Dans le monde de l’emballage durable et de la gestion des déchets, les termes « biodégradable » et « compostable » sont souvent utilisés comme synonymes. Ces termes ont tendance à être utilisés indistinctement, comme s’il s’agissait de synonymes, mais la vérité est qu’ils présentent des différences significatives. L’histoire du plastique est intrinsèquement liée au développement industriel et, bien que les plastiques aient apporté de nombreux avantages à la société, ils ont également généré des défis environnementaux. La connaissance de ces termes est essentielle pour prendre des décisions éclairées et durables dans notre quotidien. En choisissant des produits et des matériaux respectueux de l’environnement, nous contribuons à l’effort collectif pour un avenir plus écologique et plus durable.

Qu'est-ce qu'un matériau biodégradable ?
Un matériau biodégradable est un matériau qui, grâce à l’action d’éléments biologiques comme l’eau ou le soleil, et à l’action de micro-organismes comme les bactéries ou les champignons, se décompose naturellement au fil du temps dans les mêmes substances qui l’ont formé. La biodégradation se produit lorsque des micro-organismes décomposent les molécules du matériau en éléments plus simples, tels que de l’eau, du dioxyde de carbone et de la biomasse.
La grande majorité des déchets que nous générons se dégrade naturellement tant qu’ils sont exposés à certaines conditions pendant un certain temps. Cependant, « biodégradable » est un adjectif très large et vague. Selon l’American Webster Dictionary, biodégradable est un adjectif qui indique qu’un article peut être chimiquement dégradé. Il n’y a pas de limite sur le temps de décomposition. Même les plastiques qui mettent des centaines d’années à se décomposer sont biodégradables selon une définition large. Le plastique est donc techniquement un produit biodégradable, mais son processus de biodégradation peut mettre quelques centaines ou milliers d’années, laissant derrière lui des particules difficilement « digestes » par les micro-organismes.
La spécificité des matériaux compostables
Semblables aux matériaux biodégradables, les matériaux compostables constituent une catégorie plus spécifique. Ils appartiennent à cette classe de produits qui, lorsqu’ils se biodégradent, deviennent du compost ou compostage. Un produit est considéré comme compostable lorsqu’il se décompose complètement en 90 jours. Une décomposition complète signifie que le produit original se transforme en dioxyde de carbone, en eau et en une fraction de la masse d’origine sans aucun résidu toxique.
La différence entre biodégradable et compostable réside donc dans les processus, les temps et les conditions requises pour la décomposition. Tous les produits compostables sont des produits biodégradables, mais biodégradable ne signifie pas nécessairement compostable. Un produit peut être qualifié de biodégradable dès lors que 90% de sa masse d’origine est biodégradée sous 6 mois, alors que le délai pour le compostable est beaucoup plus court.
La valorisation des déchets organiques | Veolia
Le processus biologique de transformation
Le compostage est un processus contrôlé qui passe par plusieurs phases déterminantes pour la transformation des matières organiques :
- Mésophile : La procédure commence par une température ambiante qui augmente au fur et à mesure que les micro-organismes s’acclimatent à l’environnement, se multipliant et colonisant.
- Thermophile : Lorsque les 45°C sont dépassés, les micro-organismes mésophiles disparaissent et les thermophiles apparaissent, capables de résister à des températures pouvant atteindre cent degrés. Ces bactéries peuvent détruire les sources de carbone. Lors de cette phase, le mélange doit être agité et aéré fréquemment pour que les micro-organismes s’oxygènent et puissent continuer à le décomposer.
- Refroidissement : Une étape de stabilisation thermique.
- Maturation : Une fois le mélange refroidi, il est temps de faire mûrir le compost à température ambiante.
Le compost obtenu a un aspect de sol et il est riche en substances nutritives utilisables pour l’agriculture. Il est important de noter que certains produits ne peuvent pas être compostés avec succès, même dans les installations industrielles.
Normes, certifications et cadre réglementaire
La Commission européenne a élaboré la réglementation UNE-EN 13432:2002, intitulée « Exigences relatives aux conteneurs et emballages pouvant être exploités par compostage et biodégradation. Programme d’essais et critères d’évaluation pour l’acceptation du contenant ou de l’emballage ». Elle stipule qu’un emballage doit se dégrader à au moins 90 % en six mois s’il est soumis à un environnement riche en dioxyde de carbone.
Les normes de certification biodégradables communément reconnues et crédibles sont actuellement les certifications de la série OK biodégradable du TÜV AUSTRIA (SOIL, WATER et MARINE). Pour le compostage, on retrouve le OK compost HOME/INDUSTRIAL du TÜV AUSTRIA, le DIN-Geprüft industriellement compostable du DIN CERTCO en Allemagne, et le BPI aux États-Unis. Choisir des produits portant ces labels est crucial pour éviter le « greenwashing », où des marques utilisent des termes comme « éco-responsable » sans base réglementaire.
Différencier les matériaux : biosourcé, bioplastique et additifs
Il est fréquent de se perdre dans les terminologies. Un produit biosourcé est fabriqué à partir de substances organiques renouvelables comme la canne à sucre ou l’amidon de maïs. Pour être étiqueté « fabriqué à base de biomasse », 40% de matières renouvelables suffisent. Le terme « bioplastique » est, quant à lui, vaguement défini : il peut désigner un plastique biosourcé ou un plastique biodégradable.
Des technologies comme la décomposition oxydative, qui consiste à ajouter des additifs aux plastiques traditionnels pour les fragmenter, sont désormais interdites par la plupart des gouvernements car elles ne font que diviser le plastique en d’innombrables microparticules au lieu de le faire retourner à la terre. Par ailleurs, des produits comme l’acide polylactique (PLA) sont souvent utilisés pour fabriquer des pailles ou des emballages, mais leur transformation chimique nécessite des conditions industrielles spécifiques pour se décomposer.

La gestion des déchets et l'empreinte carbone
Choisir les bons produits biodégradables ou compostables peut nous aider à réduire notre empreinte carbone et à minimiser l’accumulation de déchets. Cependant, une distinction majeure doit être faite : les produits compostables ne sont pas destinés à être simplement relâchés dans la nature. Ils doivent être éliminés de manière appropriée, par exemple dans des bacs de collecte des matières organiques pour être redirigés vers des installations de compostage industriel.
Les matériaux non recyclables sont ceux qui ne peuvent pas être soumis à des processus de recyclage efficaces ou qui génèrent des déchets toxiques. Chez Naeco, par exemple, les palettes en plastique sont conçues pour être recyclables et réutilisables, ce qui contribue directement à la préservation de l’environnement. Le recyclage a pour but de donner une seconde vie à un produit déjà utilisé, comme le verre, le papier ou les métaux. Il s'agit d'une démarche complémentaire à l'usage de matériaux compostables.
En somme, la manière la plus sûre de gérer ses déchets est de se rapprocher de l’organisme de traitement de déchets près de chez soi. De nombreuses communes françaises opèrent des collectes de matières organiques. La connaissance de ces nuances est une étape nécessaire pour passer d'une consommation passive à une gestion responsable de notre impact sur la planète. Rien ne se perd, tout se transforme, à condition de choisir le bon canal de fin de vie pour chaque matériau produit.
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