Le lierre grimpant, ou Hedera helix, est une liane arbustive à feuillage persistant, de la famille des Araliaceae, qui occupe une place centrale, bien que souvent mal comprise, dans nos écosystèmes tempérés. Communément appelé lierre grimpant, qui est le plus courant sous nos latitudes, cette liane arborescente est l’une des rares à vivre à l’état naturel sous nos climats tempérés, avec la clématite, le chèvrefeuille et le houblon. Le lierre vit facilement centenaire et peut même être millénaire si les conditions lui sont favorables. Il a une croissance rapide (jusqu’à un mètre par an) en poussant ses tiges droites, non en s’enroulant, grimpant dès qu’il le peut à l’aide de ses racines adventices qui se transforment en crampons et qui, pourtant, ne gênent aucunement la plante ou l’arbre colonisé.

La nature biologique du lierre : Épiphyte et non parasite
Le lierre n’est pas à proprement parler une plante grimpante, il peut très bien jouer un rôle de couvre sol là où il ne trouve aucun support pour s’élever, jouant alors à merveille son office de plante rampante. Le lierre s’adapte très bien, mais comme il a besoin de lumière pour fleurir, sa tendance naturelle est, comme chez un grand nombre de plantes, à s’élever vers le soleil. Pour cela, il s’aide de tout support, notamment des arbres en forêt. Mais il ne prend rien de la sève des arbres, pas plus qu’il ne les étouffe, abîme leur écorce ou concurrence leur absorption de minéraux par les racines.
Les racines du lierre sont superficielles, quand celles des arbres poussent en profondeur. Ainsi, à l’inverse du gui qui peut achever certains arbres faibles, le lierre ne tue pas les arbres ni ne les blesse ou les empêche de pousser. Tout au plus peut-il favoriser leur chute quand son poids devient conséquent et que l’arbre est vieux et malade. Il n'est pas un parasite, mais ce qu'on appelle un épiphyte. Le lierre est une plante grimpante qui a besoin d’un support, tel un arbre, pour croître et pour se reproduire. Le lierre n’enserre pas non plus les arbres à la manière d’un figuier étrangleur, car ses tiges qui grimpent sur un même tronc sont peu liées les unes aux autres. Les figuiers dits étrangleurs, eux, vivent dans la forêt équatoriale, où la compétition pour la lumière est beaucoup plus intense que dans la forêt tempérée.
Services écosystémiques et biodiversité
Le lierre est l’ami des arbres et du forestier, il contribue à favoriser la biodiversité et n'est pas le parasite qu'on croit. Le lierre offre une aide précieuse aux arbres en abritant, sous ses feuilles lobées, une multitude de petits organismes qui permettront à l’arbre de lutter contre des parasites gênants. C’est ainsi que sous les feuilles du lierre vivent de nombreuses araignées qui débarrassent l’arbre d’un certain nombre d’insectes qui peuvent lui être nocif. La faune auxiliaire qu’il abrite est ainsi utile à l’arbre lui-même mais encore à de très nombreuses espèces. Ses feuilles, quand elles meurent et tombent au sol, forment une litière et un humus très riche qui favorisent la croissance des arbres et, quand elles sont en vie, sur les lianes, jouent un rôle de régulateur thermique qui protège les troncs des trop grandes variations de température.
D’un autre côté, le lierre est très habile pour capturer l’humidité par les feuilles et peut décharger les arbres d’un trop-plein d’humidité qui favorise certains agents pathogènes. Ses propriétés antifongiques débarrassent ainsi les troncs d’arbres de champignons invasifs qui pourraient s’en prendre à l’aubier et même au duramen. Associé à un chêne, le lierre abrite « plus de 700 organismes vivants différents (tous les règnes et espèces confondus) », selon Jean-Claude Beaumont, de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux. Grâce à son feuillage persistant, de couleur vert foncé quand il n’est pas juvénile, et grâce aux nœuds que forment ses racines, le lierre est un abri et le lieu d’hibernation de nombreuses espèces telles le Papillon citron ou la Coccinelle à 7 points.

La floraison automnale : Un soutien à la pollinisation
Si le lierre est en concurrence pour la lumière avec d’autres plantes, il ne fait que répondre à sa nature : le lierre fleurit à la fin de l’été quand il a assez de lumière. S’il fleurissait à la même période que la plupart des arbres, soit au printemps et au début de l’été, il serait un rude concurrent attirant à lui force insectes pollinisateurs, au détriment des arbres. Mais ce n’est pas le cas. Sagement, il attend le début de l’automne pour fleurir, offrant ainsi le manger à de très nombreux insectes butineurs qui sont bien contents de pouvoir compter sur lui pour faire leurs dernières réserves de provisions.
C’est le cas des abeilles domestiques et l’une des raisons pour lesquelles il est primordial de conserver du lierre grimpant sur des arbres ou des murs, car ce n’est qu’à cette condition qu’il peut fleurir et nourrir les abeilles. Ce nectar et ce pollen qu’elles recueillent sur le lierre leur permettent de produire un miel qui cristallise trop vite pour que nous le mangions mais qui les nourrit, elles, tout au long de l’hiver. De la même manière, la Collette du lierre est une abeille sauvage qui lui est inféodée. Le cycle de cette espèce est synchronisé sur celui de la plante, et la vie de l’insecte adulte n’excède pas six semaines.
Colletes hederae, l'abeille du lierre
Le lierre comme ressource alimentaire hivernale
Fleurissant en automne, le lierre nourrit les pollinisateurs, et fructifiant en hiver, il nourrit les oiseaux à une époque (janvier, février) où ils peinent à trouver de quoi se nourrir. Et par la même occasion, ces derniers reproduisent la plante en rejetant ses graines dans leurs déjections. Malin et utile, le lierre est bien l’ami du forestier et loin d’être cet ennemi dont il a la triste réputation. Les fruits sont à maturité en décembre-janvier. Ils sont comestibles pour les oiseaux, bien que pas très recherchés. Mais quand l’hiver est rude et que les autres sources de nourriture sont épuisées, les merles, grives et autres passereaux y trouvent de quoi survivre.

Usages médicinaux et propriétés pharmacologiques
En phytothérapie, le lierre grimpant est utilisé pour dégager les voies respiratoires et apaiser la toux. En phytothérapie, on utilise essentiellement les jeunes feuilles et le bois des vieux troncs, qui servent à la fabrication d’extraits normalisés. Les principes actifs du lierre grimpant sont essentiellement des saponines (les hédérasaponines, des savons naturels). L’Agence européenne du médicament considère les extraits de lierre grimpant « d’un usage médical bien établi comme expectorant en cas de toux productive (grasse) ». Le lierre grimpant contient des saponines similaires à celles trouvées dans le marron d'Inde ou le petit-houx. La prise de lierre grimpant peut également provoquer, dans de rares cas, des nausées, des vomissements, de la diarrhée, voire de la confusion. Les enfants qui consomment des baies de lierre grimpant présentent des symptômes d'intoxication similaires.
Guide d'entretien et résolution de problèmes courants
Dans ce guide complet, vous apprendrez comment traiter les problèmes courants liés aux plantes grimpantes Hedera et le lierre. Que vous soyez confronté à une hedera qui ne pousse pas, à une hedera qui jaunit et ne se dénude, ou que le lierre ne pousse pas bien, ces informations vous aideront étape par étape à retrouver une croissance saine des feuilles et des plantes grimpantes robustes.
Diagnostic et soins
Vocht et drainage - tant l’excès que le manque d’eau peuvent entraîner des problèmes. Une mauvaise gestion de l'arrosage conduit souvent à des feuilles jaunissantes ou à une stagnation de la croissance. Il est crucial d'inspecter les feuilles, les tiges et les racines pour détecter d'éventuels parasites ou champignons. Pour l'entretien du lierre grimpant, et éviter qu’il ne devienne envahissant, l’idéal est d’utiliser un échenilloir télescopique.
Licht et conditions de croissance
Le lierre apprécie une lumière vive mais indirecte. Une exposition directe au soleil de l'après-midi pourrait brûler le feuillage. En intérieur, assurez-vous que le pot dispose d'un système de drainage adéquat. Concernant la nutrition, une fertilisation équilibrée durant la période de croissance active, appliquée mensuellement, favorise une santé optimale. Cependant, il faut arrêter tout apport lors des périodes de stress ou de dormance hivernale.

Démystification du parasitisme végétal
Le parasitisme des plantes est un sujet touffu. À partir de quelques affirmations communes, dont nous examinerons la véracité, tentons de le démêler quelque peu. Toutes les plantes sans chlorophylle ne sont pas des plantes parasites ; certaines, appelées mycohétérotropes, vivent en symbiose avec des champignons. Les racines crampons du lierre n’ont aucune fonction nutritive. Et le lierre ne fait que profiter d’un support pour s’élever. Pour autant, il peut causer des dommages à sa plante support lorsqu’une bourrasque emporte le tout si la prise au vent est trop importante et que l’ancrage au sol est défectueux. Mais d’une manière générale le lierre ne nuit pas aux arbres et ne les « étrangle » en aucune façon.
Il convient de distinguer les plantes épiphytes, comme le lierre ou les polypodes, des véritables parasites. Le gui, par exemple, est un hémiparasite qui puise directement les ressources de son hôte. Le lierre, quant à lui, est une liane qui utilise l'arbre comme simple tuteur. L'idée reçue selon laquelle le lierre tue les arbres remonte à l'Antiquité, notamment aux écrits de Pline l'Ancien, mais les observations modernes confirment que, dans la grande majorité des cas, sa présence est neutre, voire bénéfique pour l'écosystème forestier.
Gestion durable du lierre dans l'environnement humain
Laisser prospérer un lierre grimpant (Hedera hélix Linnaeus) sur une façade de sa maison procure des avantages à la biodiversité. Cependant, il faut faire en sorte que cette plante n’atteigne pas le toit, au risque qu’elle en soulève les tuiles. Lorsqu’il pousse sur une habitation, il la protège des intempéries en constituant une isolation thermique. De plus, il assainit le sol au pied des murs en absorbant l’humidité. Ses crampons de fixation n’endommagent jamais les cloisons en bon état.
Le lierre est une plante indicatrice d’un excès de matière organique végétale dans le sol, et donc d’une carence en matière organique animale. Toutefois, il faut limiter son développement car si le lierre atteint le houppier de son arbre support, une concurrence s’installe pour la lumière. L'Office National des Forêts a alerté sur le fait que la coupe systématique du lierre prive les écosystèmes d’une plante jouant plusieurs rôles bénéfiques. Ainsi, la gestion du lierre doit se faire avec discernement, en privilégiant le maintien de cette biodiversité précieuse plutôt qu'une éradication injustifiée.
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