Introduction à l'Éco-Jardinage
L'éco-jardinage représente une approche du jardinage qui privilégie le respect de l'environnement, la préservation de la biodiversité, et une gestion raisonnée des ressources. Un éco-jardinier est avant tout une personne qui, dans l'exercice de sa pratique, se préoccupe de maintenir et d'enrichir la biodiversité locale des espaces qu'il a à aménager et à gérer. Il s'inscrit dans une optique générale d'économie des ressources et de valorisation des matières, tout en visant à créer une association durable entre l'humain et son jardin, avec des bénéfices réciproques. Cela signifie adopter des pratiques plus naturelles, réduire les déchets, et même participer à la vie locale et au partage de connaissances.

Les Fondements de l'Éco-Jardinier
L'éco-jardinier diagnostique, réalise et gère des aménagements ou tout autre espace avec pour objectif premier de maintenir et d'enrichir la biodiversité locale. Il identifie notamment cette biodiversité par l'élaboration d'un diagnostic, prenant en compte les éléments de l'environnement favorisant son action : la flore, la faune, les corridors écologiques, le sol, l'exposition, entre autres. Sur la base de ce diagnostic, il propose et justifie ses partis pris d'aménagement.
Il réalise ses aménagements à l'aide d'une palette végétale indigène et horticole adaptée au milieu concerné, choisissant des espèces produites localement et adaptées à la région. Il préconise et assure la réalisation d'ouvrages tels que les murs végétaux, les toitures végétalisées, les baignades naturelles, les systèmes d'assainissement et de traitement naturel des eaux par les plantes, ainsi que le génie végétal. Un éco-jardinier peut également être amené à conseiller et proposer un aménagement végétal intérieur, comme dans une serre, une véranda ou un jardin d'hiver.
Dans le cadre de son activité, l'éco-jardinier préconise et applique un mode de gestion adapté et utilise toutes les techniques alternatives aux traitements phytosanitaires. Il s'agit de tenir compte des interactions entre les différents éléments vivants du jardin - le sol, les plantes, l'eau - et de favoriser la présence d'éléments vivants jugés utiles, tels que les auxiliaires.
Devenir Éco-Jardinier : Engagement et Formation
Pour devenir un éco-jardinier, il est essentiel d'habiter sur le territoire d'une Communauté de Communes engagée dans cette démarche, d'aimer jardiner, d'être curieux, soucieux de préserver l'environnement et d'avoir envie de partager ses connaissances. Inutile d'être un spécialiste du jardin dès le départ.
Le parcours peut inclure une formation gratuite dispensée par la Communauté de Communes, où les participants apprennent à composter et à pailler au quotidien. Ils peuvent aussi perfectionner leurs techniques grâce aux conseils de maîtres composteurs qui animent ces sessions. Par la suite, les missions de l'éco-jardinier consistent à pratiquer le compostage et à y intéresser, de manière individuelle, son entourage (amis, famille, voisins, etc.).
Selon sa sensibilité et ses disponibilités, la Communauté de Communes peut également proposer de participer à ses actions de sensibilisation. Les informations recueillies concernant les éco-jardiniers sont transmises aux personnels en charge du traitement des demandes, assurant ainsi un suivi et un soutien.
Composter c'est facile !
Les Pratiques Clés de l'Éco-Jardinage
Nourrir le Sol et les Plantes Naturellement
L'éco-jardinier apporte à son sol exclusivement des fertilisants naturels, veillant toujours à ce qu'il soit couvert par des végétaux ou un paillage, comme en forêt. Le sol est considéré comme une véritable usine à composter la matière organique, un milieu vivant qu'il faut entretenir.
Le compostage, qui consiste à rassembler des matières organiques d’origine végétale et animale, crée un processus de fermentation aérobie. Ces déchets transformés en matériau humide composent le compost, un aliment consommé par les micro-organismes du sol. Un engrais vert est une culture intermédiaire semée pour fertiliser naturellement le sol par un apport d'azote. La butte sandwich permet de rendre un sol fertile par la reconstitution d’humus et la transformation de matières organiques grâce au paillage et aux techniques d’arrosage.
Gérer la Biodiversité et les Équilibres Naturels
L'éco-jardinier favorise la venue des auxiliaires, comme les coccinelles qui évitent l'invasion des pucerons, ou les oiseaux en positionnant des nichoirs ou en leur créant des abris dans le jardin, en plantant des plantes attractives. Il vise à maintenir les populations de ravageurs en dessous du seuil de nuisance, évitant ainsi l'utilisation de produits chimiques.
Il est essentiel de créer de la diversité des milieux en cultivant une multitude d'espèces végétales différentes qui, elles-mêmes, seront des lieux de vie pour une multitude d'animaux. Un jardin peut ainsi accueillir une biodiversité végétale et animale fantastique. La rotation des cultures est également importante : au potager, ne pas cultiver les mêmes familles de légumes au même endroit plusieurs années de suite. Cette pratique évitera un appauvrissement de la terre en certains éléments nutritifs et limitera les populations de ravageurs.

La Gestion de l'Eau
L'écosystème équilibré d'un jardin éco-paysager le rend moins vulnérable aux attaques d'insectes nuisibles et aux sécheresses. Le paillage des sols retient l'humidité, ce qui réduit les besoins en eau. Quand l'arrosage a lieu, il est réfléchi et économe. Il peut être d'ailleurs effectué grâce à un système d'arrosage au compte-goutte, avec de l'eau de pluie récupérée. La construction d'un point d'eau ou la mise en place d'un système d'arrosage raisonné sont des exemples d'aménagements pour une gestion écologique et responsable de l'espace vert.
Comprendre son Environnement pour un Jardinage Responsable
Pour mettre en place progressivement les principes d'un jardinage responsable, il est crucial de bien connaître l'environnement de son jardin, notamment le sol et les conditions climatiques, afin de choisir les végétaux les mieux adaptés et de les planter dans des conditions qui répondent le mieux à leurs exigences. Il faut ensuite adapter les pratiques à ces caractéristiques, notamment en matière de travail du sol, d'arrosage et de fertilisation.
Le Climat et le Micro-climat
La France peut être découpée en douze zones climatiques, chacune se caractérisant par des températures moyennes et extrêmes, des précipitations, un ensoleillement, des vents dominants, ou l'existence d'embruns. Cependant, au sein d'une même région, chaque site connaît un micro-climat spécifique, qui tient compte de nombreux facteurs : altitude, exposition, protection des vents, etc. Pour connaître précisément le micro-climat de son jardin, le jardinier a grand intérêt à faire des relevés de températures et de pluviométrie et à les noter, en utilisant un thermomètre (avec minimum et maximum de préférence) pour mesurer la température.
En relevant ces données, si possible tous les jours, et en repérant les endroits du jardin où la neige fond en dernier (où l'on plantera les plantes les plus rustiques), le jardinier apprendra à connaître les nuances climatiques à l'échelle de son jardin, les périodes à risque de gel, etc. Cela constitue une base d'information solide pour savoir quand et où planter.
L'Exposition du Jardin
La configuration du lieu est déterminante. Il faut observer son jardin durant une journée, le matin, le midi et le soir, afin de repérer les zones d'ombre et d'ensoleillement, les ombres portées, et voir comment elles évoluent au cours d'une journée. Examiner l'inclinaison du terrain est également important : un terrain incliné à l'ouest, par exemple, bénéficie d'un ensoleillement de longue durée mais subit un plus fort impact des pluies.
La Nature du Sol
La qualité du sol influe considérablement sur le comportement des végétaux. Le sol est à la fois le support physique des cultures, dans lequel se fixent les racines, leur source d'éléments nutritifs, d'eau et d'air. C'est un milieu vivant. On dit d'un sol qu'il est plus ou moins léger ou lourd, selon qu'il se compacte facilement (il colle en cas de pluie) ou qu'il se délite.

L'acidité du sol, mesurée par le pH, est également un facteur clé. Un milieu est neutre quand son pH est de 7. En dessous, il est acide, au-dessus, il est basique. La plupart des plantes s'accommodent d'un pH autour de la neutralité. La matière organique regroupe l'ensemble des matières d'origines végétale ou animale, qui vont se décomposer petit à petit dans le sol sous l'effet des bactéries et mettre ainsi à la disposition des plantes les éléments nutritifs qui les composent. Il est important de choisir des plantes adaptées à son terrain et de ne pas chercher à y faire pousser des plantes qui demandent des conditions trop différentes, au risque de déceptions. Les informations sur les plantes ayant des exigences spécifiques de sol sont en général indiquées sur les catalogues et les étiquettes des plantes en pots.
L'Éco-Paysagiste : Une Vision Globale du Paysage
L'éco-paysagiste se distingue du paysagiste classique sur de nombreux aspects. Ces deux professionnels ont deux manières différentes d'aborder la conception, l'aménagement et la gestion d'un projet paysager. L'éco-paysagisme se fonde sur des préceptes de respect du vivant. Il s'agit d'une démarche ayant pour but d'intégrer, au sein de l'espace vert concerné, la nature et les animaux, au même titre que les visiteurs humains.
Pour ce faire, l'éco-paysagiste peut aménager, au sein du jardin vivant, des ruches, ou encore y installer des abris faunistiques pour les insectes et les petits mammifères. Le professionnel de l'éco-paysagisme a aussi pour mission de créer un aménagement adapté à une gestion écologique et responsable de l'espace vert, grâce à la construction d'un point d'eau ou à la mise en place d'un système d'arrosage raisonné par exemple.
Conception et Matériaux
La conceptualisation de l'aménagement paysager diffère entre l'éco-paysagisme et le paysagisme classique. L'éco-paysagiste préconise plutôt des matériaux durables et non-toxiques pour les constructions, tels que du bois non-traité et local, ou de la pierre, évitant les matières composites et les bois exotiques. Au sein du bureau d'études éco-paysagiste, les écologues repensent le paysage pour y inclure la vie sauvage. Les structures architecturales sont ainsi conceptualisées de manière à ne pas nuire aux oiseaux, aux mammifères et aux insectes.
Le paysagiste classique choisit les éléments végétaux à aménager en fonction de leur esthétisme et de leur adaptabilité au climat, sa principale préoccupation étant de créer un jardin paysager agréable et pérenne pour les usagers. L'éco-paysagiste, quant à lui, offre une vision plus globale de l'aménagement paysager. Les végétaux sont donc choisis en fonction de l'emplacement géographique du projet à aménager. Ils sont endémiques, locaux et diversifiés pour attirer les insectes pollinisateurs.
Entretien et Durabilité
Une autre différence qui distingue le paysagisme classique de l'éco-paysagisme est le type d'entretien qu'ils requièrent. L'écosystème équilibré d'un jardin éco-paysager le rend moins vulnérable aux attaques d'insectes nuisibles et aux sécheresses. Le paillage des sols en retient l'humidité, ce qui réduit les besoins en eau. Quand l'arrosage a lieu, il est donc réfléchi et économe. Il peut être d'ailleurs être effectué grâce à un système d'arrosage au compte-goutte, avec de l'eau de pluie récupérée.
Définitions du Vocabulaire Métier
Dans cette page, plusieurs définitions du vocabulaire métier peuvent être partagées pour mieux comprendre le rôle de l'éco-jardinier et de l'éco-paysagiste.
Écobiologie : Cette science étudie l’ensemble des influences de l’environnement sur le vivant, géo signifiant la terre, et biologie l’étude de tout ce qui est vivant.
Engrais vert : Une culture intermédiaire semée pour fertiliser naturellement le sol par un apport d’azote.
Compost : Résultat du processus de fermentation aérobie de matières organiques d’origine végétale et animale, transformées en matériau humide et consommé par les micro-organismes du sol.
Butte sandwich : Une technique qui permet de rendre un sol fertile par la reconstitution d’humus et la transformation de matières organiques grâce au paillage et aux techniques d’arrosage.
Tonte différenciée ou tonte raisonnée : Une façon différente de gérer les espaces verts où les espaces engazonnés et la fréquence de tonte sont repensés selon les usages du lieu et le choix esthétique.
Niwaki : En japonais, niwa signifie jardin et ki arbre, soit littéralement l’arbre de jardin. La taille en nuage des arbres ou arbustes s’inspire des jardins zen japonais. Ce terme est emprunté à Olivier Boderiou, cité parmi les professionnels qui ont inspiré ou formé.
Paysan : Celui qui habite son pays et vit des savoir-faire de son terroir.
Paysagiste : Celui qui dessine, crée et entretient le paysage de son pays.
Composter c'est facile !
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