Faut-il couper les racines des poireaux avant le repiquage ?

Le poireau est un légume que nous apprécions particulièrement avoir au potager. De printemps, d’été, d’hiver ou d’automne, nous les cuisinons de nombreuses façons et ils se conservent assez bien en terre. Pourtant, la réussite de cette culture repose sur des étapes techniques précises, dont la plus débattue reste la préparation des plants avant leur installation définitive.

Plan de poireau prêt à être habillé et mis en terre

L'habillage : une pratique ancestrale au jardin

L'habillage est une technique répandue que l'on utilise sur les plantes que l'on repique à racines nues. Cela correspond à supprimer une partie des racines et du feuillage afin d'encourager la reprise des plants. Il ne faut pas avoir peur de couper, les poireaux sont peu sensibles.

Concrètement, l'habillage consiste à raccourcir les racines des jeunes poireaux à environ 2 ou 3 cm du collet et à supprimer environ un tiers du feuillage. Cette opération a deux raisons d'être principales :

  • Limiter la déshydratation : Dans les régions du sud, les jeunes poireaux peuvent beaucoup souffrir de la déshydratation alors qu’ils ont besoin de toutes leurs ressources pour bien reprendre. La chaleur les fait en effet transpirer, ils perdent ainsi rapidement l’eau qu’ils peuvent trouver dans le sol.
  • Faciliter la manipulation : Pour les maraîchers uniquement et qui se servent de machines agricoles, il est impossible de repiquer un jeune poireau s’il n’a pas été coupé.

Faut-il réellement tailler ? Le débat des jardiniers

Bien que l'habillage soit la norme, certains jardiniers et maraîchers ont essayé de ne pas habiller tous les rangs de leurs poireaux. Et ils n’ont pas remarqué de différence, ni au niveau du développement ni en ce qui concerne les attaques de la mouche du poireau. Il est vrai qu’au tout début, après le repiquage, la chaleur peut les faire se coucher et les non coupés mettront plus de temps avant de se redresser. Mais quelques mois plus tard, pas de différence.

Si vous êtes dans un climat chaud, il peut être utile d'habiller les poireaux, mais si votre climat est tempéré, le choix devient une question de préférence personnelle.

Comment planter des poireaux ? Technique de l'habillage

Préparer les plants pour une reprise optimale

Le premier facteur de réussite de la culture de poireaux dépend des plants que vous allez installer. On considère qu’au moment de la plantation, le poireau doit faire le diamètre d’un crayon (entre 5 mm et 1 cm). En installant des plants bien développés, on augmente drastiquement nos chances de réussite.

Une fois habillés, on pourra les laisser sécher 24 à 48h à même le sol au soleil. Ce temps de repos permet aux plaies de cicatriser et aux plants de s'endurcir.

Le pralinage : le coup de pouce supplémentaire

Le pralinage est une technique que l'on utilise sur les plantes que l'on repique à racines nues. Cela revient à venir protéger les racines avec un mélange de boue et de fumier pour préserver leurs racines du dessèchement et leur offrir un petit coup de boost. Si vous n’avez pas de fumier ou de bouse à disposition, vous pouvez vous contenter de venir praliner vos poireaux avec de la terre de jardin et du compost. Cette étape n’est pas obligatoire, mais elle peut tout de même permettre une meilleure reprise.

La mise en terre : une profondeur stratégique

Pour obtenir de beaux et longs fûts (la partie blanche), il est important de les repiquer assez profond, environ 10 cm, même si le vert de certains plants disparaît sous terre.

Schéma illustrant le repiquage profond du poireau dans un sillon

  • La méthode du sillon : Creusez un sillon d’une quinzaine de centimètres. Placez les plants au fond. Cette méthode permet de butter progressivement les poireaux au fur et à mesure de leur croissance en rebouchant le sillon.
  • La méthode du plantoir : Faites un trou tous les 10 cm à l’aide d’un plantoir. C'est une méthode très simple, tant que la terre n’est pas trop argileuse.

Une fois la plantation effectuée, pensez à bien bassiner le sol. Au moment du repiquage, apportez un arrosage abondant, sans pomme d’arrosage. Cela permet de tasser la terre autour des racines et de chasser l’air autour du poireau.

L'entretien pour un fût de qualité

C’est le blanc du poireau qui est le plus apprécié, c’est pourquoi il est nécessaire de butter le poireau, afin d’augmenter la proportion de blanc. Car c’est en privant le fût du poireau de lumière qu’il va blanchir.

  1. Le buttage : Ramenez de la terre en buttes autour du pied. Cela offre également une meilleure protection aux racines, notamment contre la chaleur en plein été.
  2. Le paillage : L’installation d’un paillage est fortement recommandée pour vous aider à conserver un sol frais pendant toute la période de croissance. Il permet de limiter grandement le désherbage et de conserver l’humidité.
  3. La gestion des ravageurs : La teigne et la mouche mineuse sont les principaux ennemis. En préventif, le filet fonctionne bien. En cas d'attaque, rappelez-vous que le poireau est une culture longue et qu'il faut parfois accepter des pertes, comme lors des invasions de rongeurs qui peuvent nuire grandement à vos récoltes.

Poireaux en cours de culture avec un paillage organique

La culture du poireau est une aventure de longue haleine, demandant entre 120 et 240 jours de la plantation à la récolte. En soignant le repiquage par un habillage adapté à votre climat et en assurant un buttage régulier, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour profiter de ces légumes tout au long de l'hiver.

tags: #doit #on #couper #les #racines #de