90° mais l’eau de javel sera également efficace, non diluée.
Réflexions sur les choix de désherbage
Choisir les méthodes les plus rapides et les moins coûteuses, que ce soit en temps, en effort ou en argent n’offre souvent que des avantages à court terme. L’eau de javel est un produit bien trop agressif pour en répandre dans le sol, il est d’ailleurs indiqué comme “Dangereux pour l’environnement”. Utiliser le vinaigre blanc n’est pas une solution universelle pour se débarrasser de toutes les mauvaises herbes. Pour un gazon japonais (zoysia tenuifolia) qui se développe à l’aide de rhizomes mais qui est envahi par les mauvaises herbes, cet herbicide agit par contact avec les feuilles jusqu’à faire dépérir la plante.Pour une pelouse qui n'en est pas vraiment une avec un Olivier, si l’idée est de supprimer la pelouse pour créer différents espaces, le vinaigre blanc n’est pas du tout adapté. En effet, il conviendrait de retourner la terre, nettoyer le terrain des racines et des herbes déterrées. Pour les parterres de cailloux, vous devez mettre un géotextile à même le sol et recouvrir de cailloux de votre choix. Ce système permet d’empêcher la repousse des herbes en dessous et de replanter des espaces gazonnés là où bon vous semble.

Il est important de souligner que la Coopérative regroupe plus de 2700 jardiniers répartis dans toute la France, et cette prestation est éligible au crédit d’impôt. Cela peut être une solution pour ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas désherber eux-mêmes.