Le noisetier, ou Corylus avellana, est un arbuste fruitier très prisé, à la fois élégant et utile. Ses noisettes savoureuses et son feuillage dense en font un choix populaire pour de nombreux jardins. Originaire de l’hémisphère nord, le noisetier est bien plus qu’un simple arbre fruitier. Il est apprécié pour sa production de noisettes autant que pour sa capacité à enrichir la biodiversité, étant réputé pour sa rusticité et sa croissance rapide. Mais si l’on plante un noisetier aujourd’hui, combien d’années peut-on espérer le voir prospérer ? Sa longévité dépend de nombreux facteurs : variété, conditions de culture, entretien ou encore exposition aux maladies.

Généralités et classification du noisetier
Le noisetier appartient à la famille des Bétulacées (Betulaceae), et plus précisément à la sous-famille des Corylacées (Corylaceae). Le genre est Corylus [Linné], et l'espèce est Corylus avellana [Linneus], aussi connu sous le nom de Corylus silvestris [Salisb.]. Il est communément appelé noisetier commun ou coudrier.
Les noms européens du noisetier sont variés, tels que Hasel en allemand, avellanero en espagnol, ou nocciolo en italien. L'étymologie latine du nom de genre, Corylus, vient du grec Korys qui signifie capuchon, en référence à la cupule souple qui entoure chaque noisette. Le nom spécifique, avellana, provient de la région montagneuse d’Avelino (Aveline), une ville italienne de Campanie, célèbre pour ses noisettes. Le mot « noisetier » est dérivé de « noisette », lui-même dérivé de « noix », venant du latin nucis, et n’est apparu qu’au début du XVIe siècle. Le nom « coudrier » vient du grec « corus » qui veut dire casque, en raison de la « cupule » qui coiffe le fruit. On parlait jadis de « coudrettes » et d’une « coudraie » (une plantation de coudriers). Le nom « aveline » désigne plutôt la noisette cultivée.
Le noisetier est un arbuste ou arbrisseau à feuilles caduques. Il forme de grosses touffes de feuilles arrondies et dentelées l’été, d’où pendent les noisettes par groupes de 3 ou 4. L'hiver, il présente de nombreux rameaux dénudés ornés de jolis chatons vert-jaune poudreux. Sa silhouette est large, imposante et dense, et son allure ressemble à celle des arbres qui poussent en cépée. Le noisetier commun peut mesurer jusqu’à 12 m de hauteur, habituellement entre 2 et 7 m.
Cycle de vie et croissance du noisetier
Le noisetier est un arbuste vivace à développement rapide. Dès les premières années, il atteint une taille adulte, souvent entre 3 et 5 mètres de hauteur selon les variétés. C'est un arbuste buissonnant qui a une croissance rapide. Le noisetier est aussi capable de se régénérer naturellement. Ses nombreux rejets assurent une forme de renouvellement constant, qui compense l’usure des tiges principales.
Le noisetier entre généralement en production de noisettes dès l’âge de 3 à 5 ans. Ce rendement précoce est un atout pour les petits jardins, car il permet de récolter sans attendre plusieurs décennies. Le noisetier est en pleine production à partir de l’âge de 8-12 ans.
Le cycle de vie du noisetier se découpe en plusieurs phases. La phase juvénile dure environ 5 à 7 ans, période pendant laquelle l’arbuste développe sa structure sans produire beaucoup de fruits. Entre 10 et 30 ans, c’est l’âge d’or de la production. Le noisetier est alors au sommet de sa vigueur, offrant une récolte régulière et une croissance soutenue. Après 30 ou 40 ans, sans entretien particulier, le noisetier peut décliner. Le bois devient plus cassant, les rejets moins nombreux, et la fructification s’essouffle.

Longévité du noisetier et facteurs influençants
Le noisetier est un arbre à la longévité impressionnante. En moyenne, un noisetier bien cultivé vit entre 40 et 60 ans, mais certains sujets peuvent dépasser les 80 ans en conditions idéales. Dans la nature, les noisetiers poussent souvent en cépées, c’est-à-dire en bouquets de tiges issues d’une même souche. Les tiges individuelles vivent entre 10 et 20 ans, mais la souche se renouvelle sans cesse si elle est bien menée. Le noisetier peut vivre jusqu’à 60 ans.
Plusieurs éléments extérieurs peuvent allonger ou réduire la durée de vie du noisetier. Un sol bien drainé, fertile et légèrement calcaire est idéal pour qu’il prospère longtemps. L’exposition est également déterminante. Un emplacement mi-ombragé à ensoleillé protège le noisetier, tout en permettant une bonne production de noisettes. Certaines pratiques, comme les tailles sévères ou les sols mal drainés, raccourcissent la durée de vie. Un noisetier stressé montre des signes de fatigue prématurée, comme la chute des feuilles, une croissance ralentie ou l’apparition de bois mort.
Plantation et culture du noisetier
La plantation du noisetier est une étape qui requiert une certaine attention. Comme la plupart des arbustes, il est idéal de le planter en octobre-novembre, pour une bonne reprise. Si l’arbre est à racines nues, plantez-le dès l’automne et ce, jusqu'à la fin de l’hiver, ou bien en septembre ou novembre pour un arbre en conteneur. Si vous plantez plusieurs noisetiers, espacez-les de 2 à 3 m. Pour la plantation de la motte, trempez le pot dans l’eau avant la plantation. Pour les racines nues, pralinez-les avec de la boue avant la mise en terre. Il est important de garder au moins 2 m entre chaque plant pour que la plante ait suffisamment de place pour s’épanouir.
Le noisetier est un arbre peu exigeant et robuste, au feuillage vert tendre joliment découpé. Il supporte les climats les plus rudes et se plaît dans presque tous les types de sol. En haie, en massif, en bosquet, ou bien isolé, le noisetier peut être planté partout ! Il pousse facilement dans toutes les régions de France, même en altitude. Cependant, il produira plus de fruits avec une exposition ensoleillée. Il aime les expositions ensoleillées à mi-ombragées avec un sol frais mais non trempé et drainé. Il tolère aussi les sols argileux et calcaires. Il est résistant et peut supporter des températures froides jusqu’à -20 °C.
Le noisetier est une espèce monoïque, c'est-à-dire que les fleurs mâles et femelles sont sur le même arbre. Les chatons (fleurs mâles) apparaissent en février, suivis de près par les fleurs femelles. Le temps de fécondation entre les deux fleurs est assez court. Pour que la fécondation fonctionne, il faut ainsi planter au moins deux espèces compatibles de noisetier à côté. Par exemple, le Corylus avellana avec la variété Longue d'Espagne (Corylus avellana 'Longue d'Espagne'). Le noisetier est auto-incompatible ; il faudra donc réunir dans son jardin deux variétés à compatibilité pollinique pour assurer la fécondation et la production de noisettes, ou bien miser sur la présence de noisetiers dans les environs. La pollinisation est anémophile, les insectes ne jouant aucun rôle.
Entretien du noisetier
L’entretien du noisetier est assez simple et ne nécessite pas de soins particuliers. L’arrosage doit être modéré, surtout pendant les mois d’été. Le noisetier demande peu d’arrosage, sauf un apport d’eau les 2 premières années après la plantation pour favoriser une meilleure reprise. Ensuite, le noisetier est autonome. On surveille pendant l’été qu’il a suffisamment accès à la ressource. Cela permettra de récolter des noisettes plus grosses. Pour conserver le sol frais et protéger les racines du froid, placez un paillage au pied toute l’année. Un bon paillage et un apport organique annuel soutiennent également la vigueur. Un sol vivant prolonge la vie du noisetier, en maintenant un bon équilibre nutritif et en évitant les carences.
La taille du noisetier est essentielle pour maintenir sa forme et encourager une bonne production de fruits. Les branches mortes ou malades doivent être enlevées pour favoriser une croissance saine. La première taille s'effectue au bout de 5 ans, une fois l'arbuste bien installé. La taille s'effectue à la fin de l'automne, début d'hiver, ou de décembre à février voire en mars après la fructification. Le noisetier apprécie une taille douce, le but est de l'aérer de l'intérieur. Il ne faut pas que des branches se croisent, au risque de blesser le sujet. Vous pouvez donc couper toutes les branches qui se croisent à l'intérieur. Supprimez les plus vieilles branches (plus grosses), gardez les plus jeunes qui sortent de terre et qui vont produire. L’entretien du noisetier est directement lié à sa durée de vie. Une taille bien conduite stimule la production, tout en allégeant la structure de l’arbre. Le recépage, pratiqué tous les 10 à 15 ans, consiste à couper les tiges à leur base pour favoriser les rejets. Cette méthode renouvelle la vitalité du noisetier sans l’arracher, et permet de relancer un nouveau cycle. Il est important de ne pas trop le tailler, car l’arbre redoute les tailles trop importantes et cela pourrait nuire à votre récolte de noisettes. Conservez le bois pour créer des tuteurs solides.
Tailler un noisetier
Floraison et fructification
Le noisetier a la particularité de fleurir très tôt dans la saison, en plein hiver, vers février-mars (parfois dès le mois de janvier), en donnant des chatons mâles, quelques semaines avant les glomérules qui sont les fleurs femelles. Les deux types de fleurs apparaissent bien avant la feuillaison. La floraison produit de nombreuses fleurs qui se développent sur des rameaux nus en janvier à mars, donc attention aux gelées printanières qui peuvent causer des dégâts. Les fleurs mâles, d’un jaune pâle, sont bien visibles. Les stigmates des fleurs femelles sont rouges. Les chatons mâles libèrent une grande quantité de pollen allergisant dispersé par le vent. Le noisetier fleurit pour la première fois à l’âge de 10 ans. La période principale de pollinisation se déplace considérablement d’une année à une autre ; certaines années elle débute vers la mi-janvier et d’autres vers la mi-mars ! Le noisetier constitue généralement la première source de nourriture saisonnière pour les abeilles lorsque la température est suffisamment élevée.
La fructification se fait lorsque les fleurs ont été fécondées par le vent essentiellement. Elle débute parfois avant le printemps, autour des mois de mars et d’avril. Les noisettes se forment à partir de la fleur. Le fruit du noisetier, la noisette, est un akène ovoïde ou subglobuleux, apiculé, à péricarpe ligneux. L’akène, contenant une graine oléagineuse et comestible, est enchâssé dans un involucre foliacé en forme de cloche tubulaire. Les noisettes sont solitaires ou par groupes de 2, 3 ou 4, mûres en septembre-octobre. La récolte des noisettes débute en août et se termine en novembre en fonction des variétés. Lorsque les noisettes tombent, c'est qu'il est temps de récolter ! Retirez l'involucre et ne gardez que la coque. On récolte les noisettes à partir de la fin du mois d'août jusqu'à octobre, en fonction des variétés et des régions. On peut aussi récolter et consommer les noisettes vertes (noisettes fraîches) dès le mois de juillet.
Ennemis et maladies du noisetier
Le noisetier est souvent la cible du balanin des noisettes : un petit coléoptère. Si vos noisettes tombent et qu'elles sont trouées, c'est que les larves de balanin sont passées par là ! Au printemps l’insecte perce les jeunes noisettes vertes et y pond ses œufs ; l’œuf éclot puis la larve se développe en se nourrissant de la noisette. Son développement terminé, elle sort et se laisse tomber au sol où elle s’enterre pour hiverner pendant 2 à 5 ans avant de se transformer en nymphe. En prévention, on peut mettre un peu de glu au pied du noisetier. Si c'est trop tard, il est conseillé de secouer l'arbuste, et de brûler tous les fruits tombés. Pour s’en débarrasser, la meilleure solution reste de griffer ou de bêcher au pieds de l’arbre afin que les larves enfouies dans le sol se retrouvent à la surface et ainsi exposées au froid (ce qui leur est fatal) et aux prédateurs.
Le noisetier peut également être affecté par d'autres ennemis :
- La bactériose (Xanthomonas campestris) produit des dégâts importants sur les rameaux.
- La gléosporiose (Gloeosporium coryli) entraîne le dessèchement des bourgeons.
- Le phytopte du noisetier (Phytocoptella avellanae) qui détruit les bourgeons.
- La punaise des noisettes (Gonocerus acuteangulatus Goeze, Het. Coreidae) et la punaise verte des bois (Palomena prasina) attaquent les noisettes.
- Le grand puceron du noisetier (Corylobium avellanae) colonise les pousses et les bourgeons.
- Le noisetier peut aussi être sujet aux cochenilles et à l’anthracnose.
- Les noisetiers sont sensibles à l’oïdium automnal, pas dangereuse pour les plantes, cette maladie n’est pas combattue en cas d’attaque précoce, on peut intervenir avec un fongicide pour arbre fruitier.
Variétés et utilisations du noisetier
Le choix de variétés de noisetiers est vaste et se fait en fonction de vos envies. Certaines variétés sont plus résistantes ou plus productives, comme ‘Ennis’, ‘Webb’s Prize Cob’ ou ‘Cosford’. D’autres variétés populaires incluent ‘Fertile de Coutard’, ‘Merveille de Bollwiller’ et Fercoril-Corabel®.
Les noisettes se consomment fraîches ou sèches. Retirez la cupule autour de la coque pour ne conserver que le fruit. Conservez-les simplement dans un panier à température ambiante, dans un endroit sec. Une bonne noisette est de couleur marron et brillante. Sur les étals, on les trouve en poudre ou décortiquées pour des préparations culinaires, entières et parfois torréfiées. Consommées principalement sèches, les noisettes peuvent être séchées dehors mais à l’abri des pluies sur un plateau, dans un endroit ventilé. Le noisetier produit entre 6 et 11 kgs de noisettes par pied au meilleur de sa production. En fonction des variétés, les noisettes sont rondes ou plus allongées.

Le noisetier est un arbuste familier des jardins, des haies champêtres et des sous-bois clairs. Il sert de gîte et de couvert pour la faune comme les oiseaux et les petits animaux en automne et hiver. Le noisetier est aussi apprécié pour son côté mellifère en début d’année, ressource rare en cette période pour les insectes butineurs.
Le noisetier s’utilise sous forme de tuteur. On récupère les (grosses) branches coupées des différentes tailles et on s’en sert comme tuteurs au jardin, manches d’outils et cannes. On l’utilise également en tressage et vannerie. Utilisé autrefois par les Celtes, le noisetier servait à la confection de baguettes « magiques » pour trouver des sources d’eau.
Les noisettes ont des effets bénéfiques sur la santé. Elles sont particulièrement riches en vitamine B6, C et E. Sa teneur en huile se situe autour de 60% et 90% des acides gras de son amandon sont insaturés (acides oléique et linoléique). Elles sont riches en graisses essentielles au développement du cerveau et au maintien des réseaux neuronaux impliqués dans la mémoire. Elles sont également délicieuses, nature ou intégrées dans de savoureuses recettes.

Habitat et distribution
On rencontre le noisetier dans les sous-bois, en lisière des bois, dans les clairières, aux bords des chemins, dans les taillis, les haies et les ravins. Il est plus fréquent en plaine jusqu’à 1 800 m d’altitude. Le noisetier commun peut pousser dans des terrains calcaires ou argileux, secs et bien drainés, mais craint les sols acides ou gorgés d’eau. Il pousse de préférence sur une terre relativement fertile. L’origine du noisetier est très ancienne, au cours de l’ère tertiaire. C. avellana est devenue dominante en Europe entre 7500 et 5000 av. J.-C. Il se rencontre à l’état spontané dans les sous-bois et en lisière des forêts, depuis le Portugal et l’Irlande à l’Ouest jusqu’à l’Oural à l’est, en passant par les Balkans, l’Asie mineure, le Caucase et le Kazakhstan. La culture de C. avellana occupe des surfaces importantes en Turquie, Italie, Espagne et aux États-Unis (Oregon).