Guide complet pour la plantation et la culture du prunier

Le prunier reste l’un des arbres fruitiers préférés pour les jardins. Sa délicate floraison sonne l’arrivée du printemps, ses fruits régalent petits et grands et pour ne rien gâcher, il est de culture facile et prospérera longtemps s’il a été bien choisi. Où et quand planter un prunier ? Comment bien l’installer, en pleine terre ou en pot, pour que sa reprise soit assurée et qu’il se développe bien ? Ces questions se posent pour tout arbre fruitier.

Illustration d'un prunier en fleurs au printemps

Les exigences climatiques et édaphiques du prunier

Toutes les espèces et variétés de pruniers ont-elles les mêmes besoins en terme de sol et de climat ? En règle générale, les pruniers n’apprécient ni la douceur pluvieuse de la Bretagne, ni la chaleur très sèche de la côte méditerranéenne, ils préfèrent les endroits abrités du vent et se plaisent au soleil. Pour autant, chacun a ses préférences.

Le prunier du Japon est une variété plus adaptée au sud de la France ou aux régions littorales car sa floraison précoce le rend sensible aux gelées. Le mirabellier, quant à lui, est un prunier adapté au nord-est de la France où il trouve les conditions qui lui sont les plus favorables : nuits fraîches et journées chaudes durant la formation des fruits, climat continental, sol plutôt argileux sans être trop compact. Très rustique, il supporte facilement des températures de -20°, jusqu’à -30°.

La quetsche aime des conditions similaires à la mirabelle, sols lourds et climat continental ; elle n’apprécie pas la sécheresse, à l’exception de la quetsche d’Italie adaptée aux régions du sud. La reine-claude est une prune du sud, et plus précisément du sud-ouest. Elle est quand même assez rustique, résistant à des températures de -15°, et son type de sol est léger et profond. Le prunier domestique (Prunus domestica) peut être planté partout, jusqu’à 1000 m d’altitude. Il se plaît en tout sol ordinaire tant qu’ils ne sont pas trop secs mais préfère les sols profonds, bien drainés. On le cultive plutôt dans le sud de la France. La prune d’Agen est une prune du sud-ouest à l’instar de la reine-claude mais qui préfère les terres riches. Enfin, le prunier myrobolan n’est planté que comme porte-greffe car ses fruits sont peu agréables à consommer ; au contraire du prunier domestique, il se plaît dans les sols pauvres.

Maîtriser les distances de plantation

La distance de plantation entre deux pruniers ou un prunier et un autre arbre va dépendre de la forme de ceux-ci. En effet, le volume qu’ils occuperont une fois adultes va être très différent selon qu’ils soient en quenouille ou gobelet, des formes étroites, ou bien sur tige, donc avec une ramure bien développée.

Ce qu’on voit de l’arbre (le houppier), c’est environ ce qui se passe sous terre. Si vous plantez deux arbres à 3 m l’un de l’autre, leurs racines vont entrer en compétition dès la 3ᵉ ou 4ᵉ année. Un arbre fruitier a besoin de lumière sur toute sa surface pour bien fructifier. Un verger trop dense est un verger humide. Après une pluie, les feuilles restent mouillées pendant des heures. Règle simple : entre deux arbres, l’air doit circuler librement. Un verger bien espacé, c’est un verger où vous pouvez circuler avec une brouette, une échelle, ou même une remorque.

Schéma des distances de plantation selon les formes (gobelet, haute tige, palmette)

Vous espacerez vos pruniers en quenouille ou gobelet de 3 à 4 m, il vous faudra prévoir 7 à 8 m pour des formes sur tige, et 4 m pour les pruniers conduits en palmettes. La distance entre deux arbres fruitiers sur un même rang n’est qu’une partie du problème. Dans un verger, il est judicieux d’espacer les rangs de 5 m. Cela permet de circuler avec une remorque pour apporter le compost ou évacuer les branches de taille. Si les cercles se chevauchent beaucoup, vous plantez trop serré. S’ils se touchent légèrement, c’est parfait.

La plantation en pleine terre : étapes clés

Le processus est un peu différent selon que vous souhaitiez planter un prunier sous forme de scion à racines nues ou un prunier en motte ou en conteneur. Commencez par creuser le trou de plantation. Il doit être volumineux, au minimum 70 cm de large et 50 cm de profondeur. Ce trou peut être réalisé à l’avance. Ameublissez le fond du trou ainsi que la terre extraite. Une terre fine favorisera le développement des racines. Vous pouvez amender votre terre selon les besoins : sable pour le drainage, fumier ou compost pour l’enrichir. Si votre terre est trop compacte, l’ajout d’une couche de drainage (sable grossier, gravier) peut être une bonne chose.

Pour un prunier à racines nues, le jour, ou plutôt la veille de la plantation, vous commencerez par habiller les racines de votre prunier. Cette opération consiste à faire une petite coupe aux racines en taillant leur extrémité. Vous vérifierez par la même occasion s’il n’y en a pas des abîmées que vous devrez alors raccourcir au-dessus de la blessure. Les racines plus longues que les autres seront égalisées, afin qu’elles ne se retrouvent pas pliées ou enroulées lors de la mise en place. L’habillage des racines a pour objectif d’étoffer le système racinaire du prunier. Comme lorsque vous taillez un rameau, une racine va se ramifier à partir de la coupe.

Une fois les racines habillées, elles bénéficieront d’un pralinage : le pralin est un mélange qui hydrate les racines et qui les nourrit. Il va également offrir aux racines une meilleure surface de contact avec la terre, ce qui facilitera la reprise. Et pour finir, la richesse en micro-organismes de ce mélange, notamment des bactéries et des champignons, va favoriser l'absorption de l’eau et des nutriments par les racines. Le pralin est en effet composé d’argile, d’eau et de bouse de vache, fumier ou compost. Idéalement, vous laisserez les racines tremper dans cette mixture durant 24 heures.

Pour un prunier en conteneur, la motte doit être réhydratée, faute de quoi elle pourrait mal s’hydrater par la suite et empêcher la reprise. Une fois ôtée de son conteneur, plongez-la dans une bassine d’eau et laissez-la quelques heures. Lorsque plus aucune bulle ne remonte à la surface, la motte est prête à être installée après égouttage. C’est avant de mettre le jeune fruitier en place qu’est installé l’indispensable tuteur. Cela évitera en effet d'abîmer les racines. Avant de placer le prunier, vous devez vous assurer de la bonne profondeur du trou. En effet, le bourrelet de greffe doit être juste au-dessus du niveau du sol.

Conseils Professionnels pour Tailler ton Prunier (étape par étape)

Plantation en pot et culture spécifique

Le prunier peut même se planter dans un pot, ce qui rassurera les possesseurs d’une terrasse ou d’un balcon ! Pour planter un prunier en bac, il est indispensable de choisir une variété adaptée à ce type de culture, un prunier nain, formé en colonne par exemple. Un prunier en pot se prêtera plus à ce mode de culture en étant palissé contre un mur. Vous prévoierez également de choisir une variété autofertile à moins d’avoir assez de place pour installer 2 pruniers.

Choisissez un bac de grande taille, 60 cm minimum de hauteur. La couche de drainage doit être épaisse, 10 à 20 cm. Vous étalerez au fond du pot billes d’argile, tessons de pots en terre ou encore gravier. Pour empêcher la terre de s’écouler peu à peu, placez un feutre de jardin découpé au bon diamètre pour séparer cette couche de drainage du substrat. Mélangez ensuite un bon terreau à du compost ou à du fumier. La plantation va ensuite suivre les mêmes étapes que pour une plantation en pleine terre, hormis pour la mise en place du tuteur, inutile ici sauf pour les formes en colonne, et la cuvette d’arrosage.

La formation en axe : un art de précision

La taille de formation en axe, une technique essentielle pour les arbres fruitiers, représente bien plus qu’une simple méthode de taille. C’est un véritable art qui, lorsqu’il est maîtrisé, transforme nos vergers en oasis de productivité et de beauté. Au cœur de la formation en axe, il y a la compréhension de la croissance naturelle de l’arbre. La formation en axe consiste à développer un arbre autour d’un axe central, avec des branches latérales réparties de manière équilibrée.

Lors de l'hiver de la plantation, lorsque vous plantez votre arbre, vous pouvez l’épointer, cette étape n’est pas obligatoire mais pour rééquilibrer la partie racinaire et la partie foliaire, il est judicieux de le faire. Au printemps, le fait d’avoir épointé votre scion va générer la pousse des bourgeons qui précèdent la coupe. À ce stade-là, il faut sélectionner une seule branche afin de former l’axe. Sur tout le restant de la saison de pousse, il vous faudra attacher la pousse sur votre tuteur ou palissage pour l’aider à pousser et à être droite.

Pour les branches ayant poussé dans un angle plus ouvert entre 45 et 60°, vous pourrez les conserver mais il vous faudra les « plier » au printemps prochain. Plier consiste à attacher la branche au tuteur ou à l’axe (le tronc central) afin de la ramener à l’horizontale. Attention : cette étape est à réaliser uniquement au début du printemps quand l’arbre est en sève, les branches seront plus « flexibles ». Dans le verger professionnel, lors de cette taille de formation, les tailleurs réépointent l’apex de l’arbre afin de refaire le même travail en année 1.

Multiplier son prunier par le noyau

Bien que le résultat soit moins que certain, il peut être amusant de planter un noyau de prunier. Il ne s’agit en effet ni plus ni moins que d’une loterie : les insectes qui ont effectué la pollinisation ne se sont pas préoccupés du croisement et de son résultat ! Il n’y a que par greffage que vous obtiendrez un prunier de la même variété. La seule exception est la mirabelle qui peut donner de bons résultats par semis.

Il vous faudra déjà de la patience pour obtenir des fruits, entre 5 et 10 ans, et ceux-ci ne seront peut-être pas très bons à manger, selon les aléas des croisements. Mais à défaut de donner des fruits goûteux, le futur prunier pourra certainement être utilisé comme porte-greffe. La méthode la plus simple est de directement planter le noyau dans un pot rempli d’un terreau bien drainant et de laisser faire le temps en gardant le substrat humide.

Mais pour plus de réussite, il est conseillé de procéder à une stratification : les noyaux, soumis au froid et à l’humidité, voient leur coque se ramollir, elle laissera plus facilement passer le germe une fois le printemps venu. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe dans la nature lorsqu’un noyau tombe au sol ! Dans un pot, mettez un fin grillage sur le trou de drainage puis un peu de terreau léger ou de sable. Alternez ensuite des couches de sable ou de terreau parsemées de quelques noyaux et humidifiez l’ensemble. Placez le pot contre un mur exposé au nord et laissez le à cet endroit jusqu’à la fin de l’hiver, recouvert de grillage pour protéger les noyaux des rongeurs.

Périodes de plantation et calendrier

Un prunier en racines nues doit être planté durant la période de repos végétatif, entre novembre et mars. Certaines périodes sont cependant à éviter durant ce laps de temps : les périodes de gel, de fortes pluies. Si vous devez faire patienter le prunier en attendant sa plantation, il vous faudra soit praliner ses racines, pour un délai de quelques jours, soit le mettre dans un bac de sable dans un endroit exposé au nord, cela s'appelle « mettre en jauge ».

Un prunier acheté en conteneur offre un plus grand choix en terme de période de plantation puisque vous pourrez le planter aussi bien au printemps qu’en automne. Pour autant, toutes les périodes ne se valent pas selon le climat de votre région. Dans le sud de la France ou en zone chaude et sèche, il est préférable de planter le prunier en automne. En effet, c’est l’été qui y est la période la plus difficile à passer pour un jeune sujet. Mis en place en automne, lorsque la terre est encore tiède et les précipitations abondantes, il sera dans de bonnes conditions de reprise et pourra plus facilement ensuite affronter chaleur et sécheresse. Dans les régions les plus froides, c’est au contraire l’hiver qui est à éviter pour votre jeune prunier.

Entretien et soins après plantation

L’arrosage est une étape cruciale. Il est conseillé d’arroser le prunier de façon abondante initialement, puis de diminuer la fréquence des arrosages, tout en restant attentif pendant les périodes de sécheresse. Une fois l’arbre fruitier correctement positionné, vous pouvez refermer le trou avec la terre extraite mélangée à du bon fumier. Tassez ensuite la terre avec le pied, soit de manière horizontale soit en faisant une petite cuvette au niveau du tronc pour faciliter l’arrosage.

La taille du prunier sert essentiellement à éclaircir la ramure de l’arbre en lui donnant un port harmonieux et aéré. Couper les rameaux qui se croisent à l’intérieur de la cime, et mastiquer les plaies de taille avec un produit cicatrisant. Après la floraison, faire un traitement préventif à la bouillie bordelaise afin d’éviter le développement de maladies, heureusement rares sur les pruniers. Quelques traitements anti-pucerons peuvent s'avérer nécessaires en cas de fortes attaques.

Schéma montrant la taille d'éclaircissage d'un prunier

Le choix de votre arbre fruitier bien étudié et l'achat effectué, il ne vous reste plus qu'à le planter. En suivant les conseils préalablement cités, vous vous assurez d'avoir de beaux fruits et ce, pour longtemps, puisqu'un fruitier peut vivre au moins 100 ans. Chaque variété d’arbre fruitier possède ses particularités qui influencent la méthode de formation. Pommiers, poiriers et pruniers bénéficient d’une taille annuelle pour une meilleure fructification, tandis qu’une approche plus douce est souvent préférable pour les cerisiers. L’élagage joue un rôle crucial dans la formation en axe des arbres fruitiers : il faut éliminer les branches qui font concurrence à l’axe principal pour favoriser une croissance équilibrée. En adoptant cette approche, vous contribuerez à la vitalité et à la durabilité de votre verger.

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