La Permaculture et les Piscines Naturelles : Un Guide Complet

Finis le chlore, les algicides et les factures salées ! L'aventure de la piscine naturelle dépasse largement la simple construction d'un équipement de loisir. Elle transforme notre rapport à l'eau et au jardin. La piscine naturelle, s'inspirant des lacs de montagne à l'eau cristalline, s'appuie sur les pouvoirs épurateurs des plantes. C'est une philosophie de collaboration avec la nature qui émerge, exigeant patience et méthode.

Piscine naturelle vue d'ensemble avec zone de baignade et lagunage

Qu'est-ce qu'une Piscine Naturelle ? Définitions et Principes

Une piscine est dite naturelle ou écologique lorsqu'elle constitue un véritable écosystème : les roches, micro-organismes et plantes aquatiques qui la composent permettent de filtrer et purifier l'eau, sans recourir à l'utilisation de produits chimiques. Le traitement de l'eau se fait uniquement de façon mécanique et/ou biologique. L'eau doit rester d'une bonne qualité pour la baignade grâce à un procédé naturel dont l'impact écologique est nul ou négligeable.

D'après l'AFNOR, le terme « piscine » doit être réservé aux bassins de baignade maçonnés. L'AFNOR a aussi retenu le terme « baignade artificielle » pour éviter la confusion avec les piscines traditionnelles. Usuellement, en fonction de la forme, de la taille et de l'esthétique, beaucoup de dénominations différentes sont utilisées. « Piscine naturelle » est employé quand son esthétisme se confond avec une piscine traditionnelle. « Étang de baignade » quand le bassin ressemble plus à un plan d'eau naturel. Du côté des professionnels, la dénomination de « baignade biologique » semble faire consensus. Ces bassins sont soumis aux mêmes règles d'urbanisme que les piscines « classiques ». Une norme est en cours d'élaboration par le ministère de la Santé pour les baignades biologiques publiques.

D'un point de vue fonctionnel, un bassin de baignade biologique est composé de trois grandes parties physiques qui gèrent le cycle de l'eau : le bassin avec l'eau de baignade, la filtration de l'eau, et le traitement de l'eau. Structurellement, une piscine écologique se compose au minimum de deux bassins (qui peuvent être en un seul ou plusieurs bassins distincts) :

  • Le bassin de baignade : comme dans une piscine traditionnelle, vous pourrez vous y détendre et faire quelques brasses dans une eau de qualité baignade.
  • Le bassin de filtration (ou d'épuration) : C'est le bassin primordial de la baignade écologique. Comme sur le principe naturel du lagunage d'un plan d'eau naturel, les plantes, les bactéries et les UV auto-épurent l'eau.
  • Le troisième bassin optionnel est le bassin de régénération : Généralement une plage de galets ornée de plantations aquatiques. Du fait de sa faible profondeur et des galets, ce bassin permet de réchauffer l'eau avant de la renvoyer dans le bassin de baignade.

L'oxygénation de l'eau dans une piscine naturelle se fait grâce aux plantes immergées ou à l'aide d'une oxygénation artificielle (cascades ou buses de surface dans le bassin de régénération). La circulation de l'eau se fait à l'aide d'une pompe basse consommation de préférence. L'eau sera captée au fond et à la surface du bassin de baignade. Elle sera ensuite conduite dans les éléments de filtrage, puis dans le lagunage, pour revenir enfin dans le bassin de baignade.

C'est quoi une piscine naturelle ? 💧 Comment ça marche ?

Avantages des Piscines Naturelles : Un Choix Écologique et Durable

Les piscines naturelles cumulent les avantages. Une piscine naturelle est beaucoup plus respectueuse de l’environnement. Elle ne nécessite aucun produit chimique et constitue un habitat favorable pour le développement de la biodiversité.

Pas de Traitement Chimique

Le principe des piscines naturelles est de créer un écosystème aquatique en miniature où plantes épuratrices, bactéries bénéfiques et micro-organismes s’allient pour maintenir une eau limpide et éviter la prolifération d’algues. Avec une piscine écologique, pas besoin de chlore ou de système de filtration, le bassin est nettoyé naturellement par l'écosystème qui la compose. L'eau de la piscine naturelle est dépourvue de produits chimiques, ce qui est bénéfique pour la santé : fini les yeux rouges, les mycoses, et les éventuelles allergies. L’eau du bassin est ainsi moins irritante pour votre peau, vos cheveux et vos yeux. La nature est elle aussi respectée, car aucun produit nocif n’est rejeté dans le jardin ou à l’égout.

Favorise la Biodiversité

Une piscine naturelle favorise le développement de la biodiversité dans le jardin. Elle peut accueillir des batraciens, des libellules et même des poissons qui vous débarrasseront des algues et des éventuels insectes indésirables.

Esthétique et Intégration Paysagère

L'intégration paysagère est particulièrement réussie. De multiples solutions esthétiques sont possibles. Vous pouvez concevoir le bassin comme une piscine traditionnelle, comme un étang ou un petit lac. Avec ses formes plus arrondies et les nombreux éléments naturels qui la composent (nénuphars, joncs, roches, chute d’eau…), la piscine éco-responsable permet de créer un environnement agréable et esthétique. Une piscine écologique se compose toujours de plusieurs zones, qui garantissent une intégration harmonieuse à votre jardin : une zone de baignade, une zone de lagunage, une zone de régénération, et une zone de berge. Les différents bassins peuvent être fondus en un seul plan d’eau, à la façon d’un petit étang naturel, sans béton, ou semi maçonné, avec la zone de baignade délimitée par une paroi visible sous l’eau, à la façon d’une piscine qui aurait débordé sur les côtés. Ces bassins peuvent aussi être séparés, donnant alors l’impression d’une piscine classique près de laquelle se trouverait une mare avec plantes aquatiques. Elle peut donc être traitée à la façon d’un étang avec ponton en bois et margelles plantées de végétaux, ou selon une forme géométrique simple, type rectangle ou couloir de nage.

Coûts d'Entretien Réduits et Durée de Vie Exceptionnelle

Le processus de filtration naturel vous permet de réaliser des économies intéressantes, en comparaison avec une piscine artificielle. La maintenance annuelle coûte 2 à 3 fois moins cher qu’une piscine chlorée. Le bassin devra être nettoyé une fois par an. Les filtres devront être nettoyés régulièrement. Il vous faudra tailler les plantes de temps en temps. Pas besoin de changer l’eau du bassin. Celle-ci sera de qualité égale toute l’année. Enfin, la durée de vie exceptionnelle de 30 à 50 ans avec une maintenance appropriée fait de la piscine naturelle un investissement pérenne.

Tableau comparatif des coûts d'entretien entre piscines classiques et naturelles

Inconvénients et Contraintes des Piscines Naturelles

Bien évidemment, la piscine écologique présente aussi certains inconvénients que vous devez impérativement connaître avant de vous lancer dans un tel projet.

Consommation d'Eau et Évaporation

Le principal inconvénient du bassin de baignade naturelle est sa très forte consommation en eau. L’évaporation y est beaucoup plus abondante que dans une piscine classique. La consommation d’eau, due à la surface de l’eau, l’éventuelle cascade et le fait que ce bassin n’est jamais couvert est importante. Il faut compter environ 40 m³/an pour le renouvellement de l’eau d’une piscine de 100 m² (toutes zones) contre 15 m³ pour une 4x8 m classique (donc à surface de baignade comparable).

Température de l'Eau

L’eau de la piscine ne peut pas être chauffée. Une eau supérieure à 24 degrés favorise le développement des bactéries (attention aux staphylocoques dorés !). Vous ne devrez pas couvrir le bassin avec une bâche à bulle ou chauffer l’eau avec une pompe à chaleur. L’eau de la piscine naturelle n'est généralement pas chauffée : cela contribuerait à perturber l’écosystème du bassin. De ce fait, la température de l’eau, plus fraîche qu’une piscine traditionnelle, peut constituer un frein pour les plus frileux.

Temps d'Attente après la Construction

À la fin de la construction, vous devrez attendre avant de pouvoir vous y baigner ! En effet, il faudra laisser les plantes se développer pour qu’elles puissent commencer leur travail d’assainissement (si pas de filtre biologique en amont). L'équilibre biologique d'une piscine naturelle met 6 mois à 2 ans à se stabiliser. Cette phase de maturation exige un suivi attentif mais non interventionniste.

Consommation Électrique

La circulation d’eau doit être permanente (même en hiver). Une piscine naturelle consomme plus d’électricité qu’une piscine traditionnelle. La consommation électrique est elle aussi accrue car la pompe ne s’arrête jamais, pour assurer le mouvement continu de l’eau. Certains installateurs prévoient deux pompes, celle qui sera utilisée en continu étant d’un faible débit et donc d’une consommation moindre. Il est recommandé de choisir une pompe basse consommation alimentée par un panneau solaire.

Coût d'Installation

Comparée à une piscine classique, son installation est généralement plus coûteuse que pour une piscine classique, enterrée ou hors sol, car elle est souvent plus complexe (conception des zones, aménagement du bassin, choix des plantes aquatiques…). Le coût d’une piscine naturelle est en général comparable à celui d’un bassin traditionnel haut de gamme. Ces prix sont justifiés par la surface nécessaire et les matériaux employés dans ce type de construction. Il faut donc compter entre 500 à 700 €/m² pour la réalisation et un coût de fonctionnement annuel d’environ 500 €.

Restrictions sur les Produits Solaires

Il faudra vous passer de crème solaire. Celles-ci sont déconseillées par tous les installateurs de piscines naturelles, car elles peuvent perturber l'équilibre de l'écosystème.

Entretien Régulier Nécessaire

Si l’écosystème permet d’assainir l’eau du bassin, la piscine naturelle implique un entretien régulier pour assurer un fonctionnement optimal du dispositif. L'entretien de la piscine écologique est facile à réaliser, mais demande tout de même du temps puisqu’il faut régulièrement : tailler les plantes de la zone de lagunage ; contrôler les algues et les insectes ; ramasser les feuilles qui tombent dans le bassin ; surveiller la qualité de l’eau.

Permaculture et Piscine Naturelle : Une Synergie Écologique

La permaculture n'est pas une technique de jardinage, mais plutôt l'utilisation consciente des éléments naturels présents dans l'environnement du jardin à concevoir. La permaculture, c'est l'aménagement écologique du territoire, en produisant un système stable et autosuffisant, dont le but est non seulement de copier la nature mais aussi de la renforcer et de répondre aux besoins de la nature et des humains. C'est une conception basée sur des principes et une éthique familiale et collective afin de promouvoir le développement durable.

Principes Clés de la Permaculture Appliqués aux Piscines Naturelles

  1. Observer et Interagir : Avant de se lancer, il est crucial d'observer le site. Quel est le climat sur votre terrain ? L’ensoleillement, les vents et les températures sont les points de départ du bon équilibre pour que l’eau de votre piscine soit agréable à utiliser, sans être trop chaude. Par exemple, en Bretagne, la construction de systèmes qui maintiennent au maximum la chaleur sera la bienvenue, comme un « piège à soleil », c’est-à-dire un mur en pierre sèche en arc de cercle qui accumule la chaleur le jour et la restitue la nuit. À l'inverse, dans la Drôme, où les habitants vivent des canicules chaque été, prévoyez un espace au soleil, mais aussi de l'ombre pour limiter l'évaporation et garder une température de bassin agréable.
  2. Capturer et Stocker l'Énergie : Quelle est votre capacité de récupération d’eau de pluie que vous avez pour remplir votre bassin ? Côté récupération d’eau de pluie, la Bretagne offre un avantage considérable avec des précipitations annuelles élevées. À l’inverse, dans la Drôme, la pluviométrie y est faible, surtout l’été, période où l’eau s’évapore le plus. Pour faire de l’ombre sur le bassin, placez-le évidemment à proximité d’arbres, mais vous pouvez également ajouter des solutions amovibles telles qu’une pergola ou des voiles d’ombrage. Dans cette région, la récupération d’eau de pluie devient un défi stratégique. Par conséquent, maximisez toutes les surfaces de captage - toitures principales, annexes, abris de jardin - et envisagez même des bâches de récupération temporaires lors d’importants épisodes pluvieux. L’enjeu principal sera le stockage : prévoyez des cuves tampons pour lisser les apports saisonniers. L'eau de la piscine provient d’une cuve de récupération d’eau de pluie, d’un puits ou d’un cours d’eau à proximité. Le remplissage s’effectue progressivement, idéalement avec de l’eau de pluie.
  3. Ne Produire Aucun Déchet : En permaculture, on n'a pas de déchets, on les utilise. Par exemple, les plantes mortes retirées à l'automne peuvent être compostées et réintégrées au jardin.
  4. Utiliser et Valoriser la Biodiversité : Vous pouvez ajouter plus d'arbres, d'arbustes, de poissons à votre étang. La diversité est l'un des aspects clés de la permaculture. Le lagunage consiste à purifier naturellement l'eau de la piscine en produisant une filtration naturelle. Vous pouvez, par exemple, réserver un tiers de la surface de votre bassin au développement des plantes dans un substrat filtrant. Les plantes jouent un rôle essentiel dans le maintien de l'équilibre de l'écosystème aquatique.

Les Cinq Étapes Incontournables pour la Construction d'une Piscine Naturelle

Avant de se lancer, il est essentiel de bien se renseigner. Pensez à vérifier auprès de votre Mairie la faisabilité de votre projet. Pour information (sous réserve de changements futurs) : surface bassin inférieure ou égale à 10 m², pas de formalité ; surface bassin de 10 m² à 100 m², déclaration de travaux ; surface bassin supérieure à 100 m², permis de construire. Attention aux cas particuliers, bâtiments de France, zones vertes…

Étape 1 : Faire le Terrassement du Bassin

Le terrassement est une étape qui prend du temps mais qui est très importante ! Cette étape détermine tant l’esthétique finale que le bon fonctionnement de votre piscine écologique. En effet, chaque courbe, chaque dénivelé influence la circulation de l’eau. La solution d’étang de baignade proposée ne comporte pas de bâti maçonné pour avoir un aspect le plus naturel possible. C’est le terrassement qui lui donnera sa forme et son aspect définitif.

Déterminez l’implantation de votre piscine naturelle dans votre jardin. Pour cela, tracez au sol le futur emplacement en prenant en considération la partie baignade qui sera plus profonde que la partie lagunage. Que votre terrain soit plat ou en pente, il faudra déterminer le « point 0 » qui correspondra au point le plus haut de la future piscine et qui servira de point de référence pour le terrassement.

Les proportions idéales respectent un équilibre délicat : entre un tiers et la moitié de la surface pour la zone de baignade, le reste étant dédié à la zone de filtration. Il peut être intéressant d’ajouter un bassin bébé. La profondeur à creuser pour la partie baignade est en général un fond plat avec une hauteur d’eau de 1,40 m qui convient à tous. La partie lagunage doit avoir une profondeur de 60 cm environ.

Il faudra prévoir des tranchées pour le passage du tuyau de la ou des bondes de fond, pour un éventuel skimmer d’aspiration en surface et pour le retour de l’eau dans la zone de lagunage. Prévoyez aussi une tranchée pour l’alimentation électrique du local technique. La finition du terrassement doit être la plus lisse possible, le sol et les parois doivent être tassés sans cailloux ni racines.

Schéma des différentes zones d'une piscine naturelle avec profondeurs

Étape 2 : Assurer l'Étanchéité du Bassin

Le système d’étanchéité constitue le cœur de cette infrastructure technique. L’EPDM est une membrane caoutchouc qui offre une durabilité exceptionnelle et ne contient pas de substances toxiques.

  1. Mettre en place la bonde et la bordure du bassin : Installez les éléments du réseau d’eau et du réseau électrique. Rebouchez les tranchées puis répandez un lit de sable sur le fond. Délimitez ensuite la bordure de votre bassin. Cette limite peut être réalisée en pierre, ou avec une bordure en plastique recyclée. Cette bordure doit être mise de niveau car c’est elle qui fera la séparation entre l’eau et la finition extérieure du bassin.
  2. Mise en place de feutre de protection : L’étape suivante consiste à dérouler un feutre de protection sur toute la surface du bassin. Celui-ci protégera la bâche d’étanchéité contre les éventuelles pierres et racines qui pourraient transpercer la membrane. Déroulez le feutre avec environ 20 cm de chevauchement entre chaque lé. Faites-le déborder largement par-dessus la bordure du bassin.
  3. Mise en place de la bâche EPDM : Mettez la bâche EPDM pour bassin en place. Demandez de l’aide pour cette étape ! La bâche est lourde. Étalez-la sur toute la surface en limitant les plis au maximum. Laissez-la déborder largement autour du bassin, puis découpez le surplus de bâche en gardant 80 cm au-delà de la bordure. Toute cette partie périphérique devra ensuite être recouverte de terre. Vous ferez ensuite une petite découpe pour sortir la bonde de fond et assurer l’étanchéité parfaite.

La gestion du trop-plein nécessite une attention particulière selon la configuration de votre terrain : évacuation vers un récupérateur d’eau de pluie, ou drainage vers un système d’infiltration.

Étape 3 : Construire le Local Technique

Pensez au local technique qui accueillera la machinerie de traitement biologique de l’eau. Il devra être situé le plus proche possible du bassin et sera raccordé électriquement selon la norme électrique C 15-100 (spécifiquement pour les équipements en contact avec de l’eau). Il devra prévoir une « zone d’égout », qui permettra l’évaluation de l’eau en cas de fuite. Cela évitera que l’eau monte dans le local technique et qu’elle provoque des dégâts sur les différents éléments à l’intérieur.

Dans ce local technique, seront installés :

  • Le filtre biologique (si vous faites une « filtration ex situ ») et son alimentation électrique.
  • La pompe de circulation d’eau et son alimentation électrique.
  • Le préfiltre à grille.
  • Un tuyau souple PVC 75mm pour le retour d’eau filtrée vers le bassin.
  • Un ensemble de tuyaux rigides PVC 63mm pour acheminement de l’eau avant et après la pompe.

Des équipements supplémentaires peuvent améliorer la performance de la zone de lagunage et empêcher le développement d’algues :

  • La désinfection par UV est une excellente solution 100% naturelle qui consiste à faire circuler l’eau de la piscine à travers un tube (réacteur) au centre duquel est présente une lampe UV. Le rayonnement UV-C émis par cette lampe dégrade et fait disparaître tous les micro-organismes nocifs en suspension dans l’eau.
  • Une pompe doseuse pour injecter régulièrement une quantité précise de bactéries « collaboratives » qui vont aider à purifier écologiquement l’eau et maintenir un écosystème stabilisé quelles que soient les conditions météorologiques et la fréquentation de l’étang de baignade.

Choisissez du matériel de qualité chez un distributeur spécialisé piscines naturelles. N’oubliez pas que la circulation d’eau et le filtrage se fait 24h/24h toute l’année, et que l’équilibre biologique de votre bassin en dépend ! Enfin, ne négligez pas la cascade d’aération qui jouera le rôle de « poumon » indispensable de votre piscine naturelle.

Étape 4 : Composer les Plantations dans le Lagunage

C’est dans le lagunage que se trouvent les plantes ainsi qu’un biofilm constitué de bactéries qui se développent dans le substrat. Iris des marais (pour les berges), Prêle des rivières, Pesse d’eau, Nénuphar Gonerre… Faites-vous conseiller par un spécialiste car en fonction de votre région le choix des plantes doit être personnalisé. Chaque plante a son rôle aux niveaux racinaire et bactérien.

  • Les plantes épuratives : ce sont les plantes qui jouent le rôle de filtration naturelle. Leur action permet d'absorber les métaux présents dans l'eau, responsables de la prolifération des algues : phragmites, élodées, carex, Iris Pseudacorus (également appelé Iris des marais, qui résiste aux températures hivernales jusqu'à -20 degrés et purifie l'eau grâce aux micro-organismes fixés sur ses rhizomes).
  • Les plantes oxygénantes : comme leur nom l'indique, elles apportent de l'oxygène à l'eau et favorisent ainsi le développement de bactéries : potamot, myriophylle aquatique, renoncule aquatique.
  • Les plantes flottantes et décoratives : elles permettent de lutter également contre la prolifération des algues car elles les cachent du soleil : nymphaea, etc. Le Taro, commun dans les régions tropicales, est une plante comestible qui aime les zones humides et peut être utilisée dans les lagunes.
  1. Faire la séparation avec la zone de baignade : Il faut tout d’abord séparer la zone de lagunage de la zone de baignade. Pour cela vous devez délimiter physiquement cette limite dans le bassin. Vous pouvez utiliser des pierres, des traverses en bois immergées ou tout autre matériau imputrescible dans l’eau. Des sacs géotextiles remplis de gravier sont également une option.
  2. Répandre le substrat et faire les plantations : La solution de filtration mise en place influera sur la façon de réaliser le lagunage.
    • Avec une filtration « ex situ » (avec filtre biologique en amont), le lagunage a beaucoup moins, voire pas du tout, la fonction de filtrage et de régénération. Vous pouvez donc déverser le substrat de façon uniforme avec une épaisseur suffisante pour pouvoir faire les plantations.
    • Avec une filtration « in situ » (pas de filtre biologique en amont), le substrat sera de la pouzzolane. C’est là que va se constituer un biofilm dans lequel vont se développer les bactéries. Avant de déverser ce substrat, il faut disposer sur le fond du lagunage un circuit de tuyaux drains reliés à l’arrivée d’eau filtrée par le filtre à grille. Il faudra ensuite recouvrir ce circuit de tuyaux avec la pouzzolane : 2/3 de grosse granulométrie (20 à 40 mm) à positionner au fond sur les tuyaux ; 1/3 de granulométrie fine (5 à 10 mm) à positionner au-dessus de la première couche.
    • Une fois le bassin mis en eau, les plantes seront installées dans le substrat soit en les laissant dans leurs pots, soit avec leur motte de terre. Il faudra alors faire attention de recouvrir la terre avec la pouzzolane pour éviter qu’elle ne trouble l’eau.

Étape 5 : Finir l'Aménagement Extérieur

Il ne reste plus qu’à faire les finitions tout autour de la piscine naturelle. L'aménagement extérieur est crucial pour l'intégration paysagère de votre piscine naturelle. Cela inclut la création de plages, de margelles, de pool-houses, et l'ajout de douches extérieures ou de cascades. Ces éléments contribuent non seulement à l'esthétique mais aussi à la fonctionnalité de l'ensemble, en créant un espace de vie harmonieux et en renforçant les principes de la permaculture.

Exemple d'aménagement paysager autour d'une piscine naturelle

Les Différents Types de Filtration pour Piscines Naturelles

Si vous êtes motivé pour construire votre piscine naturelle, alors commencez par choisir quel type de baignade biologique vous souhaitez réaliser.

La Piscine Naturelle « Filtration In Situ »

C’est la solution la plus écologique et qui se rapproche le plus de la réalisation d’un étang de baignade (de par la gestion de l’écosystème, l’aspect extérieur et la clarté de l’eau). En effet, pas besoin de filtre mécanique ni de pompe pour la circulation de l’eau. La filtration et la régénération de l’eau sont assurées uniquement par le lagunage. Sa surface devra être suffisamment importante : au minimum 50 % de la surface totale. Dans ce système, un biofilm se développe dans le substrat, composé de bactéries qui neutralisent l'ammoniac et les nitrates, les transformant en nitrites utilisables par les plantes. Un apport régulier de ces bactéries pour bassins aquatiques, comme 1 Kg d'EcoTreat Maintenance PRO qui peut traiter naturellement 100 m³ d'eau pendant un an, peut compléter l'action naturelle.

La Piscine Naturelle « Filtration Ex Situ »

C’est la solution biologique qui se rapproche le plus d’une piscine traditionnelle. Elle permet de profiter d’une piscine naturelle sur une surface restreinte, avec une eau claire. La filtration ne sera pas faite avec le principe d’un lagunage, mais par l’intermédiaire d’un système de filtrage pour piscines naturelles (pompage, filtre à grille, filtrage biologique, puis réinjection dans le bassin). Dans ce genre de piscine naturelle, les plantations sont absentes ou peuvent être mises dans un but décoratif. L’action du filtre biologique peut être complété par un système de traitement UV de l’eau et l’ajout de bactéries photosynthétiques à l’aide d’une pompe doseuse.

La Piscine Naturelle « Filtration Hybride »

C’est la solution idéale pour profiter d’une piscine naturelle. Grâce à la zone de lagunage et à la pompe de circulation d’eau, la filtration hybride permet de conserver l’aspect naturel du bassin tout en optimisant la surface de plantation et la qualité de l’eau. L’eau est aspirée par un ou plusieurs skimmers en surface et par une ou plusieurs bondes de fond. Elle est ensuite filtrée par un préfiltre à grille qui retient toutes les particules supérieures à 300 microns en suspension dans l’eau. Elle est ensuite refoulée sous le substrat de végétation. Si l’environnement naturel de la piscine se dégrade, un rééquilibrage assez simple peut être réalisé à tout moment. Un réacteur UV-C peut compléter l’action naturelle des UV pour éliminer certains champignons. L’ajout de bactéries photosynthétiques à l’aide d’une pompe doseuse peut aussi s’avérer nécessaire.

Diagramme des trois types de filtration des piscines naturelles

Transformation et Entretien d'une Piscine Traditionnelle en Piscine Naturelle

Les piscines traditionnelles peuvent être transformées en baignades naturelles, moyennant la création d’une zone de filtration et l’installation du circuit fermé reliant les deux bassins. Sinon, soit vous optez pour un minimum de travaux et vous conservez le bassin existant, soit vous décidez de ne garder que son emplacement. Dans le premier cas, une vérification de l’étanchéité de la piscine s’impose et peut parfois mener à l’installation d’un nouveau liner.

L'entretien d'une piscine naturelle, une fois l'équilibre biologique atteint, s'avère remarquablement léger. La baignade demande un certain entretien : vider les skimmers, aspirer (avec un balai manuel) ou enlever à la main les algues sur les galets, et nettoyer le fond du bassin environ une fois par semaine, comme dans toutes les piscines. Il existe quelques robots qui fonctionnent avec ce type de baignades, notamment la série Bio des robots Dolphin (Maytronics). Il faut prévoir également un peu de taille des végétaux et le retrait des parties aériennes mortes des plantes à l’automne. Malgré ce vide juridique concernant les piscines naturelles, le bon sens recommande à chacun d’appliquer les mêmes règles de sécurité que pour les piscines classiques, à savoir barrières ou alarme. Si la question esthétique vous pose problème, il faut savoir que les paysagistes parviennent à camoufler ces dispositifs derrière des plantations.

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